mardi 14 janvier 2020

LA « S.A. LA SENEFFOISE »


LA « S.A. LA SENEFFOISE »
                                                                        Alain GRAUX

Le 22 avril 1932, devant Me Fernand Hubert, notaire à Seneffe, comparurent :
-          La société en commandite simple A. Charles, L. Degrève et Compagnie, ayant son siège à Bruxelles, 101, Bd. Adolphe Max.
-          M. Léon Degrève, agent de change, demeurant à Bruxelles,
-          M. Armand Charles, agent de change, demeurant à La Louvière
La dite société et MM. Degrève et Charles, sont représenté par M. Alfred Gillaux
-          M. Alfred Gillaux, instituteur pensionné, demeurant à Arquennes
-          M. Joseph Piron, chef de service, demeurant à Arquennes
-          M. Lucien Gaudy, industriel à La Louvière
-          M. Joseph Faucon, expert comptable, demeurant à La Louvière
-          M. Albert Legrand, comptable, demeurant à Haine-Saint-Pierre
Déclarent avoir formé une société anonyme sous la dénomination « La Seneffoise ».
La société a pour objet  toutes opérations industrielles et commerciales intéressant la fabrication, l’achat et la vente d’appareils électriques et radiophoniques, et de toutes matières, produits quelconques, câbles, tubes, fils isolants nécessaires à la construction ou l’exploitation des dits appareils.
La société prend cours à partir du 22 avril 1932, pour une durée de 30 ans.
Le capital social se monte à 250.000 Fr., représenté par 1.000 actions
Ces milles actions sont réparties comme suit :
-          la société en commandite simple «A. Charles, L. Degrève et Compagnie » : 912 parts
-          Armand Charles : 25 parts
-          Léon Degrève : 25 parts
-          Alfred Gillaux : 19 parts
-          Joseph Piron : 3 parts
-          Lucien Gaudy : 10 parts
-          Joseph Faucon : 10 parts
-          Albert Legrand : 5 parts [1]
Le premier conseil d’administration est composé de trois administrateurs :
Alfred Gillaux, président ; Lucien Gaudy et Joseph Faucon ; et un seul commissaire : Albert Legrand[2]

 En 1932, la « Câblerie Seneffoise » s’est installée sur le site de la « S.A. des Ateliers de Seneffe » et le développement de ses activités a nécessité la construction de nouveaux locaux industriels.


[1] Annexes du Moniteur, 6792.2/1932
[2] Annexes du Moniteur, 6793.2/1932




A l’avant plan, les usines de « La Seneffoise » à côté de la « Franco-Belge »

En 1932, la « Câblerie Seneffoise » s’installa sur le site où s’élevait à partir de 1870-1880, la ‘Société des Forges et Ateliers de Seneffe’ à proximité de la gare profitant aussi de la présence du canal
Les machines employées pour la fabrication proviennent de France, le matériel constituant les fils électriques, câble électriques à basse tensions, etc., provient de l’étranger sauf le coton qui arrive des linières gantoises. Le cuivre arrive du Congo en minerais ; à Hoboken il est transformé en lingots, ceux-ci sont dirigés vers la tréfilerie d’Hémixem qui les envoient à Seneffe tréfilés depuis 0, 05 mm à 3 mm, ou étamés (les fils étamés sont plus facilement soudés) . On utilise de caoutchouc  venant des Indes, il arrive en blocs de feuilles  de 100 kg.

