mardi 6 avril 2021

Les commerces et commerçants de l'Entité, d'hier à aujourd'hui

 

Autrefois, de nombreux commerces et petites entreprises florissaient dans toutes les rues des villages. Partout, en Belgique et ailleurs en Europe.

Quelques Anciens de chez nous se souviennent, avec attendrissement, de quelques-uns encore, qui avaient survécu jusqu'après leur jeunesse.

Et de les énumérer : les quincailleries, épiceries, crèmeries, cordonneries, etc... !


Ci-dessus, le magasin d'alimentation de Céline Fontenelle, situé au centre de Seneffe, en 1944.
 Hôtel près de l'ancienne gare de Feluy-Arquennes


Et souvenez-vous de Madeleine du Progrès,


des 
marchands de lait, du tailleur Risselin, du salon Havaux, de l'imprimerie Abbeels, l'imprimerie Cuvelier, etc... Il y avait même des hôtels ! (A proximité des gares). La présence de l'ancien canal de Charleroi — Bruxelles était favorable au commerce local. Les chalands s'appontaient aux quais et les bateliers s'approvisionnaient en nourriture notamment, étant donné que les moyens de conservation des aliments n'existaient pas comme à l'heure actuelle et les courses se faisaient souvent « au jour le jour », comme pour la plupart des ménagères.

Les nombreuses couturières trouvaient à deux pas de leur porte le fil et les aiguilles, les étoffes et tout ce qui leur permettait de réaliser des robes « sur mesure » ou les rideaux de leur voisine.





 Non seulement les commerces occupaient une large place dans la physionomie des villages (et des villes), mais aussi des entreprises étaient installées dans maints endroits, au centre-même ou à proximité toute proche des localités.

Des fabricants de divers produits, des artisans, de petites usines, ont parsemé de leurs charrois, de leurs bruits, de leurs odeurs, nos petites agglomérations. Ces installations répondaient aux besoins locaux et donnaient du travail aux populations.

 La photo ci-contre montre le cheval immobilisé dans un « travail », pour y être ferré.


Parmi tant d'autres que nous ne pourrions citer sans en oublier, nous rappellerons l'existence des entreprises Jenet Frères de Seneffe, où s'effectuaient des travaux de la Ligne Vicinale.

La vie a changé de façon magistrale ! Et il est vrai que beaucoup de choses changeront encore et plus vite qu'auparavant, voyez les progrès des technologies modernes dans tous les domaines Mon GSM est démodé dès que j'ai réussi à maîtriser toutes ses fonctions.


Les chevaux étant très nombreux, utilisés pour la traction de machines agricoles ou de véhicules, dans les carrières, notamment, pour la traction des chariots, le maréchal-ferrant se trouvait très sollicité.

L'évolution de la vie est normale et les progrès sont nécessaires, il faut en convenir et chacun peut observer les avancées technologiques, scientifiques, spatiales, etc..., avec beaucoup d'admiration et de satisfaction.


Les enfants d'aujourd'hui ne jouent plus comme ceux d'hier, les « tablettes » ont envahi le paysage enfantin et accaparé leur attention tout en, malheureusement, compromettant souvent le dialogue intergénérationnel. Mais il faut vivre avec son temps


Gare des Guillemins à Liège.

Des avancées spectaculaires ont transformé la société, les techniques ont évolué dans tous les domaines, moyens de transport, constructions, machines de plus en plus performantes...etc, et la population s'est adaptée progressivement aux changements, la notion de distance a pris une nouvelle orientation vers des horizons extérieurs attrayants et variés.


Il faut tout relativiser, les plaisirs, le mode de vie d'autrefois, ont apporté autant de satisfactions à nos populations d'antan, que les loisirs de notre époque et, pour les jeunes surtout, les applications internet et autres techniques modernes.

Avec les nouvelles technologies, les besoins ont changé.

