samedi 23 septembre 2017

A PROPOS D’UNE USINE D’ARQUENNES : LA FIBRERIE DU CENTRE



A PROPOS D’UNE USINE D’ARQUENNES : LA FIBRERIE DU CENTRE

                                                                                                                           Alain GRAUX



La fibrerie du Centre fut créée le 3 février 1930 en tant que société anonyme, devant Me Eugène Grandmoulin, notaire à Auvelais. Ses créateurs sont :

-          Vital Lambert, industriel à Charleroi.

-          Louis Lambert, industriel à Charleroi.

-          Ernest Dewez, comptable, demeurant à Montigny-sur-Sambre.

-          Léon Defaiffe, agent commercial, demeurant à Tamines.

-          Franz Deffaife, industriel demeurant à Nivelles.

-          Georges Cantiniau, négociant en bois, demeurant à Manage.

-          Fleurice Manderlier, agent commercial, demeurant à Familleureux.

-          La société anonyme Scieries tongroises, établie à Tongres représentée par son conseil d’administration composé comme suit :

a)      Ernest Hauben, notaire à Bilsen

b)      Frédéric, baron de Borman, demeurant à Tongres

c)      Eugène Lambillotte, industriel, demeurant à Ransart

d)     Léon Deffaiffe, industriel, demeurant à Tamines

e)      Emile Delvoie, ingénieur des mines, demeurant à Tongres



Le siège social est établi à Arquennes dans les locaux de l’ancienne scierie Paternotte, actuellement à l’emplacement de la firme Sonimat.

La société a pour objet l’exploitation industrielle et commerciale d’une fibrerie mécanique, le commerce de bois et généralement tout ce qui peut se rapporter  à l’industrie et au commerce du bois.

La société est constituée pour une période de 30 ans prenant cours à dater du 3 février 1930.

Le capital est fixé à 1.500.000 Fr. représenté par 3.000 parts sociales.

La société anonyme Scieries tongroises fait apport de :

  1. un établissement industriel comprenant terrain, raccordement au chemin de fer, bâtiments industriels et autres, l’ensemble situé à Arquennes, cadastré  section B. 765s en partie, 765m, 765n, 765o, et 768h en partie, contenant 1ha 87c, traversé par le sentier communal 93bis joignant le domaine de l’Etat (canal de Charleroi à Bruxelles).
  2. le matériel généralement quelconque se trouvant dans ledit établissement comprenant notamment une machine à vapeur Bollinckx, une chaudière Mathot, tuyauterie, quatre machines à défibrer, deux presses à ballots, une affûteuse, voies Decauville et wagonnets, outillage et pièces de rechange.

La société apporteuse est propriétaire de l’immeuble prédécrit pour avoir fait ériger une partie des constructions et pour en avoir acquis le terrain et l’autre partie des constructions, savoir :

a)      Partie de M. François-Joseph-Gustave Vingerhoets, industriel à Bruxelles, représentant les Scieries tongroises, devant le notaire Charles Vanpée, à Nivelles le 20 octobre 1927 pour le prix de 99.472 Fr.

M. Vingervoets a acquis  avec d’autres immeubles de la Société des Carrières d’Arquennes Regnaud, Lequime et Cie, société en commandite par actions en liquidation, suivant acte passé devant Me de Ro, notaire à Saint-Josse-ten-Noode, le 6 août 1920

b)  Partie, pour avoir fait l’acquisition  de M. Jean-Baptiste-Ghislain Vincent, négociant à    

     Arquennes et Mme Louise Vincent et son époux Lucien Gérard, boucher, demeurant

      ensemble à Carnières , suivant acte passé devant le notaire Vanpée, de Nivelles, le 28

      février 1928,  pour le prix de 2.000 Fr.

Ce bien appartenait à M. Jean-Baptiste Vincent pour l’usufruit et à Mme L. Vincent pour la nue propriété au terme d’un acte de partage intervenu entre eux ainsi qu’avec Hubert Vincent, négociant à Arquennes ; Marie Vincent, épouse Ernest Breda, demeurant à Arquennes ; Jeanne Vincent, épouse Oscar Delferrière, employé à Familleureux ; François Vincent, négociant à Gilly et Florentine Vincent, épouse Vincent Lejour, demeurant à Arquennes, suivant acte reçu par Me Delhaye, notaire à Feluy, le 20 juillet 1909.

Les acquéreurs doivent continuer les servitudes attachées au bien :

La propriété est traversée par un aqueduc où égout servant à l’évacuation des eaux de carrière, des usines existantes ou à établir et des immeubles acquits par M. Vingervoets au nom de la société. Ces immeubles  tous sis à Arquennes sont cadastrés B. 688a, 688b, 689b, 694a, 732b, 734, 740, 741, 743a, 755c, 765m, 701c, 689, 754c, 709b, 738c, 733a, 765a, 765n, 687e, 691c, 692b, 693d, 693c, 694/2, , 695f, 710q, 710b, 709d, 709e, 690c, 701h, 708e, 691c, 744d, 765q, 765z, 713c, 737b, 737c, 765l, 708a, 758c, 758b, 758f, 760b, 761a, 761b, 695k, 696r, 714a, 716a et 738e.

