Association oeuvrant à la mise en valeur du patrimoine de l'entité de Seneffe et à la connaissance de ses histoires petites ou grandes...
dimanche 3 octobre 2010
vendredi 10 septembre 2010
MANOIR DU CAPITAINE
DE LA SEIGNEURIE DU CROQUET AU « MANOIR DU CAPITAINE »
Alain GRAUX
La maison du Croquet
La seigneurie et terre du croquet est un fief dépendant de la cour féodale de Fontaine-l’Evêque. Son siège était la Maison du Croquet (Kroket) sise rue Boulouffe, dans l’ancienne drève longeant la prairie du Cygne et l’étang du parc du château féodal de Feluy.
Mademoiselle Verset, dans ses Annales historiques sur Feluy (p. 14) dit que la seigneurie du Croquet appartenait à Goswin III de Feluy en 1185 et qu'elle passa par échange à son beau-fils Drogon d’Arquennes. Nous n'avons pu retrouver aucun document parlant de cette mutation.
La première mention du Croquet remonte à 1411, date où l’on cite l’échevinage du Croquet ayant à sa tête Henry de la Colle, mayeur ; Jacquemart Dantoing, Godefroid dou Sart, Noullart de la Warde et Pierrart Robinet comme échevins.
Le 4 octobre 1438, Estiennemont Lievenars « demorant à Feluy en la Maison dou Croket remonstre que il a pris à censse de Melkior Darkennes, la dite maison dou Kroket » .
Il fit l’inventaire des biens appartenant à Melchior, à savoir : vaches, juments, poulains, harnachement des bêtes, et tous les meubles meublant, plats en étain, etc., qu’il devra remettre en fin de son bail.
En 1465, La terre et seigneurie du Croquet sont déjà reprises dans les biens du seigneur de Feluy, elles le resteront jusqu’à la période française.
Le 26 mai 1500 (n.st.), un chirographe énonce : « Colart Gaudy at ce jour demorant en la cense du Kroket "
Au début du XVIe siècle, la famille Hanicq commence à acheter la plupart des biens de main-ferme de la seigneurie du Kroket.
Le 22-6-1532, par la mort de sa tante, Marie de Ter Spoute dame et de Huldenberg, damoiselle Ysabeau de Wittem et de Berselle veuve de Bernard van Orley dame de Seneffe et de Petit-Roeulx remonstre que par le trépas de son oncle, feu messire Claude de Silly, son mari « ly estoit succédé et appertenir plusieurs partie de rentes héritières. Asscavoir seize livres tournois de rente que doit chacun an, au jour de Noel Jehan Hanicq dit Groulier sur aulcuns ses héritaiges de main-ferme gisant à Feluy, revenant à sa maison et héritaiges du Croket »
Le 10-12-1532, Gérard du Boys vend à Grégorette de Somaing veuve de Jehan compère, l’héritaige d’une rente de 70 sols toumois due sur un ½ bonnier de pré gisant a Feluy en la ségneurie du Croquet.
Le 20-6-1537, Michel Valenne, Marchand de pierres a Feluy, vend a Jehan Hanicq, cambier, demeurant au Croquet à Feluy, deux parties de la Clôsure de Gérimont tenant a Jehan Hanicq au Chemin Losteau et aux hoirs Florent Pasbeau, le tiers d'un joumel et demi de terre et la moitié d'un demi bonnier de terre jouxtant la terre Barbe de Dompierre, etc...
En 1589, la veuve et héritiers Pierart de Goschillies « doibt argent, que fu aux hoirs Jan le Rousseau dit Waissot que ledit Tassart laissa aux povres, assinée sur leur maison et jardin en la Grand-rue, tenure du Croquet, xv solz »
En 1590, la veuve et hoirs Anthoine Hanicq dit Crédo doivent au noël 2 sols de rente pour un warressaix près du Croquet que le père dudit Anthoine à pris a recours au dessus d’une hypothèque.
En 1696, on cite « les hoirs Anthoine Hanicq a eulx venant de ladite Jenne Poullet sur un courtil gisant au Croquet. »
En 1599, La veuve Eustace de Hennault dit Tempronneur doit une rente à la seigneurie du Croquet pour un bonnier de terre qui fut à Jean Lembourcg et à Pierart le Prince.
En 1548, la seigneurie du Croquet fut mise en arrentement par Charles de Rubempré, seigneur de Feluy à Vespasien le Sure dit de Jacquemont, bailli de Familleureux et receveur de Feluy.
La seigneurie avait haute, moyenne et basse justice, maison de plaisance avec jardin, cense des Noyelles et 216 bonnieis de terres et prairies; elle relevait de la Seigneurie de Fontaine-l’Evêque.
On connaît exactement la consistance de la seigneurie par le relief du 10 mars 1675
A.E.M. 2757, greffe scabinal
A tous ceux que ces présentes verront et oiront, nous Louys de Bouloigne, à ce jour bailly de la ville, terre et baronnie de Fontaine, ses appendances et dépendances, suffisamment commis et estably par Messire Philippe-Charles de Rodoan, Sr baron dudit Fontaine etc.., scavoir faisons que pardevant moy comme Bailly sy que dit est aussy de la présence des hommes de fief de la ditte terre et Baronnie en nombre compétent cy embas dénommés comparu le Sr Mathias du Fond Bailly et recepveur des Terres et Seigneurie de Felluy et Arquennes, lequel en vertu de procuration suffisante luy donnée par par noble et illustre Seigneur et Comte du pays et terre de Grimberghe et de noble et illustre dame Madame Marie Jacqueline de Lalaing, comtesse de Grimberghe signée de leurs signatures et munie de leurs armes en cire rouge, sy qu'est apparu par Icelle icy vue et lue portante date du cinquième de décembre 1674, nous at remonstré pour et au nom desdits seigneur et Dame que par le trépas de feue de bonne mémoire noble dame Madame Marie de Renesse, comtesse est arrivé le 12 décembre 1673, il est ou est dit et dévolu sur le test de la ditte Dame Marie Jacqueline de Lalaing en fief liege gisant à Feluy vulgairement appelé le Fief du Croquet se comprenant en haulte moyenne et basse justice et en plusieurs rentes seignoriales tant en grains, plumes qu'en argent tenu en homaige et ferme de Monsr le Baron de Fontaine a cause de sa ditte terre et baronnie, en relief duquel fief il l nous at requis de recepvoir le collussions au nom desdits seigneur et dame aussy en hommaige de mondit seigneur Baron à laquelle requeste juste et raisonnable condescendance nous avons icelluy du Fond pour et au nom du dit Seigneur Comte a titre de laditte Dame sa compaigne admis et receu en relief dudict fief dou Croquet et ses dépendances aussy en hommage et faire de mondit seigneur Baron à cause de sa ditte terre et baronnie ayant receu de luy a cet effect le serment de fidélité en tel cas requis et pertinent a proustation néanmoins de par lesdits Seigneur et dame de ne se vouloir irnmisner aux devis de leur feu père et mère ayant esté le dit seigneur comme tenu pour diligent au présent relief le tout sans préiudice aux droits du seigneur d'en apporter le dénombrement endéans quarante jours datte de ceste. Pour a quoy satisfaire nous at dit et déclaré la ditte Terre et Seigneurie du Croquet consistant en noeuf livres tournoye l'an de rente en argent et quarante chapons et dix huict poulles et le quart d'une et un fourcqué, ainsy qu'il nous at faict confier par extrait du compte de laditte Seigneurie signé de sa main qu'il at icy en droit. Ainsy faict et passé au dit Fontaine le Xe jour de mars mil six cent septante cincq, present comme bailly le dit Louys de Bouloigne et comme homme de fief de laditte terre et seigneurie Philippe du Four et Jacques Lamourette dont afin que toutes les choses susdittes soyent tenues comme fermes stables et véritables ledit de Bouloigne a apposé son scel.
Signé L. de Bouloigne.
Le XVIIe siècle révèle de nombreuses rentes dues par Anthoine Hanicq dit Crédo sur des biens sis au Croquet. A cette époque la maison du Croquet appartient à la famille Lallemand, d’abord, Georges Lallemand, maistre de camp, gouverneur de Condé, époux de Marie Mondaca. On trouve ensuite leur fils Georges Lallemand, seigneur de Rousselaere (West-Flandre), de la Motte (Nivelles) et Bouillon (Baulers). Il avait épousé Alexandrine Sckokaert à Nivelles en 1655. Ces époux eurent plusieurs enfants :
Jean, qui épousa à Feluy Jeanne Lernes le 8-11-1666
Anne, née à Baulers le 23-4-1658, décédée à Feluy le 20-7-1715n épouse Duhoux.
Marie-Joseph, décédée à Feluy le 20-3-1698
Ferdinand, époux de Marie Tacquenier.
Un texte de 1721 décrit la maison du croquet :
"... maison de plaisance et jardins garnis d'arbres à fruits, bosquet en étoile garni d’ormes et bois blancs, maison de cense avec granges, étables, écuries et autres édifices avec ,28 bonniers tant terres que prairies val. Annuellement 1.000 livres …» .
La carte figurative de Feluy en 1758 nous apprend que la maison et cense du Croquet appartiennent au Sr Dehoux, beau-fils de Monsieur Lallemand. Ce plan a été dessiné par le géomètre Fonson lors d’un procès entre le seigneur de Feluy et le propriétaire du Croquet.
Ces deux sœurs furent les actrices d’un curieux fait de sorcellerie qui se passa au croquet, voir mon article sur ce sujet dans le bulletin de la S.R.H.E.S. n°3, 2000, pp.31-31.
A.E.M. Cour féodale de Fontaine-l’Evêque (1721-1728).
En fait elle appartient par indivis à celui-ci et à Marie-Anne-Rose Lallemand, épouse de Michel-Louis de Mahieu, fille de Ferdinand.
C’est ainsi que le Croquet passa aux mains de la famille de Mahieu :
Jean-Ferdinand, chevalier de Mahieu, seigneur de Warelle et de l’Hallemand (sic), né à Bruxelles en 1727, y décédé en 1783, avocat, époux de Marie Berthe de Biseau, fille du seigneur de Familleureux.
Le bien passa aux mains de l’avocat Charles Halbrecq demeurant à Mons. Le plan cadastral effectué vers 1830 en atteste.
Vers le milieu du XIXe siècle la maison du Croquet devient une brasserie.
La brasserie Saint-Joseph
C’est Antoine Félix qui créa cette brasserie dans la parcelle 661a du cadastre.
Il naquit à Feluy le 29 pluviôse an 8 (18-2-1800). Il se maria à Courcelles avec Isabelle Rombaut qui lui donna trois enfants.
Leur fils Jules travailla comme brasseur dans l’entreprise familiale.
En 1881, Martin Monnoyer loue la brasserie
La brasserie fut ensuite rachetée par Léon Lechien, brasseur né à Celles le 23-8-1842, et son épouse Justine Dewattines, née à Molembaix le 20-2-1845.
La brasserie s’appelle alors « brasserie Saint-Joseph », ils l’exploitèrent jusqu’en 1906. Léon Lechien décéda à Feluy le 4 septembre 1913.
Dans le corps de logis de belles fresques rappelaient l’activité brassicole de la maison.
Le haras
En 1906, Louis Bourg, de Waterloo, achète la brasserie afin de créer un haras.
Le vétérinaire Camille Boydens habite le haras et dispense ses soins aux chevaux jusqu’en 1964 environ. Il est remplacé par la famille Bororwsky jusqu’en 1980, le propriétaire est M. Bourg, fils.
Depuis 1980 jusqu’en 1994, c’est M. Scott qui prit la relève.
Le haras comporte 44 box et dépendances, jardin, pâtures le tout faisant 1ha 48a. Il est ceinturé de grandes pâtures où paissent les chevaux :
Un pré de 6ha 60a forme l’angle du chemin Boulouffe et de la rue Saint-Georges
Un pré d’1ha 18a à l’angle du chemin Boulouffe et du chemin de la Tourette
Le haras fut vendu le 30-9-1994, devant le notaire Gérard Debouche, pour la somme de 12.750.000 Fr.
Le « Manoir du Capitaine
Le haras a été acheté par M. Christophe Vandestraete, propriétaire de la ferme du Capitaine, pour créer un appart-hôtel de grand standing. Il l’a appelé « Manoir du Capitaine » par référence à son autre propriété.
L'hôtel compte 30 chambres, on y a créé de grandes suites luxueuses. Chaque suite a fait l'objet d'un aménagement différent dans le respect de l'authenticité du bâtiment: parois de chêne, mobilier en bois de cerisier et de chêne, lambrissages, combinaisons uniques de coloris et même un lit à baldaquin dans certaines suites, des chambres à coucher séparées, des salles de bains moderne, des salon avec télévision, des salles à manger et cuisines entièrement équipées.
La brasserie jouxtant l'hôtel a été restaurée dans l'état d'origine du bâtiment: les murs intérieurs de briques nues ont été nettoyés, de même que les voûtes, magnifiques, soutenues par des pilastres en pierre de taille. De grandes baies vitrées offrent une belle vue sur une cour intérieure pittoresque.