La Maison de la Mémoire de l'Entité de Seneffe a récolté auprès de particuliers, une riche présentation collective des anciens commerçants et artisans de nos villages. Le contenu de ce fascicule ne reflète que très sommairement le magnifique travail effectué par ce groupement, épaulé par PAC et les FPS de Feluy.L'exposition illustre de façon magistrale l'immense diversité des installations commerçantes de nos villages. La comparaison avec la situation actuelle est ahurissante, il est difficile de se représenter le paysage d'antan où la proximité entre l'habitant et son milieu de vie s'avérait naturelle. Pas de courses du samedi dans les grandes surfaces d'une localité voisine, pas d'embouteillages dans les entrées de villes et de parkings annexés, mais il est vrai, moins de variétés et d'attractions diverses que dans notre civilisation dite, “de consommation “


L'objectif de notre démarche réside dans une petite réflexion sur la transformation de la société dans notre civilisation, et une connaissance, pour les plus jeunes de ce que fut la vie de leurs ancêtres, à côté des notions scolaires d'histoire qui se noient dans les contraintes imposées et souvent mal perçues, reflets d'un passé intégralement oublié.


Les changements, rapides, incontrôlables, l'augmentation, inéluctable, de la population, les émanations diverses, souvent nocives, dues à ces changements   (l'actualité le démontre) , sont des sources de réflexions existentielles qui animent actuellement les populations soucieuses d'une évolution favorable à l'Homme.

Editrice responsable : Claudine Delbruyère-Debelle 










 






mardi 16 février 2021

Cher Confrère Thiriar,

 

Cher Confrère Thiriar,

Dans les nombreuses « notices » relatives au village de Familleureux, il en est une qui vous cite Docteur Thyriar en 1837 (1) et une autre qui vous domicilie rue Pont à la Marche, qui plus est, elle vous fait père d’un révérend capucin (2).

Poussé par la curiosité, je « consulte » parcourant tantôt les registres paroissiaux, ceux de l’Etat civil, tantôt les publications de notre société de recherche historique et folklorique de Seneffe.

Voici les informations vous concernant :

-    Votre nom est orthographié Thyriar (1) et (2) alors que votre patronyme est Thiriar.

-    Né à Houdeng-Aimeries, le 14.05.1809, fils de Jean-Philippe, Nicolas (°05.12.1785 à

      H- A   Et +25.03.1810 à H-A) et de Marie-Thérèse Roland dont le mariage a eu lieu le   

      04.01.1809 à H-A Vous étiez un beau « prématuré » recevant le prénom de Jean-

      Philippe mais catastrophe votre père meurt avant votre premier anniversaire.

-                                 Promu médecin de l’Université de Liège le 27.06.1831, soit à 22 ans (respect cher

      confrère)  vous habitez chez votre maman à Gouy lez Piéton, comme cela figure sur votre acte de mariage du 25.04.1832.

-    Vous épousez à Feluy Florence Dumont (°28.12.1803+10.11.1855), fille de Jean-Joseph, cultivateur et de Marie-Catherine Marcq.

-   Vous vous installez à Feluy et en 1833, vous êtes nommé médecin des pauvres par le bureau de bienfaisance et cela en lieu et place du confrère Helin. Le 04.09.1838, vous remettez votre démission car vous partez vous installer à Familleureux (3).

-     En 1839, vous êtes généreux donateur d’un ciboire, d’une paire de burettes avec plateau et d’une croix de procession (2).

-     Et c’est là à Familleureux que vous apparaissez père du révérend capucin « Thyriar » de  la maison de Mons (2).

  -   Malheureusement votre carrière médicale s’interrompt prématurément le 06.12.1847 à
Feluy (faire-part de décès p.37 de (3))

A ce moment de l’enquête, nous ne savons rien du fils capucin. Mais c’était sans compter sur le « réseau » de notre entité, réseau de passionnés de l’histoire de nos villages s’entend.

Dans une publication à propos de la stigmatisée Louise Lateau par P.Hildebrand il est dit en p.57 « Pour la famille Lateau en particulier, on sait qu’elle était très liée avec le capucin Charles Thiriar né au village de Familleureux ». Et plus loin « Depuis 1864 ce père a passé presque toute sa vie religieuse au couvent de Mons et souvent il venait voir l’extatique et sa famille ».

En 1865, le chemin de croix de l’église de Familleureux fut érigé solennellement par le père Thiriar de Mons (2)

Dans un extrait issu des « Lois sur l’instruction primaire » publié en juillet 1870 on lit en p.1002 En séance du 06.06.1879 Monsieur Bara, ministre de la Justice dit : « Messieurs, les journaux catholiques de ce matin publient une lettre signée Charles Thiriar de Familleureux, supérieur des révérends pères capucins de Mons            »

 

Voilà où nous en sommes. Oui mais..il n’y a point de Charles Thiriar dans les registres de l’Etat civil ni à Familleureux ni à Feluy et donc pas de preuve de paternité.