M. Deffaife aura le droit de prendre à la carrière dite « trou à Cannes » l’eau qui sera nécessaire au service de l’immeuble acquis et des usines qui pourraient être établies à l’avenir.

M Vingervoets autorise M. Deffaife à utiliser son raccordement de chemin de fer pour le passage de ses wagons à charge de supporter les frais d’entretien du raccordement.

En rémunération de l’apport ci-dessus il est attribué à la S.A. Scieries tongroises, 2.200 parts sociales entièrement libérées.

Les 800 parts sociales restantes sont souscrites au prix de 500 Fr. chacune par :

Vital Lambert                                    200 actions

Louis Lambert                                    70 actions

Ernest Dewez                                     50 actions

Léon Deffaife                                     60 actions

Franz Deffaife                                   170 actions

Albert Deffaife                                  150 actions

Georges Cantiniau                              50 actions

Fleurice Manderlier                            50 actions[1].



Le 3 février 1930, les actionnaires se réunirent pour désigner les administrateurs de la société. Sont désignés administrateurs: Vital Lambert, Léon Deffaife et Georges Cantiniau

                       Commissaires : Louis Lambert, Albert Deffaife et Ernest Dewez[2]



Pendant la guerre, lors du bombardement des ponts du canal l’usine dut subir la mitraillade des forces allemandes.

Par acte passé le 30 juillet 1947 devant Me Léon Brasseur, notaire à Bruxelles la société se mue en  société de personnes à responsabilité limitée appelée elle aussi « Fibrerie du Centre ».

Cette société est fondée par Mme Germaine Chabot, sans profession, demeurant à Uccle et M. Willy Vanderbeken, industriel demeurant à Gand.

Le siège de la société est établi à Arquennes au lieu-dit Village.

La société a pour objet  tout ce qui se rapporte directement ou indirectement  à la fabrication de fibres de bois pour emballages, fibres pour cordes et fibres pour ciment ainsi que toutes les opérations commerciales, industrielles et financières se rapportant directement ou indirectement  à ce genre d’exploitation.

La société est créée pour une durée de trente ans ayant pris cours le 1er juillet 1947.

Le capital social est fixé à 405.000 Fr. et représenté par 405 parts sociales de 1.000 Fr. chacune.

Mme Germaine Chabot apporte l’outillage consistant en tracettes, couteaux, fils de fer servant à l’exploitation, ainsi qu’un camion « Studebaker » de 5 tonnes et ayant six cylindres, datant de 1932.

Ces apports en nature sont évalués à la somme de 105.000 Fr., en compensation elle reçoit 105 parts sociales. En outre elle apporte en numéraire 100.000 Fr. représentés par 100 parts sociales

M. Vanderbeken apporte 200.000 Fr. en numéraire, il reçoit donc 200 parts sociales.

Ces parts sociales sont nominatives et indivisibles.

Les marchandises (bois servant à faire des fibres) arrivaient par train ou par le canal.

La gestion de la société est confiée à Mme Chabot et M. Vanderbeken qui en sont les gérants.

Willy Vanderbeken s’occupe de la direction et de la gestion journalière. Il est spécialement désigné à s’intéresser  au département  commercial et à la clientèle.

Germaine Chabot s’occupe de la gestion générale et administrative. Elle était secondée par son beau-fils Willy Vanderbecq.

L’usine occupait une vingtaine d’ouvriers, on se rappelle le nom de certains d’entre eux :

Hector Bayot, Alfred Lecomte, Eloi Rathé, Jacques Ghys, Alphonse Hoyaux, Pierre Sugers.

Léon Halloin et Prosper Devroe, s’occupaient des transports par camions.

Le contremaître était Justin Hubermont. Son épouse Maria Burgraff tenait la conciergerie.

Il y avait deux employées : Gilberte Servotte et Eléonore Taccoen[3].

L’usine arrêta ses activités vers 1955/1960.





[1] Annexes du Moniteur 1856/1930
[2] Annexes du Moniteur 1857/1930
[3] Enquête orale auprès de Mme Risselin-Hubermont, que je remercie pour ses précieux renseignements

mardi 9 mai 2017

Le journal de guerre de Georges Tellier




Georges Tellier, enfant d’Arquennes , commence le 10 mai 1940 et se termine le 28 mai de la même année. Il  raconte de façon imagée (comme peut le faire un enfant) les premiers jours de la guerre et l’exode désordonné de sa famille jusque Calais et le retour à Arquennes.