LES A.C.E.C.
« A la vente de la câblerie électrique aux A.C.E.C., (Ateliers de Construction Electriques  de Charleroi) on créa « La Seneffoise », qui occupa d’abord des anciens entrepôts à bois, puis les Ateliers de Seneffe qui avaient arrêtés leurs activités (vers 1950). » (Enquête orale, 1981/Léon Wautié)



Photo des membres du personnel de la câblerie en 1945

La production
La fabrication des fils et câbles électriques nécessite comme matière première de base le fil de cuivre, laminé et tréfilé en Belgique.
L’isolation est réalisée au moyen de caoutchouc naturel ou synthétique, de néoprène de polychlorure de vinyle, de polyéthylène et de nylon. Les revêtements de textile (coton), moins résistants aux agents extérieurs, sont presque abandonnés.
Un mélangeur à deux cylindres animés d'une vitesse de rotation différente et chauffés à une certaine température déchire entre ses rouleaux les fibres des plaques de latex qui lui sont présen­tées. Cette opération a pour conséquence de faire perdre au latex ou caoutchouc naturel son élasticité, de le rendre malléable et de permettre l'incorporation de charges (noir de fumée, kaolin, etc. L'ouvrier chargé de ce travail détache constamment des rouleaux des plaques de caoutchouc qu'il réintroduit entre les cylindres jusqu'au moment où la préparation atteint le degré voulu de malléabilité. C'est un travail très dur qui exige une dépense physique considérable.
Découpé en bandes, le caoutchouc est réchauffé sur le mélangeur où trois cylindres chauffés à écartement réglable l'écrasent de nouveau pour le calandrage ou laminage, opération d'où il sort sous forme de feuilles à l'épaisseur désirée et soigneusement contrôlée.
Un premier procédé de gainage utilisé pour le caoutchouc seulement consiste à faire passer entre deux bandes de caoutchouc chauffé une douzaine de fils guidés par des roues rainurées.
Par pression, les bandes de caoutchouc se soudent et les fils sont ainsi gainés et enroulés au fur et à mesure de leur fabri­cation sur de grosses bobines métalliques.
Un autre procédé permet de réchauffer le caoutchouc, de le réduire à l'état pâteux et de l'amener sous pression par une vis sans fin à une machine où, par extrusion, il enrobe le fil conducteur qui lui est présenté par une filière.
La première phase de la fabrication des câbles, s’effectue comme suit : plusieurs dizaines de bobines de fil de cuivre se déroulent simultanément et leurs fils convergent vers un point central où ils sont torsadés et ressortent sous forme de câble.
Selon leur utilisation future et le besoin des commandes, ils formeront les torons de câbles de dimensions différentes. Ils seront ensuite gainés de caoutchouc, plomb, plastique ou coton, et parfois, armés de feuillard.
Pour le bobinage des moteurs, on emploie des fils émaillés.
Le conducteur de cuivre est recouvert, par trempages successifs, d'un vernis qui est séché dans une tour chauffée.

C'est un travail extrêmement délicat qui exige des soins particu­liers et des contrôles minutieux.
Un autre département occupe à lui seul un tiers de la main d'œuvre de l'usine, c’est le département d'assemblage de câbles utilisés par les constructeurs ou usines d'assemblage d'automobiles. Les câbles sont découpés à longueur selon leur utilisation et leur destination sur les voitures. Ils sont testés soigneusement, leurs extrémités sont dénudées mécaniquement et serties d'attache puis, toutes ces sections sont vérifiées sur un tableau-type qui représente exactement l'emplacement qu'elles occupent dans une voiture (tableau de bord, phares, etc.).
Ils sont alors assemblés avec soin pour que lors de leur réception à la chaîne de montage automobile, il ne reste plus qu'à les connecter aux différentes bornes et appareillages électriques des voitures.

Un autre secteur de l'usine fabrique des cordelières pour fers à repasser électriques. Un procédé original permet d'empêcher la guipure de coton de glisser le long du fil, ce qui en prolonge l'usage et augmente la sécurité de l'utilisateur. Depuis deux ans, et après des essais difficiles et de longues recherches, La Seneffoise fit démarrer une industrie unique en Belgique.
Au départ de rouleaux de papier débité en lamelles de quelques millimètres, et utilisant des métiers à filer anglais, l'usine fabrique des bobines de cordelles de papier tordu de quelques centièmes de millimètre de diamètre.
Ces cordelles servent d'isolant pour les câbles téléphoniques souterrains et devaient antérieurement être importées d'Allemagne et de Suisse[1].

