vendredi 23 septembre 2022

LES PROPRIÉTAIRES DE PETIT-RŒULX-LEZ-NIVELLES VERS 1860

 

LES PROPRIÉTAIRES DE PETIT-RœULX-LEZ-NIVELLES VERS 1860

                                                                                                Alain GRAUX       

                                                                                                                                                       

Etant donné le caractère rural de la commune se sont en majorité des cultivateurs et leurs ouvriers journaliers qui sont propriétaires de terres.

Institutions

Les Béguines,

L’église

Les Pauvres

La Commune. Il est à noter que plusieurs propriétés sont de la commune sont partagées en emphytéose[1]

 Métiers                                   Nom des propriétaires

1 berger                                  Charlier Maurice,

1 cabaretier                             Rame François-Jh.

14 cultivateurs                        Botte François*, Charlier François-Jh., Charlier Jean-François, Charlier Maurice, Dancot Jean-Baptiste, Degrez François (Vve.), Destry Louis-Jh., Jasmes Auguste-J., Laurent Jean-Baptiste, Monnoye-Lagneau Augustine (Vve), Rourceaux François, Strannart Jérôme (Vve.), Tumerelle Auguste-Jh., Zébier Jean-Jh. (Vve.).

1 domestique                          Bernard Pauline.

1 fermier                                 Badart Jean-Baptiste[2].

1 gendarme                             Rathé Antoine*.

20 journaliers :                       Adam Pierre, Botte François, Botte Xavier, Brognaux Jean-Baptiste, Chapelin Désiré, Gossiaux Philippe *, Herrent Ignace, Monnoyer Jean-Jh., Mansart Félicien*, Mansart Paul*, Monnoyer Mathieu, Navez Grégoire, Piron Louis*, Sibillle Augustin*, Straunard Jean-Baptiste*, Stronard Auguste, Verly Marie-Claire, Verly-Oloffe Marie-Thérèse (Vve.), Verly Nicolas*.

2 maçons                                Stronard Joseph, Tournay Joseph.

1 maréchal-ferrant                  Godeau Antoine.

8 propriétaires                         Bayot Maximilien, Botte Pierre fils Hubert, Deaune Jh., Fauconnier Henri et Henriette, Hannart Albert (Héritiers), Monnoyé Jean-Baptiste, Rathé François (Vve.)

6 sabotiers                              Benoit Stanislas, Latinie Pierre-J., Sebille Maurice, Souphy Joseph et Pierre,

Ville François.

1 scieur de long                      Botte François

5 tailleurs de pierres               Bernard-Verly Antoine, Latinie Jean-François* et Jean-Louis, Monnoyer Jean, Straunard Jean-Louis*.

1 tourneur en bois                   Monnaie Jean-Jh.

Nivelles

Les Hospices

Propriétaires extérieurs à la localité

Les propriétaires étrangers à la commune le sont par héritage et habitent pour la plupart dans les villages environnants.

 Arquennes

1 cabaretier                             Debienne Nicolas.

1 cordonnier                           Depoitte Adolphe.

1 négociant                             Delannoy Jean-Baptiste.

Braine-le-Comte

1 gendarme                             Naveau Jean-Baptiste.

Bruxelles       

1 médecin                               Pigeolet Arsène-Victor.                    

3 rentiers                                 de Lalaing (Comte), Marque Guillaume, Monnoyer.

Buzet

2 cultivateurs                          Jurion-Stonard Mathilde, Jurion Nicolas.

Charleroi

1 meunière                              Tahon-Chaudron Catherine.

Ecaussinnes-Lalaing

1 rentier                                  Dubois Jean-Baptiste.

Gondregnies

1 propriétaire                          Tahon de la Motte Juliette-Constance[3] (baronne).

La Hestre

1 rentière                                Leclercq Nicolas (Vve.).       

Louvain                    

1 rentière                                 Coqueaux (Vve.).

Mons

1 employé                               Dardembourg Charles.

Nivelles

4 fermiers/cultivateurs          Heuchamps François (Vve.), Lambert Xavier, Leclercq Emmanuel,

                                               Mercier Léopold.

1 marchand de musique          Labalestrie Joseph

2 notaires                                Delbruyère Louis-Nicolas, Delbruyère Jacques-Jules.

5 propriétaires                         Delbruyère Alfred-Albert, Delbruyère Louise-Thérèse Henneau Léopold, Monceau Pierre-Jh., Paradis-Waroquier Albertine (Vve.). 