Alain GRAUX
La maison du Croquet
La seigneurie et terre du croquet est un fief dépendant de la cour féodale de Fontaine-l’Evêque. Son siège était la Maison du Croquet (Kroket) sise rue Boulouffe, dans l’ancienne drève longeant la prairie du Cygne et l’étang du parc du château féodal de Feluy.
Mademoiselle Verset, dans ses Annales historiques sur Feluy (p. 14) dit que la seigneurie du Croquet appartenait à Goswin III de Feluy en 1185 et qu'elle passa par échange à son beau-fils Drogon d’Arquennes. Nous n'avons pu retrouver aucun document parlant de cette mutation.
La première mention du Croquet remonte à 1411, date où l’on cite l’échevinage du Croquet ayant à sa tête Henry de la Colle, mayeur ; Jacquemart Dantoing, Godefroid dou Sart, Noullart de la Warde et Pierrart Robinet comme échevins.
Le 4 octobre 1438, Estiennemont Lievenars « demorant à Feluy en la Maison dou Croket remonstre que il a pris à censse de Melkior Darkennes, la dite maison dou Kroket » .
Il fit l’inventaire des biens appartenant à Melchior, à savoir : vaches, juments, poulains, harnachement des bêtes, et tous les meubles meublant, plats en étain, etc., qu’il devra remettre en fin de son bail.
En 1465, La terre et seigneurie du Croquet sont déjà reprises dans les biens du seigneur de Feluy, elles le resteront jusqu’à la période française.
Le 26 mai 1500 (n.st.), un chirographe énonce : « Colart Gaudy at ce jour demorant en la cense du Kroket "
Au début du XVIe siècle, la famille Hanicq commence à acheter la plupart des biens de main-ferme de la seigneurie du Kroket.
Le 22-6-1532, par la mort de sa tante, Marie de Ter Spoute dame et de Huldenberg, damoiselle Ysabeau de Wittem et de Berselle veuve de Bernard van Orley dame de Seneffe et de Petit-Roeulx remonstre que par le trépas de son oncle, feu messire Claude de Silly, son mari « ly estoit succédé et appertenir plusieurs partie de rentes héritières. Asscavoir seize livres tournois de rente que doit chacun an, au jour de Noel Jehan Hanicq dit Groulier sur aulcuns ses héritaiges de main-ferme gisant à Feluy, revenant à sa maison et héritaiges du Croket »
Le 10-12-1532, Gérard du Boys vend à Grégorette de Somaing veuve de Jehan compère, l’héritaige d’une rente de 70 sols toumois due sur un ½ bonnier de pré gisant a Feluy en la ségneurie du Croquet.
Le 20-6-1537, Michel Valenne, Marchand de pierres a Feluy, vend a Jehan Hanicq, cambier, demeurant au Croquet à Feluy, deux parties de la Clôsure de Gérimont tenant a Jehan Hanicq au Chemin Losteau et aux hoirs Florent Pasbeau, le tiers d'un joumel et demi de terre et la moitié d'un demi bonnier de terre jouxtant la terre Barbe de Dompierre, etc...
En 1589, la veuve et héritiers Pierart de Goschillies « doibt argent, que fu aux hoirs Jan le Rousseau dit Waissot que ledit Tassart laissa aux povres, assinée sur leur maison et jardin en la Grand-rue, tenure du Croquet, xv solz »
En 1590, la veuve et hoirs Anthoine Hanicq dit Crédo doivent au noël 2 sols de rente pour un warressaix près du Croquet que le père dudit Anthoine à pris a recours au dessus d’une hypothèque.
En 1696, on cite « les hoirs Anthoine Hanicq a eulx venant de ladite Jenne Poullet sur un courtil gisant au Croquet. »
En 1599, La veuve Eustace de Hennault dit Tempronneur doit une rente à la seigneurie du Croquet pour un bonnier de terre qui fut à Jean Lembourcg et à Pierart le Prince.
En 1548, la seigneurie du Croquet fut mise en arrentement par Charles de Rubempré, seigneur de Feluy à Vespasien le Sure dit de Jacquemont, bailli de Familleureux et receveur de Feluy.
La seigneurie avait haute, moyenne et basse justice, maison de plaisance avec jardin, cense des Noyelles et 216 bonnieis de terres et prairies; elle relevait de la Seigneurie de Fontaine-l’Evêque.
On connaît exactement la consistance de la seigneurie par le relief du 10 mars 1675
A.E.M. 2757, greffe scabinal
A tous ceux que ces présentes verront et oiront, nous Louys de Bouloigne, à ce jour bailly de la ville, terre et baronnie de Fontaine, ses appendances et dépendances, suffisamment commis et estably par Messire Philippe-Charles de Rodoan, Sr baron dudit Fontaine etc.., scavoir faisons que pardevant moy comme Bailly sy que dit est aussy de la présence des hommes de fief de la ditte terre et Baronnie en nombre compétent cy embas dénommés comparu le Sr Mathias du Fond Bailly et recepveur des Terres et Seigneurie de Felluy et Arquennes, lequel en vertu de procuration suffisante luy donnée par par noble et illustre Seigneur et Comte du pays et terre de Grimberghe et de noble et illustre dame Madame Marie Jacqueline de Lalaing, comtesse de Grimberghe signée de leurs signatures et munie de leurs armes en cire rouge, sy qu'est apparu par Icelle icy vue et lue portante date du cinquième de décembre 1674, nous at remonstré pour et au nom desdits seigneur et Dame que par le trépas de feue de bonne mémoire noble dame Madame Marie de Renesse, comtesse est arrivé le 12 décembre 1673, il est ou est dit et dévolu sur le test de la ditte Dame Marie Jacqueline de Lalaing en fief liege gisant à Feluy vulgairement appelé le Fief du Croquet se comprenant en haulte moyenne et basse justice et en plusieurs rentes seignoriales tant en grains, plumes qu'en argent tenu en homaige et ferme de Monsr le Baron de Fontaine a cause de sa ditte terre et baronnie, en relief duquel fief il l nous at requis de recepvoir le collussions au nom desdits seigneur et dame aussy en hommaige de mondit seigneur Baron à laquelle requeste juste et raisonnable condescendance nous avons icelluy du Fond pour et au nom du dit Seigneur Comte a titre de laditte Dame sa compaigne admis et receu en relief dudict fief dou Croquet et ses dépendances aussy en hommage et faire de mondit seigneur Baron à cause de sa ditte terre et baronnie ayant receu de luy a cet effect le serment de fidélité en tel cas requis et pertinent a proustation néanmoins de par lesdits Seigneur et dame de ne se vouloir irnmisner aux devis de leur feu père et mère ayant esté le dit seigneur comme tenu pour diligent au présent relief le tout sans préiudice aux droits du seigneur d'en apporter le dénombrement endéans quarante jours datte de ceste. Pour a quoy satisfaire nous at dit et déclaré la ditte Terre et Seigneurie du Croquet consistant en noeuf livres tournoye l'an de rente en argent et quarante chapons et dix huict poulles et le quart d'une et un fourcqué, ainsy qu'il nous at faict confier par extrait du compte de laditte Seigneurie signé de sa main qu'il at icy en droit. Ainsy faict et passé au dit Fontaine le Xe jour de mars mil six cent septante cincq, present comme bailly le dit Louys de Bouloigne et comme homme de fief de laditte terre et seigneurie Philippe du Four et Jacques Lamourette dont afin que toutes les choses susdittes soyent tenues comme fermes stables et véritables ledit de Bouloigne a apposé son scel.
Signé L. de Bouloigne.
Le XVIIe siècle révèle de nombreuses rentes dues par Anthoine Hanicq dit Crédo sur des biens sis au Croquet. A cette époque la maison du Croquet appartient à la famille Lallemand, d’abord, Georges Lallemand, maistre de camp, gouverneur de Condé, époux de Marie Mondaca. On trouve ensuite leur fils Georges Lallemand, seigneur de Rousselaere (West-Flandre), de la Motte (Nivelles) et Bouillon (Baulers). Il avait épousé Alexandrine Sckokaert à Nivelles en 1655. Ces époux eurent plusieurs enfants :
Jean, qui épousa à Feluy Jeanne Lernes le 8-11-1666
Anne, née à Baulers le 23-4-1658, décédée à Feluy le 20-7-1715n épouse Duhoux.
Marie-Joseph, décédée à Feluy le 20-3-1698
Ferdinand, époux de Marie Tacquenier.
Un texte de 1721 décrit la maison du croquet :
"... maison de plaisance et jardins garnis d'arbres à fruits, bosquet en étoile garni d’ormes et bois blancs, maison de cense avec granges, étables, écuries et autres édifices avec ,28 bonniers tant terres que prairies val. Annuellement 1.000 livres …» .
La carte figurative de Feluy en 1758 nous apprend que la maison et cense du Croquet appartiennent au Sr Dehoux, beau-fils de Monsieur Lallemand. Ce plan a été dessiné par le géomètre Fonson lors d’un procès entre le seigneur de Feluy et le propriétaire du Croquet.
Ces deux sœurs furent les actrices d’un curieux fait de sorcellerie qui se passa au croquet, voir mon article sur ce sujet dans le bulletin de la S.R.H.E.S. n°3, 2000, pp.31-31.
A.E.M. Cour féodale de Fontaine-l’Evêque (1721-1728).
En fait elle appartient par indivis à celui-ci et à Marie-Anne-Rose Lallemand, épouse de Michel-Louis de Mahieu, fille de Ferdinand.
C’est ainsi que le Croquet passa aux mains de la famille de Mahieu :
Jean-Ferdinand, chevalier de Mahieu, seigneur de Warelle et de l’Hallemand (sic), né à Bruxelles en 1727, y décédé en 1783, avocat, époux de Marie Berthe de Biseau, fille du seigneur de Familleureux.
Le bien passa aux mains de l’avocat Charles Halbrecq demeurant à Mons. Le plan cadastral effectué vers 1830 en atteste.
Vers le milieu du XIXe siècle la maison du Croquet devient une brasserie.
La brasserie Saint-Joseph
C’est Antoine Félix qui créa cette brasserie dans la parcelle 661a du cadastre.
Il naquit à Feluy le 29 pluviôse an 8 (18-2-1800). Il se maria à Courcelles avec Isabelle Rombaut qui lui donna trois enfants.
Leur fils Jules travailla comme brasseur dans l’entreprise familiale.
En 1881, Martin Monnoyer loue la brasserie
La brasserie fut ensuite rachetée par Léon Lechien, brasseur né à Celles le 23-8-1842, et son épouse Justine Dewattines, née à Molembaix le 20-2-1845.
La brasserie s’appelle alors « brasserie Saint-Joseph », ils l’exploitèrent jusqu’en 1906. Léon Lechien décéda à Feluy le 4 septembre 1913.
Dans le corps de logis de belles fresques rappelaient l’activité brassicole de la maison.
Le haras
En 1906, Louis Bourg, de Waterloo, achète la brasserie afin de créer un haras.
Le vétérinaire Camille Boydens habite le haras et dispense ses soins aux chevaux jusqu’en 1964 environ. Il est remplacé par la famille Bororwsky jusqu’en 1980, le propriétaire est M. Bourg, fils.
Depuis 1980 jusqu’en 1994, c’est M. Scott qui prit la relève.
Le haras comporte 44 box et dépendances, jardin, pâtures le tout faisant 1ha 48a. Il est ceinturé de grandes pâtures où paissent les chevaux :
Un pré de 6ha 60a forme l’angle du chemin Boulouffe et de la rue Saint-Georges
Un pré d’1ha 18a à l’angle du chemin Boulouffe et du chemin de la Tourette
Le haras fut vendu le 30-9-1994, devant le notaire Gérard Debouche, pour la somme de 12.750.000 Fr.
Le « Manoir du Capitaine
Le haras a été acheté par M. Christophe Vandestraete, propriétaire de la ferme du Capitaine, pour créer un appart-hôtel de grand standing. Il l’a appelé « Manoir du Capitaine » par référence à son autre propriété.
L'hôtel compte 30 chambres, on y a créé de grandes suites luxueuses. Chaque suite a fait l'objet d'un aménagement différent dans le respect de l'authenticité du bâtiment: parois de chêne, mobilier en bois de cerisier et de chêne, lambrissages, combinaisons uniques de coloris et même un lit à baldaquin dans certaines suites, des chambres à coucher séparées, des salles de bains moderne, des salon avec télévision, des salles à manger et cuisines entièrement équipées.
La brasserie jouxtant l'hôtel a été restaurée dans l'état d'origine du bâtiment: les murs intérieurs de briques nues ont été nettoyés, de même que les voûtes, magnifiques, soutenues par des pilastres en pierre de taille. De grandes baies vitrées offrent une belle vue sur une cour intérieure pittoresque.
Libellés :
Manoir du Capitaine
mardi 31 août 2010
LE CHATEAU DE LA ROCQ
LE CHÂTEAU ET SEIGNEURIE DE LA ROCQ, SOUS FELUY
Historique
D’après une tradition orale, Wautier de Bousies, dit Fier à Bras, bâtard d’Eustache de Bousies, seigneur de Feluy, reçut La Rocq en apanage de son père comme récompense de ses exploits dans les guerres de Bretagne et de Frise. On sait qu’il n'a que peu ou pas habité le lieu, par contre, une petite garnison était nécessaire pour la défense de la frontière.