L’USINE CAMBIER

La Seneffoise a absorbé, au début 1962, les établissements Cambier, de Manage, spécialisés dans le tréfilage des fils machine. La production  cet établissement couvre en partie les besoins de la tréfilerie.
Avec de machines venant de la Société Industrielle des Métaux de La Louvière, où il était occupé en 1936, M. Olivier Cambier s’est installé, en collaboration  avec M. Roger Maurice, dans les dépendances de l’ancienne usine Bruneau à Manage. Il continua seul à partir de 1940 jusqu’en 1959.Vers cette date, il fit ériger de nouveaux bâtiments au lieu-dit « Saint-Nicolas », sur la chaussée de Mons, à Manage.
Cette société occupait, au début de l’exploitation, une dizaine de personnes.
On y pratiquait le tréfilage à froid de fil de cuivre, l’émaillage et l’enrobage de fils de cuivre à l’émail ou au textile (coton, rayonne et nylon).
La fabrique cessa ses activités en 1970[1].

SENECÂBLE

Les tréfileries « Senecâble » sont une filiale des Usines à cuivre et à zinc de Liège depuis 1972,

LES CÂBLERIES DE DOUR

La société « Câbleries de Dour »[1] a pour origine une corderie, fondée à Dour au milieu du siècle dernier et  dont les fabrications s'adressaient surtout aux charbonnages. Cette société fusionna en 1977 avec les Câbleries « La Seneffoise » et tréfileries associées « Senecâble » , en association avec la Société franco-belge des laminoirs et tréfileries d'Anvers « Lamitref ». Depuis sa fusion, la société a développé la plupart de ses départements et notamment celui qui fabrique des faisceaux de câbles électriques destinés à l'industrie automobile.

En 1969, la direction de l’usine était composée comme suit :
Administrateur délégué – Directeur général : M. Desgain
Directeur : R. Caucheteur
Ingénieur en chef : Ch. Bovy
Ingénieur adjoint : Ph. Collet
Ingénieur chef de fabrication fils et câbles: G. Rega
Adjoint du département « Teflon » : M. Martens
Chefs des départements équipements : J-M. Stinghambler et V. Libert
Chef du département ficelles : de Halleux
Ingénieur du laboratoire : F. Glinne
Chef du contrôle : M. Leurquin
Chef du magasin « matières » : P. Parisel[2]

Le 8 août 1978, un incendie s’est déclaré dans un des magasins de l’usine, il a été rapidement maîtrisé par les pompiers de La Louvière et de Charleroi, mais les marchandises  s’y trouvant ont été détruites. A l’exception d’une extrudeuse à isolement spécial se trouvant à proximité des flammes et qui a été mise hors service, le matériel de production n’a pas souffert. Par manque d’électricité et pour permettre les déblais, une partie du personnel a été mise en chômage pendant une semaine


En décembre 1982, les Câbleries de Dour ont apporté leur département câbles spéciaux à leur filiale, la Câblerie seneffoise (anciennement Seneffoise-Times)(capital : FB 50 millions), à Seneffe, spécialisée dans la fabrication de câbles de télédistribution (licence Times Fiber Communications) en vue d’y développer la fabrication de câbles à isolations spéciales ou à usages spéciaux tels que les câbles résistant à de très hautes températures, les câbles pour l'industrie aéronautique, l'informatique, électronique, etc.
La Câblerie seneffoise, emploie alors 58 personnes[1].

Les produits sont réalisés dans diverses sections de l’usine :
a)      Les fils et câbles isolés au caoutchouc :
-          sous tresse textile
-          sous gaine extérieure en caoutchouc
-          sous gaine extérieure thermoplastique (PVC)
-          sous gaine de plomb
b)      Les fils et câbles isolés aux matières thermoplastiques tels que câbles d’allumage pour automobiles, avions
c)      Les fils de bobinage en guipage de coton
d)      Les câbles façonnés tels que faisceaux de câbles pour l’auto, les câbles de batterie, etc.