3 rentiers                                 Bossut Thérèse-Joseph, Hun-Bois-Saint-Jean, Rascart Alfred.

Obaix

1 cultivateur                           Stocq Jean-Jh.

Rêves

Propriétaire                             Lutte Marie-Louise.

Thines

1 fermier                                 Cumerelle Hubert.



[1] Les noms suivis d’un astérisque sont des propriétaires emphytéotiques avec la commune de Petit-Rœulx-lez-Nivelles

[2] Jean-Baptiste Badart est propriétaire d’un moulin à eau et à vapeur et sucrerie.

[3] La comtesse Emile-Henri d’Oultremont, baronne Tahon de la Motte, héritière des seigneurs féodaux du village, est la plus grosse propriétaire du village. A noter qu’elle possède entre autres d’une distillerie et d’une brasserie.

 

lundi 27 juin 2022

LA FERME DU WESPRIN A FELUY

 LA FERME DU WESPRIN A FELUY

   Alain GRAUX

 

La ferme du Wesprin, une des plus anciennes connues de Feluy, est aussi appelée ferme des Ricolettes.

 On trouve peu de textes parlant du Wesprin à ses débuts. On ne trouve que des textes parlant des terres touchant au Wesprin et donnant ainsi quelques précisions sur ses propriétaires.

La première mention connue du Wesprin date du 5 septembre 1279. Le Vesprin (Wesprin) est cité lors d'un arrangement entre l'abbaye Saint-Feuillien et1'abbaye de Bonne Espérance au sujet de terrains à mettre en culture « toutes terres seront à commun dîmage sauf cinq bonniers réservés en totalité à l’abbaye de Bonne-Espérance et au curé de Feluy si le vivier du Wesprin est mis en culture… »[1]

En 1421, on cite « …Le dict Michaulx Lambinet de Feluy 'vend au dict collart le Chien ossy demorant à Feluy pour la somme de 100 Livres tourn. un petit pret gisant emprès le Wesprin »

Le 11 novembre 1444, on trouve « …en une autre pièce trois bonniers de terre gisant derrière la prairie des chevaulx de la ditte Maison de Croncul, desoubz le fournil tenant as terres de la Maison dou Wesprin et tenant de deux cens as onze bonniers de la ditte maison de Croncul… »

 En 1480, un chirographe du greffe scabinal de Feluy cite « …et Ernoul Franckart demorant au Wesprin… »

La famille Frankart (Franquart) tiendra la ferme du Wesprin jusqu’au XVIIe siècle.

 En 1482 Tassart Descamps vend à Jehan de Lenselle, mayeur de la seigneurie de l’Escaille un demi bonnier de terre labourable emprès le Wesprin

 Le 3 juillet 1488, Tassart Gillon vend à Hannot Franquart demorant au Wesprin «  demy journel de pasturaige gisant à le Haye au Fau tenant de trois costés aux héritaiges du Wesprin »

Le 26 août' 1492. Comparut Nicolle-Gillion curé d’Arquennes etJehan Frankart laboureur au Wesprin  au sujet de rentes dues à l’église Saint-Feuillien sur des terres gisant à Feluy.

En 1501, on cite Jehan Frankart du Wesprin, L’année suivante, Arnoul Maissette demeurant  à Feluy donne à rente à Henry Goffe « ung bonnier de pasturaige gisant au lieu condist le Wesprin pour trois vibvres six solz de rente annuelle »

 En 1522, Guillaume Frankart, fils de Jackemart Frankart lui succède comme l’atteste un texte du 16 janvier 1590, parlant de Remy Moreau (son petit-fils)

 En 1528. Gertrude Le Clercq, veuve Jacquemart Franquart du Wesprin et Jacquemart Frankart son fils «  remonstrent comment au traicté de mariage dudit Jacquemart Francquart avec Anne Hanicq fille de feu Anthoine Hanicq qu'il délaissa de Isabeau Descamps, il avoit esté dist et escript que le dict Jacquemart Francquart estoit de présent  héritier joyssant et possessant, la maison, chambre, édifices, granges, estables, etc.., du Wesprin sauf en ce que la dicte Gertrude la Clercq, sa mère joyssoit de la moictié sa vie durant seulement.

Ainsy estoit ledit Jasqt  Franquart héritier sauf le viage de sa ditte mère de huit parties, les deux en pluisieurs héritaiges de mainferme gisant sous les Seigneuries de Feluy et de l’Escaille, le-dict Jacquemart par amour fraternel promet de s'en déshériter au prouffit de Guillaume Franquart, son frère comme de ses quattre sœurs cy après dénommées pour pouvoir joyr après le trespas de leur ditte mère.