Les archives de Feluy nous apprennent que La Rocq a eu plusieurs « castelains » (châtelains) dont, Jehan Cannebustin et Jehan Giliar. Le premier est nivellois. Il est à remarquer que durant plus de quarante ans les documents citent Jehan Canebustin. Des indices valables donnent à croire qu'il en eu au moins deux de ce nom à se succéder.
Le mardi de la pentecôte, 5 juin 1691, l’armée française vint camper à Braine-le-Comte : Pierre-François de Boulogne, bailli de Feluy, Jean-René de Bestenraedt, seigneur de la Rocq, Etienne Denis, mayeur de Feluy et Nicolas Gaudré, s’y rendirent pour une sauvegarde pour la commune de Feluy, mais ayant rencontré une troupe de cavaliers près du bois de Haurut, ils furent arrêtés et n’obtinrent leur liberté qu’en payant dix patacons. Le seigneur de la Rocq et le mayeur parvinrent seuls auprès du maréchal, duc de Luxembourg, qui leur accorda deux sauvegardes, l’une pour Feluy, l’autre pour le château de la Rocq.
Ce château, où plusieurs manants de Feluy et d’Arquennes s’étaient réfugiés, fut dévasté pendant l’absence du seigneur, et les paysans perdirent les bestiaux et les autres effets qu’ils y avaient emmenés
Le 11 juin 1691, un grand nombre de troupes sous les ordres du major-général d’Artagnan se rendirent à Nivelles pour démolir les fortifications de la ville : ils placèrent des gardes dans les bois de l’Escaille et de Feluy, et un poste au château de la Rocq .
Le 18-1-1738, le seigneur Gaspard le Blavier, fait contraindre, avec trois gardes, son fermier de la Rocq (Pierre-Ignace Dufaux) pour poursuivre le paiement de 2249 livres pour les rendages échus de 1736 et 1737.
« Ce fermier par une voie de fait inouïe, dit-il s’est avisé, accompagné d’une troupe de 25 à 26 hommes armés, le 22 et 28 de ce mois, de maltraiter ses gardes, ses domestiques, enlever tous les effets également ceux qui étaient propres au remontrant, brisé portes, vitres et autres dégâts dont les pertes se montent à plus de 4.000 florins, et s’être retiré à main garnie sur le pays de Liège pour empêcher l’action du propriétaire ».
Les Cosaques et les Prussiens campèrent au château de la Rocq en 1814.
Un incendie eut lieu au début de 1908
LA SEIGNEURIE
Etabli le long de la Samme traçant la limite entre Hainaut et Brabant, le fief ample de la Rocq, avec haute, moyenne et basse justice relevait du comté de Hainaut, la seigneurie s’étendait sur un bout de terre de un bonnier et demi, situé sur Feluy,
La seigneurie relevait en outre un fief de la cour féodale de Bornival, douze bonniers de bois et trente quatre bonniers de terre des cours féodales d'Arquennes. L'ensemble a comprit soixante cinq bonniers dont quinze de main-ferme qui se payaient chaque année au seigneur de Feluy par 6 chapons et un ¼ et trente trois sol tournois.
Le curé de Feluy recevait une rasière de blé.
Le seigneur de La Rocq possédait à Feluy une rente féodale de 16 florins sur le Wesprin et un fief d’un demi-bonnier de pré.
LE CHÂTEAU
Cerné de douves et accessible à l’est par un passage empierré menant à une tour porche, ensemble en calcaire sous toitures d’ardoises enserrant les trois côtés d’une vaste cour
STROOBANT C, Histoire de la commune de Feluy, Bruxelles 1858, p.224.
Le donjon
Le gros œuvre de la tour remonte à la fin du XIVe siècle la tour, carrée de trois niveaux de hauteur dégressive, chacun limité d’un chanfrein et raidi de chaînes d’angle, surmontés d’un dernier étage en encorbellement millésimé 1660 par des ancres.
Une pierre débordant de la maçonnerie, côté cour, porte la date de 1772 avec les initiales d’Anselme Francois le Blavier marquant une profonde restauration.
Le portail en tiers-point s’inscrit dans l’ancienne feuillure du pont-levis.
Au dessus deux petites niches gothiques encadrent une fenêtre à linteau en bâtière, elles abritaient des armoiries, presque entièrement détruites, on y remarque la forme d’un heaume et les plumes du cimier de Bousies Sous le porche voûté d’un double berceau brisé, le second ménage un assommoir, une porte à arc en anse de panier, refaite.
Les étages sont éclairés par de petites baies à jour unique. Il existait au premier étage des cachots construits en bois et munis de verrous.
Les bâtiments d’habitation
Les trois ailes du bâtiment appartiennent aux XVIIe et XVIIe siècles, ils ont été pour la plupart remaniés dans le goût néo-médiéval à la fin du XIXe siècle. Nous voyons ici une vue du corps de logis de la Rocq avant les transformations qu’en fit faire Emile de Lalieux.
Faisant face au donjon l’aile ouest est occupée au centre par le corps de logis de la première moitié du XVIIIe siècle, sa façade est en briques sur soubassement en pierre. Elevée sur deux niveaux et alignant trois fenêtres à croisées sous linteau, encadrées de pierre ; sa porte centrale baroque provient probablement du couvent des Récollets de Nivelles, elle est datée de 1713. Les armoiries des de Bestenraedt qui figuraient au dessus de la porte ont été burinées, probablement sous le régime français, tout comme celles du porche d’entrée.
La toiture est comprise dans les pignons à gradins du XIXe siècle.
A sa gauche, fut créée une extension du logis en pierre, la façade recomposée comporte quatre travées, dont l’une est datée de 1725.
La façade arrière donnant sur les douves comporte cinq arcades et une autre tour. Tout cet ensemble a été reconstruit après l’incendie en 1908 par Emile de Lalieux de la Rocq. Le pignon à gradin, portant ses armes jumelées à celles de son épouse Maria Simonis, est flanqué d’une tour carrée.
A droite, prolongement de l’habitation à deux niveaux de fenêtres, jusqu’à l’angle et dans l’aile Nord où le rez-de-chaussée présente des fenêtres de la 2e moitié du XVIIIe siècle et murées lors de l’aménagement de l’aile en grange. Cette transformation a fait place à une porte charretière formant angle avec le portail du donjon et à l’opposé deux portes piétonnes à arc en anse de panier. Cette aile présente des lucarnes de type néo-médiéval .
L’aile Est, est occupée par les anciennes dépendances datant du XIVe siècle, rythmée par trois portes en anse de panier, chacune entre deux petites fenêtres à jour unique du XVIIe siècle.
Dans le prolongement, à droite, au-delà d’une tourelle néo-médiévale, une bâtisse de même hauteur, entre des pignons à gradins du début du XXe siècle présente une façade en briques ménageant au centre une petite galerie ouverte par deux arcades en plein cintre dur colonne de réemploi.
Le bâtiment dit « la douane »
A l’extérieur du château, au nord-est, subsiste le petit bâtiment dit « la douane » daté de 1707.
Ce bâtiment est érigé sur une languette de terrain qui fut l’objet de litiges entre la seigneurie de La Rocq et celle de Feluy et qui concernait l’étendue de la seigneurie. Le terrain se trouvait entre la rivière et le fossé.
La tradition orale dit que des fraudeurs pouvaient impunément cacher des marchandises dans cette maison, car l’endroit, croyait-on ne relevait ni de Feluy en Hainaut, ni d’Arquennes en Brabant.
La Basse-cour ou cense de la Rocq
Le 6 mai 1508, le seigneur, Louis Rollin vend à Jehan de Hun, la cense de la Rocq avec ses dépendances, terres et prés.
La ferme de la Rocq était louée par bail de 9 ans, grâce aux archives on a retenu le nom de certains fermiers :
Le patrimoine monumental de la Belgique. Hainaut-Arrondissement de Charleroi-Feluy, pp. 479-482
-Colart MABILLE (cité 13-8-1516)
- Bastien MARIN, fermier du Clerbois à Feluy (bail du 11-11-1565)
On connaît les terres de la cense de la Rocq par l’hypothèque qu’en fit le 27 mars 1574, Jean de Mathys pour une rente au canon de 70 florins due à Hubert Douche bourgeois de Nivelles
"… Item pour lade rente dan en an bien payer at led. Sr Jan Mathys mis et dénommé pour hypotecqz et contrepand de ladte rente tous les héritaiges dépendants de la cense del Rocq estant en brabant soubs la Srie d’Arquennes, premier le boys hault et bas fauyan contenant environ dix bonniers tenant au preit de Coquibus, aux héritaiges de Jan Cilias, à Guillaume le Charlier et aux terres del Rocq.
Item le preit et pasturaige du Coquibus sy grans quil se contient, tenant d’ung costé aux héritaiges quy furent Jan Cilias, et du loing à la Rivière, quy faict decoine de Brabant et Haynault, et dautre costé tenant au chemin allant del Rocq à Arquennes.
Item ung bonnier de terre gisant desoubz led Aynyau.
Item XX bonniers de terres et de preits venant de l’hospital du sépulcre a Nyvelle, gisant deseur La Rocq soubs Arquenne en Brabant, tenant demy costé aus terres de Pibramont, daultre aux héritaiges Guillame le Charlier, et au chemin quy va Darquennes à Pibramont de deux costez.
Item trois bonniers tenant au paissiz et terre de Lamberdan, au chemin allant a Escausine.
Encore une pièce de terre nommée lausnoy del Rocq tenant aux héritaiges de feu Anthoine Ernaulx et pardeseur al piescente allant al Rocq.
Encore ledit sr Jan Mathy met en fin et contrepand telz cincq florins de rente de Guillaume le Charlier luy doibt sur les héritaiges del petite Pibramont…
…Et pour les significations faire se pouldront faire vaillablement au censeur quy tiendra la cense del Rocq de quoy le Sr a este servy. A quoy faire furent pns comme eschts dudt Arquennes Guilame le Charlier et Henry Taillant, quy tout recorde a leurs confrères eschevins Jan Lambert, Martides Crolliers, Jan Louys et Jan de Lattre. Ce fut faict le XXVII de Mars an XV septante quattre brabant."
- Herman De La BRUYERE (cité dans le bail de 1575).
- François BONTERLEZ, demeurant à Stoisy à Nivelles (Bail du 10-4-1575)
- Jean BONTERLEZ, qui louait la ferme avec son frère pour 520 livres tournois, revenant à 260 florins, de plus, 4 douzaines de fromages à la crème, 12 chapons en plumes et 2 veaux, revenant à 3 florins pièce.
- Barbe DESTE, le bail du 23-7-1585, qui donna lieu à un procès entre les contractants devant la cour d’Arquennes, procès continué le 9-2-1594. le fermage est toujours de 520 livres tournois.
- Antoine FRANQUART dit Wesprin (bail du 28-2-1625).
- Paul TORDEUR, loue « la maison et cense de la Rocq, sicome la maison chambre, tour, grange, estableries, bergeries, fournil, jardin as arbres y apendans, et quarier condist la seigneurie de la Rocq » pour la somme de 800 livres tournois, 100 livres de beurre et 1 mouron gras (bail du 23-1-1629 commençant le 1-5-1634)
- Marguerite GOSCHE, veuve Nicolas SEUTIN censière de la Warde (bail du 29-1-1723)
- Henri CHARLIER et Marie-Thérèse BAUDINE son épouse (bail du 14-12-1728).
- Pierre-Ignace DUFAUX, qui en 1736, entra en conflit avec le seigneur de la Rocq et saccagea le château.
En 1736, la ferme avait 20 bonniers de pâtures et 47 bonniers de terres labourables, une grosse partie des terres de la Rocq se situait sur Arquennes.
- Louis LYON (bail du 13-5-1763).
La ferme de la Rocq comprenait " Maison, cour, grange, estables, fournil, pourpris, héritages et appendices condist la maison et cense de la Rocq contenant 36 bonniers à trois royes »
En 1803 « A la requête de la citoienne MOREAU, veuve Antoine DELBRUYERE, fermière à la cense de la Rocq à Feluy, on procèdera à la vente par adjudication publique des chevaux, bestiaux, attirails de labours, meubles et effets mobiliers, par le notaire ROBERT, le 9 brumaire an X »
LES SEIGNEURS
MAISON DE BOUSIES
WAUTIER DE BOUSIES
Wautier de Bousies, dit Fier à Bras de Vertaing prend possession de sa seigneurie en 1390. Valeureux guerrier, il mit notamment son épée au service du comte d'Ostrevant et obtint diverses récompenses. Il possédait les seigneuries de Familleureux, d'Aubigny, de Vellereille-le-Sec et plusieurs autres.
Il meurt avant 1410. Il avait épousé Jehanne de Beaumont dite Beaurieu, elle se remaria à Roger le Hurtre.
JEHAN I DE BOUSIES
Jehan de Bousies, écuyer, fils de Wautier de Bousies et de Jehanne de Beaurieu, fit le relief de La Rocq en 1410. Il était comte de Fauquemberg, seigneur de Familleureux, feudataire Doutrieu à Houdeng-Goegnies, bailli des bois de Hainaut.