Survient alors l’information capitale fournie par Christan Lisbet de Feluy : dans le rapport de la députation permanente de 1867 il est évoqué Thiriar, Jules, en religion père Charles, capucin à Mons.

Et par conséquent : Jules Thiriar, né le 27.04.1830 à Familleureux est le fils (le 8ème enfant) de Augustin Joseph, cordonnier ° 17.04.1786 à Familleureux + 14.11.1859 à Familleureux et de Marie-Thérèse Renard mariés le13.09.1809 à Familleureux. Le 16.11.1852 il quitte Familleureux pour Enghien. En 1863 il est repris comme entrant au registre de la population de Mons.

La vérité est rétablie, cher confrère Thiriar.

Je vous devais bien cela

Bien confraternellement

Dr. E.Jacob                                                                              Familleureux, le 25 juillet 2020

(1)  Histoire de Belgique, histoire de Familleureux par M.Ghislain, garde champêtre

(2)  Familleureux L’église Notre Dame de Miséricorde 1986 pp.23 et 24 par D.Massart, L.Leheut, M.Debuisseret

(3)  Société de recherche historique et folklorique de Seneffe revue trimestrielle N° 2 1988 pp.36 et 37 article intitulé « Le bureau de bienfaisance de Feluy » par D.Massart

P.S. : grâce à mes travaux de recherche, il s’avère que le Dr Jean-Philippe Thiriar et le Père Charles Thiriar ont le même quadrisaïeul à savoir Gaspar Thiriar né en 1667 en région liégeoise + 13.04.1740 à Houdeng. Il était bailli de St Vaast et maitre des fosses. Il fonda avec ses trois fils (Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas) les charbonnages de La Louvière et de la paix à St Vaast puis celui de Houssu à Haine St Paul.Jean-Philippe et Jules sont cousins au 7ème degré de même qu’un autre Gaspar, Alexandre Thiriar, aussi médecin °01.06.1834 à St Vaast +09.04.1870 à Haine St Paul. Décidément les docteurs Thiriar meurent jeunes.


      Remerciement chaleureux à André Denis et Christian Lisbet    .

      




lundi 25 janvier 2021

LA FEMME, HIER, DANS NOS VILLAGES.

 

En appui à l'exposition organisée par les groupes Maison de la Mémoire de l'Entité de Seneffe, PAC et FPS de Feluy, en septembre 2017 : « Les Commerces et commerçants de l'Entité, d'hier à aujourd'hui, « ».

La physionomie des localités s'est modifiée au cours des temps, il est difficile pour les nouvelles générations d'imaginer leur aspect initial, si ce n'est au travers de documents ancien. La Maison de la Mémoire de l'Entité de Seneffe s'efforce de faire revivre un passé et le leur livrer en aperçu succinct à travers l'exposition d'aujourd'hui.

Le groupe F.P.S. de Feluy a participé à ces travaux de recherches et se penche, dans ce fascicule, sur la condition de la femme en ces temps lointains. Les éléments repris dans ce texte concernent surtout les communes de Feluy et d'Arquennes, localités mieux connues par l'auteur du travail, mais peuvent s'appliquer à toutes les communes.

Si loin que l'on remonte, la femme, dans nos régions, a, de prime abord, été considérée comme inférieure à l'homme. Si des avancées sociales ont amélioré la condition des milieux défavorisés, elles n'ont touché que tardivement la gent féminine.

Dans les familles aisées, la fille recevra une instruction sensiblement pareille à celle du garçon, L'instruction constituera un atout dans le parcours de vie des femmes et certaines d'entre elles, poussées par la perception légitime de leurs possibilités, se sont distinguées dans la recherche de l'égalité sociale entre les genres.

Dans les milieux défavorisés, la fille ne fréquentera l'école que si les parents le veulent bien et en ont les moyens, il faut attendre l'instauration de l'obligation scolaire pour généraliser l'enseignement.



Le travail, peinture de Jules Trayer, fin XIX  siècle, Carcassonne, musée municipal. 