Gertrude le Clercq se déshérite de tout ce qui provient du patrimoine de son feu marit sauf de son viage en faveur de Guillaume Franquart, son fils, de Jehan de Court. marit de Jehenne Franquart, de Noulart des Pierres marit de catherine Franquart, de Jehan des Champs, marit de Barbe Franquart et de Michel des Bailles ayant espouzé Isabeau Franquart. Les dits Gertrude Le clercq et Jacquemart Franquart renonchent bien et suffisamment à tous leurs biens et les lieutenant de mayeur et eschevins en adhéritent pour eulx et leurs hoirs, Guillaume Franquart, Noulart des Pierres, Jehan des Champs et Michel des Bailles »

 Le 23 décembre 1546, Jacquemart de Fer vend à Jacquemart Franquart du Wesprin un bonnier et demi de pré gisant au Wesprin.

 Le 11 novembre 1565, on cite.. « ... Premier trois journ. de pretz ou environ, gisant au Pont du Wesprin ten. au chemin ven. du bois de Haurœulx à Feluy... Item six journ. de pasturaige ou environ ten à la court de la censse du Wesprin aussi au chemin ven. de la censse du Clerbois à Felluy et au pasturaige dudit Wesprin »

 1586. Remy Moreau et sa tante Catherine Franquart doivent une rente au nom de Guillaume Franquart du Wesprin dit Grand Peyne, « sur deux bonniers et demy journels de terre emprès le buisson Lagache  qui fu à Jan Franquart... »

 En 1589, Remy Moreau, venant d’Eustace son père, paravant Guillaume Franquart du Wesprin, son grand père, doit « sur ung predt gisant à la fontaine au Wesprin qui fut à Guillae Le Heez, 4 livres 12 sols »

 Le 28 février 1625, le seigneur de la Rocq, Grégoire du Parcq, mourut. Dans le relief effectué pour sa fille Isabelle, on dit qu’elle possédait une rente due sur 24 bonniers d’héritage de la cense d’Antoine Franquart au Wesprin.

Le seigneur de La Rocq possédait à Feluy une rente féodale de 16 florins sur le Wesprin et un fief d’un demi-bonnier de pré.

 Le 23 août 1657, Jeanne Faulconnier, veuve Antoine Franquart achète pour elle et ses hoirs, une rente que doit « la veuve et hoirs Leleu, sur sa maison, jardin, payschys gisant audit Feluy proche le Wesprin, contenant demy bonnier tenant à Antoine Lisse, aux hoirs Sébastien Gaudré, au chemin allant duit Feluy au Clerbois et à Jean Surin »



[1] Copie du XVIIe siècle. Séminaire de Bonne-espérance, t. XVIII, f°73, v°

En 1661, Marie Wauquet, veuve Nicolas de Ronquières, d’Estinnes, vend une maison à Philippe Derbaix, censier du Wesprin, et ce, au profit des enfants de feu Jean Hayne et d’Antoinette Del Moictié, c’est-à dire de Jean, Jenne, Gertrude et Marie Barbe Hayne

 Jean Taminiau est le censier locataire du Wesprin en 1680

 Comme dans toute la région, les guerres de Louis XIV ne firent que des dégâts[1].

Le 10 août 1689, l’armée hollandaise fourragea les campagnes du Wesprin

Le 3 juin 1693, le censier du Petit Courrière eut son cheval tué sous lui, les fermiers de l’Escaille et du Wesprin indemnisèrent cet homme courageux en lui donnant 35 écus.

Le 6 septembre 1693, une troupe bleue vint enlever les chevaux et les vaches du Wesprin

Le 8 septembre 1695, une troupe de fantassins vint causer des désordres au Wesprin. Elle fut repoussée par des habitants armés.

 A la fin du XVIIe siècle le Wesprin appartient à Marie-Cécile Derbaix

En 1696, Louis Delrue a nanti dans les mains de Nicolas de Mons, mayeur de Feluy 240 livres pour les capitaux d’une rente de 15 livres qu’il doit à Marie-Cécile Derbaix sur ses propriétés du Wesprin.

En 1697, Jean Gaudré vend à Marie-Cécile Derbaix, sa belle-fille, une rente de 15 livres sur la maison, étables, terres dites le Wesprin

 La ferme et 7 ha de prairies du Wesprin furent vendus à Nicolas Marcq, par acte passé devant les échevins de Rebecq le 22 mai 1726.