Il épousa Bonne de Flandre. Ces époux meurent sans postérité.
JEHAN II DE BOUSIES
Neveu de Jehan I., fils d’Englebert de Bousies, frère de Jean, seigneur de Familleureux en juin 1440, il y est cité comme homme de Madame de Nivelles. Comte de Fauquemberg et seigneur de la Rocq entre 1431 et 1453. Il mourut en 1502.
NICOLAS ROLIN
MAISON ROLIN
Nicolas Rolin , seigneur d'Autun, chancelier de Bourgogne du duc Philippe. Il est aussi seigneur d'Aimeries et autres par achat au duc de Lorraine.
Il devient propriétaire de la Rocq en octobre 1453, comme nous l’apprennent les comptes de la recette des reliefs de fiefs :
« Et quant est à Jehan de Vertaing, comte de Faukenberghe lequel ou dit mois d’octobre de ce compte se deshérita d’un fief que il avoit de Monseigneur, icellui gisant et se comprendant en la maison, fortreche, terre, justice et seigneurie de la Rocque et en fu ahireté par acat Monsieur d’Anthune chancelier de mon très redoubté seigneur Monseigneur le Ducq pour en ghouir lui et ses hoirs… »
ANTOINE ROLIN
Antoine Rolin est le fils de Nicolas Rolin et de Marie de Landes, seigneur d’Aimeries, Raismes (1457-1491), vidame de Chalons, maréchal héréditaire du Hainaut, grand veneur du Hainaut, grand-chambellan du comte de Charolais, futur Charles le Téméraire (~1449), Grand-Bailli du Hainaut.
Il fait le relief de La Rocq en 1473.
LOUIS ROLIN
Louis Rolin , écuyer, capitaine, seigneur d'Aimeries et d'Antinnes, Lens en Hainaut, Raismes (1491-1528), maréchal et grand veneur héréditaire de Hainaut, député de la noblesse auprès du Roi des Romains (1484). Il est seigneur de La Rocq en 1502.
MAISON DE HUN (de Hon)
JEAN DE HUN (de Hon)
Jean de Hun, écuyer, seigneur de Ronchine et Ciply, achète, en mai 1508, à Louis Rollin la ferme et les bâtiments de La Rocq.
Echevin de Mons, il fut prévôt de Mons en 1480, conseiller et chambellan de l’empereur Charles-Quint.
Le 5-7-1511, il crée une rente de 30 livres tournois en faveur de Jehan Barbet, hypothéquée sur les biens d’Arquennes qu’il avait acquis de Louis Rolin
Il avait épousé Sainte Corosty. Il avait une sœur, Jacqueline, à qui il doit avoir laissé La Rocq.
JACQUELINE DE HUN (de Hon)
En épousant Jacques de Mathys, seigneur de Maisnil-lez-Samson, receveur de Bouvigne, échevin de Namur (1494-1503), receveur du comté de Namur, décédé en 1503, Jacqueline de Hun fit passer la Rocq aux mains de cette famille.
MAISON DE MATHYS
LOUIS DE MATHYS
Fils de Jacques et de Jacqueline de Hun. Docteur en droit, conseiller de l’archiduc Albert (2-1-1504) A la mort de sa mère, on le voit faire le relief de La Rocq vers le 3 septembre 1533. Il ne semble pas en avoir été réellement le seigneur, car le même jour dans le même acte il vend le bien à son frère.
BARTHÉLÉMY DE MATHYS
Barthélémy de Mathys, écuyer, seigneur de La Rocq et Maisnil-lez-Samson, avait été émancipé le 17 décembre 1502, bailli d’Aimeries (1538), prévôt de Hierges (1542), échevin des cours de Feix, Saint-
Aubin et de Notre-Dame à Namur, échevin de Namur (1548-1562), lieutenant-mayeur de Jambes (1549 à 1555)
Il renouvela le cartulaire de la Rocq en 1541.
Le 13 décembre 1519, il s’unit à Marie de salmier, décédée le 31-3-1562
Il testa le 26-3-1574 et mourut en mai 1577. Son Jean lui succède.
Nicolas Rolin, ° Autun 1376 ca, y + 8-1-1462 (n.st.), x 1°- Marie Le Mairet, x 2°- Marie de Landes ; x 3°- Guyotte de Salins
A.G.R.- C.C. 14775, f°134.
° 1424, + Aymeries 4-9-1497, x 8-8/-444, Marie d’Ailly de Raineval, dame du Bois-du-Quesnoy + 8-6-1498
Louis Rollin + 17-9-1528, x 1491 Gillette de Berlaymont, dame de Berlaimont, Hierges, Peruwelz-en-Hainaut et de Beauraing + 14-12-1545
JEHAN DE MATHYS
Jehan de Mathys, fils aîné de Barthélémy, succède à son père comme seigneur de La Rocq. Si on prend en considération des baux figurant dans son dossier, concernant la location de la ferme, on constate que celui du 11 novembre 1565 se contracte déjà entre lui et Bastien Marin.
Il fit un dénombrement de ses biens en 1566
Il épousa Nicole de Warigny
PIERRE DE MATHYS
Pierre de Mathys, fils de Jehan, écuyer, seigneur de La Rocq et du Masnuy, résident en la ville de Namur, en fait le relief le 15 mai 1596 devant le grand bailli de Hainaut, Charles de Croÿ.
Il avait épousé Françoise de Feluy.
Le premier février 1596,
MAISON DU PARCQ
Pierre de Mathys vendit la seigneurie de La Rocq moyennant le prix de 4000 livres tournois, six chapons et 33 sols tournois de rente annuelle en argent due à la seigneurie de Feluy, et une rasière de blé annuelle à la cure de Feluy, à Grégoire du Parcq, bailli de Ghislengien et d'Hirchonwez, greffier de Feluy. Cet acte fait apparaître qu’en cas de décès, sa femme en aurait la jouissance, et qu’il n’aurait pas d’héritier, le bien partirait en faveur de Siméon du Parcq, bailli et receveur d'Arquennes, frère de Pierre.
Grégoire du Parcq, seigneur de La Rocq, entre en possession du bien comme nous venons de le voir, le 1er février 1596, il était alors marié à Marie Patou.
Décédé le 28 fevrier 1625, sa veuve, Anne de Salmire (ou Salmier), accepte le 2 décembre le remboursement d'une rente de 25 bonniers et, le 16 février 1628, prend un arrangement avec Marie de Benstenraedt, la fille retenue de son premier mariage avec Jehan de Benstenraedt.
MAISON DE BESTENRAEDT
RENÉ DE BENSTENRAEDT
Le 20 février 1626, par le décès de Grégoire du Parcq, Nicolas Ployart fait relief comme bail pour sa nièce, Isabelle du Parcq, âgée de 8 ans. René de Benstenraedt, seigneur de La Rocq et de Werbeek, épousera sa nièce Isabelle du Parcq. Il était capitaine d’une compagnie à cheval.
René de Benstenraedt meurt avant 1652, son épouse le 13-1-1675.
JEAN-RENÉ DE BENSTENRAEDT
Jean-René de Benstenraedt, écuyer, seigneur de La Rocq, fils du précédent. Par le décès de sa mère, il fait le relief de la seigneurie le 9 janvier 1676.
Le 7-3-1701, il donne une commission de bailli et greffier de la seigneurie à Ambroise-Augustin du Rondeau
Il épouse le 25 novembre 1682, Marie Maximilienne d'Antoin, veuve de Philippe-Dominique le Bouchel, seigneur de Bienne-lez-Happart. Il décède le 28 août 1710.
MAISON LE BLAVIER
ISABELLE-THÉRÈSE DE BESTENRAEDT ET GASPAR LE BLAVIER
Isabelle-Thérèse de Bestenraedt, fille de Jean-René, devint dame de La Rocq. En épousant Gaspar le Blavier, celui-ci devient seigneur de La Rocq, il en fait le relief, le 5 juin 171l, d’abord pour sa femme Isabelle Thérèse de Benstenraedt, dame de la Rocq et de Thy. Pendant plusieurs années Gaspar le Blavier n'a pas habité le château mais habitait à Nivelles. Il était capitaine des cuirassiers du régiment du prince d’Isenghien, au service de l’Espagne.
Né à Huy le 19 novembre l673, les documents consultés placent son décès en 1773, sans autres précisions, ce qui fait de lui un centenaire ou de peu. Son épouse, née à Bienne-lez-Happart le 14-10-1683 et décédée à Feluy le 11-11-1766.
ANSELME LE BLAVIER
Anselme-Francois-Joseph le Blavier, écuyer, seigneur de La Rocq. Baptisé à Feluy le 27 janvier 1717, il est le fils de Gaspar. Il était aussi seigneur de Thy et de Dampremy et administrateur de la communauté religieuse de Bois-Seigneur-Isaac.
Il avait fait le relief de La Rocq le 22 mai 1767 par le décès de sa mère arrivé le 11 novembre 1766. Lui même est décédé le 1er mai 1800.
Il avait épousé à Tournai le 30-1-1752, Marie-Jeanne de Madre.
LES PROPRIETAIRES MODERNES
LOUIS JOSEPH DE LALIEUX
Louis Joseph de Lalieux , avocat, homme de fief de Hainaut (1778), bailli de Feluy, l’Escaille et Croquet, et de Baudour,
C'est au moment du partage des biens de ses beaux-parents, le 20-5-1793, qu'il a acheté la terre et château de la Rocq par acte sous seing privé à Gaspard le Blavier. Il entra effectivement en possession de La Rocq en 1800.
PHILIPPE FRANCOIS DE LALIEUX
Philippe-François de Lalieux , propriétaire, échevin de Feluy depuis 1825
RENE DE LALIEUX
En vertu du partage des biens du domaine de la Rocq passé devant le notaire Gilmont à Seneffe le 21-4-1839, René de Lalieux devient le propriétaire à titre patrimonial, mais ne l’habita pas, car il demeurait au château d’Alcantara à Arquennes, ce fut son frère François-Louis de Lalieux de La Rocq , écuyer, successivement conseiller, échevin et bourgmestre de Feluy jusqu’en 1878, conseiller provincial de 1858 à 1876 qui y demeura.
René et François-Louis reçurent une concession de noblesse par lettres patentes du 9-10-1886, avec reconnaissance de leurs armoiries familiales.
de Lalieux Louis Joseph, ° Feluy 10-2-1741, † Mons 5-12-1824, x Mons 21-8-1786, Claus Marie-Alexandrine, † Mons 8-12-1812.
de Lalieux Philippe-François, ° Mons 26-8-1787, † Feluy 12-10-1832, x Nivelles Charlier Marie-Joseph, ° Nivelles, † Saint-Josse-ten-Noode 1-3-1879.
de Lalieux René-Adolphe, ° Feluy 1-11-1822, † Nivelles 23-3-1905, x Nivelles 27-6-1849, de le Hoye Julie-Marie-Jeanne, ° Nivelles 11-10-1822, y † 20-2-1865.
de Lalieux de La Rocq François-Louis, ° Feluy 2-10-1819, y † 18-8-1904 x Seneffe 30-6-1847, du Bray Pauline-Julie, ° Seneffe 14-11-1827, † Feluy 2-12-1893.
EMILE DE LALIEUX, DE LA ROCQ
C’est le fils de René, Emile de Lalieux, de La Rocq - , qui devint propriétaire de la Rocq par succession.
Ecuyer, docteur en droit (1884), bourgmestre de Nivelles (1895), député de l’arrondissement de Nivelles (1896 et 1908).
Il fit transformer notablement le château. Le potager devint un court de tennis.
BERTHE DE LALIEUX, DE LA ROCQ
Le bien passe alors aux mains de mademoiselle Berthe de Lalieux de La Rocq , entrée en possession de La Rocq par succession en 1918.
La famille Drion du Chapois loue le château en 1921
CAMILLE ORTS
Berthe de Lalieux vend le château de La Rocq à Camille Orts le 13-7-1928, il le tint jusqu’en 1943
Ce dernier n’habitait le château que pendant les mois d’été.
JOSSE VAN HAM
Josse Van Ham, de Bruxelles acheta la propriété le 16-1-1943.
Le domaine fut laissé dans un état voisin de l’abandon. Des poules furent élevées dans l’étage du corps de logis, ce qui amena des dégâts considérables. De beaux arbres furent abattus, défigurant ainsi le parc
MICHIELS.
C’est Georges Michiels qui a acheté le château en 1955, Il était tombé amoureux de l’endroit. Albert Michiels, son fils lui a alors demandé s’il pouvait l’exploiter, cela fait cinquante-cinq ans maintenant. Des parties du château sont louées pour l'organisation de banquets ou autres festivités, des réunions, des séminaires, etc. et géré par la société " Restauration Nouvelle "
de Lalieux de la Rocq Emile-Marie-René, ° Nivelles 25-11-1862, † Ouchy (Suisse) 7-9-1918. x Verviers 3-6-1890, Simonis Maria-Euphrosine-Armande-Joséphine ° Verviers 1866, †1945.