Plutôt













lundi 9 janvier 2017

LES BRAVES DE NOS REGIONS DÉCÉDÉS AU SERVICE DE L’EMPIRE


           Alain GRAUX



La conscription militaire du Régime français, largement impopulaire fut votée le 19 fructidor an 6 (5-9-1798), elle a jeté sur les champs de bataille 31.000 conscrits du département de Jemappes dont 1/3 n'en n’est pas revenu. Cette conscription fut surtout subie par les classes laborieuses, les riches y échappant par le remplacement.

Se sont malheureusement les avis mortuaires qui nous font connaître les braves soldats hainuyers tués aux quatre coins de l'Europe. Parmi tant d'autres, nous citerons les conscrits des localités situées dans le canton de Seneffe.



ARQUENNES



* BAYOT Jacques, grenadier du 69e régiment d’infanterie, 4e bataillon, mort de maladie le 24-11-1813 à Saverne (Alsace)

* CORDIEUX Jean-Joseph, du 3e régiment de tir de la garde impériale, 2e bataillon, 2e compagnie, décédé de la fièvre à Burgos (Espagne) le 18-10-1811.

* DELALIEUX Alex-Joseph, 23 ans, déserteur du 21e régiment d’infanterie, blessé, mort de fièvre à Liège le 31-1-1806.

* DENIS Antoine, fusilier du 111e régiment d’infanterie, 5e bataillon, 4e compagnie, décédé de fièvre à Spire (Allemagne) le 6-8-1813

* DEREUME Louis-Aimé, fusilier du 21e régiment d’infanterie, 1er bataillon, 1ère compagnie, mort le 17-3-1812, de fièvre ataxique[1]

* DIEU Jean-Baptiste, 24 ans, fusilier du 51e régiment d’infanterie, aux arrêts, décédé à Paris à l’hôpital du Val de Grâce le 12-4-1808

* FRANGNIEUX Jean-Baptiste, fusilier du 23e régiment d’infanterie ; 2e bataillon, 2e compagnie décédé de fièvre à Zara (Dalmatie) le 16-3-1810.

* GLABAY Jacques-Joseph, 20 ans, fusilier de la Légion de l’intérieur, 4e bataillon, 6e compagnie, décédé à Metz (Lorraine).

* LATIGNY Jean-Baptiste, régiment de Walcheren[2], 1er bataillon, 5e compagnie, mort de dysenterie à Middelburg (Pays-Bas) le 7-1-1812.

* LEFEVRE Martin, 28 ans, fusilier du 103e régiment d’infanterie, 1er bataillon, 1ère compagnie, blessé de l’armée d’Espagne, décédé à l’hôpital d’Ecya le 24-9-1810.

* SOUPART Jean-Baptiste, 26 ans, soldat du 5e bataillon (bis) du corps impérial d’artillerie, 5e compagnie, blessé à Séville (Espagne), décédé le 10-8-1810.

* VANHAGENDOREN Robert, fusilier du 21e régiment d’infanterie, décédé de fièvre ataxique à l’hôpital militaire de Magdebourg (Saxe-Anhalt) le 23-1-1812.

* WASNER Joseph, chasseur de la ½ brigade légère, 1er bataillon, 6e compagnie, blessé à Bâle (Suisse) le 19 vendémiaire an 8 (11-10-1799)



FAMILLEUREUX



* AMAND Pierre-François, soldat du 6e régiment d’infanterie, 4e bataillon, 2e compagnie, blessé à Valladolid (Espagne), décédé le 9-9-1811.

* BOURET Honoré-Joseph, né à Familleureux le 17-7-1788, faisait partie du dépôt du 79e régiment d’infanterie, mort de fièvre à l’hôpital de Perpignan (France) le 2-1-1812.

* CHAUDRON Florent-Joseph, du 1er régiment des voltigeurs de la garde, 3e bataillon, 1ère compagnie, mort de fièvre à Leipzig (Saxe) le 11-1-1814.

* CORDIER Auguste, fusilier du 21e régiment d’infanterie, 5e compagnie de piquet, mort de Fièvre à Aix-la-Chapelle le 28-3-1812

* DALAUVE François, soldat du 94e régiment d’infanterie, 3e bataillon, mort de phtisie à Hanovre le 6 prairial an 12 (23-5-1804).

* DEHOUT Albert, 20 ans, du 30e régiment d’infanterie, 3e bataillon, 2e compagnie, mort à Stade (Basse-Saxe) le 17-9-1813. L’avis de décès n’a été expédié qu’en 1827.

* DELVAUX Auguste, faisait partie de le 65e ½ brigade, 3e bataillon 2e compagnie, mort de fièvre à Strasbourg (France) le 13 frimaire an 9 (4-12-1800).

