vendredi 25 mai 2018

UN DEMI SIECLE DE MUSIQUE FELUYSIENNE (1900-1950)



                                                                                                                           Alain GRAUX



L'intérêt des Feluysiens pour l'art dramatique ne s’est jamais démenti, il fut tout aussi grand pour la musique.

C'est bien entendu au sein de l'église locale que se développa une chorale masculine, appelée "Chorale Sainte-Aldegonde", du nom de la paroisse. Elle fut créée vers les années 30, sous le pastorat du curé Maton, et dirigée par Joseph Luypaerts (grand-père de l'actuelle chanteuse Maurane).

Les 35 exécutants étaient en 1934:

Camille Bauduin, Gaston Bougard, Robert Cammaert, Georges Coche, Marcel Colin, Albert Coulon, André Darquennes, Martial Darquennes, Pierre Deboch, Léon Dehaye, Willy Dehoux, Marcel Dejean, Robert Dejean, nn. Delestienne, Jean-Baptiste Devaux, Marcel Dumarteau, Marcel Estienne, Maurice Garitte, Emile Guillaume, Pierre Hennaut, Gustave Henneau, Victor Henneau, nn. Huvelle, Guy Ladrière, Marcel Landrecie, Robert Lavianne, Antoine Magritte, Emile Monin, Maurice Sautier, Louis Vanden berghe, Richard Verbruggen, Louis Wauters.

Un programme de festivité du 6-6-1943, annonce la chorale et ses 54 participants, interprétant une messe à 4 voix.

L'art lyrique n'était pas absent de la vie du village, au sein des sociétés dramatiques locales on jouait des opérettes et opéras. En général ces soirées théâtrales étaient précédées ou suivies d'une partie musicale, où les airs de bel canto, de romances, d'airs humoristiques, etc.

Nous avons relevé:



ANNEE                     INTERPRETE                                GENRE MUSICAL

1909.                          E. Van Cutsem
1928                           S. Dubray                                           Romance
1928                           Georges Hautier                                 Romance
1933-1935                  Georges Verly                                    Chanteur comique
1936-1939                  Solange Berlanger
1936-1939                  Albert Leclerq                                    Chanteur comique
1938                           Mme Amerijck
1937                           Lucienne Marcq                                 Bel-canto
1938                           Roger Tinsy                                       Bel-canto
1943                           Raymonde Daue                                Alto
1943                           Gaston Bougard                                Ténor
1943                           Raymond Defalque                            Ténor 1er prix du conservatoire
1943                           Mme Gaullet                                      1er prix conservatoire.
1943                           Marguerite Meurice                            Cantatrice
1943                           Yvon Marchand                                 Ténor
1943                           L. Richard                                          Opéra
1944                           Marguerite Gérard                             Variétés
1945                           Melle J. Alienne                                 Marches et valses
1948                           Edmond Henneau                              Valses viennoises
1950                           Jacqueline Demaret               

Un orchestre symphonique avait été créé à la fin du siècle dernier, en 1892, il eut son franc succès jusqu'en 1920, date où il termina ses activités, on l'appelait "La Philharmonique".

Cette société était dirigée pour la musique par Odon Darquennes, qui en était aussi le soliste. Il avait été premier prix de conservatoire.

"La Philharmonique " avait son siège au Cercle catholique.  Le bourgmestre de Feluy, Robert de Lalieux de la Rocq en était le président d'honneur. Théophile Agneessens en fut le dernier président.

L'orchestre se produisait sur un kiosque lors de la ducasse, on l'avait vu se produire lors de la procession du matin.

Ils jouaient aussi concert à la Sainte Cécile et lors du tir du Roi, à la société royale Saint-Sébastien, en février. Ils défilaient au "pas redoublé". La société se produisit en de nombreux concerts à l'extérieur du village.

Pour ne pas être en reste, on créa, en 1911, à la Maison du Peuple de Feluy, une société musicale, elle s'appela "l’Harmonie socialiste".

Les chefs de musiques furent successivement Jacques Dehoux ; Sadi ; Bonange ; Gustave Henneau ; Raymond Tricot ; Walter Henneau.

L’harmonie sortait traditionnellement le lundi de la ducasse, de même qu’à la Sainte Cécile (un souper y était organisé), elle faisait des sorties à l’extérieur du village.