Les valeurs fondamentales, très longtemps, sont le fruit de la pratique de la religion et de la société qui, bien avant, refusait toute intelligence ou bonne action de la part des femmes, hormis celle de concevoir les futures générations, de les éduquer et de les préparer à servir la société dans laquelle elles vivraient.

Les filles apprennent finalement à lire parce que la lecture fixe les enseignements de la religion, mais la société n'a pas besoin qu'elles en sachent plus. La nécessité d'offrir une instruction plus poussée aux filles ne s'impose qu'à quelques consciences clairvoyantes.

Les travaux d'aiguille passaient pour une activité convenant aux femmes de tous âges et de toutes classes; ils permettaient de réconcilier la destinée domestique avec la fierté du travail et le désir d'expression de soi. Le tableau de Jules Trayer ci-dessus, attire aussi l'attention sur la femme, à droite, probablement une dame de compagnie, en train de faire la lecture à haute voix


Dans l'Entité de Seneffe, comme dans beaucoup d'autres localités, il faut signaler l'instauration d'écoles ménagères à côté d'écoles industrielles, que les enfants pouvaient fréquenter après les primaires jusqu'à 14 ans.


Parmi les commerces relevés dans l'exposition de la MMES, bon nombre offraient     le matériel requis pour cette activité : les bonneteries, les merceries, se retrouvaient dans tous nos villages, par exemple.

L'épouse, en général « ménagère », assurait les travaux, à domicile, et trouvait à proximité de chez elle, tout ce dont une famille avait besoin : nourriture, produits de nettoyage, de loisirs, l'habillement, les chaussures, ...sans déplacements. Les quincailleries, les épiceries, les boulangeries, les boucheries, les brasseurs,...foisonnaient autour de son domicile.




Certains commerces requéraient l'engagement de vendeuses et vendeurs, nous avons connu le Progrès à Feluy, où nous étions accueillis par Madeleine Meurice, l'une des dernières commerçantes du village„ avec le « Bon Grain », le CGA...etc.

Et tous ces magasins qui peuplaient les places de nos villages !



Le XIXe siècle verra fleurir l'industrialisation et la multiplication d'entreprises diverses, où les ouvriers seront en général mal payés et soumis à l'insécurité dans le travail. Pour subvenir aux besoins des familles, des femmes y seront employées dans des postes subalternes encore plus mal rémunérés.


Dans nos pays de carrières, le travail pénible, éreintant, incitait les ouvriers à « repasser» dans l'un des plus que nombreux cafés des localités, ce qui ne convenait pas à l'équilibre financier des familles 

La société se composait de personnes à statuts sociaux différents : si les ouvriers subissaient un régime de vie très dur, les dirigeants d'entreprises récoltaient les produits du labeur, et une classe, en général plus bourgeoise, se lançait dans le commerce.

 Il est vrai que dans les régions comme la nôtre, la présence des carrières, d'un canal, d'une gare, favorisait l'installation de magasins, d'ateliers multiples, constituant ainsi tout une vie sociale intense, à laquelle la femme participait avec une complaisance dépendant de ses moyens.



Les habitants se rencontraient dans les commerces, et naturellement, les femmes en particulier, se parlaient, échangeaient leurs idées et les nouvelles des villages se répandaient, ce qui rapprochait les gens et créait des liens. Pratiquement, tous les habitants se connaissaient et partageaient les événements de la vie des voisins.




Après la dernière guerre, à partir de 1945, l'utilisation des voitures s'est propagée, les besoins ont changé et la vie a offert des perspectives plus larges, jusqu'aux complexes commerciaux d'aujourd'hui., attrayants, conçus pour répondre aux attentes des générations nouvelles dans un monde où tout doit aller très vite, où tout évolue de plus en plus rapidement, dans la spirale des avancées technologiques actuelles et déjà dans le futur.