* DESSALE Martin-Joseph,  du 23e régiment d’infanterie, compagnie de grenadiers, blessé à Graz (Autriche), décédé le 27-10-1809.

* LEON Emmanuel, du 112e régiment d’infanterie, 2e bataillon, compagnie de grenadiers,  blessé à Palma-Nova (Espagne), décédé le 18-12-1813

* MAES Louis, 32 ans, ouvrier militaire au 3e bataillon, décédé à l’hôpital militaire de Hemixem (province d’Anvers) le 3-1-1812

* MASSE Augustin, fusilier du 21e régiment d’infanterie, 4e bataillon, 1ère compagnie, décédé à l’hôpital de Cologne le 12 thermidor en 12 (30-7-1804).

* MENIL Joseph, 27 ans, soldat du 50e régiment d’infanterie, 1er bataillon, compagnie de grenadiers, mort de fièvre à Vitoria (Pays basque) le 21-10-1812.

* MONNOYE Nicolas, né le 21-2-1789, fusilier du 23e régiment d’infanterie, 3e bataillon, 3e compagnie,  mort de fièvre à l’hôpital militaire de Barcelone le 12-1-1811.

* ROULET Philippe, 26 ans, mort à Bremen (Allemagne) le 17-7-1811, d’un ulcère fistuleux provenant d’un coup de feu reçu à la bataille de Wagram.

* TOUSSAINT Pierre-Joseph, 23 ans, fusilier de la compagnie de réserve de Jemappes, mort de fièvre à Ixelles le 24-10-1809.

* VANDERECK Pierre-Joseph, né le 21-10-1782, soldat du 130e régiment d’infanterie, 5e bataillon de dépôt, tué le 1-4-1812, en Espagne dans la province de Santander dans une affaire contre des insurgés



FELUY



* BOTTEMANNE, du 51e régiment d’infanterie 5e bataillon, 2e compagnie, mort de fièvre à Torgau (Saxe) le 14-10-1813.

* CASTANT Isidore, soldat du 5e train d’artillerie, 5e compagnie, décédé du tétanos à l’hôpital des Carmes de Montreuil (France) le 1er pluviôse an 13 21-1-1805)

* DARQUENNE Adrien, fusilier du 23e régiment d’infanterie, 3e bataillon, 2e compagnie, décédé de fièvre à Linz (Autriche) le 15-10-1809.

* DAUBLAIN Antoine, sergent du 2e bataillon, 2e compagnie de la Garde nationale impériale, mort de fièvre à Briviesca (Espagne) le 12-8-1811

* DEBELLE Pierre-Joseph, 27 ans, du 94e régiment d’infanterie, 3e compagnie de grenadiers, mort à l’hôpital militaire de Lubeck (Schleswig-Holstein) le 3-3-1807.

* DELALIEUX Ferdinand, sergent-major aux Sapeurs de la Garde, 4e compagnie, mort de fièvre maligne à Fontainebleau le 20-4-1814.

* DELALIEUX Pierre, 22 ans, conscrit non incorporé, mort à Rochefort (France) le 24-11-1809.

* DELBOVE Jean-Baptiste, , né le 12-12-1789, , décédé de fièvre à Toul (France) le 7-10-1808.

* DENIS Jean-Baptiste, du régiment de Walcheren, 4e bataillon, 5e compagnie, mort d’angine gangreneuse à Middelburg (Pays-Bas) le 10-4-1811.

* DENIS Pierre-Joseph, fusilier du 148e régiment d’infanterie, 2e bataillon, 2e compagnie, décédé à Munster (France)  le 18-6-1813.

* GAUDY Godefroid, fusilier au 1er bataillon auxiliaire, 6e compagnie, tué par les Espagnols à Cabezon le 26-1-1811.

* GHISLAIN Augustin-Joseph, sapeur de 2e classe, 4e bataillon de sapeurs, 8e compagnie, noyé, travaillant aux ponts Napoléon sur le Danube le 2-7-1809.

* GUILLAUME François, fusilier du 85e régiment infanterie, 1er bataillon, 4e compagnie, mort à Ried (Autriche) le 24-10-1810.

* HOUDART Jean-Baptiste, fusilier du 88e régiment d’infanterie, 4e bataillon, 1ère compagnie, mort de fièvre à Tudela (Espagne) le 24-3-1809.

* HUART François, fusilier du 85e régiment d’infanterie, 3e bataillon, 1ère compagnie, décédé de fièvre adynamique à La Chartreuse (Savoie) le 22-10-1809.

* LECHIEN Joachim, chasseur du 5e régiment d’infanterie légère, 1er bataillon, 2e compagnie, blessé à Vienne (Autriche), décédé le 14-11-1809.

* LECLERCQ Joseph-Philibert, fusilier du 4e régiment d’infanterie, 4e bataillon, 3e compagnie, mort à Vézelise (Lorraine) le 3-12-1813.