 Le 26 octobre 1809, par succession le bien passa à ses neveux et nièces de Nicolas Marcq, Ces héritiers sont[2] :

Herman Joseph Capitte, propriétaire à Feluy;

Marie Thérèse Ghislaine Capitte épouse Jean Baptiste Rommel, rentier à Bruxelles;

Marie Albertine Ghislaine Capitte épouse Jean Baptiste Boisacq, rentier à Malines;

Nicolas Joseph Capitte, marchand de pierre de Feluy en son nom et comme tuteur de Marie Elisabeth Dumont, mineure, (héritière par sa mère Alexandrine Marcq qui était ia nièce du défunt) par délibération des parents et Juge de paix, de Jacques Delattre, journalier domicilié à Feluy; de Marie-Claire Delattre veuve de Pierre Bourret de Feluy et de Augustine Joseph Delattre veuve de Joseph Léonard, de Feluy.

Le notaire fit alors l'inventaire des biens :

Composition de la maison: Cuisine" vue sur le jardin; laverie, grenier, au dessus de la laverie, petit cabinet





[1] STROOBANT C. Histoire de la commune de Feluy

[2] A.E.M. Enr. 50A/3.


                                                    Photos d’une cheminée intérieure (1982)

 Rez-de-chaussée communiquant avec la chambre du défunt; cave, chambre Jacques Delattre au dessus, cuisine, grenier au dessus de cette place;

Fournil au bout du jardin, cave du fournil;

Etable attenant à l'écurie,

Place dite brasserie contigüe aux étables;

Ecurie attenant au corps de logis;

Charty sur la prairie, grenier du Charty, grange, étable aux cochons attenante à la grange;

Charty attenant à la grange, greniers au dessus des chevaux et au dessus des vaches.

Cour.

Fabrique de pannes et carreaux en ladite commune;

Hangar à sécher les carreaux attenant à l’ouvroir. Cour de ladite fabrique.

Foumil attenant au corps de logis; salle au rez-de-chaussée prenant vue sur la cour et jardin où ledit Marcq est décédé, grenier au dessus de la maison.

Ancienne chambre a coucher du défunt au premier. La grange est composée de 5 maffes (gerbiers).

Dans la fabrique de pannes et carreaux on trouve entre autres: 3 bancs à fabriquer, un banc à séchoir, un moule pour grands carreaux, un pour petit, un pour pannes, un pour « festiaux », un « étot » à fabriquer ainsi qu'une roue a tourner la poterie. Dans le hangar à sécher les carreaux, dix « lambordes » pour sécher, une brouette, vingt perches à sécher. 

Dans la cour de la fabrique: 6000 petits carreaux cuits.- 2600 plus grands.- 3000 pannes.

Dans le hangar: 9000 petits carreaux non cuits.- 2600 plus grands.- 3000 pannes.

Dans le hangar: 9000 petits carreaux non cuits, 300 grands non cuits.

Dans le fournil corps de logis: 1900 pannes non cuites.

Grenier au dessus de l’ouvroir: 30 sacs de braisettes pour la cuisson des carreaux.

Cour: 4 monceaux de gros bois, 4 de ronds, 1500 ramettes.-

 Le 13 novembre 1809 tout est mis en vente publique. Le bétail semble correspondre à l'inventaire. Le montant total des enchères s'élève à1559, 66 Frs. Fait et adjugé et clos en la mortuaire au Wesprin en présence de Jacques Remiens, brasseur, et de Célestin Tamineaux, cultivateur, tous deux de Feluy, témoins.

Le tout est acheté par Godefroid Adrien Frize, juge de Paix du canton de Seneffe et Augustin Joseph Frize, son frère. L’héritage du Wesprin que les sieurs Frize ont acquis des héritiers de feu Nicolas Marcq fut réalisé devant Maître Clément Joseph Delbruyère à Charleroi, par jugement du Tribunal de première instance de Charleroi le 26 octobre 1810.

Le 23 mars 1811, André Englebin, cultivateur a Ecaussinnes d'Enghien et Marie Thérèse Pouillart son épouse louent le Wesprin par bail à ferme pour 9 années (commencée le 1er mars). Les frères Frize se réservent l'occupation de plusieurs pièces et notamment celle appelée "laboratoire".