Des cours de solfège étaient donnés pour les jeunes intéressés

Les organisateurs furent

            PRESIDENT                         TRESORIER                         SECRETAIRE

1911    Charles Oswald                      Fernand Rondeau                  Omer Antoine
1935    Arthur Colinet                                   Achille Botte                          Arthur Meurice
1938    Hector Rimez                         Achille Botte                          Omer Vanmousuckel
1946    Marcel Desmonds                  Achille Botte                          Marcel Denis
1947    Léon Badot                            Emile Botte                            Roch Tinsy
1959    Oswald Charles                      Maurice Vlassenbroeck          Marcel Loicq

            Edgard Faque                        Walter Henneau                     Raymond Tricot

            Robert Abbeels                      Walter Henneau                     André Tricot




Un autre cercle musical vit le jour en 1940, le cercle symphonique « La Lyre ».

Cette société à but philanthropique avait pour but d’aider les prisonniers de guerre. Le local se trouvait au café de Léocadie Lechien, sur la Grand-place.

Le comité se composait de Marc Payen, président ; Herman Delbruyère, vice-président ; Jean Dubois, trésorier ; Marcel Franquet, secrétaire et Edmond Henneau en assurait la direction

La société fut dissoute en 1949


mardi 3 avril 2018

LES FÊTES DU CENTENAIRE DE L’INDÉPENDANCE A ARQUENNES


LES FÊTES DU CENTENAIRE DE L’INDÉPENDANCE A ARQUENNES


Le dimanche 15 juin 1930 eurent lieu les festivités commémorant le centenaire de l’Indépendance de la Belgique. Elles commencèrent à 9 heures et demi par une grande messe célébrée pour les combattants de 1830 et de 1914-1918 ; suivie d’un Te Deum.

A 10 heures et demi eut lieu sur la grand-place l’inauguration de l’arbre du Centenaire accompagnée du discours du bourgmestre et du président des combattants. La cérémonie est soutenue par les chants de la chorale.

A 11 heures, l’assemblée s’en vint alors au cimetière, où seront déposées  des fleurs sur la tombe du dernier combattant de la Révolution de 1830, Philippe Demoulin et sur celle des combattants de 1914-1918.

A 11 heures et demi eut lieu à l’école gardienne la remise de la coupe du Centenaire au Cercle horticole et de petit élevage « L’Espoir ».

L’après-midi, la réception des sociétés de musique étrangères à la  commune eut lieu à la gare de Feluy-Arquennes et la formation d’un cortège

Un cortège partant de la gare parcourut les rues de la Station, la Grand-place, la place Mathy, le quartier de la Fontaine, la rue de Bon Conseil, la chaussée de Nivelles, la rue de Chèvremeont, pour revenir sur la Grand-place.

Il était composé de :

-          La Police
      -          Les Ecuyers de Notre-dame de Bon Conseil
      -          La Société Royale « Les Archers de Saint-Sébastien » d’Arquennes
      -          La société de tir à l’arc à la perche horizontale « Arquennes Station »
      -          La Fanfare Royale « L’union Ouvrière » de Seneffe
      -          Le groupe des garçons de l’école
      -          La société de Secours Mutuels « Saint-Joseph »
      -          Le Cercle Horticole et de petit élevage « L’Espoir »
      -          Le groupe des filles de l’école
      -          La société de musique locale « Les Volontaires »
      -          Le groupe de la société du jeu de balle « L’Espoir »
      -          Les demoiselles du cours de coupe
      -          Les sociétaires du cercle dramatique « plaisir et Charité »
      -          Les membres du cercle « Les Enfants de Bon Conseil »
      -          Le groupe de la société colombophile « La Colombe Joyeuse »
      -          La société de musique « L’Harmonie de La Hestre »
      -          La voiture des enfants du dernier Combattant de 1830 (Philippe Demoulin)
      -          La voiture des institutrices pensionnées
      -          L’amicale des Anciens Combattants
      -          L’Administration communale et le comité des fêtes

A l’issue du cortège, eut lieu une remise des médailles du souvenir à la formation du groupe des délégués de chaque société participante (Drapeau et deux délégués par société).