Editrice responsable : Claudine Delbruyère-Debelle. (Septembre 2017)



dimanche 13 décembre 2020

EVOCATION DE LA DUCASSE DE FELUY EN 1889

 

EVOCATION DE LA DUCASSE DE FELUY EN 1889

Le journal de Nivelles « L’Aclot » du dimanche 11 août 1889, évoque la ducasse de Feluy qui était courue par les Nivellois :

 « La Kermesse de Feluy

S’il est une coutume qui soit restée vivace à Nivelles, c’est bien de se rendre chaque année, le premier lundi du mois d’août, à la kermesse de Feluy ; il n’est pas un Aclot digne de ce nom qui n’ait fait au moins une fois ce pèlerinage. Vers 5 heures, ce jour-là, la gare du Nord offre un spectacle curieux : elle est envahie par une foule bruyante et joyeuse, qui, à l’arrivée du train, remplit en un clin d’œil les quinze ou vingt voitures mises à sa disposition tout exprès pour la circonstance.

Et où va cette jeunesse dont les cris couvrent le bruit de fer du train qui l’emmène pour l’étranger qui s’y égarerait, à une kermesse de village bien insignifiante. Mieux avisés sont ceux qui font à pied cette jolie promenade, une des plus pittoresque des environs de Nivelles, par le Panier vert et par le bois d’Arpe ; les piétons s’arrangent presque toujours de venir rejoindre à la gare de Feluy-Arquennes les Aclots qui ont pris le train de cinq heures. Alors une longue file de couples et de familles entières s’en va par le chemin empierré longeant les carrières et les chantiers silencieux aujourd’hui à l’occasion de la kermesse et bientôt la  foule envahit la place du village ; un cirque, une friture, des chevaux de bois et quelques échoppes de marchands de pain d’épice et de caramels, voilà toute la foire ; en quelques minutes, on a tout vu, on se promène, on tourne longtemps dans le même cercle en se rencontrant cent fois, sans que personne semble se fatiguer de cette monotonie ; on voit de vieux Aclots, que rarement on rencontre sur la place Saint-Paul lors de la fête à Nivelles, rire et s’amuser longtemps des sottises et des grimaces d’un clown ; aussitôt la parade terminée, la baraque se remplit de Nivellois qui crient et s’interpellent sans se soucier beaucoup du spectacle. Puis, on se répand dans les cafés de la place, qui en prévision de la cohue, ont placés sur quelques chaises de longues planches rugueuses ; de temps en temps, l’une de ces planches se rompt sous la charge ou glisse de ses supports en précipitant par terre un grand nombre de consommateurs ; cela n’empêche pas ces derniers, aussitôt relevés, de recommencer à boire de la bière de Louvain dans ces petits verres sans pied dont on se sert chez nous, en guise de lampions, aux jours d’illuminations. Quelques-uns s’écartent de la place pour visiter en détail le village ; ils restent longtemps à examiner le vieux manoir féodal et la vaste nappe d’eau qui l’entoure, l’avant-corps qui forme l’entrée de cette demeure seigneuriale est surtout curieux à cause de ses tours ramenées aujourd’hui au niveau des toits ; on remarque l’écusson en pierre qui domine la porte principale et les retraites dans lesquelles se logeaient autrefois les poutres du pont-levis, plus loin, succédant à des habitations simples et proprettes aux fenêtres garnies de fleurs, s’élèvent les riches demeures, entourées de parcs, des maîtres de carrières ; ces constructions récentes, dont plusieurs ne manquent pas de cachet, donnent au village un air d’aisance qui manquent souvent aux autres communes industrielles.

Lorsque vient le soir, toute la jeunesse se rend au Petit scou, ou, dans une cour étroite et peu profonde au-dessus de laquelle est tendue une toile, on danse, où plutôt on s’écrase, jusqu’au moment de reprendre le train. A la gare, la cohue est plus grande encore qu’au départ ; cette année on a même jugé nécessaire de requérir des gendarmes pour maintenir la foule. Au moment où arrive le train, on se précipite, on perd ses compagnons de route, on s’appelle, les amoureux cherchent les voitures les moins éclairées ; les compartiments de première et de seconde classe sont envahis par les braves Aclots qui avaient guetté l’occasion et tout heureux, se prélassent sur les coussins ; enfin quand tout le monde est casé, le long train s’ébranle et en route pour Nivelles !

Et voilà la kermesse de Feluy ! Qui vous dira pourquoi elle a tant de vogue à Nivelles !