* LEGRAND Jean-Joseph, du 94e régiment d’infanterie, 3e bataillon, compagnie des voltigeurs réunis, blessé à Dantzig, décédé à l’hôpital militaire le 14-4-1808.

* LELOIRE Pierre-Joseph, 23 ans, fusilier du 23e régiment d’infanterie, 1er bataillon, 8e compagnie, décédé d’hydropisie à l’hôpital d’Anvers le 11 frimaire an 13 (2-12-1804).

* LESEINE Jean-Baptiste, 19 ans, fusilier du 131e régiment d’infanterie, 6e bataillon, 5e compagnie, mort de marasme à Veere (Pays-Bas) le 30-8-1813.

* LIBERT Englebert, fusilier du 23e régiment d’infanterie,  1 bataillon, 2e compagnie, décédé de fièvre à Vienne (Autriche)

* MARSILE Elie-Joseph, fusilier du 21e régiment d’infanterie, 7e compagnie, décédé à l’hôpital de Dunkerque le 23 vendémiaire an 13 (13-10-1804).

* MORINGUIN Pierre, 22 ans, fusilier du 20e régiment d’infanterie,  4e bataillon, 1ère compagnie, mort de fièvre à Santander (Espagne) le 2-12-1809.

* PELERIN Jean-Joseph, fusilier du 21e régiment d’infanterie,  tué sur le champ de bataille de Wagram le 6-7-1809.

* QUINET Jean-Joseph, 24 ans, sapeur au 4e régiment des sapeurs, 8e compagnie, mort de fièvre à Schelstatt (Allemagne) le 27-4-1810.

* ROTY Jean-Baptiste, voltigeur du 1er  régiment de la Garde,  1 bataillon, 3e compagnie, mort de fièvre à Glogau (Pologne) le 3-3-1814.

* WAROQUIER Antoine, 22 ans, de la 5e compagnie des pionniers volontaires, mort de marasme, à Breda (Pays-Bas) le 1-10-1811.

* ZERQUE François, conscrit au dépôt général, décédé à l’hôpital militaire de Strasbourg le 12-9-1809.



SENEFFE



* BAYOT André-Joseph, fusilier du 148e régiment d’infanterie,  2e  bataillon, 2e compagnie, blessé à Leipzig, décédé le 3-7-1813.

* BENIT Augustin-Joseph, fusilier du 2e régiment supplémentaire,  2e  bataillon, 4e compagnie, mort de fièvre à Pampelune (Espagne), le 22-9-1808.

* BOULAY Augustin, fusilier de la 2e légion  3e bataillon, 7e compagnie, mort de fièvre à Madrid le 13-10-1808.

* CAMBERLIN Pierre-François, Conscrit allant rejoindre Valenciennes, décédé en cette ville de convulsions épileptiques le 10-8-1806.

* CAPITTE Augustin, grenadier du 69e régiment d’infanterie,  compagnie des grenadiers, blessé à Talavera de la Reyna (Espagne) le 7-4-1812.

* CREPIN Jean-Charles, de la 1ère compagnie de mineurs, mort de fièvre à Trévise (Italie), le 24-10-1807.

* CREPIN Louis-Joseph, soldat du 44e régiment d’infanterie,  4e  bataillon, 4e compagnie, mort de fièvre à Hambourg (Allemagne) le 8-3-1814.

* DEHAYE Jean-Baptiste,  carabinier du 12e régiment d’infanterie légère, tué lors de la bataille d’Albuera, près de Bajados le 16-5-1811.

* DELAUNOIS Pierre, canonnier du 6e régiment d’artillerie à cheval, 3e compagnie, mort de gale compliquée à San-Sébastian (Espagne) le 14-6-1809.

* DELOWE Philippe, fusilier du dépôt colonial, 1ère légion, mort de fièvre à Dunkerque le 30 ventôse an 11 (22-3-1803).

* DEMALET Charles, grenadier du 21e régiment d’infanterie,  2e  bataillon, compagnie des grenadiers, blessé à Vienne, décédé le 4-3-1810.

* DENAMUR Jean-Baptiste, fusilier du 86e régiment d’infanterie,  4e  bataillon, 1e compagnie, mort de fièvre à Figuères (Espagne) le 24-11-1813.

* DENIS Ferdinand, canonnier de 2e classe, 8e régiment des artilleurs à pieds, 2e compagnie, tué à la bataille de Friedland (Prusse orientale) le 14-6-1807.

* DESPRET Jean-Joseph, fusilier du 69e régiment d’infanterie,  4e  bataillon, mort de fièvre à Glogau (Pologne) le 23-2-1814.

* DETRAND Jean-Baptiste, chasseur du 2e régiment d’infanterie, 1ère  compagnie, décédé de diarrhée aigue à Dantzig(Pologne) le 22-6-1813.