A 16 heures, sur la Grand-place a eu lieu une fête de gymnastique par les élèves des écoles

Au programme on pouvait voir :

-          Entrée (Filles et garçons)
      -          Cantate « La Liberté »

Filles

-          Pas de deux – Battements
      -          Moulins
      -          Exercices de grâce
      -          Ronde enfantine : « Mon chez Nous »
      -          Gavotte
      -          Ronde des petits enfants belges (école gardienne)
      -          Exercices avec guirlandes

Garçons

-          Marche avec mouvements d’ensemble
      -          Le Drapeau
      -          Apothéose « Salut au Drapeau »

Un Lâcher monstre de pigeons voyageurs précéda l’allocution du président de l’amicale des Anciens Combattants

A 18 heures, commença une grande audition musicale donnée par l’Harmonie de La Hestre dirigée par Victor Hennaut

Son répertoire comprenait :

Une Marche commémorative, de Paul Gislon

Une Suite orientale, de François Popy

Une Fantaisie sur « Les contes d’Offman », d’Offenbach

Un divertissement oriental « Egyptia » de F. Popy

L’ouverture « La fête des chasseurs », de Von Reithmeyer

Suivie par la Fanfare Royale « Union Ouvrière » de Seneffe, dirigée par Albert Frêteur. A son programme il y avait :

Une Marche orientale, d’Albert Frêteur

Une polka pour piston « La Bouarde » d’Albert Frêteur, par le soliste Marcelin Hecq

Une fantaisie tirée de « Tanhauser », de Wagner

Une schottich originale « La Jolie villageoise », de Martin, par le soliste

Une fantaisie tirée de « Aïda », de Verdi

Le concert se termine par l’ouverture de la « Muette de Portici », d’Aubert.

A 21 heures, eut lieu l’illumination de la Grand-place, la journée se terminant par un bal populaire

mardi 27 février 2018

ÉCHOS DE FELUY AU XVIIe SIÈCLE


                                     ÉCHOS DE FELUY AU XVIIe SIÈCLE                                                                                                                      Alain GRAUX

Nous avons tenu à transcrire quelques textes anciens de Feluy, ils nous révèlent des marques de tailleurs de pierres. La copie de ces marques fournira à la glyptographie des éléments nouveaux :

Le 26 juin 1638, Antoine de Hainaut loue à Charles Hanicq une partie de buffet de carrière :

« Le XXVIe juin XVIc trente huict Anthoine de Hayn(aut) dmt (demeurant) à Feluy at cogneu avoir vendu à Charles Hanicq résident audt lieu qui cogneult avoir apcheté, scavoir la piere d’un certain buffet telle come il est jusqu’aux rouge colpe qui sont de deux costé, ou tellement qu’ils le marqueront à leurs apaisement entre eux , lequel buffet ledit Charles Hanicq polrat prestement en faire son plus grand proffit et y rocter jusqu’au jour S. Jean-Bapte 1639 et ne polrat emporter ledit Hanicq le susdit buffet que mis sur le banc marleux, pour lequel buffet ledit Hanicq debvrat payer audit de Haynaut la somme de vingt trois florins sur laquelle somme ledit Sr de Haynaut at receu dudit Hanicq la somme de vingt cincq livres tournois et quant au reste ledit Hanicq promet le payer à l’aoust  avec de la mounée, pour le pris que le grain vaudrat quand ledit de Haynaut aurat affaire de mounée à la fois. Ledit de Haynaut a encor receu présentement la somme de trois florins et demi q(ue) ledt Hanicq promet payer co(mme) dessus, polrat cuir ledit Hanicq de la chaulx ou faire cuire aux fours dudit de Haynaut moyennant qu’il ne donne.

Empeschant audt de Haynaut quand il (fait) cuire et ledit de Haynaut debvra faire fachons que en luy payant le salaire ordinaire.

Le tout fait sans fraude ni malenghien, en signe de quoy ont signez cest de leurs signatures accoutumé avecq les signatures des tesmoins à ce requis appelé et pnts (présents), quand aux ordures que ledit Hanicq ferat ou fera faire pour emporter ledit buffet il ne serat subier les emporter ni amener ou faire mener tout sans fraude coe dessus »

Signatures : Anthoine de Haynaut (marque), Charles Hanicq (marque), Franchois Denis , Paul Winqz