ALCATEL
L’usine est passée sous le contrôle d’ « ALCATEL Câble » en 1989.
En 1994, on pouvait lire :
« L'avenir du câble coaxial de télédistribution redevenu souriant, son fabricant pour Alcatel table sur 1 milliard de chiffre d'affaires en 1995.
La câblerie seneffoise se branche sur la téléphonie. Assise sur 300 millions d'investissements et porteuse de produits nouveaux, la câblerie seneffoise a repris espoir…les 300 millions investis au cours des cinq dernières années, s'ils veulent être suivis d'autres enveloppes, doivent être justifiés aux yeux du géant français du câble. À Seneffe, on s'y attelle. De 660 millions prévus en 1994, le chiffre d'affaires devrait passer l'an prochain à 900 millions, voire à un milliard.
Les activités de Seneffe ont été concentrées depuis la reprise par Alcatel Câble en 1989. Alors que d'aucuns prévoyaient un avenir sombre aux câbles à conduction métallique avec l'avènement de la fibre optique, les événements montrent que les premiers, moins chers, ont conservé une place de choix sur le marché. Dans la foulée, l'espoir s'est renourri parmi la centaine de personnes occupées à la Câblerie seneffoise, un espoir dopé par les recherches en cours et les efforts accomplis pour rester à la pointe du progrès.
Après la mise au point de techniques performantes d'isolation, le lancement d'une ligne de production de câble aluminium par extrusion de celui-ci, la fourniture de câbles de distribution déjà placé dans le tube de pose ou encore la production de câbles de distribution avec conducteur extérieur en cuivre lisse contrecollé, l'entreprise est ainsi en train de développer un câble en aluminium très souple qui devrait être commercialisé au début de l'an prochain. Enveloppé dans un tube de faible épaisseur afin d'en faciliter le tirage, le produit répond à une demande liée à la réalisation en souterrain de nombreux réseaux urbains, en Grande-Bretagne notamment. »[2].

Vers 1980, la « S.A. des Usines à Cuivre et à Zinc » de Liège avait pris des part de « Senecâble ». Son carnet de commandes s'effeuille alors et de mauvais investissements sont réalisés : le rachat des câbleries de Seneffe s'avère un investissement désastreux. 

COMMSCOPE
En 1998, le site est vendu à la société « Commscope Europe » qui continue la fabrication de câbles et fermera ses portes en 2008.
Le 18 mars 2008 eut lieu une interpellation au parlement wallon par Philippe Fontaine, Député wallon, à Jean-Claude Marcourt, Ministre de l'Economie, de l'Emploi, du Commerce extérieur et du Patrimoine, concernant la fermeture de l’usine Commscope à Seneffe :
« Monsieur le Ministre,
Nous apprenions la semaine dernière qu’une menace de fermeture pesait sur l’usine de fabrication et de distribution de câbles coaxiaux pour réseau à larges bandes. La direction a en effet fait part au conseil d’entreprise de son intention de cesser ses activités de production et de distribution sur le site de Seneffe et ce malgré l’injection de 15 millions d’euros d’investissements sur le site.
Au moment de la rédaction de cette question, les syndicats occupaient les locaux refusant de croire aux déclarations de la direction d’une recherche de solutions pour maintenir les activités et sauver certains emplois.
Mes questions sont les suivantes Monsieur le Ministre :
- Vous avez été contacté par les syndicats en vue de chercher des solutions de reprise et de conserver les emplois. Avez-vous des contacts avec soit la direction américaine de Commscope soit des candidats repreneurs ? 
La réponse du Ministre Marcourt fut la suivante :
Monsieur le Député, les activités de la câblerie de Seneffe, anciennement partie du Groupe Alcatel, ont été reprises par le Groupe américain Commscope en 1998.
L'usine de Seneffe est spécialisée dans le câble coaxial. Le groupe Commscope a apporté sa technologie qui a permis d'accroître fortement la productivité de l'entreprise et de rentabiliser les activités, antérieurement déficitaires.
En 2001 cependant, suite à la crise boursière, ce marché a connu une forte diminution, avec un impact important sur le chiffre d'affaires de l'entreprise, qui a chuté de 30 millions en 2000 à 24 millions en 2003. Peu à peu, la production de ce type de câbles s'est délocalisée vers des pays à moindre coût, tels le Brésil et la Chine. Depuis 2001, le site de Seneffe clôture chaque année son exercice en perte.
Cette situation est due d'une part à la réduction du marché, et d'autre part, plus récemment, à la baisse du dollar, avec un impact négatif sur toutes les usines situées en zone euro. L'intention du Groupe Commscope est de continuer à répondre aux commandes européennes à partir de sites de production américains et anglais.
L'annonce de l'intention de fermeture a mis les travailleurs en émoi, et ils ont dès lors décidé d'occuper l'usine. Une réunion constructive entre direction et syndicats est intervenue ce jeudi et a permis de rétablir le dialogue. Les organisations syndicales ont accepté en conséquence de reprendre le travail »
115 ouvriers travaillaient alors dans l’usine.