Comment expliquer pourquoi c’est seulement le lundi qu’on s’y rend, alors que la kermesse d’Arquennes, nous pourrons de nouveau le constater dans quelques semaines, n’attire les Aclots que le dimanche ? Pourquoi va-t-on à pied à Arquennes et par chemin de fer à Feluy, alors que les deux agglomérations sont bien près de se confondre ! C’est ainsi qu’on a toujours fait, nous répondra-t-on, et en cela somme en bien des choses, on se borne à suivre l’usage sans le discuter.                                      

jeudi 5 novembre 2020

Les fêtes du centenaire de l'indépendance à Arquennes

 

LES FÊTES DU CENTENAIRE DE L’INDÉPENDANCE A ARQUENNES

                                                                                                          Alain GRAUX                                                                                                                                            

Le dimanche 15 juin 1930 eurent lieu les festivités commémorant le centenaire de l’Indépendance de la Belgique. Elles commencèrent à 9 heures et demi par une grande messe célébrée pour les combattants de 1830 et de 1914-1918 ; suivie d’un Te Deum.

A 10 heures et demi eut lieu sur la grand-place l’inauguration de l’arbre du Centenaire accompagnée du discours du bourgmestre et du président des combattants. La cérémonie est soutenue par les chants de la chorale.

A 11 heures, l’assemblée s’en vint alors au cimetière où sera déposées des fleurs sur la tombe du dernier combattant de la Révolution de 1830, Philippe Demoulin et sur celle des combattants de 1914-1918.

A 11 heures et demi eut lieu à l’école gardienne la remise de la coupe du Centenaire au Cercle horticole et de petit élevage « L’Espoir ».

L’après-midi, la réception des sociétés de musique étrangères à la commune eut lieu à la gare de Feluy-Arquennes et la formation d’un cortège

 Un cortège partant de la gare parcourut les rues de la Station, la Grand-place, la place Mathy, le quartier de la Fontaine, la rue de Bon Conseil, la chaussée de Nivelles, la rue de Chèvremont, pour revenir sur la Grand-place.

Il était composé de :

-          La Police

-          Les Ecuyers de Notre-dame de Bon Conseil

-          La Société Royale « Les Archers de Saint-Sébastien » d’Arquennes

-          La société de tir à l’arc à la perche horizontale « Arquennes Station »

-          La Fanfare Royale « L’union Ouvrière » de Seneffe

-          Le groupe des garçons de l’école

-          La société de Secours Mutuels « Saint-Joseph »

-          Le Cercle Horticole et de petit élevage « L’Espoir »

-          Le groupe des filles de l’école

-          La société de musique locale « Les Volontaires »

-                      Le groupe de la société du jeu de balle « L’Espoir »

-          Les demoiselles du cours de coupe

-          Les sociétaires du cercle dramatique « plaisir et Charité »

-          Les membres du cercle « Les Enfants de Bon Conseil »

-          Le groupe de la société colombophile « La Colombe Joyeuse »

-          La société de musique « L’Harmonie de La Hestre »

-          La voiture des enfants du dernier Combattant de 1830 (Philippe Demoulin)

-          La voiture des institutrices pensionnées

-          L’amicale des Anciens Combattants

-          L’Administration communale et le comité des fêtes

 A l’issue du cortège, eut lieu une remise des médailles du souvenir à la formation du groupe des délégués de chaque société participante (Drapeau et deux délégués par société).

 A 16 heures, sur la Grand-place a eu lieu une fête de gymnastique par les élèves des écoles

Au programme on pouvait voir :

-          Entrée (Filles et garçons)

-          Cantate « La Liberté »

Filles

-          Pas de deux – Battements

-          Moulins

-          Exercices de grâce

-          Ronde enfantine : « Mon chez Nous »

-          Gavotte

-          Ronde des petits enfants belges (école gardienne)

-          Exercices avec guirlandes


      Garçons

-          Marche avec mouvements d’ensemble

-          Le Drapeau

-          Apothéose « Salut au Drapeau »




Un Lâcher monstre de pigeons voyageurs précéda l’allocution du président de l’amicale des Anciens Combattants

 A 18 heures, commença une grande audition musicale donnée par l’Harmonie de La Hestre dirigée par Victor Hennaut

Son répertoire comprenait :

Une Marche commémorative, de Paul Gilson

Une Suite orientale, de François Popy

Une Fantaisie sur « Les contes d’Offman », d’Offenbach

Un divertissement oriental « Egyptia » de F. Popy

L’ouverture « La fête des chasseurs », de Von Reithmeyer

Suivie par la Fanfare Royale « Union Ouvrière » de Seneffe, dirigée par Albert Frêteur. A son programme il y avait :

Une Marche orientale, d’Albert Frêteur

Une polka pour piston « La Bouarde » d’Albert Frêteur, par le soliste Marcelin Hecq

Une fantaisie tirée de « Tanhauser », de Wagner

Une schottich originale « La Jolie villageoise », de Martin, par le soliste

Une fantaisie tirée de « Aïda », de Verdi

Le concert se termine par l’ouverture de la « Muette de Portici », d’Aubert.