* DOUYÉ Jean-Baptiste,  soldat du 5e train d’équipage, 4e compagnie, mort de fièvre à Figuères (Espagne) le 15-10-1810.

* DURAND Augustin, sapeur du 4e  bataillon, 8e compagnie, mort à Vienne de fièvre adynamique  le 17-10-1809.

* ELOI Jean-Alexis, fusilier du 45e régiment d’infanterie,  1e  bataillon, compagnie Jourdan n°6, décédé à Rimsloth (Osnabrück-Autriche), le 16 pluviôse an 13 (5-2-1805).

* GOBERT Jean, 9 régiment de cuirassiers, décédé de fièvre adynamique à Wels (Allemagne)  le 19-6-1809.

* HAUTIER Joseph soldat de la 59e ½ brigade, 1er bataillon, 8e compagnie, mort de fièvre à Milan (Italie) le 27 frimaire an 9 (18-12-1800).

* HOCQ Paul, fusilier du 58e régiment d’infanterie,  3e  bataillon, 5e compagnie, mort à La Rochelle (France) le 30-12-1808.

* HOYAUX Auguste, voltigeur du 8e régiment de la garde impériale,  2e  bataillon, 4e compagnie, décédé à Luxembourg le 12-12-1813.

* HUGAINT Emmanuel,  capitaine du régiment de Walcheren, 4e bataillon, 1ère compagnie, mort de fièvre à Châtellerault (France) le 9-11-1811.

* LAURENT Honoré-Joseph soldat de la 74e cohorte puis voltigeur du 2e régiment d’infanterie, mort de fièvre à Torgau (Saxe) le 10-11-1813.

* LETROY Augustin, 25 ans, fusilier du régiment de Walcheren,  1er   bataillon, 4e compagnie, décédé de fièvre putride à Middelburg (Pays-Bas) le 18-8-1811.

* MANDERLY Joseph, soldat du 8e régiment d’infanterie,  3e  bataillon, 3e compagnie, mort à Zara (Dalmatie) le 12-7-1806.

* MARIN Jean-Dominique, soldat du 13e régiment des Dragons, mort de diarrhée à Dantzig (Pologne) le 12-4-1813.

* MASCHOT Jean-Baptiste, fusilier du 5e régiment d’infanterie,  1er   bataillon, 4e compagnie, mort de fièvre à Spalato (Split – Croatie)  le 19-11-1806.

* OYO (HOYAUX) Jean-Joseph, fusilier du 21e régiment d’infanterie,  2e  bataillon, 7e compagnie, blessé à la bataille d’Eylau, décédé à Nackel (Prusse) le 10-8-1807.

* PARMENTIER Michel, capitaine du 112e régiment d’infanterie,  compagnie d’artillerie, décédé à Florence le 7-1-1811.

* PETIT Joseph, chasseur du 2e régiment d’Anvers, 1er bataillon, 4e compagnie, décédé de fièvre en cette ville le 23-9-1813

* POTVIN Jean-Louis,  soldat du 2e bataillon du train d’artillerie, mort à Vienne le 1-10-1809.

* SIBILLE Adrien, fusilier du 85e régiment d’infanterie,  1er  bataillon, 2e compagnie, mort de fièvre à Vienne le 19-9-1809.

* STAQUET Emmanuel, 38 ans, déserteur de la 74e cohorte, mort d’atonie générale[3] à Mons le 7-9-1813.

* TARTE Florent, grenadier du 112e régiment d’infanterie,  1er  bataillon, mort de fièvre à Alexandrie (Egypte) le 29-1-1807.

* THEYS François-Joseph, né le 31-7-1789, fusilier du 69e régiment d’infanterie,  2e  bataillon, 1ère compagnie, tué près d’Espelette (Pyrénées, France) le 10-11-1813.

* VALENTIN Arnould, fusilier du 21e régiment d’infanterie,  3e  bataillon, 3e compagnie, mort de fièvre à Thorn (Pays-Bas) le 20-5-1807.

* VALENTIN Charles chasseur de la 11 ½ brigade, 3e bataillon, 6e compagnie, mort à Mondidier (Somme- France) le 19 ventôse an 9 (10-3-1801).

* VANHAGENDOREN Robert, fusilier du 21e régiment d’infanterie,  1er  bataillon, 3e compagnie, décédé de fièvre ataxique adynamique à Magdebourg (Allemagne) le 23-1-1812.

* VANICKIN Augustin, du 9e régiment de hussards, 2e compagnie, mort de fièvre à Dantzig (Pologne) le 6-12-1807.

* VERAVRET Nicolas, grenadier du 2e  bataillon, 3e compagnie, mort de fièvre à Dresde (Saxe) le 12-9-1813.