Le 30 juillet 1667 ; la communauté de Feluy établit trois émissaires afin d’obtenir une sauvegarde auprès des armées françaises qui venaient d’envahir les pays. Turenne venait d’enlever Charleroi.
« Les manans et habitants de Feluy soubsignez ont comis, constituez et étably  pour leurs procureurs et spécialement les personnes du Sr Georges Lallemand et Anthoine Jousneau et Léon de l’Escail, pour en leur nom traicter appoincter  pour leurs contributions à moins prix que faire se poulra soit pour le terme de cincq mois ou six, se poelt avecq le gouverneur de Charleroy ou de celui d’Ath, accordant que pour ce mesme subject soit mis et assiz desur une taille pour laquelle requeste à l’advenant des moyens et facultés que chacun de nous jouy et possesse pour suivre à la somme convenue par nos dis procureurs et aux fraix
que pour ce fait, à pendre à la rédaction de ce traicté et besoignez pour qu’il fuist bon grand et stable et agréable  come s’il estoit faict par nous mesme soubz obligations de nos personnes et de nos biens.
Ce fut faict le XXX juillet 1667, pns les hommes de fief soubsignez avecq les signatures des constitués, Jean Gaudré, Elyas Hanicqz, Van Crenem, Jacq Gardin, Englebert Dassonville, Glaude Fournier, Jan Sturbois, Delville, Jean Jousneau (marque), André Leclercq (marque), Gille Lisse, Guillaume Lalieux, Mauris Dubois, Jean Dubois (marque), Anthoine Genart, A. Le Hongre, Lambert Lenfant (marque), Remy Routelé (marque), Jean Lechien (marque), Gille Cuvellier (marque), Jean Scailquin, le feme Herman Tordeur en l’absence de son mary, Henry Quarée, Clément Del Bruier, Pasquier Hayez (marque), Franchois Alar, Michiel Malvoisin, Nicolas Derideau (marque), Vinchien Derideau, Grégoire Dumon, Jacques de Biene (marque), Jean Nisse, Philippe Suply (marque), Gille Rousseau (marque), Louy Lansau (marque), Nicolas Lebeau (marque), Adrien Niet, Jean-Baptiste Resteau, Nicolas de la Rocq, Louy de l’Escol (marque), Guillaume Martin, Nicolas Wincqz, Pierre Demarge (marque), Franchois Fleury, Anne du Gailly, Anthoine Wincqz, Vinchien Danhé (marque), Jean Guillaume (marque), Catherine Stilman, Nicolas Doumont (marque), Janin Vagon (marque), Phl (Philippe) Dupon, Liennard Goutier, Jean Wauterlo fils (marque), la vesve Francois de Père, Remy Brougnion (marque), la feme de Guillaume Netleman en l’absence de son mary, Constant Mido (marque), Henry Remiens, Andrey Gillet (marque), Nicolas Hayez (marque), Nicolas Baude (marque), Nicolas Gérart, Jean Anthoine, Jean Gomé, Herman Gaudré, Adrien Trico (marque), Chrystof Rouman (marque), Martin Monduau (marque), …Lairen, Vinchien du Vivier, Laurent Mercier (marque), la vesve Franchois Derideau, Jean Bruier (marque), Jean Lecocq (marque), la vesve Jean Helin, Guillaume Mercier (marque), Guillaume Dubois (marque), Phil. De Champt (marque), Josse Fourneau (marque), Gille Anthoine (marque), Pierre Alglave, Mathieu Anthoine, Jean Monnier (marque), André Darquen (marque), Jean Wagon (marque)




Le 17 février 1659, des tailleurs de pierre s’engagent à fournir logis et nourriture pendant six mois à Guillaume Le Clercq, afin de parfaire son apprentissage :

« Le 17 de febvrier 1659 sont comparus Anthoine Jonart et Jean Lermineau d’une part, et Jerosme Denis d’aultre, ont remonstrez que Guillaume Le Clercqz dilz Nicolas, est venu à Felluy à l’intention dÿ demeurer quelq temps pour apprendre à travailler aux pières ayant deja un commenchement, et come sondt père est demeurant en Hollande et n’ayant point de place audt Felluy soy retirer, ils lesdits Jonart et Denis esmeuz de charité à accordez au nom d’iceluy avecq ledit Jerosme, scavoir  que ledit Guillaume demeurerat au logis dudit Denis lequel sera subjet de le nourrir, buer et loger honnestement le terme de demy an commenchant presentement et finissant au dernier d’aoust dudit an 1659.
Pour laquelle nourriture, buage et logeage, les premiers comparans promettent de payer ou faire payer audit Denis la somme de trente trois florins argent coursable au pays de Haynaut, et d’aultre que le seconde comparant Denis aurat à son proffit entierement tout ce que travaillera ledit Guillaume durant ledit terme, et payer les XXXIII florins à deux termes si come dix huict florins au prem. Juin prochain et le restan portant quinze florins au dernier d’aoust le tout dudit an 1659.
Fait sans fraude ni malengien, promettant furnir à ce que dessus en signe de quoy les soubsignez ont cest signez avec Paul Wincqz homme de fief et Piere Josneau come tesmoin »
Signatures : Jean Denis (marque), Anthoine Jonart (marque) Jean Lerminiau (marque), Guillaume Le Clercq, Paul Wincq, Pierre Josniau (marque)