 Le 24 juin 1812. Herman Joseph Capitte propriétaire à Feluy, agissant en son nom et pour d'autres héritiers, notamment Nicolas Joseph Capitte, marchand de pierre, pour lui et comme tuteur d'Élisabeth Dumont donne main levée pour inscription à leur profit contre Godefroid et Adrien Frize de Feluy pour sûreté d'une créance de 15.000 frs (procès-verbal d'adjudication) sur le premier lot composé d'une Ferme dite Wesprin avec 7H 50 a de jardin, houblonnière et prairies, terres arables à Feluy tenant au chemin qui conduit de Feluy à Ronquières de deux côtés, au chemin qui conduit au Bois d’Horrues, et à Nicolas Capitte.

Le 6 octobre 1818, les frères Frize renouvellent le bail à André Englebin et son épouse Marie-Thérèse Pouillart.

 Il est probable que Sylvie Huet, propriétaire à Bruxelles, soit devenue héritière des Frize, et donc, du Wesprin. En 1862, elle renouvelle le bail des époux Englebin-Pouillart.

Le 21 août 1869, un incendie se déclara dans la grange de la ferme, alors occupée par la veuve André Englebien.

 En 1873, c’est le notaire Florent Castelain, de Seneffe, qui devient propriétaire de la ferme. Le 23 mars 1873, il fit réaliser un projet de drainage d’un terrain de 3ha 44a pour la somme de 980 Fr. 52 cts.

La ferme passa ensuite aux mains du curé d’Ittre, Théodore Tricot. Il en fit don au Bureau de Bienfaisance de Bornival, qui avec la fusion des communes passa au C.P.A.S. de Nivelles.

La famille Guillaume a tenu la ferme du C.P.A.S. pendant près d’un siècle.

Pendant la période révolutionnaire française, les Guillaume habitaient une maison au centre de Feluy, elle accueillit des Récollets de Nivelles pourchassés par les révolutionnaires. Les  Pères récollets y célébraient la messe en cachette, d’où le sobriquet attaché à la famille Guillaume et qui se porta sur le Wesprin « Cince dou Ricolette ».

D’abord Jules Guillaume[1],

René Guillaume[2] fut fermier du Wesprin, et à sa suite, son beau-fils Marcel Druet[3]. Ce seront les derniers fermiers du Wesprin.

C’est le notaire Jean-Marie Debouche qui racheta le Wesprin, il en fit la restauration, actuellement c’est son fils, le notaire Gérard Debouche, qui en est propriétaire.





[1] Guillaume Jules, ° Feluy  8-3-1843, x 26-5-1873, Ghislain N.N.

[2] Guillaume René, ° Feluy 17-2-1878, x Lory Blanche, ° Monstreux 13-11-1884

[3] Druet Marcel-Louis-Charles-Ghislain, ° Bornival 12-11-1916, †Feluy 2-9-1979, x Feluy 9-2-1946, Guillaume Lucienne-Julie-Léonie-*Ghislaine, ° Feluy 10-1918.





samedi 26 mars 2022

LES VERRERIES DE SENEFFE

 

LES Verreries de Seneffe

                                                                                                           Alain GRAUX                                                                                                                                                   

Le 29 mai 1764, Julien Depestre, comte de Seneffe et de Turnhout constitua une société en commandite simple pour l’établissement d’une verrerie à bouteilles, verres à boire et vitres, dans le village de Seneffe. Il fit appel à deux verriers connus de Lodelinsart, Jean-Baptiste[1] et Edouard[2] Falleur. Ceux-ci sollicitèrent du Conseil des Finance l’autorisation de l’établir : L’octroi de l’impératrice Marie-Thérèse fut édicté le 13 février 1764 :

« Marie-Thérèse par la grâce de Dieu impératrice des Romains etc. à tous ceux que ces présentes verront, salut.

Reçu avons l’humble supplication et requête de Jean-Baptiste et Edouard Falleur, cousins habitant de Lodelinsart, par laquelle ils nous supplient de faire dépêcher nos lettres patentes s’octroi pour l’établissement d’une verrerie à Seneffe, village de notre Duché de Brabant, sous les faveurs et avantages suivants :

-          Que tous les matériaux servant à la composition du verre qu’ils tireront des provinces voisines où à l’étranger de même que tous les verres fabriqués à la verrerie à établir seront exempts de tous droits de tonlieu, d’entrée, de sortie et autres sous la simple déclaration des suppliants ou de l’un d’eux.