* VINTY Nicolas, 23 ans,  sapeur du 4e bataillon, 8e compagnie, mort de fièvre intermittente à Ebersdorff (Thuringe- Allemagne) le 8-10-1809

* WAUTY Joseph, fusilier du 21e régiment d’infanterie, 3e  bataillon, 1ère  compagnie, mort à Magdebourg le 9-4-1812



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Fusilier, grenadier, voltigeur



[1] Ataxie : absence de coordination des mouvements, caractéristique de certaines maladies neurologiques
[2] Le régiment de Walchéren (Charmy) est un régiment impérial de l'armée française créé le 24 juin 1811 pour accueillir les conscrits réfractaires du nord de la France impériale.
[3] L'atonie est un signe clinique caractérisé par la diminution voire disparition du tonus et de la contractilité, le plus souvent musculaire[

samedi 22 octobre 2016

La Platinerie Dupont


A PROPOS DE LA PLATINERIE DUPONT

                                                                                                                              Alain GRAUX


A l’occasion de la demande d’établissement d’une forge pour la fabrication des fers battus, à Feluy présentée  par François-Isidore Dupont, en 1810, plusieurs maîtres de forges formèrent une opposition motivée sur ce que le nombre de ces établissements était déjà considérable , que dans un rayon peu étendu il existait les forges suivantes : deux forges à Morlanwelz, une à Haine-Saint-Paul, une à Marchienne-au-Pont, une à Grogniaux, une à Aiseau, un fourneau à Hourpes et trois forges à Ways et Bousval. Les opposants faisaient observer que ces usines employaient du fer affiné ou mitraille, opération où le charbon de terre était employé, que les usines de Morlanwelz, Marchienne et Grogniaux traitaient le fer de fonte ; qu’enfin il y avait pénurie de bois et qu’il était généralement connu qu’une forge consommait annuellement le produit de 40 hectares de bois[1].

Malgré cette opposition, l’usine de François-Isidore Dupont[2] fut autorisée par un décret de l’empereur Napoléon en date du 13 mars 1810 :


«  Napoléon, Empereur des Français, etc.

Art.1.   Il est permis au sieur François-Ysidore Dupont, négociant, demeurant commune de Feluy, arrondissement de Jemappes, de construire une usine à battre et tirer le fer dans ladite commune de Feluy, sur un terrain qui lui appartient, entre la rivière de Samme  et le ruisseau du petit moulin.

2. Cette usine sera construite d’après les plans d’élévation et profils vérifiés et certifiés par l’ingénieur en chef des mines ; un duplicata de chacun desdits plans demeurera joint au présent décret.

3. Cette usine sera construite sur l’emplacement indiqué au plan géométrique-certifié par l’ingénieur en chef des ponts et chaussées, et dont un duplicata demeurera joint au présent décret.

4. Un bassin sera creusé à l’endroit marqué au dernier plan de la lettre P. Deux barrages seront établis aux emplacements marqués R.S. ; des digues seront élevées sur les bords du biais supérieur, pour soutenir les eaux et préserver les propriétés riveraines, nommément celle du sieur Dawanne (d’Awaigne) et Nicolas Capitti (Capitte), de toute inondation.

Trois vannes d’un mètre trente centimètres de largeur seront ménagées dans chacun des barrages marqués R.S. ; elles s’élèveront de fond.

La jauge de six vannes de retenue et de la vanne d’abée de l’usine est fixée à deux mètres au-dessus l’étiage de la Samme, à l’endroit marqué T, où cette rivière reçoit les eaux du petit moulin.

Cette jauge sera réparée au moyen d’une pierre de taille de trente centimètres de côté, et d’un mètre de queue engagée dans le corps du bâtiment principal de la nouvelle usine, de quatre-vingts centimètres environ , le dessus de ladite pierre sera mis d’affleurement avec le dessus des vannes d’abée et de retenue.

5. Les dédommagements qui pourraient être dûs aux propriétaires riverains seront réglés de gré à gré,  ou à dire d’experts, et payés par le sieur Dupont.

6. Il ne pourra être employé aux réparations de la chaufferie et l’étirage que des combustibles minéraux.

7. Ne pourra le propriétaire, en aucun tems et sous aucun prétexte, transformer cette usine, sans une nouvelle autorisation, sous peine d’encourir la suppression,  et de répondre des dommages que sa contravention pourrait avoir occasionnés.


8. Le sieur Dupont tiendra son usine en bon état, et se conformera, pour l’exploitation, aux lois et règlemens de police intervenus et à intervenir sur les mines et usines, et aux instructions qui lui seront données, à cet égard, par l’administration des mines ; il se conformera pareillement aux règlemens existans ou à intervenir sur la police des cours d’eau.

9. Il transmettra à l’administration des mines, tous les trois mois, des états certifiés des produits de son usine, et l’état des ouvriers y employés.