 

A 21 heures, eut lieu l’illumination de la Grand-place, la journée se terminant par un bal populaire



dimanche 13 septembre 2020

A PROPOS DE LA CARRIÈRE CLOUDT A ARQUENNES



A PROPOS DE LA CARRIÈRE CLOUDT A ARQUENNES

                                                                                                 Alain GRAUX

En complément de notre article sur les carrières d’Arquennes, voici le projet de statuts de la « Société Anonyme des carrières de Feluy-Arquennes » réalisé en 1876 devant Me Albert Mangin, notaire à Mons, assisté de témoins : Théodore Cloudt-Aulit[1], demeurant à Mons, propriétaire des carrières dites de Feluy-Arquennes, situées à Arquennes, déclare que, voulant continuer une société anonyme par voie  de souscription, mode déterminé par la loi du 18 mai 1873, il a dressé de la manière suivante le projet de statuts de cette société :

Chapitre 1erNature, objet, durée, nom et siège de la société

Art. 1. Il est formé, entre ledit comparant et les personnes qui seront par la suite propriétaires des actions ci-après créées, une société anonyme sous a dénomination de « Société des carrières de Feluy-Arquennes ».
Son siège est établi à Arquennes, mais il pourra être changé par décision de l’assemblée générale, moyennant publication dans le Moniteur et dans deux journaux de Mons de ce changement de domicile.
Art. 2. la société a pour objet :
1° L’exploitation et le développement des carrières de granit dites pierres bleues, situées à Arquennes, province de Hainaut ;
2° L’acquisition totale ou partielle et l’exploitation d’autres carrières ;
3° La fabrication de la chaux et autres dérivés de la pierre calcaire ;
4° Toutes les opérations qui tiennent à l’exploitation, au traitement, au commerce et au transport des pierres et ses dérivés.
Art.3. La société aura cours le jour de la constitution définitive et durera aussi longtemps que le permettra l’exploitation de ces carrières.
En cas de perte de la moitié du capital social, les administrateurs soumettront à l’assemblée générale la question de la dissolution de la société.
Si la perte atteint les ¾ du capital, la dissolution pourra être prononcée par les actionnaires possédant un quart des actions représentées à l’assemblée. En cas de dissolution l’assemblée générale règlera le mode de liquidation.
Art.4. Tous actes qui ne se lient pas immédiatement aux opérations sus indiquées, ainsi que l’émission de billets de caisses et de tous autres papiers de la même nature sont fortement interdits.