[1] A. VINCENT, Les câbleries en Belgique, dans revue du CRISP, 1984
[2] F. ZONEMBERG, L’avenir du câble coaxial de télédistribution redevenu souriant…, La câblerie seneffoise se branche sur la téléphonie, dans Le Soir 6-10-1994 

[1] Dans laquelle l'Union minière a racheté, fin 1974, la participation de la Société de traction et d'électricité
[2] Brochure d’accueil des ouvriers de la S.A. La Seneffoise, 1969 

[1] O. GENBAUFFE, Manage et son histoire, Nivelles, 1985, p. 243. Mes remerciements s’adressent à M. Guy Symoens pour ces informations.



[1] V.L. Appréciée à l’étranger, mais inconnue chez nous,  la câblerie « La Seneffoise », dans, le Journal de Charleroi, date inconnue 

vendredi 1 novembre 2019

LES AVATARS D’UNE USINE : LES CÂBLERIES DE SENEFFE


Alain GRAUX

Ce fut d’abord un moulin qui appartenait aux moulins de Marchiennes.




S.A. « LES CÂBLERIES DE SENEFFE »

La société anonyme « Les Câbleries de Seneffe », manufacture de fils, câbles, accumulateurs et appareils électriques » fut fondée le 5 novembre 1903 par devant Me Charles Paradis, notaire à Nivelles

Les fondateurs sont :
Valère Mabille, industriel demeurant à Mariemont
Omer Delattre, industriel demeurant à Morlanwelz
Jules Chantrenne-Boël, industriel demeurant à Nivelles
Auguste Chantrenne-Ferage, industriel demeurant à Nivelles
Fernand Hautain, employé demeurant à La Louvière
Hector Blairon, chef comptable, demeurant à Nivelles
Albert Blézard, ingénieur demeurant à Bruxelles.
La société prend la dénomination de « Manufacture de câbles, accumulateurs et Appareils électriques ».
Le siège est établi à Seneffe et est constituée pour le terme de 30 ans commençant le 30 novembre 1903
La société a pour objet la fabrication et le commerce des fils, câbles, accumulateurs et tous autres objets et matières se rapportant à l’électricité.
Le capital social est fixé à 275.000 Fr. divisé en 550 actions de 500 Fr., chacune.
Les actions sont souscrites par Valère Mabille (200 actions) ; Omer Delattre (126 actions) ; Jules Chantrenne (102 actions) ; Auguste Chantrenne (100 actions) ; Fernand Hautain (20 actions) ; Hector  Blairon (1 action) et albert Blézard (1 action).
La surveillance de la société est confiée par deux commissaires, sont désignés Auguste Chantrenne et Fernand Hautain[1]
Suite à l’assemblée constituante, le conseil d’administration désigne  Omer Delattre  pour remplir les fonctions d’administrateur délégué, les deux autres administrateurs sont Valère Mabille et jules Chantrenne[2]
Elle obtint des diplômes d’honneurs et médailles d’or aux expositions industrielles de Liège en 1905, Bruxelles en 1910, Charleroi en 1911, Anvers et Liège en 1930.