-          Que tous les matériaux servant à la construction de ladite verrerie qu’ils tireront de nos comtés de Hainaut et de Namur, seront également exempts des droits de tonlieu et d’autres s’il y en a.

-          Que les bouteilles et les verres fabriqués à ladite verrerie seront exempts dans ledit village de Seneffe, de guet et de garde, logement de gens de guerre et de toutes les charges personnelles.

-          Que les suppliants, leurs souffleurs et les ouvriers seront exempts dans ledit village de Seneffe, de guet, de garde, logement de gens de guerre et de toutes charges personnelles.

-          Que nul des souffleurs ou ouvriers pourra sans le consentement par écrit des suppliants, quitter leur verrerie avant d’avoir achevé le terme pour lequel il aura été engagé, à moins qu’il n’en ait de justes causes parmi lesquelles ne sera point comprise l’augmentation de salaire, à peine de tous dépens, dommages et intérêts et autre peine arbitraire.

-          Que personne ne pourra débaucher lesdits ouvriers ou les employer sans le consentement par écrit des suppliants, à peine d’être contraint de la rendre de cent écus d’amende, outre la privation de toutes grâces et faveurs leur accordée par le Gouvernement.

 SAVOIR FAISONS, que Nous, les choses susdites considérées et inclinant favorablement à ladite supplication et requête avons de notre certaine science, grâce spéciale et puissance absolue, par avis de nos très chers et féaux le trésorier général, conseillers et commis de nos Domaines et Finances, et à la délibération de notre très cher et très aimé beau-frère et cousin Charles Alexandre administrateur de la Grande Maison en Prusse…Duc de Lorraine et Bar etc. Lieutenant, Gouverneur et Capitaine général de nos Pays-Bas, octroyé, consenti, et accordé comme nous octroyons, consentons et accordons aux dits Jean-Baptiste et Edouard Falleur d’ériger en notre village de Seneffe en notre Duché de Brabant, une verrerie à fabriquer des verres en tables, bouteilles ou autres, pour par eux en jouir, leurs héritiers ou ayant cause à condition néanmoins qu’ils mettront leurs usines en dedans un terme de un an et qu’au cas où ils discontinuent d’y faire travailler pendant l’espace d’une année, ils seront déchus de notre présente grâce et de tous les effets d’icelle, si nous le trouvons à propos ; leur accordons et à leurs maîtres souffleurs l’exemption des guets et gardes de même qu’aux simples ouvriers qui seront employés à la dite manufacture, dont aucun ne pourra quitter les impétrants sans leur consentement par écrit pour passer au service d’un autre fabricateur de verres, à moins qu’il n’en ait de justes causes, parmi lesquelles ne sera point réputée l’augmentation de salaire et que personne ne pourra débaucher les mêmes ouvriers à peine d’être contraints de les rendre et de payer cent écus d’amende ; Voulons que les propriétaires des verreries qui s’émanciperont de débaucher les ouvriers des autres auront au surplus, incontinent, déchus de toutes les grâces et faveurs leur accordées par nos octrois ; Nous déclarons en outre que les matériaux et bois que les impétrants tireront des Comtés de Namur et d’Hainaut pour la construction de la dite verrerie, ainsi que les matières qui entrent dans la composition des verres, qui ne se trouvent pas dans nos Pays-Bas, de même que les verres qui seront fabriqués dans la dite manufacture soient exempts de nos tonlieux et droits d’entrée et de sortie pendant le terme de trente années, date des présentes, le tout à charge de payer à la recette de nos domaines en notre province et duché de Brabant, au quartier de Nivelles, une reconnaissance annuelle de trois livres du prix de quarante gros monnoie de Flandre la livre, à prendre cours du jour que commencera la fabrique et qu’ayant de pouvoir jouir  de l’effet des présentes, les dits Falleur seront tenus de les produire tant aux dits de nos Finances que de nos comptes pour y être respectivement vérifiés, entérinées et enregistrées à la conservation  de nos droits et hauteurs ; si donnons en mandement  à nos chers féaux les Chef Président  et gens de nos Privé et Grand conseils, à ceux  de notre Conseil des Finances et à nos chers féaux les Chancelier  et gens de notre Conseil de Brabant, aux Président et gens de notre Chambre des Comptes, et à tous autres nos justiciers, officiers et sujets, qui se regardera, que cette notre présente grâce et octroi, ils fassent, souffrent et laissent le dit Jean-Baptiste et Edouard Falleur, leurs héritiers  de mettre ou donner, ni souffrir leur être fait, fais ou donné aucun trouble ou empêchement au contraire, car ainsi nous plaît-il »[3].