10. L’inexécution ou la contravention aux articles 2, 3, 4, 6 et 9, emporte de droit la déchéance de la présente autorisation, et ce, indépendamment des dommages et  intérêts s’il y a lieu.

11. Dans le cas où le gouvernement jugerait convenable de faire des dispositions pour l’avantage de la navigation, du commerce ou de l’industrie sur la rivière la Samme, et où les dispositions nécessiteraient le chômage et même la démolition entière de l’usine, le sieur Dupont sera tenu de le souffrir sans pouvoir réclamer aucune indemnité ni dédommagement, même en cas de démolition.

12. Notre ministre de l’Intérieur est chargé de l’exécution du présent décret. ».

L’usine comportait à ses débuts une forge et une platinerie[3].

F-I. Dupont savait que l’établissement des laminoirs exigeait une force motrice importante, or sa forge de Feluy-Arquennes n’ayant pas un cours d’eau assez fort, et le haut prix où étaient alors les machines à vapeur, et n’ayant pas les moyens de s’en offrir une, il résolut de trancher la difficulté en construisant lui-même la machine à vapeur nécessaire. Il employa à ce travail des ouvriers de la localité, fit fondre et forger les diverses pièces, et monta lui-même l’engin.

En 1830, F-I. Dupont, obtint du conseil communal de Feluy l’autorisation de changer la direction du chemin vers Bornival, vis-à-vis de son usine, située au hameau du Petit-Moulin, à charge se construire et d’entretenir un pont sur la Samme près de la Haute-Roquette ; les communes de Feluy et d’Arquennes payèrent chacune cent francs dans la construction de ce pont[4]

Un arrêté du 15 juin 1835 permit de donner une extension à cet établissement

Le fils d’Isidore Dupont, Emile Dupont[5], maître de forge à Fayt, reprit l’exploitation, l’usine comprenait vers 1840, quatre foyers de chaufferie, un four à réverbère[6] et sept martinets[7]-[8].

Illustration du martinet dans le cours de mécanique de Charles Delaunay, 1868
 En 1850, des inondations causèrent d’immenses dégâts, l’usine Dupont fut fortement touchée occasionnant pour 3.000 Fr de frais de remise en état[1].





Le Pont construit par F.I. Dupont et vestiges des vannes de retenue des eaux de la Samme pour alimenter son usine




[1] WARZEE A., Exposé  historique et statistique de l’industrie métallurgique dans le Hainaut, Mons 1861, p. 113
[2] Dupont François-Isidore, ° Seneffe 24- mars 1780, † Fayt-lez-Seneffe 25 avril 1838, x Haine-Saint-Paul 1802, Silez Christine-Charlotte
[3] François-Isidore Dupont avait eu l’intention d’établir deux hauts fourneaux à Seneffe ; mais sur  sa demande, l’arrêt de permission daté du 27 août 1837, fut rapporté par un autre arrêté du 11 mai 1840.
[4] STROOBANT C., Histoire de la commune de Feluy, p. 498, tiré des archives de la commune de Feluy.
[5] Dupont Emile,-Joseph, ° Fayt-lez-Seneffe 17 février 1809, y  † 3 avril 1875, x Namur 1808, Borgnet Pauline, ° Namur 17 octobre 1808
[6] Un four à réverbère est un four où la chaleur est réfléchie (réverbérée) par la voûte du four. Dans ce type de four, le combustible (charbon.) est brûlé dans une chambre différente de celle des matières traitées. Ainsi, on limite les interactions indésirables entre la combustion et les matières à traiter.
[7] Dans l'industrie, un martinet est une machine conçue pour utiliser l'énergie hydraulique aux travaux de forgeage]. Il est constitué d'un lourd marteau, qui vient tomber sur une enclume ou un tas. Le marteau est emmanché sur un levier oscillant autour d'un axe horizontal. Ce marteau est mis en mouvement par des cames portées par un arbre horizontal qui vient appuyer sur l'extrémité libre du levier à chaque tour de l'arbre, et le laisse retomber en se dégageant. L'arbre à cames est entraîné par une roue hydraulique verticale. Le fonctionnement est très irrégulier, aussi les cames sont-elles souvent insérées sur un arbre moteur très lourd ou entre deux volants. Pour augmenter le rythme de travail, l'amplitude de débattement du marteau est diminuée par des ressorts très rigides, une poutre en bois sur les plus anciens (gravure ci-dessous), puis des ressorts métalliques sur les modèles plus récents. Cela permet d'augmenter le nombre de cames. La vitesse de l'arbre est régulée par la variation du débit de la chute d'eau qui fait tourner la roue.

[8] WARZEE A, Exposé historique et statistique de l’industrie métallurgique dans le Hainaut, p.111, dans Mémoires et publications de la Société des Sciences, des Arts et des lettres du Hainaut, IIe série, t.8, 1862-1863
[9] STROOBANT C., Histoire de la commune de Feluy, p.577.