Pendant la guerre 1914-1918, l'autorité occupante s'empara tout d'abord après perquisition, d'un important stock de matières premières, produits finis et marchandises diverses, et ensuite de tout le matériel de fabrication. Elle cessa son activité et le matériel a fut repris par d’autres fabricants belges du cartel des fils isolés.

« La tréfilerie de Seneffe avait cessé ses activités à la reprise des usines par les ACEC. Son personnel était allé travailler aux Ateliers Taminiau, de l’autre côté du canal, et un contremaître Monsieur Ernest Liétart, Monsieur Jasmin (qui devint directeur) et d’anciens ouvriers de la Tréfilerie, décidèrent de relancer leur ancienne activité à Seneffe» (Enquête orale/Albert Pire) 

Par rachat par l’usine d’appareils électriques et d’accumulateurs, de Morlanwelz. Les accumulateurs étaient destinés aux voitures de chemin de fer (éclairage notamment).
On y fabriquait aussi des cordelières électriques, puis des câbles gainés de zinc appelés « skoll ». (Enquête orale/Léon Wautié)


LA S.A. « CÂBLERIES DE SENEFFE »

Suite à la guerre, la société anonyme « Câbleries de Seneffe » fut reformée devant Me Camille Hauchamps, notaire à Ixelles, le 3 novembre 1921[3].

Le capital social se monte à 2.500.000 Fr. représenté par 10.000 actions.
Les fondateurs de la nouvelle société sont :
Georges-Omer Delattre, industriel, demeurant à Paris (1995 actions), administrateur délégué
Le baron Roland de Berwick, propriétaire demeurant à Paris (1550 actions)
Maurice Beckaert, industriel demeurant à Courtrai (520 actions)
Albert Wanderpepen, industriel demeurant à Etterbeek (370 actions)
Lucien Chaussette, industriel demeurant à Bruxelles (470 actions)
Jean Franck, docteur demeurant à Bruxelles (305actions)
René Greiner, Industriel demeurant à Woluwé (120 actions) [4].

La « S.A. « Câbleries de Seneffe » fut mise en liquidation par l’assemblée générale des actionnaires tenue à Bruxelles devant le notaire Van Halteren le 23 décembre 1931[5].
L’assemblée stipule que la société est dissoute anticipativement à la date du 1er janvier 1932
Le 10 mars 1932, les archives de la société sont confiées à la « S.A. des anciennes Câbleries de Seneffe, Usines de caoutchouc manufacturé et d’accumulateurs électriques ».

La société en liquidation rembourse la somme de 135 Fr. par titres tenus par les actionnaires
Les administrateurs étaient à l’époque :
Georges-Omer Delattre, industriel, demeurant à Paris
Albert Wanderpepen, industriel demeurant à Bruxelles
Maurice Beckaert, industriel demeurant à Courtrai
René Greiner, Industriel demeurant à Woluwé
Lucien Chaussette, industriel demeurant à Bruxelles
Jean Franck, docteur demeurant à Bruxelles[6].



Le personnel de la « S.A. Câbleries de Seneffe »




LES ANCIENNES CÂBLERIES DE SENEFFE – USINE DE CAOUTCHOUC

Depuis sa création en 1903, la câblerie de Seneffe produisait les fils électriques isolés au caoutchouc naturel, le département qui produisait ce produit fut probablement éclissé de la firme primordiale en 1932 et devint les « Usines de caoutchouc, manufacture et accumulateurs électriques », dirigée par Georges Delattre, administrateur délégué. Le 16 février 1932, devant Me. Van Halteren, notaire à Bruxelles comparurent :