 La société commanditée par le comte Depestre fut dotée d’un capital de 10.000 florins courants, il était prêté à 4% par le comte qui en prenait la moitié des profits et pertes et donnait le terrain en bail.

Les Falleur devaient diriger la construction de la verrerie ainsi que la fabrication et la vente.

Comme l’octroi n’accordait qu’un an pour la construction de la verrerie, celle-ci n’étant pas terminée, il fallut demander une prorogation d’un an au terme fixé qui fut accordée le 2 mai 1765.

La fabrication démarra enfin, mais en 1767, alors même que la mise du comte Depestre atteignait déjà le double du montant prévu, les Falleur quittèrent l’entreprise, arrêtant ainsi la production.

Le comte Depestre demanda justice au Conseil de Brabant, et après dissolution de la société, racheta en 1772 les installations, qui furent remises en activité par la création d’une nouvelle société créée le 12 janvier 1778, et mise sous la direction de Nicolas Hannon, maître verrier de Jumet[4].

Le 18 janvier 1787, il est question de la liquidation de certaines clauses du contrat de location de la verrerie au Sieur Hannon.

Le 18 janvier 1787, le comtesse douairière, Isabelle Cogels, reproche au bailli de Seneffe, de ne pas avoir fait avec Hannon un arrêté et liquidation au moment où on lui a remis la verrerie en bail, qu’il convient que ce soit arrangé avant le renouvellement du bail.

Le 3 avril 1787, la comtesse approuve la relocation de la verrerie pour un an à Nicolas Hannon, mais pose des réserves quant au journal de crédit que celui-ci demande en arrentement.

Sous le régime hollandais la verrerie est dirigée par Charles Ledoux, maître verrier de Jumet.

Le 7 mai 1833, devant Me. Charles-Ursmer Staquez, notaire à Fayt, la verrerie est acquise par François Emmanuel Houtart-Cossée[5] pour le compte de la société anonyme « Verrerie de Mariemont » [6].

Le conseil de la société décide la vente le 6 mai 1836 pour une somme de 6.000 Fr., il n’y est plus question que d’un bâtiment et un terrain situés à Seneffe. Vers cette date un acte signale que la verrerie est en ruine.



[1] Falleur Jean-Baptiste, ° Lodelinsart 25-11-1730, y † 10-1-1815, x Sacré Marie-Joséphine (1730-1815)

[2] Falleur Edouard, ° Lodelinsart 1720±, y † 1794, x Hannicq Anne-marie

[3] A.G.R. – C.F. 5350

[4] X. DUQUENNE, Le château de Seneffe, Bru†xelles, 1978, p. 20.

[5] Houtart François-Emmanuel, ° Jumet 6-2-1802, † Aiseau 15-5-1876, x Marchiennes 22-10-1828, Cossée Fulvie, ° Marchiennes 21-4-1808, † Bruxelles 27-11-1887

[6] Bulletin officiel des lois et arrêtés royaux de la Belgique, Bruxelles, t. 16, 1837, p. 1525.

mardi 1 février 2022

LES ARBRES, TEMOINS DE L’HISTOIRE DE NOS VILLAGES

 

LES ARBRES, TEMOINS DE L’HISTOIRE DE NOS VILLAGES

                                                                                                                      Alain GRAUX

Nos villages sont constellés d’arbres, qui forment notre décor quotidien. Il en est qui sont de vénérables témoins de l’histoire de nos villages. Parfois ils sont cités dans les archives, ou sont passés à la postérité sous forme de toponymes.

 Quelques arbres de nos campagnes sont des repères militaires, il est interdit de les faire disparaître.

 ARQUENNES

 C’est dans le bois d’Harpes que l’on trouve l’arbre « à deux jambes ». Il fait l’objet du folklore arquennais.

Deux hêtres (Fagus sylvatica) se sont soudés l’un à l’autre à une hauteur de quatre mètres. Il ressemble à un géant qui aurait pris racine. A hauteur du greffon, l’arbre présente un plissement qui fait penser à un vagin, mais de l’autre côté, l’arbre offre un aspect plutôt phalique.

 Pour les jeunes couples de la région, l’arbre est devenu un symbole de fertilité. Des couples passent sous les jambes avec la conviction que cela leur donnera de la prospérité et une descendance nombreuse


A proximité de la ferme du prieuré de Renissart se trouve un marronnier d’Inde (Aesculus        hippocastanum) d’une circonférence de 3mètres 83cm.