Il est le fils de de Lalieux de la Rocq Robert-Marie-Paul, écuyer, bourgmestre de Feluy, ° Feluy 30-7-1884, y † 13-6-1937, x Marbaix-la-Tour 13-9-1913, Gendebien Alice-Marie-adèle, ° Ixelles 25-2-1887, † Feluy 18-8-1966.
de Lalieux Berthe-Euphrosine-Renée, ° Nivelles 8-7-1891, y † 1980
ARCHIVES DE LA SEIGNEURIE DE LA ROCQ DEPOSEES AUX A.E.M.
1. Documents personnels
629. Famille Mathys, 1599. 1 liasse
630. Famille du Parcq, 1610-1694. 1 liasse
631-636. Famille de Bestenraedt 6 liasses
631. Testaments, partages, 1620-1748.
632. Procès contre Adrien Tordeur, 1644-1672.
633. Procès contre Guillaume Durant, 1650-1658.
634. Procès contre famille le Bouchel, 1650-1722.
635. Procès contre Nicolas Delmoitié, 1670-1679
636. Divers, 1676-1717.
637. Famille de Madre, 1691. 2 pièces
638-641 Famille le Blavier 4liasses
638. Testaments, rentes, 1660-1813.
639. Procès contre famille le Bouchel, 1681-1720.
640. Divers, 1619-1772.
641. Commissions d’Offices, 1701-1763.
2. Documents relatifs aux biens
a. Généralités
642. Transports, 1596-1751.
643. Transports , 1660
644. Rentes grevant la seigneurie, 1625 2 pièces
b. Droits seigneuriaux
645. Extrait du cartulaire, 1753. 1 pièce
c. Réserves seigneuriales et gestion des propriétés
646. Château , 1753. 3 pièces
647-648. Basse-cour du château
647. 1565-1601 . 5 pièces
648. 1634-1789. 1 liasse
649. Bois, 1779-1789. 1 liasse
2. DOMAINE DE LA ROCQ
a. Gestion du domaine
816. Château, 1805-1820. 1 liasse.
817. Basse-cour, 1801-1834. 1 liasse.
818. Bois, 1820-1833. 1 liasse.
819. Carrières, 1805-1857. 1 liasse.
820. Terres, 1853. 1 pièce.
Historique
D’après une tradition orale, Wautier de Bousies, dit Fier à Bras, bâtard d’Eustache de Bousies, seigneur de Feluy, reçut La Rocq en apanage de son père comme récompense de ses exploits dans les guerres de Bretagne et de Frise. On sait qu’il n'a que peu ou pas habité le lieu, par contre, une petite garnison était nécessaire pour la défense de la frontière.
Les archives de Feluy nous apprennent que La Rocq a eu plusieurs « castelains » (châtelains) dont, Jehan Cannebustin et Jehan Giliar. Le premier est nivellois. Il est à remarquer que durant plus de quarante ans les documents citent Jehan Canebustin. Des indices valables donnent à croire qu'il en eu au moins deux de ce nom à se succéder.
Le mardi de la pentecôte, 5 juin 1691, l’armée française vint camper à Braine-le-Comte : Pierre-François de Boulogne, bailli de Feluy, Jean-René de Bestenraedt, seigneur de la Rocq, Etienne Denis, mayeur de Feluy et Nicolas Gaudré, s’y rendirent pour une sauvegarde pour la commune de Feluy, mais ayant rencontré une troupe de cavaliers près du bois de Haurut, ils furent arrêtés et n’obtinrent leur liberté qu’en payant dix patacons. Le seigneur de la Rocq et le mayeur parvinrent seuls auprès du maréchal, duc de Luxembourg, qui leur accorda deux sauvegardes, l’une pour Feluy, l’autre pour le château de la Rocq.
Ce château, où plusieurs manants de Feluy et d’Arquennes s’étaient réfugiés, fut dévasté pendant l’absence du seigneur, et les paysans perdirent les bestiaux et les autres effets qu’ils y avaient emmenés
Le 11 juin 1691, un grand nombre de troupes sous les ordres du major-général d’Artagnan se rendirent à Nivelles pour démolir les fortifications de la ville : ils placèrent des gardes dans les bois de l’Escaille et de Feluy, et un poste au château de la Rocq .
Le 18-1-1738, le seigneur Gaspard le Blavier, fait contraindre, avec trois gardes, son fermier de la Rocq (Pierre-Ignace Dufaux) pour poursuivre le paiement de 2249 livres pour les rendages échus de 1736 et 1737.
« Ce fermier par une voie de fait inouïe, dit-il s’est avisé, accompagné d’une troupe de 25 à 26 hommes armés, le 22 et 28 de ce mois, de maltraiter ses gardes, ses domestiques, enlever tous les effets également ceux qui étaient propres au remontrant, brisé portes, vitres et autres dégâts dont les pertes se montent à plus de 4.000 florins, et s’être retiré à main garnie sur le pays de Liège pour empêcher l’action du propriétaire ».
Les Cosaques et les Prussiens campèrent au château de la Rocq en 1814.
Un incendie eut lieu au début de 1908
LA SEIGNEURIE
Etabli le long de la Samme traçant la limite entre Hainaut et Brabant, le fief ample de la Rocq, avec haute, moyenne et basse justice relevait du comté de Hainaut, la seigneurie s’étendait sur un bout de terre de un bonnier et demi, situé sur Feluy,
La seigneurie relevait en outre un fief de la cour féodale de Bornival, douze bonniers de bois et trente quatre bonniers de terre des cours féodales d'Arquennes. L'ensemble a comprit soixante cinq bonniers dont quinze de main-ferme qui se payaient chaque année au seigneur de Feluy par 6 chapons et un ¼ et trente trois sol tournois.
Le curé de Feluy recevait une rasière de blé.
Le seigneur de La Rocq possédait à Feluy une rente féodale de 16 florins sur le Wesprin et un fief d’un demi-bonnier de pré.
LE CHÂTEAU
Cerné de douves et accessible à l’est par un passage empierré menant à une tour porche, ensemble en calcaire sous toitures d’ardoises enserrant les trois côtés d’une vaste cour
STROOBANT C, Histoire de la commune de Feluy, Bruxelles 1858, p.224.
Le donjon
Le gros œuvre de la tour remonte à la fin du XIVe siècle la tour, carrée de trois niveaux de hauteur dégressive, chacun limité d’un chanfrein et raidi de chaînes d’angle, surmontés d’un dernier étage en encorbellement millésimé 1660 par des ancres.
Une pierre débordant de la maçonnerie, côté cour, porte la date de 1772 avec les initiales d’Anselme Francois le Blavier marquant une profonde restauration.
Le portail en tiers-point s’inscrit dans l’ancienne feuillure du pont-levis.
Au dessus deux petites niches gothiques encadrent une fenêtre à linteau en bâtière, elles abritaient des armoiries, presque entièrement détruites, on y remarque la forme d’un heaume et les plumes du cimier de Bousies Sous le porche voûté d’un double berceau brisé, le second ménage un assommoir, une porte à arc en anse de panier, refaite.
Les étages sont éclairés par de petites baies à jour unique. Il existait au premier étage des cachots construits en bois et munis de verrous.
Les bâtiments d’habitation
Les trois ailes du bâtiment appartiennent aux XVIIe et XVIIe siècles, ils ont été pour la plupart remaniés dans le goût néo-médiéval à la fin du XIXe siècle. Nous voyons ici une vue du corps de logis de la Rocq avant les transformations qu’en fit faire Emile de Lalieux.
Faisant face au donjon l’aile ouest est occupée au centre par le corps de logis de la première moitié du XVIIIe siècle, sa façade est en briques sur soubassement en pierre. Elevée sur deux niveaux et alignant trois fenêtres à croisées sous linteau, encadrées de pierre ; sa porte centrale baroque provient probablement du couvent des Récollets de Nivelles, elle est datée de 1713. Les armoiries des de Bestenraedt qui figuraient au dessus de la porte ont été burinées, probablement sous le régime français, tout comme celles du porche d’entrée.
La toiture est comprise dans les pignons à gradins du XIXe siècle.
A sa gauche, fut créée une extension du logis en pierre, la façade recomposée comporte quatre travées, dont l’une est datée de 1725.
La façade arrière donnant sur les douves comporte cinq arcades et une autre tour. Tout cet ensemble a été reconstruit après l’incendie en 1908 par Emile de Lalieux de la Rocq. Le pignon à gradin, portant ses armes jumelées à celles de son épouse Maria Simonis, est flanqué d’une tour carrée.
A droite, prolongement de l’habitation à deux niveaux de fenêtres, jusqu’à l’angle et dans l’aile Nord où le rez-de-chaussée présente des fenêtres de la 2e moitié du XVIIIe siècle et murées lors de l’aménagement de l’aile en grange. Cette transformation a fait place à une porte charretière formant angle avec le portail du donjon et à l’opposé deux portes piétonnes à arc en anse de panier. Cette aile présente des lucarnes de type néo-médiéval .
L’aile Est, est occupée par les anciennes dépendances datant du XIVe siècle, rythmée par trois portes en anse de panier, chacune entre deux petites fenêtres à jour unique du XVIIe siècle.
Dans le prolongement, à droite, au-delà d’une tourelle néo-médiévale, une bâtisse de même hauteur, entre des pignons à gradins du début du XXe siècle présente une façade en briques ménageant au centre une petite galerie ouverte par deux arcades en plein cintre dur colonne de réemploi.
Le bâtiment dit « la douane »
A l’extérieur du château, au nord-est, subsiste le petit bâtiment dit « la douane » daté de 1707.
Ce bâtiment est érigé sur une languette de terrain qui fut l’objet de litiges entre la seigneurie de La Rocq et celle de Feluy et qui concernait l’étendue de la seigneurie. Le terrain se trouvait entre la rivière et le fossé.
La tradition orale dit que des fraudeurs pouvaient impunément cacher des marchandises dans cette maison, car l’endroit, croyait-on ne relevait ni de Feluy en Hainaut, ni d’Arquennes en Brabant.
La Basse-cour ou cense de la Rocq
Le 6 mai 1508, le seigneur, Louis Rollin vend à Jehan de Hun, la cense de la Rocq avec ses dépendances, terres et prés.
La ferme de la Rocq était louée par bail de 9 ans, grâce aux archives on a retenu le nom de certains fermiers :
Le patrimoine monumental de la Belgique. Hainaut-Arrondissement de Charleroi-Feluy, pp. 479-482
-Colart MABILLE (cité 13-8-1516)
- Bastien MARIN, fermier du Clerbois à Feluy (bail du 11-11-1565)
On connaît les terres de la cense de la Rocq par l’hypothèque qu’en fit le 27 mars 1574, Jean de Mathys pour une rente au canon de 70 florins due à Hubert Douche bourgeois de Nivelles
"… Item pour lade rente dan en an bien payer at led. Sr Jan Mathys mis et dénommé pour hypotecqz et contrepand de ladte rente tous les héritaiges dépendants de la cense del Rocq estant en brabant soubs la Srie d’Arquennes, premier le boys hault et bas fauyan contenant environ dix bonniers tenant au preit de Coquibus, aux héritaiges de Jan Cilias, à Guillaume le Charlier et aux terres del Rocq.
Item le preit et pasturaige du Coquibus sy grans quil se contient, tenant d’ung costé aux héritaiges quy furent Jan Cilias, et du loing à la Rivière, quy faict decoine de Brabant et Haynault, et dautre costé tenant au chemin allant del Rocq à Arquennes.
Item ung bonnier de terre gisant desoubz led Aynyau.
Item XX bonniers de terres et de preits venant de l’hospital du sépulcre a Nyvelle, gisant deseur La Rocq soubs Arquenne en Brabant, tenant demy costé aus terres de Pibramont, daultre aux héritaiges Guillame le Charlier, et au chemin quy va Darquennes à Pibramont de deux costez.
Item trois bonniers tenant au paissiz et terre de Lamberdan, au chemin allant a Escausine.
Encore une pièce de terre nommée lausnoy del Rocq tenant aux héritaiges de feu Anthoine Ernaulx et pardeseur al piescente allant al Rocq.
Encore ledit sr Jan Mathy met en fin et contrepand telz cincq florins de rente de Guillaume le Charlier luy doibt sur les héritaiges del petite Pibramont…
…Et pour les significations faire se pouldront faire vaillablement au censeur quy tiendra la cense del Rocq de quoy le Sr a este servy. A quoy faire furent pns comme eschts dudt Arquennes Guilame le Charlier et Henry Taillant, quy tout recorde a leurs confrères eschevins Jan Lambert, Martides Crolliers, Jan Louys et Jan de Lattre. Ce fut faict le XXVII de Mars an XV septante quattre brabant."
- Herman De La BRUYERE (cité dans le bail de 1575).
- François BONTERLEZ, demeurant à Stoisy à Nivelles (Bail du 10-4-1575)
- Jean BONTERLEZ, qui louait la ferme avec son frère pour 520 livres tournois, revenant à 260 florins, de plus, 4 douzaines de fromages à la crème, 12 chapons en plumes et 2 veaux, revenant à 3 florins pièce.
- Barbe DESTE, le bail du 23-7-1585, qui donna lieu à un procès entre les contractants devant la cour d’Arquennes, procès continué le 9-2-1594. le fermage est toujours de 520 livres tournois.
- Antoine FRANQUART dit Wesprin (bail du 28-2-1625).