-     La société anonyme en liquidation « Les Câbleries de Seneffe », dissoute le 23 décembre 1931, représentée par M.M Georges-Omer Delattre, et Lucien Chaussette, industriels à Bruxelles

-          Les mêmes en leur nom propre
      -          Désiré Simonart, agent industriel, demeurant à Saint-Gilles
      -          Georges Legros, directeur d’usine, demeurant à Seneffe
      -          Joseph Piron, chef de service, demeurant à Arquennes
      -          Zénon Glineur, comptable, demeurant à Feluy
      -          Edmond Clarembaux, employé demeurant à Haine-Saint-Pierre

Ils créent la société dénommée « Société Anonyme des Anciennes Câbleries de Seneffe – Usines de Caoutchouc manufacturé et d’Accumulateurs électriques » pour une durée de trente ans.
La société a pour objet toutes les opérations commerciales, industrielles et commerciales se rapportant directement ou indirectement à toutes branches de la métallurgie, de la mécanique, de la construction, de l’électricité, notamment le travail du caoutchouc et de tous produis similaires, la fabrication et la vente de ces produits.

La société s’interdit cependant essentiellement la fabrication et la vente de fils et de câbles nus ou isolés et tubes à l’usage de l’électricité et de tout ce qui se rattache.
Elle pourra toutefois, avoir en portefeuille des titres ou participations de la société française Electrofina, ou toute société française qui viendrait à succéder à cette dernière, pour autant que l’Electrofina ne vende pas en Belgique des fils ou câbles nus ou isolés et des tubes à l’usage de l’électricité et tour ce qui s’y rattache

Le capital social de monte à 250.000 Fr., représenté par 1.000 actions

Ces milles actions sont réparties comme suit :
-     La société anonyme en liquidation « Les Câbleries de Seneffe » : 993 actions
-          Georges-Omer Delattre : 1 action
-          Lucien Chaussette ; 1 action
-          Désiré Simonart : 1 action
-          Georges Legros ; 1 action
-          Joseph Piron : 1 action
-          Zénon Glineur ; 1 action
-          Edmond Clarembaux : 1 action[7]
-           

Suite à l’assemblée constitutive l’assemblée désigne au conseil d’administration, les administrateurs suivants:
-          Georges Omer Delattre, par demeurant à Paris, président du conseil et administrateur délégué
-          Maurice Beckart, industriel demeurant à Bruxelles
-          Le baron Bertrand de Berwick, propriétaire à Paris
-          Albert Wanderpepen, industriel demeurant à Etterbeek
-          René Greiner, industriel demeurant à Woluwé

Commissaire : Jean Franck, docteur, demeurant à Bruxelles[8]
L’usine produisit des articles en caoutchouc divers, tels tapis, carpettes, revêtements de sol, etc.

Le caoutchouc arrive en blocs de 100 Kg venant des Indes néerlandaises et du Congo belge. La Sneffloore achète en Amérique, en Angleterre, et surtout en France les produits chimiques et les colorants dont elle a besoin pour les fabrications d’articles industriels.
L’usine occupe environ 120 ouvriers et ouvrières, en majorité des hommes ; les femmes sont employées à «l’ébardage » (opération consistant à assurer le fini des articles). Environ 30 tonnes d’articles parachevés sortent chaque année de l’usine et sont expédiés par chemin de fer et camions dans toute la Belgique et à l’étranger.
Sa dénomination changea ensuite plusieurs fois : de « S.A. Anciennes Câbleries de Seneffe » elle muta en « S.A. Caoutchouc et Ebonite »

Les produits étaient vendus sous la marque « Seneffloor ».








[1] Annexes du Moniteur 5424/1903
[2] Annexes du Moniteur 5798/1903
[3] Annexes du Moniteur 11375/1921
[4] Annexes du Moniteur 2529/1932
[5] Annexes du Moniteur 16828/1931
[6] Annexes du Moniteur 2529/1932
[7] Annexes du Moniteur, 1926/1932
[8] Annexes du Moniteur, 1927/1932