Le 26 mai 1617, eut lieu l’émancipation de Gérard Darquennes par sa mère claire Sirbecq :

« Le XXVIe jour du mois de mai an mille six cent dix sept, Clere Sirbecqz, vesve de feu Hans Darquesnes, cogneult avoir mis bien deument hors de son pain son filz Gérard Darquesnes aegée de vingt trois ans ou environ pour faire son plus grand prouffit tant pour recevoir adhéritance que desheritance et aultres estat de marchandises que il touvera meilleur convenir pour son plus grand prouffit. Laquelle debvoir a esté faict et establi devant le mayeur  et eschevins de la terre et seignourie de Felluy au iour du mois et an come dessus, pnts comme mayeur Herman del Bruier, Phile (Philippe) de Rideau, Charles Hanicqz, Jean des Marets et Jan des Enfans »
Suivent les signatures avec les marques de Charles Hanicqz, Jean des Marets et Jean des Enfans






















jeudi 14 décembre 2017

PERSONNALITÉS ARQUENNAISES D’ANTAN:


PERSONNALITÉS ARQUENNAISES D’ANTAN:



Emile Valenne passionné de l’histoire d’Arquennes nous a laissé quelques notes retraçant la vie de quelques personnalités issues du village d’Arquennes



NICOLAS-JOSEPH DUBOIS

Le 5 mai 1760, naissait à Arquennes, Nicolas-Joseph Dubois, fils de Jacques Dubois, maître de carrière, et de Marie Barbe Delferrière, son épouse.

Dès son jeune âge, Nicolas Dubois manifesta de très bonnes dispositions pour la sculpture. Ayant reçu dans les ateliers de son père les premières notions de dessin et sachant travailler la pierre bleue convenablement, Nicolas se perfectionna dans son art de prédilection, d’abord en suivant les cours du soirs de l’académie de dessin  et de modelage de Nivelles, puis en se rendant à Bruxelles, dans un atelier de sculpture dans lequel se pratiquait exclusivement le travail des statues en pierre. Ensuite, âgé de 22 ans, il se rendit à Paris pour y travailler la pierre blanche de France.

Son père, Jacques Dubois, décéda à Arquennes le 28 janvier 1775, et à la mort de sa mère survenue le 12 juillet 1794, Nicolas Dubois revint à Arquennes pour y continuer l’exploitation de la carrière de ses parents. Tout en assurant la direction de l’exploitation de la pierre, il continua à exercer son métier de sculpteur et il produisit quelques belles œuvres, entre autres plusieurs statues pour les religieuses du chapitre de Sainte Gertrude de Nivelles ; de même que les lions ornant l’entrée du château de Seneffe,  etc.

Mais ce métier de sculpteur, quoique très honorable, était trop modeste pour l’activité qui le caractérisait, il voulut ajouter son nom à la liste des maîtres de carrières d’Arquennes, dont certains s’étaient déjà distingués au cours des siècles précédents, ainsi qu’en attestent les pierres fournies par les Lenglez, pour la cathédrale Saint Bavon à Gand, celles de la chapelle Notre-Dame de Bon Conseil, le monument de la famille del Fontaine devant l’église, de même que les magnifiques pierres tombales sculptées que nous voyons encore à l’intérieur et au dehors de l’église.

Ses commencements furent très modestes, car sa bourse ainsi que celles de ses émules, ne lui permettaient pas de faire de grandes entreprises.

Le 11 mars 1799, Nicolas Dubois épousa à Seneffe, Françoise Moreau, fille de François et de Anne Dominique Surquin.

Aussitôt qu’il fut débarrassé des premières entraves que le manque de fonds apportait à son activité, il se fit par ses talents une réputation si brillante que les plans des architectes les plus connus et les plus suivis, affluaient dans ses ateliers.