- Paul TORDEUR, loue « la maison et cense de la Rocq, sicome la maison chambre, tour, grange, estableries, bergeries, fournil, jardin as arbres y apendans, et quarier condist la seigneurie de la Rocq » pour la somme de 800 livres tournois, 100 livres de beurre et 1 mouron gras (bail du 23-1-1629 commençant le 1-5-1634)
- Marguerite GOSCHE, veuve Nicolas SEUTIN censière de la Warde (bail du 29-1-1723)
- Henri CHARLIER et Marie-Thérèse BAUDINE son épouse (bail du 14-12-1728).
- Pierre-Ignace DUFAUX, qui en 1736, entra en conflit avec le seigneur de la Rocq et saccagea le château.
En 1736, la ferme avait 20 bonniers de pâtures et 47 bonniers de terres labourables, une grosse partie des terres de la Rocq se situait sur Arquennes.
- Louis LYON (bail du 13-5-1763).
La ferme de la Rocq comprenait " Maison, cour, grange, estables, fournil, pourpris, héritages et appendices condist la maison et cense de la Rocq contenant 36 bonniers à trois royes »
En 1803 « A la requête de la citoienne MOREAU, veuve Antoine DELBRUYERE, fermière à la cense de la Rocq à Feluy, on procèdera à la vente par adjudication publique des chevaux, bestiaux, attirails de labours, meubles et effets mobiliers, par le notaire ROBERT, le 9 brumaire an X »
LES SEIGNEURS
MAISON DE BOUSIES
WAUTIER DE BOUSIES
Wautier de Bousies, dit Fier à Bras de Vertaing prend possession de sa seigneurie en 1390. Valeureux guerrier, il mit notamment son épée au service du comte d'Ostrevant et obtint diverses récompenses. Il possédait les seigneuries de Familleureux, d'Aubigny, de Vellereille-le-Sec et plusieurs autres.
Il meurt avant 1410. Il avait épousé Jehanne de Beaumont dite Beaurieu, elle se remaria à Roger le Hurtre.
JEHAN I DE BOUSIES
Jehan de Bousies, écuyer, fils de Wautier de Bousies et de Jehanne de Beaurieu, fit le relief de La Rocq en 1410. Il était comte de Fauquemberg, seigneur de Familleureux, feudataire Doutrieu à Houdeng-Goegnies, bailli des bois de Hainaut.
Il épousa Bonne de Flandre. Ces époux meurent sans postérité.
JEHAN II DE BOUSIES
Neveu de Jehan I., fils d’Englebert de Bousies, frère de Jean, seigneur de Familleureux en juin 1440, il y est cité comme homme de Madame de Nivelles. Comte de Fauquemberg et seigneur de la Rocq entre 1431 et 1453. Il mourut en 1502.
NICOLAS ROLIN
MAISON ROLIN
Nicolas Rolin , seigneur d'Autun, chancelier de Bourgogne du duc Philippe. Il est aussi seigneur d'Aimeries et autres par achat au duc de Lorraine.
Il devient propriétaire de la Rocq en octobre 1453, comme nous l’apprennent les comptes de la recette des reliefs de fiefs :
« Et quant est à Jehan de Vertaing, comte de Faukenberghe lequel ou dit mois d’octobre de ce compte se deshérita d’un fief que il avoit de Monseigneur, icellui gisant et se comprendant en la maison, fortreche, terre, justice et seigneurie de la Rocque et en fu ahireté par acat Monsieur d’Anthune chancelier de mon très redoubté seigneur Monseigneur le Ducq pour en ghouir lui et ses hoirs… »
ANTOINE ROLIN
Antoine Rolin est le fils de Nicolas Rolin et de Marie de Landes, seigneur d’Aimeries, Raismes (1457-1491), vidame de Chalons, maréchal héréditaire du Hainaut, grand veneur du Hainaut, grand-chambellan du comte de Charolais, futur Charles le Téméraire (~1449), Grand-Bailli du Hainaut.
Il fait le relief de La Rocq en 1473.
LOUIS ROLIN
Louis Rolin , écuyer, capitaine, seigneur d'Aimeries et d'Antinnes, Lens en Hainaut, Raismes (1491-1528), maréchal et grand veneur héréditaire de Hainaut, député de la noblesse auprès du Roi des Romains (1484). Il est seigneur de La Rocq en 1502.
MAISON DE HUN (de Hon)
JEAN DE HUN (de Hon)
Jean de Hun, écuyer, seigneur de Ronchine et Ciply, achète, en mai 1508, à Louis Rollin la ferme et les bâtiments de La Rocq.
Echevin de Mons, il fut prévôt de Mons en 1480, conseiller et chambellan de l’empereur Charles-Quint.
Le 5-7-1511, il crée une rente de 30 livres tournois en faveur de Jehan Barbet, hypothéquée sur les biens d’Arquennes qu’il avait acquis de Louis Rolin
Il avait épousé Sainte Corosty. Il avait une sœur, Jacqueline, à qui il doit avoir laissé La Rocq.
JACQUELINE DE HUN (de Hon)
En épousant Jacques de Mathys, seigneur de Maisnil-lez-Samson, receveur de Bouvigne, échevin de Namur (1494-1503), receveur du comté de Namur, décédé en 1503, Jacqueline de Hun fit passer la Rocq aux mains de cette famille.
MAISON DE MATHYS
LOUIS DE MATHYS
Fils de Jacques et de Jacqueline de Hun. Docteur en droit, conseiller de l’archiduc Albert (2-1-1504) A la mort de sa mère, on le voit faire le relief de La Rocq vers le 3 septembre 1533. Il ne semble pas en avoir été réellement le seigneur, car le même jour dans le même acte il vend le bien à son frère.
BARTHÉLÉMY DE MATHYS
Barthélémy de Mathys, écuyer, seigneur de La Rocq et Maisnil-lez-Samson, avait été émancipé le 17 décembre 1502, bailli d’Aimeries (1538), prévôt de Hierges (1542), échevin des cours de Feix, Saint-
Aubin et de Notre-Dame à Namur, échevin de Namur (1548-1562), lieutenant-mayeur de Jambes (1549 à 1555)
Il renouvela le cartulaire de la Rocq en 1541.
Le 13 décembre 1519, il s’unit à Marie de salmier, décédée le 31-3-1562
Il testa le 26-3-1574 et mourut en mai 1577. Son Jean lui succède.
Nicolas Rolin, ° Autun 1376 ca, y + 8-1-1462 (n.st.), x 1°- Marie Le Mairet, x 2°- Marie de Landes ; x 3°- Guyotte de Salins
A.G.R.- C.C. 14775, f°134.
° 1424, + Aymeries 4-9-1497, x 8-8/-444, Marie d’Ailly de Raineval, dame du Bois-du-Quesnoy + 8-6-1498
Louis Rollin + 17-9-1528, x 1491 Gillette de Berlaymont, dame de Berlaimont, Hierges, Peruwelz-en-Hainaut et de Beauraing + 14-12-1545
JEHAN DE MATHYS
Jehan de Mathys, fils aîné de Barthélémy, succède à son père comme seigneur de La Rocq. Si on prend en considération des baux figurant dans son dossier, concernant la location de la ferme, on constate que celui du 11 novembre 1565 se contracte déjà entre lui et Bastien Marin.
Il fit un dénombrement de ses biens en 1566
Il épousa Nicole de Warigny
PIERRE DE MATHYS
Pierre de Mathys, fils de Jehan, écuyer, seigneur de La Rocq et du Masnuy, résident en la ville de Namur, en fait le relief le 15 mai 1596 devant le grand bailli de Hainaut, Charles de Croÿ.
Il avait épousé Françoise de Feluy.
Le premier février 1596,
MAISON DU PARCQ
Pierre de Mathys vendit la seigneurie de La Rocq moyennant le prix de 4000 livres tournois, six chapons et 33 sols tournois de rente annuelle en argent due à la seigneurie de Feluy, et une rasière de blé annuelle à la cure de Feluy, à Grégoire du Parcq, bailli de Ghislengien et d'Hirchonwez, greffier de Feluy. Cet acte fait apparaître qu’en cas de décès, sa femme en aurait la jouissance, et qu’il n’aurait pas d’héritier, le bien partirait en faveur de Siméon du Parcq, bailli et receveur d'Arquennes, frère de Pierre.
Grégoire du Parcq, seigneur de La Rocq, entre en possession du bien comme nous venons de le voir, le 1er février 1596, il était alors marié à Marie Patou.
Décédé le 28 fevrier 1625, sa veuve, Anne de Salmire (ou Salmier), accepte le 2 décembre le remboursement d'une rente de 25 bonniers et, le 16 février 1628, prend un arrangement avec Marie de Benstenraedt, la fille retenue de son premier mariage avec Jehan de Benstenraedt.
MAISON DE BESTENRAEDT
RENÉ DE BENSTENRAEDT
Le 20 février 1626, par le décès de Grégoire du Parcq, Nicolas Ployart fait relief comme bail pour sa nièce, Isabelle du Parcq, âgée de 8 ans. René de Benstenraedt, seigneur de La Rocq et de Werbeek, épousera sa nièce Isabelle du Parcq. Il était capitaine d’une compagnie à cheval.
René de Benstenraedt meurt avant 1652, son épouse le 13-1-1675.
JEAN-RENÉ DE BENSTENRAEDT
Jean-René de Benstenraedt, écuyer, seigneur de La Rocq, fils du précédent. Par le décès de sa mère, il fait le relief de la seigneurie le 9 janvier 1676.
Le 7-3-1701, il donne une commission de bailli et greffier de la seigneurie à Ambroise-Augustin du Rondeau
Il épouse le 25 novembre 1682, Marie Maximilienne d'Antoin, veuve de Philippe-Dominique le Bouchel, seigneur de Bienne-lez-Happart. Il décède le 28 août 1710.
MAISON LE BLAVIER
ISABELLE-THÉRÈSE DE BESTENRAEDT ET GASPAR LE BLAVIER
Isabelle-Thérèse de Bestenraedt, fille de Jean-René, devint dame de La Rocq. En épousant Gaspar le Blavier, celui-ci devient seigneur de La Rocq, il en fait le relief, le 5 juin 171l, d’abord pour sa femme Isabelle Thérèse de Benstenraedt, dame de la Rocq et de Thy. Pendant plusieurs années Gaspar le Blavier n'a pas habité le château mais habitait à Nivelles. Il était capitaine des cuirassiers du régiment du prince d’Isenghien, au service de l’Espagne.
Né à Huy le 19 novembre l673, les documents consultés placent son décès en 1773, sans autres précisions, ce qui fait de lui un centenaire ou de peu. Son épouse, née à Bienne-lez-Happart le 14-10-1683 et décédée à Feluy le 11-11-1766.
ANSELME LE BLAVIER
Anselme-Francois-Joseph le Blavier, écuyer, seigneur de La Rocq. Baptisé à Feluy le 27 janvier 1717, il est le fils de Gaspar. Il était aussi seigneur de Thy et de Dampremy et administrateur de la communauté religieuse de Bois-Seigneur-Isaac.
Il avait fait le relief de La Rocq le 22 mai 1767 par le décès de sa mère arrivé le 11 novembre 1766. Lui même est décédé le 1er mai 1800.
Il avait épousé à Tournai le 30-1-1752, Marie-Jeanne de Madre.
LES PROPRIETAIRES MODERNES
LOUIS JOSEPH DE LALIEUX
Louis Joseph de Lalieux , avocat, homme de fief de Hainaut (1778), bailli de Feluy, l’Escaille et Croquet, et de Baudour,
C'est au moment du partage des biens de ses beaux-parents, le 20-5-1793, qu'il a acheté la terre et château de la Rocq par acte sous seing privé à Gaspard le Blavier. Il entra effectivement en possession de La Rocq en 1800.
PHILIPPE FRANCOIS DE LALIEUX
Philippe-François de Lalieux , propriétaire, échevin de Feluy depuis 1825
RENE DE LALIEUX
En vertu du partage des biens du domaine de la Rocq passé devant le notaire Gilmont à Seneffe le 21-4-1839, René de Lalieux devient le propriétaire à titre patrimonial, mais ne l’habita pas, car il demeurait au château d’Alcantara à Arquennes, ce fut son frère François-Louis de Lalieux de La Rocq , écuyer, successivement conseiller, échevin et bourgmestre de Feluy jusqu’en 1878, conseiller provincial de 1858 à 1876 qui y demeura.
René et François-Louis reçurent une concession de noblesse par lettres patentes du 9-10-1886, avec reconnaissance de leurs armoiries familiales.
de Lalieux Louis Joseph, ° Feluy 10-2-1741, † Mons 5-12-1824, x Mons 21-8-1786, Claus Marie-Alexandrine, † Mons 8-12-1812.
de Lalieux Philippe-François, ° Mons 26-8-1787, † Feluy 12-10-1832, x Nivelles Charlier Marie-Joseph, ° Nivelles, † Saint-Josse-ten-Noode 1-3-1879.
de Lalieux René-Adolphe, ° Feluy 1-11-1822, † Nivelles 23-3-1905, x Nivelles 27-6-1849, de le Hoye Julie-Marie-Jeanne, ° Nivelles 11-10-1822, y † 20-2-1865.
de Lalieux de La Rocq François-Louis, ° Feluy 2-10-1819, y † 18-8-1904 x Seneffe 30-6-1847, du Bray Pauline-Julie, ° Seneffe 14-11-1827, † Feluy 2-12-1893.