 
Un arbre de la liberté, un tilleul (Tilia cordata), a été planté en 1830, il trônait au milieu de la place d’Arquennes. Il fut abattu en 1914, car depuis l’élargissement du canal, ses racines ont été coupées.

 



FAMILLEUREUX

 Le parc du château de Familleureux renferme quelques beaux arbres, un érable sycomore panaché (Acer pseudoplatanus Léopoldii), un paulownia (Paulownia tomentosa​) qui offre au printemps ses inflorescences violettes (presque bleues) et une belle allée d’ifs (Taxus baccata), un platane (Platanaceae)qui a au moins 300 ans, à son ombre se sont succédées les familles Maulde, Biseau,  Carton de Familleureux et Jacob.

 

                      


FELUY

 La toponymie de Feluy révèle des lieux où des arbres ont laissé leur empreinte :

La seigneurie des Tenaules dépendant de l’abbaye de Bonne-Espérance, déjà nommée l’Espinette[1] au XIIIe siècle.

Le tilleul de l’Espinette (Tilia cordata) a été planté le 20 décembre 1762 par le curé de Feluy, Frère Isfride Baujot, il remplace un autre arbre car le plan de la seigneurie réalisé en 1739 représente un arbre à son emplacement. Il a survécu au temps et a été classé par la commission des Monuments et Sites le 14 juin 1944.

       

            

On cite encore d’autres lieux-dits ayant pour vocable l’Espinette, l’un situé du côté de la Gratière à Feluy, ou encore, Champ de l’Espinette, cité en septembre 1693, quand deux soldats passant par l’Espinette furent dépouillés de leurs habits par des habitants du village[2].

Les archives des XVIe et XVIIe siècles citent un autre lieu s’appelant le Tilleul, situé au chemin de Familleureux, de même que le Tillereau[3] Wallet.

Les Saussinières lieu-dit situé au chemin menant au Clerbois voulant dire saussaies, endroit où sont plantés des saules (Salix), seul son nom subsiste, car maintenant il est planté de tilleuls.

 Le parc du château de Miremont créé en 1851 par François de Lalieux renferme de très beaux spécimens de séquoias (Sequoiadendron giganteum) d’une hauteur impressionnante. Il en est un d’une circonférence de 4,92 m mesurée à une hauteur d’1,50 m.

 


 L’arbre du Centenaire fut planté par le bourgmestre Henri Delbruyère lors des festivités su centenaire de la Belgique. Cet arbre mourut et fut remplacé par un autre toujours visible actuellement et de dimension impressionnante, il se situe à l’arrière d’un autre arbre à l’intérêt dendrologique certain, c’est un hêtre pourpre (Fagus sylvatica attropurpurea) faisant une circonférence de 3,57m

  

                          

   Seneffe

 Le comte Julien Deprestre donne pour décor à son château bâti en entre 1763 et 1768, une drève monumentale qui s’étire en ligne droite sur 600 mètres entre le village et la cour d’honneur du château dégageant une belle perspective, plantée de chaque côté de trois rangées de peupliers d’Italie et enserrée latéralement par deux importants quinconces de hêtres.

Dans le jardin paysager de Seneffe, jardin à l’anglaise, dessiné par l’architecte parisien Brongniart pour le comte Depestre vers 1777, un ruisseau serpente en petites cascades depuis le fond du parc et aboutit à un étang avec un îlot en monticule. Pour cette création furent plantées des nouveautés, telles que cyprès (Cupressaceae), ébénier (Ebenaceae), mélèze d’Amérique (Larix laricina) , pin d’Ecosse (Pinus sylvestris), catalpa (Bignoniaceae), érable de Virginie (Acer rubrum, thuya ou magnolia.

 


De retour d’un voyage en Algérie en 1860, Désiré du Bray fit construire un château étonnant lui rappelant son périple, le château de Scrawelle. Le parc, d’un hectare et demi, renferme une collection de six cent espèces ou variétés d’arbres, principalement des magnolias, des conifères du type abies et des chênes noirs d’Amérique (Quercus nigra).

      Une allée de très vieux platanes offre une entrée somptueuse au domaine.

 




[1] Espinette = diminutif d’épine ou aubépine

[2] STROOBANT C. Histoire de la commune de Feluy,  Bruxelles, 1858, p.201

[3] Tillereau = petit tilleul ou endroit planté de tilleuls