Une des premières institutions qu’il fit, fut un atelier d’apprentissage qu’il dirigeait lui-même, avec un excellent ouvrier nommé Bataille. Bientôt quelques jeunes ouvriers formés à cette école l’aidèrent dans ses entreprises. Il existait encore à cette époque un préjugé qui soutenait qu’on ne pouvait ciseler la pierre bleue comme on le faisait pour la pierre blanche de France. La grande et unique préoccupation de Dubois fut de trouver le moyen de donner aux gros ciseaux employés depuis toujours par nos tailleurs de pierre une trempe permettant tout en réduisant l’épaisseur des ciseaux et autres outils, de pouvoir faire dans la pierre bleue, cette belle, droite et fine ciselure que nous admirons et que l’on continue toujours à pratiquer.

Pour obtenir ce résultat, Nicolas Dubois fut puissamment secondé par un de ses amis d’enfance nommé Philippe Colinet, maréchal-ferrant, habitué à réparer les outils des tailleurs de pierre. Guidé par les conseils de Dubois et Colinet, on arriva à trouver une trempe des outils leur permettant de travailler la pierre d’Arquennes aussi facilement que la pierre blanche, et d’exécuter toutes les moulures et les sculptures désirées.

Depuis lors le préjugé fut aboli et la pierre de France fut détrônée.

Doué d’une activité sans égale, N. Dubois donnait à ses ouvriers des règles aussi simples qu’efficaces pour apporter dans la confection des ouvrages qu’il leur demandait, cette précision et cette élégance de taille, qui porta pendant trente ans dans toute la Belgique, la réputation des carrières d’Arquennes.

Jaloux de l’honneur de cette réputation jusqu’à l’oubli de ses intérêts, on le vit quelques fois s’armer d’un gros marteau de rocteur et briser sous les yeux de l’ouvrier la pierre dont le travail n’avait pas été soigné.

Généreux, libéral et connaissant à fond son industrie, il faisait ses affaires en faisant aussi celle de ses ouvriers qui n’avaient jamais été aussi bien payés pour leur travail.

Il est curieux de constater combien d’ouvriers tailleurs de pierre, venant de Feluy, de Marche et même des Ecaussinnes, vinrent se fixer à Arquennes pendant cette période de transformation du travail de la pierre dans les ateliers de Nicolas Dubois. La population du village qui en 1785 était de 1172 âmes, était passée à 1528 en 1800.

Hardi, entreprenant, ses amis le taxaient quelques fois d’imprudent, en le voyant s’engager dans des travaux, semblait-il, au dessus de ses forces. Il était à ce point identifié avec sa profession, qu’il apercevait d’un coup d’œil, les facilités, les avantages et les bénéfices de l’entreprise la plus compliquée et la plus importante.

Les pierres des grands bassins du port d’Anvers, création de Napoléon 1er, furent livrées par lui, et ce fut le fondement de cette fortune qu’il acquit par la suite et qui paya si largement son intelligence et son activité.

Une série de grands ouvrages le tint en haleine jusqu’à la fin de ses jours, entre autres l’Hôtel des Monnaies à Bruxelles : l’aile gauche du palais des Etats généraux ; le palais de Tervueren ;

Nicolas-Joseph Dubois décéda le 17 mai 1825, unanimement regretté de tous ses concitoyens, laissant deux fils, Joseph qui fut bourgmestre d’Arquennes de 1825 à 1848, et Jean-Baptiste, lesquels continuèrent cette industrie de la pierre qui avait été complètement renouvelée par leur père.



REMY BAyot

Rémy Bayot, fils d’Auguste et de Stéphanie Paternotte, né à Arquennes le 31 mai 1846, étudia la musique sans le secours d’aucun maître. Il débuta dans la fanfare « Les Echos des carrières d’Arquennes » en battant la grosse caisse. Il étudiait le petit bugle, dont il fit son instrument favori.

Ses dispositions musicales l’engagèrent à étudier la composition. Il fut remarqué par M. Panne, chef de musique des carabiniers, qui le fit admettre en 1889 au conservatoire royal de Bruxelles où il devint bientôt l’un des meilleurs élèves de la classe d’harmonie, dirigée par M. Charles Bosselet.