Chapitre II. – Apports, fond social.
Art.5. Le comparant ci-dessus dénommé et qualifié apporte à la société la propriété des carrières de granit de Feluy-Arquennes, situées à Arquennes, province de Hainaut
Cette propriété d’un ensemble comprenant 2 hectares 64 ares 26 centiares de fond en comble, est apportée quitte et libre de toutes charges hypothécaires et de toute remise à forfait.
Elle est limitée comme suit : au nord, par le canal de Charleroi à Bruxelles ; à l’est, par le comte de Lalaing ; au sud, par le chemin de Feluy à Arquennes à la station, et à l’ouest, par le chemin de fer de Manage à Nivelles.
Elle comprend :
La carrière Boulouffe sise au village, reprise au cadastre sous la section B. n° 659k, 659t, 659n, 659o, 657p, 660a, 661a, 661b, 661c, 665a et 664b, pour une contenance de 1hectare 35 ares 40 centiares, réduite à 1hectare 32 ares, 96 centiares par suite d’une emprise de 2 ares 10 centiares pour le chemin de fer.
Sur ce terrain existent :
  1. Une maison bâtie sur caves ayant plusieurs chambres au rez-de-chaussée et à l’étage, avec cantine pour les carrières.
  2. Six maisons de demeures d’ouvrières placées vers la route et vers le canal ;
  3. Une usine avec grande cheminée, construite en briques et carreaux. Cette usine renferme : 1° une machine à vapeur horizontale et son générateur, d’une force approximative de 8 CV ; 2° une armure de 15 à 24 lames pour le sciage des granits de moyennes dimensions ; 3° deux pompes d’exhaure, et 4° les outillages mobiles, tels que wagonnets, rails, pièces de rechange, marteaux et refendresses, chaînes, scies neuves et vieilles, madriers, etc.
      D.   Le quai d’embarquement ;
 2° La carrière dite Mathias, située au village d’Arquennes ;
 3° La carrière dite du Rossignol, contiguë à la précédente, avec laquelle elle ne forme qu’un ensemble. Ces deux carrières sont reprises au cadastre sous les n° 715, 718, 719a, b, c et f, 720a, 721a, 722a de la section B pour une contenance de 1hextare 31 ares 50 centiares.
Sur ce terrain existent :
   A. Le bâtiment d’exploitation avec grande cheminée construite en briques avec des carreaux, registres et accessoires. Dans cette construction est installé le matériel industriel ainsi que l’outillage mobile de l’exploitation composé notamment : 1° d’une machine à vapeur neuve à condensation, système à balancier, pour la traction et l’exhaure, ayant la force de vingt chevaux-vapeur environ, avec tous accessoires, trécit, mouvement de pompes, volant, engrenages ; 2° un générateur avec tube impilleur, timbré pour subir une pression de six atmosphères effectives, avec tous les appareils de sûreté prescrits par la loi ; 3° pompes d’épuisement avec tous les accessoires.
   B. Environ trois cent mètres de voies ferrées, y compris le plan incliné pour la remonte ;
   C. Tous les objets servant à l’exploitation de ladite carrière tels que chaînes, wagons, crics, chariots cabestans, leviers, marteaux, matériel de forge, etc.
Le bail d’un terrain contigu à la carrière Boulouffe appartenant aux époux Lescart-Dubois, concédant le droit d’y déposer les déblais provenant des découvertes des autres carrières.
Le droit de faire les apports qui précèdent et de constituer la présente société résolue, pour le propriétaire, de l’acquisition qu’il en a reçu des époux Demesse-Dubois, propriétaires à Arquennes, suivant acte passé devant Me Doumont, notaire à Feluy le 20 novembre 1875, enregistré.

Art.6. Pour le prix de ces apports, ledit comparant recevra 150.000 Fr. en espèces et 80 actions de la présente société, entièrement libérées.
Les 270 actions restantes seront offertes aux souscripteurs.
Art.7. Le capital social fixé à 350.000 Fr., est divisé en 350 actions de 1.000 Fr. chacune.
Toute émission ultérieure est réservée à l’assemblée générale.
Art.8. La société ne peut amortir ou rembourser ses actions qu’au moyen des bénéfices.
Dont acte sur projet présenté par le comparant, fait et passé à Mons en l’étude, le 23 mars 1876.
Lecture faite le comparant a signé avec les témoins et le notaire
(ont signé) Th. Cloudt-Aulit, Louis Sclavons, A. Dacquin, Albert Mangin[2]

 CARRIERE DE FELUY-ARQUENNES




  Cette carrière est appelée  par les Arquennais « Trou Cloudt ».
Le terrain de cette carrière sis le long de la rue des Carrières actuelle, appartint à l’Etat belge depuis 1894 et s’étend en bordure du trou de carrière abandonné et sur toute la longueur de la côte montant à la gare. L’administration de l’Enregistrement annonce pour le lundi 12-6-1922, la vente des biens domaniaux et notamment l’ancienne carrière d’une contenance de 82 ares 93 ca. Celle-ci est achetée par l’administration communale pour 15.000 Fr.
Le terrain de l’ancienne carrière Cloudt a été comblé et l’administration communale lotit ce terrain au profit de la construction de villas.




                                 




[1] Cloudt Théodore, ° 1811 env., juge au tribunal de commerce, x Aulit Flore-Victoire-Thérèse,° 1817 env., + Mons 19-4-1881
[2] Annexes du Moniteur Belge 1876/370