EMILE DE LALIEUX, DE LA ROCQ
C’est le fils de René, Emile de Lalieux, de La Rocq - , qui devint propriétaire de la Rocq par succession.
Ecuyer, docteur en droit (1884), bourgmestre de Nivelles (1895), député de l’arrondissement de Nivelles (1896 et 1908).
Il fit transformer notablement le château. Le potager devint un court de tennis.
BERTHE DE LALIEUX, DE LA ROCQ
Le bien passe alors aux mains de mademoiselle Berthe de Lalieux de La Rocq , entrée en possession de La Rocq par succession en 1918.
La famille Drion du Chapois loue le château en 1921
CAMILLE ORTS
Berthe de Lalieux vend le château de La Rocq à Camille Orts le 13-7-1928, il le tint jusqu’en 1943
Ce dernier n’habitait le château que pendant les mois d’été.
JOSSE VAN HAM
Josse Van Ham, de Bruxelles acheta la propriété le 16-1-1943.
Le domaine fut laissé dans un état voisin de l’abandon. Des poules furent élevées dans l’étage du corps de logis, ce qui amena des dégâts considérables. De beaux arbres furent abattus, défigurant ainsi le parc
MICHIELS.
C’est Georges Michiels qui a acheté le château en 1955, Il était tombé amoureux de l’endroit. Albert Michiels, son fils lui a alors demandé s’il pouvait l’exploiter, cela fait cinquante-cinq ans maintenant. Des parties du château sont louées pour l'organisation de banquets ou autres festivités, des réunions, des séminaires, etc. et géré par la société " Restauration Nouvelle "
de Lalieux de la Rocq Emile-Marie-René, ° Nivelles 25-11-1862, † Ouchy (Suisse) 7-9-1918. x Verviers 3-6-1890, Simonis Maria-Euphrosine-Armande-Joséphine ° Verviers 1866, †1945.
Il est le fils de de Lalieux de la Rocq Robert-Marie-Paul, écuyer, bourgmestre de Feluy, ° Feluy 30-7-1884, y † 13-6-1937, x Marbaix-la-Tour 13-9-1913, Gendebien Alice-Marie-adèle, ° Ixelles 25-2-1887, † Feluy 18-8-1966.
de Lalieux Berthe-Euphrosine-Renée, ° Nivelles 8-7-1891, y † 1980
ARCHIVES DE LA SEIGNEURIE DE LA ROCQ DEPOSEES AUX A.E.M.
1. Documents personnels
629. Famille Mathys, 1599. 1 liasse
630. Famille du Parcq, 1610-1694. 1 liasse
631-636. Famille de Bestenraedt 6 liasses
631. Testaments, partages, 1620-1748.
632. Procès contre Adrien Tordeur, 1644-1672.
633. Procès contre Guillaume Durant, 1650-1658.
634. Procès contre famille le Bouchel, 1650-1722.
635. Procès contre Nicolas Delmoitié, 1670-1679
636. Divers, 1676-1717.
637. Famille de Madre, 1691. 2 pièces
638-641 Famille le Blavier 4liasses
638. Testaments, rentes, 1660-1813.
639. Procès contre famille le Bouchel, 1681-1720.
640. Divers, 1619-1772.
641. Commissions d’Offices, 1701-1763.
2. Documents relatifs aux biens
a. Généralités
642. Transports, 1596-1751.
643. Transports , 1660
644. Rentes grevant la seigneurie, 1625 2 pièces
b. Droits seigneuriaux
645. Extrait du cartulaire, 1753. 1 pièce
c. Réserves seigneuriales et gestion des propriétés
646. Château , 1753. 3 pièces
647-648. Basse-cour du château
647. 1565-1601 . 5 pièces
648. 1634-1789. 1 liasse
649. Bois, 1779-1789. 1 liasse
2. DOMAINE DE LA ROCQ
a. Gestion du domaine
816. Château, 1805-1820. 1 liasse.
817. Basse-cour, 1801-1834. 1 liasse.
818. Bois, 1820-1833. 1 liasse.
819. Carrières, 1805-1857. 1 liasse.
820. Terres, 1853. 1 pièce.
Libellés :
Le chateau de la Rocq
samedi 28 août 2010
Invitation journées du Patrimoine
Dans le cadre des journées du Patrimoine, la MAISON DE LA MÉMOIRE DE L’ENTITÉ DE SENEFFE, à l’honneur de vous inviter à son exposition ayant pour thème les métiers du patrimoine, et en particulier :
• Enluminures et tailleurs de pierres.
• Belles façades de chez nous :
Mise en valeur du travail du bois, du fer forgé et
de la pierre.
• L’art du vitrail dans l’entité de Seneffe.
• Les outils des métiers du bois, du fer et de la pierre.
L’exposition sera visible les 11 et 12 septembre 2010, de 9h à 18h dans les locaux de la Maison de la Mémoire, 36 Grand-rue, Feluy
Une conférence « Les Moretti, stucateurs du château de Feluy » sera présentée par Alain Graux le dimanche 12 septembre à 10h30, le verre de l’amitié suivra.
Une démonstration du tailleur de pierre Eric Jenet aura lieu le dimanche après-midi.
Cette exposition se fera en collaboration avec les F.P.S. de Feluy et le P.A.C. de Feluy.
L’exposition sera ouverte du 11 septembre au 30 novembre sur réservation auprès de la secrétaire, Mme Claudine Delbruyère-Debelle. Tél. 067/87 80 67.
Un itinéraire de promenade-découverte de belles façades dans Feluy est disponible sur demande.
De même la Maison de la Mémoire vous invite à consulter son blog :
http://mdmemoireseneffe.blogspot.com
Vous y trouverez la vie de la société
L’historique Des combats du canal de Charleroi (1940)
Des carrières d’Arquennes
Des « Quairleux » de Feluy sous l’ancien Régime
De la sucrerie/ Cartonnerie/ Confiturerie de Feluy-Arquennes.
Des sobriquets ou « spots » de Feluy et d’Arquennes
Le château de la Rocq à Feluy
Nous espérons que ces activités auront l’heur de vous plaire et que nous aurons le plaisir de vous y rencontrer.
• Enluminures et tailleurs de pierres.
• Belles façades de chez nous :
Mise en valeur du travail du bois, du fer forgé et
de la pierre.
• L’art du vitrail dans l’entité de Seneffe.
• Les outils des métiers du bois, du fer et de la pierre.
L’exposition sera visible les 11 et 12 septembre 2010, de 9h à 18h dans les locaux de la Maison de la Mémoire, 36 Grand-rue, Feluy
Une conférence « Les Moretti, stucateurs du château de Feluy » sera présentée par Alain Graux le dimanche 12 septembre à 10h30, le verre de l’amitié suivra.
Une démonstration du tailleur de pierre Eric Jenet aura lieu le dimanche après-midi.
Cette exposition se fera en collaboration avec les F.P.S. de Feluy et le P.A.C. de Feluy.
L’exposition sera ouverte du 11 septembre au 30 novembre sur réservation auprès de la secrétaire, Mme Claudine Delbruyère-Debelle. Tél. 067/87 80 67.
Un itinéraire de promenade-découverte de belles façades dans Feluy est disponible sur demande.
De même la Maison de la Mémoire vous invite à consulter son blog :
http://mdmemoireseneffe.blogspot.com
Vous y trouverez la vie de la société
L’historique Des combats du canal de Charleroi (1940)
Des carrières d’Arquennes
Des « Quairleux » de Feluy sous l’ancien Régime
De la sucrerie/ Cartonnerie/ Confiturerie de Feluy-Arquennes.
Des sobriquets ou « spots » de Feluy et d’Arquennes
Le château de la Rocq à Feluy
Nous espérons que ces activités auront l’heur de vous plaire et que nous aurons le plaisir de vous y rencontrer.
vendredi 30 juillet 2010
LES SOBRIQUETS
A PROPOS DES SOBRIQUETS OU « SPOTS » DE FELUY ET D’ARQUENNES
Alain GRAUX
Les noms a caractéristique « physiques », sont apparus, comme d'autres types de noms, aux alentours du XIIème siècle.
Les noms dits « moraux » sont apparus en France aux alentours du XIIème siècle. Ils désignaient les personnes qui se distinguaient par leurs qualités ou leurs défauts : Vaillant, Hardy (« homme brave »), Doucet (« homme gentil », « doux »), Lesage (« homme savant »), Agassi (« celui qui jacasse »).
Les Piche Malette
Les sobriquets :
Les surnoms « moraux » :
Les surnoms « physiques » :
Les surnoms constituent la catégorie de base des noms de famille. S'ils peuvent être facilement confondus avec les surnoms dits « physiques » ou « moraux », ou encore les « sobriquets », ils étaient motivés par un trait marquant de l'individu qui se trouvait ainsi nommé sans ambiguïté, dans le cercle restreint de son village et de ses proches.
Les surnoms peuvent également désigner une expression employée fréquemment. Ainsi, un homme répétant souvent « par la grâce de Dieu » se verra appelé Pardieu.
Ces noms de famille étaient donnés aux personnes qui présentaient une particularité physique apparente permettant de les distinguer. Ces particularités étaient bien souvent en rapport avec la morphologie.
Ces noms sont apparus au Moyen-âge et sont dans bien des cas des adjectifs. Par exemple : Bachelard (« jeune garçon a marier »), Gagnebin (« qui sait gagner de l'argent »), Lesot (« celui qui ramenait l'eau »), Couard (« désignait un homme peureux »), etc.
C'est ainsi, par exemple, que deux personnes ayant le même nom de baptême, se verront distinguées par l'attribution d'un adjectif qui, au fil des évolutions, deviendra son nom de famille. Par exemple, si deux personnes d'une même famille portent le même prénom, on attribuera à l'un des deux un nom faisant référence soit à une de ses qualités propres, soit à son lieu d'habitation. Il est assez difficile de bien repérer un nom répertorié comme « sobriquet ». Ces noms sont en effet des déformations humoristiques ou fantaisistes. Cependant, ils peuvent également exprimer une caractéristique morale ou physique, sans pour autant devoir être considérés comme des noms dits « à caractère physiques ou moraux ».
Ils ne sont pas forcément péjoratifs, mais expriment plutôt une particularité chez un individu. Ce dernier, une fois dénommé par ses pairs, créait sa propre famille autour de ce nom.
Les animaux servaient aussi de référence pour qualifier les surnoms moraux : Renard (« le rusé »), Chevrier (« chèvre », désignait un homme leste, agile), Cocteau (« coq », désignait un homme vaniteux, orgueilleux, querelleur).
LES « SPOTS » DE FELUY
Baccara d’el Clair Haye Bondant Chichi
Barbette Bornivau Chin-Chin
Barbinchon Bossu d’el Panache Chinel
Barette Braguette Chique
Bari Brind’Pouille Claire soupe
Barouche Cache t’Chîe Coinche
Bartoll Capette Cola-Colau
Bastrode Carosin Coleau
Beigne Cartouche Colisseau
Berdgie Casi Coupagne
Berdgie d’l’Allemand Casy Couseau
Bezine Catan Couviche
Biou Celeri Cra
Blanc pungne (pain) Charles el Caije Crocasse
Cron Cul Garouille
Marius du cul de suc
Cucu Grand boutique
Médecin de la Chaussure
Cul de jatte Grand Felu Mèner
D’Jambe de bos Grande Riette Merote
D’Jobin Gratie Merutte
Dascotte Gros Bleu Mi Couplé
Delphine Masseur Gros Maflou Millot l’est mourre
Derie Debat Gudule Mommon Bouret
Deripit Guss du Champêt’ Mon Neveu
Devriese Guss qu’un pet Morlette
Dinant Ida du Luron Myen
Du Bossu Janson Nagos
Du Patje Jean Casserole Nanan
Du Pekin Jeanne du Quette Nicolas du Luppe
Du Targon Jeanne Pierette Nie des masses
Dubois Joseph sins minton Noir bat’lie
El Baleu Juliette d’el grosse Camille
P’tit quette sans jambe
El Baron chou-fleur L’Anarchis Pacha
El Blanc Baleu L’Cara Panpan
El Bon Vivant L’Chaboti Papioul
El Bouc Deripit L’Chaude Fine Paquant
El Cado L’Cogne
Pauline du T’Chiteau
El Canari L’Congolais Payon
El Chic L’Curé del grande Charlotte
Perruque
El Coréen L’d’joli Pet Cure
El d’Jo L’Mayeur Petit T’Chu
El Dehat L’Petit Flip Petot
El Dru L’Petit Marchaux Petrus
El Dru du Dragon L’Petit Michot Pichate
El Grand Louis L’Petit tailleur Pichouli
El Lich L’Russe Pièce de burre
El Lochais L’Tchanteu Pissnie
El Malice Landa Pitch
El Mastau Lariguette Piton
El Montois Léona del rouge broque Poije (Poil)
El Mousse Les Biaux ïes Polite
El Nul Meluss Les Caca Polon
El Peilo Les Caquieux Potie
El Pinchon Les Celiskas Pourcha Stokie
El Plafonneu Les Chiroux
Quette à pusses
El Pû Les Copère Quiqui
El Pû del Blanche Les Dags Reclore
El Raseu Les Dartevel Ricolette
El Rouch Les Durs Ritchichi
El Rouge Manache Les Longs pîes Mourret
Roucha Put Put
El Roussette du Guigne Les Marichaux Savate
El Sansard Les Tio Sins oreille
El sie d’el longue panse Lichton Sizé
El T’Chat Long Pîes Sornette
El Trapisse Marcel el Minteu T’Charlie
Fernand du Popo Marcel Gaïole
Taf el Flamind
Fichaux Maria du t’Chanteu Taupie
Flixi Marie al Ferniesse Tchaud
Fréd’Jauque Marie del goutte de lait Ti Quette
Galasse Mariette del Chipette Tibbie
Tiche Tintin del Panache Via
Tiesse de Gâte Tontoncet Vind Chiss
Tiesse de via Toubaquie Vinvintch
Tilet Trompette
Zénon Casaque
Tintin Van Chire
Zénon du Louyin
Il y a quelques lieux-dits qui reprennent des sobriquets :
Le Trou Barette, le Trou du Bossu, le hameau Coleau, la maison du Congolais, la ruelle à Russe
Quelques expressions survivent :
« I sint mê comme el bouc Deripit »
« I dourt comme Guss qu’in Pet » (Comme tous les carriers, Auguste Berlanger se couchait sur les pierres le midi et dormait, on disait alors « Guss in pète co y’eune »
LES « SPOTS » d’ARQUENNES
Voici la chanson des spots d’Arquennes tirée de la revue « Ça c’est Arquennes », néanmoins, cette chanson reprend un bon nombre de sobriquets de Feluy.