M. Panne lui donna en même temps des leçons d’instrumentation et d’orchestration. Malheureusement la mort de son père le força d’abandonner le conservatoire pour reprendre les affaires de sa famille, mais Rémy Bayot n’abandonna pas ses chères études et en 1871, il fut nommé directeur de la société chorale de Feluy. Il se révéla bientôt comme un chef de grande valeur et dès ce moment les principales sociétés musicales de la région se disputèrent l’honneur de posséder le jeune maître à leur fête.

Il fut successivement nommé directeur de la fanfare « Les Echos des carrières d’Arquennes », du Cercle musical de Feluy, des « Fanfares de Ronquières », des « Amis de la Liberté » d’Ittre, de l’Harmonie de Feluy, de la fanfare « Les Travailleurs réunis » à Ittre et des « Fanfares de Lillois »

En même temps que directeur de mérite, M. Bayot se fit remarquer comme compositeur de talent  et il est  bien peu de sociétés musicales en Belgique et en France qui n’aient exécuté quelques unes de ses œuvres.

Rémy Bayot a pris part à de nombreux concours de composition tant en Belgique qu’à l’étranger et partout ses œuvres ont été classées en première ligne. Parmi ses principaux succès nous citerons le grand prix d’honneur qu’il obtint au concours  de théorie de l’académie du Hainaut et le grand prix d’honneur qu’il remporta au concours spécial de l’académie Lamartine avec une fantaisie pour harmonies et fanfares, sur un sujet imposé.

Membre d’un grand nombre d’académies et de sociétés savantes de Belgique, de France, d’Italie, de Suisse et d’Espagne, M. Bayot a été créé Chevalier de l’Ordre royal de Sainte-Catherine du Mont Sinaï[1].



LES FRÈRES SIBBRECHT

Nous évoquerons ici le peintre Jean et son frère Gérard Sibbrecht, sculpteur

Pendant les guerres de religion  du XVIe siècle, le village de Baulers qui avait été incendié en 1588 fut presque entièrement abandonné par les quelques habitants qui y résidaient encore. Parmi ceux-ci se trouvait Nicolas Sibbrecht, époux de Rosine Le Geve, fille du seigneur de Baulers et sœur de Marguerite, mariée à Jean Hanicq, maître de carrière à Arquennes. Sa femme étant décédée et n’ayant qu’une fille nommée Anne, Nicolas Sibbrecht vint à Arquennes et le 4 juin 1599, loua devant les échevins d’Arquennes, les bâtiments de l’ancien hôpital[2].

En 1601, il épousa en secondes noces Marguerite Hanicq, fille d’Antoine et de Jeanne Nopère. De ce second mariage naquirent trois enfants ; Jean, Gérard et Marguerite.

Peu après son mariage et après la mort de Jeanne Nopère, veuve d’Antoine Hanicq, Nicolas Sibbrecht habita la maison héritée de ses beaux-parents[3], sur la place d’Arquennes dite l’hostellerie de l’Ange. C’est dans cette maison que sont nés les deux frères sibbrecht, Jean en 1601 et Gérard en 1604.

Devenus adultes, ils embrassèrent la profession de tailleurs de pierre dans les chantiers de leur oncle Jean Hanicq. Celui-ci en plus du maniement des outils, leur donna les premières notions de dessin.

Jean Sibbrecht

Jean, montrant de belles dispositions pour la peinture, abandonna le métier de tailleur de pierre pour s’adonner à son art de prédilection dans lequel il se fit bientôt un renom.

A cette époque, vers 1650, il existait également sur la grand place d’Arquennes une très jolie habitation de style espagnol, précédée d’un beau jardin d’agrément, c’était la demeure de la famille Lenglez du chastel. Jean Lenglez, seigneur du Chastel était le bailli du comte Gérard de Hornes, seigneur d’Arquennes. Un de ses fils, nommé Michel, entra dans l’Ordre des Frères mineurs, Récollets de Saint-François, à Namur. Ami d’enfance de Jean Sibbrecht et connaissant le talent de peintre paysagiste de son camarade de jeux, pria le directeur de l’Ordre d’inviter Jean Sibbrecht à venir faire la décoration de l’église, aujourd’hui église Saint-joseph, rue de Fer à Namur, qui fut bénie en 1660.

Il devint ainsi l’auteur de grands et magnifiques paysages qui décorèrent la nef de l’église conventuelle[4].

Le 31 août 1662, à la veille d’un départ pour Rome, Jean Sibbrecht fit son testament, craignant disait-il de mourir ab intestat, parmi les périls et les fâcheries d’un si long voyage[5]. Dans ce testament, cet artiste se qualifie « jeune homme, peintre, natif d’Arkenne en Wallon Brabant, travaillant à Namur, âgé de cinquante huit ans ». Il disposait déjà d’un certain avoir, car deux ans auparavant, il avait prêté 800 florins aux Carmes, fort endettés par leurs bâtisses. Cette somme serait aussitôt à rembourser à une créancière  du couvent, Anne Wilmart, veuve Warnotte de la Bouverie[6].

En compensation, les religieux qui pourvoyaient au logement de Sibbrecht, lui assurèrent une rente annuelle de 50 florins.

Parti pour la ville éternelle, comme de nombreux autres artistes de son temps, il n’y fit qu’un court séjour et après avoir séjourné quelques jours à Lyon chez son frère Gérard, il était de nouveau à Namur en 1664.

Les Carmes continuèrent à payer ses frais d’entretien car nous trouvons qu’en 1668, ils ont payé à Marie Gouverne, béguine du béguinage de Saint-Aubin, lavandière des Carmes, dix florins pour le linge de Sibbrecht[7].

Par ce même testament, il léguait la généralité de ses biens à Georges et Jenne Sibbrecht, enfants de feu Gérard et de damoiselle Jenne Julio, sa compagne, ses neveu et nièce et belle-sœur, demeurant à Paris, ainsi qu’à Barbe Marchand, aussi sa nièce, fille de Rémy Marchand et de Marguerite Sibbrecht, sa sœur, cultivateurs à Scoumont sous Arquennes.

Jean Sibbrecht séjourna la plus grande partie de son existence dans le cloître des R.P. Récollets à Namur, où il décéda et y fut inhumé.

Les entre pilastres de l’église de ce couvent sont remplis par de grands tableaux ou paysages exécutés par cet artiste de talent et révèlent un excellent goût.

Gérard Sibbrecht

Quant à Gérard Sibbrecht, frère du peintre, il voyagea également pour se perfectionner dans son métier de sculpteur. D’abord il séjourna à Gand, puis à Paris, où il épousa Jenne Julio et alla se fixer à Lyon.

Après avoir laissé dans cette ville et dans les environs des œuvres encore admirées de nos jours, il décéda en 1665 et repose dans cette ville[8].

De son mariage avec Jenne Julio, il eut deux enfants ; Georges et Jenne. Après la mort de son époux,  Jenne et ses enfants retournèrent à Paris, où Georges, son fils, devint également un sculpteur renommé.

Il contribua sous le règne de Louis XIV à l’ornementation du palais de Versailles de 1672 à 1682[9].

Gérard Sibbrecht était plus connu sous le nom de Gérard le wallon.

Un acte daté du 12 septembre 1682 signale :

« Par devant le mayeur et les échevins d’Arkenne, comparurent Georges Sibbrecht, âgé de 28 ans, en vertu de la procure de Jeanne Julio, sa mère et Marguerite Sibbrecht, sa sœur suffisamment âgée.

Ledict Sibbrecht connoist avoir reçeu de Mathias Boulouffe et Norbert Boulouffe avecq François Maghe, à titre de Jeanne Boulouffe, sa femme, seconds comparants, le capital et arrierages d’une rente de 12 florins qu’ils avoient droict de recevoir sur la maison et hostellerie de l’Ange sur la place d’Arkenne.

Signé les échevins Jean Lis et Jean del Fontaine, le vieil»

Un autre texte prouve aussi la possession de l’hôtel de l’Ange :

Le 11 juin 1641 « Marguerite Hanicq, veuve de Nicolas Sibbrecht a loué pour un terme de six ans à Siméon Pasquette sa maison et hostellerie de l’Ange, sur la grand place d’Arquennes



[1] Extrait du Bulletin de l’Académie du Hainaut, par C. Petit.
[2] AE.M. Greffe scabinal d’Arquennes, document disparu
[3] Partage des époux Hanicq-Nopère, acte du 22 février 1601
[4] Namurcum, 7e année, 1930, p.14.
[5] A.E.N. Minutes du notaire Berton
[6] A.E.N. Minutes du notaire Berton, liasse 1, en date du 29-4-1661.
[7] Idem, f° 27 et 37v°
[8] AUDIN et VIAL, Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art de France, Paris, 1919, t.2,, p.45.
[9] S. LAMY, Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art de l’école française, règne e Louis XIV, p. 62.

Voyage à Chimay