Air : Patlatcho
Des spots, d’va vos d’in donner L’Pantalon, Flamintch
En’fameuse quertinée Rossignol, Vinvintch
Despû in an, du d’ai trouvé Djodjol, et l’Tiquet
Pou d’in fait n’caboulée El Bijou, el Zetzet
Rie pou tous les Chinels Quette à puce, el Metch
I da en’contremasse El Totch, eyè l’Guette
Des Routchs, gris, des mâles, des fumelles El Blanc Bernardine
Des setches, des moyennes, des crasses Sans roublyie Marinne
L’Tchanteu eyé Moustach Brind’pouille
Toutouche eyé l’Cach El Cras, eyé Nounouye
Pich’Malette, Téî El d’D’Josie, Mathieu
L’apère, Pichouli
L’Pestia, l’PlafonneuµLoktie, Toubakie
Padjau eyé l’Tchi Marquis,elt’Charlie
El Kir, eyé Bousit’ch Carozin, l’Touyon
Bourgau éyé Guignau Raquin eyè Pèyon
Mézaïe, eyé l’Dylrau
L’Dentisse
ifi eyé Couvich
Les cis qu’in sont nie contints
Chabotî, Quinquin
Dè nie iesse dessus m’lisseµN’faut nie qui seuch’net chagrins
Berdachau, l’Codin I vont passer tout d’suite
Baloche, el Piton
Douci dèdin no p’tit villadge
El Prut, el Picton
O no spotte iun com l’aute
D’Jean qui r’cule, Brayette
O dit qu’vos estez in sauvatche
Nica, Chalz-Botre eyé l’Pette Quand vos stez com in aute
L’Faisant, eyèt l’Mèner
Cach’tchi eyèt Bezinne
Waity in pau si l’Mau stitchie Bladjot eyèt l’Chaude Fine
N’est nie mis comme in aute Camue eyèt Fréro
T’aussi bie quet l’t’Chaufournie El’Coq el Vi Stot
El Kitch ou bie Bastraude El Mayeur, Claire Soupe
Qui c’qui n’counoit nie Livier T’Chirippe eyèt Pantouffe
Qu’à l’air d’en piertche à Fève El Pitch
Touvin, l’Canari, l’Quequet Bleus Zys, Bribitch
Eyé Carpiau au Genefe El Leuleu, Charron
Alain GRAUX
Les noms a caractéristique « physiques », sont apparus, comme d'autres types de noms, aux alentours du XIIème siècle.
Les noms dits « moraux » sont apparus en France aux alentours du XIIème siècle. Ils désignaient les personnes qui se distinguaient par leurs qualités ou leurs défauts : Vaillant, Hardy (« homme brave »), Doucet (« homme gentil », « doux »), Lesage (« homme savant »), Agassi (« celui qui jacasse »).
Les Piche Malette
Les sobriquets :
Les surnoms « moraux » :
Les surnoms « physiques » :
Les surnoms constituent la catégorie de base des noms de famille. S'ils peuvent être facilement confondus avec les surnoms dits « physiques » ou « moraux », ou encore les « sobriquets », ils étaient motivés par un trait marquant de l'individu qui se trouvait ainsi nommé sans ambiguïté, dans le cercle restreint de son village et de ses proches.
Les surnoms peuvent également désigner une expression employée fréquemment. Ainsi, un homme répétant souvent « par la grâce de Dieu » se verra appelé Pardieu.
Ces noms de famille étaient donnés aux personnes qui présentaient une particularité physique apparente permettant de les distinguer. Ces particularités étaient bien souvent en rapport avec la morphologie.
Ces noms sont apparus au Moyen-âge et sont dans bien des cas des adjectifs. Par exemple : Bachelard (« jeune garçon a marier »), Gagnebin (« qui sait gagner de l'argent »), Lesot (« celui qui ramenait l'eau »), Couard (« désignait un homme peureux »), etc.
C'est ainsi, par exemple, que deux personnes ayant le même nom de baptême, se verront distinguées par l'attribution d'un adjectif qui, au fil des évolutions, deviendra son nom de famille. Par exemple, si deux personnes d'une même famille portent le même prénom, on attribuera à l'un des deux un nom faisant référence soit à une de ses qualités propres, soit à son lieu d'habitation. Il est assez difficile de bien repérer un nom répertorié comme « sobriquet ». Ces noms sont en effet des déformations humoristiques ou fantaisistes. Cependant, ils peuvent également exprimer une caractéristique morale ou physique, sans pour autant devoir être considérés comme des noms dits « à caractère physiques ou moraux ».
Ils ne sont pas forcément péjoratifs, mais expriment plutôt une particularité chez un individu. Ce dernier, une fois dénommé par ses pairs, créait sa propre famille autour de ce nom.
Les animaux servaient aussi de référence pour qualifier les surnoms moraux : Renard (« le rusé »), Chevrier (« chèvre », désignait un homme leste, agile), Cocteau (« coq », désignait un homme vaniteux, orgueilleux, querelleur).
LES « SPOTS » DE FELUY
Baccara d’el Clair Haye Bondant Chichi
Barbette Bornivau Chin-Chin
Barbinchon Bossu d’el Panache Chinel
Barette Braguette Chique
Bari Brind’Pouille Claire soupe
Barouche Cache t’Chîe Coinche
Bartoll Capette Cola-Colau
Bastrode Carosin Coleau
Beigne Cartouche Colisseau
Berdgie Casi Coupagne
Berdgie d’l’Allemand Casy Couseau
Bezine Catan Couviche
Biou Celeri Cra
Blanc pungne (pain) Charles el Caije Crocasse
Cron Cul Garouille
Marius du cul de suc
Cucu Grand boutique
Médecin de la Chaussure
Cul de jatte Grand Felu Mèner
D’Jambe de bos Grande Riette Merote
D’Jobin Gratie Merutte
Dascotte Gros Bleu Mi Couplé
Delphine Masseur Gros Maflou Millot l’est mourre
Derie Debat Gudule Mommon Bouret
Deripit Guss du Champêt’ Mon Neveu
Devriese Guss qu’un pet Morlette
Dinant Ida du Luron Myen
Du Bossu Janson Nagos
Du Patje Jean Casserole Nanan
Du Pekin Jeanne du Quette Nicolas du Luppe
Du Targon Jeanne Pierette Nie des masses
Dubois Joseph sins minton Noir bat’lie
El Baleu Juliette d’el grosse Camille
P’tit quette sans jambe
El Baron chou-fleur L’Anarchis Pacha
El Blanc Baleu L’Cara Panpan
El Bon Vivant L’Chaboti Papioul
El Bouc Deripit L’Chaude Fine Paquant
El Cado L’Cogne
Pauline du T’Chiteau
El Canari L’Congolais Payon
El Chic L’Curé del grande Charlotte
Perruque
El Coréen L’d’joli Pet Cure
El d’Jo L’Mayeur Petit T’Chu
El Dehat L’Petit Flip Petot
El Dru L’Petit Marchaux Petrus
El Dru du Dragon L’Petit Michot Pichate
El Grand Louis L’Petit tailleur Pichouli
El Lich L’Russe Pièce de burre
El Lochais L’Tchanteu Pissnie
El Malice Landa Pitch
El Mastau Lariguette Piton
El Montois Léona del rouge broque Poije (Poil)
El Mousse Les Biaux ïes Polite
El Nul Meluss Les Caca Polon
El Peilo Les Caquieux Potie
El Pinchon Les Celiskas Pourcha Stokie
El Plafonneu Les Chiroux
Quette à pusses
El Pû Les Copère Quiqui
El Pû del Blanche Les Dags Reclore
El Raseu Les Dartevel Ricolette
El Rouch Les Durs Ritchichi
El Rouge Manache Les Longs pîes Mourret
Roucha Put Put
El Roussette du Guigne Les Marichaux Savate
El Sansard Les Tio Sins oreille
El sie d’el longue panse Lichton Sizé
El T’Chat Long Pîes Sornette
El Trapisse Marcel el Minteu T’Charlie
Fernand du Popo Marcel Gaïole
Taf el Flamind
Fichaux Maria du t’Chanteu Taupie
Flixi Marie al Ferniesse Tchaud
Fréd’Jauque Marie del goutte de lait Ti Quette
Galasse Mariette del Chipette Tibbie
Tiche Tintin del Panache Via
Tiesse de Gâte Tontoncet Vind Chiss
Tiesse de via Toubaquie Vinvintch
Tilet Trompette
Zénon Casaque
Tintin Van Chire
Zénon du Louyin
Il y a quelques lieux-dits qui reprennent des sobriquets :
Le Trou Barette, le Trou du Bossu, le hameau Coleau, la maison du Congolais, la ruelle à Russe
Quelques expressions survivent :
« I sint mê comme el bouc Deripit »
« I dourt comme Guss qu’in Pet » (Comme tous les carriers, Auguste Berlanger se couchait sur les pierres le midi et dormait, on disait alors « Guss in pète co y’eune »
LES « SPOTS » d’ARQUENNES
Voici la chanson des spots d’Arquennes tirée de la revue « Ça c’est Arquennes », néanmoins, cette chanson reprend un bon nombre de sobriquets de Feluy.
Air : Patlatcho
Des spots, d’va vos d’in donner L’Pantalon, Flamintch
En’fameuse quertinée Rossignol, Vinvintch
Despû in an, du d’ai trouvé Djodjol, et l’Tiquet
Pou d’in fait n’caboulée El Bijou, el Zetzet
Rie pou tous les Chinels Quette à puce, el Metch
I da en’contremasse El Totch, eyè l’Guette
Des Routchs, gris, des mâles, des fumelles El Blanc Bernardine
Des setches, des moyennes, des crasses Sans roublyie Marinne
L’Tchanteu eyé Moustach Brind’pouille
Toutouche eyé l’Cach El Cras, eyé Nounouye
Pich’Malette, Téî El d’D’Josie, Mathieu
L’apère, Pichouli
L’Pestia, l’PlafonneuµLoktie, Toubakie
Padjau eyé l’Tchi Marquis,elt’Charlie
El Kir, eyé Bousit’ch Carozin, l’Touyon
Bourgau éyé Guignau Raquin eyè Pèyon
Mézaïe, eyé l’Dylrau
L’Dentisse
ifi eyé Couvich
Les cis qu’in sont nie contints
Chabotî, Quinquin
Dè nie iesse dessus m’lisseµN’faut nie qui seuch’net chagrins
Berdachau, l’Codin I vont passer tout d’suite
Baloche, el Piton
Douci dèdin no p’tit villadge
El Prut, el Picton
O no spotte iun com l’aute
D’Jean qui r’cule, Brayette
O dit qu’vos estez in sauvatche
Nica, Chalz-Botre eyé l’Pette Quand vos stez com in aute
L’Faisant, eyèt l’Mèner
Cach’tchi eyèt Bezinne
Waity in pau si l’Mau stitchie Bladjot eyèt l’Chaude Fine
N’est nie mis comme in aute Camue eyèt Fréro
T’aussi bie quet l’t’Chaufournie El’Coq el Vi Stot
El Kitch ou bie Bastraude El Mayeur, Claire Soupe
Qui c’qui n’counoit nie Livier T’Chirippe eyèt Pantouffe
Qu’à l’air d’en piertche à Fève El Pitch
Touvin, l’Canari, l’Quequet Bleus Zys, Bribitch
Eyé Carpiau au Genefe El Leuleu, Charron
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