lundi 19 janvier 2015

LE RUISSEAU DU GRATY


Jean DELBRUYERE et André MEURICE

Le ruisseau du Grati semblerait avoir plusieurs origines différentes.
La première se situe sur le territoire de Seneffe, le long du nouveau canal Charleroi-Bruxelles et de la route Baccara à hauteur de la borne kilométrique 1.2.
Le ruisseau se forme en aval d'une zone marécageuse "à deux branches" dans le petit bosquet au lieu dit "Les Quatre Bonniers".
La deuxième se situe sur le territoire de Feluy, au lieu dit "Tiène à Coulons".
Le ruisseau se forme en aval d'une zone marécageuse dans le petit bosquet au creux de la petite vallée.
La troisième se situe sur le territoire de Feluy, dans le Bois de Feluy.
Le ruisseau se forme en aval d'une zone marécageuse située entre la route du « Tiène à Coulons » et l'autoroute.
La quatrième se situe sur le territoire de Feluy, également dans le Bois de Feluy.
Le ruisseau se forme en aval d'une zone marécageuse dans ce qui reste du bois de Feluy, à l'entrée du zoning industriel de Feluy.
La cinquième se situe sur le territoire de Feluy, au lieu dit "La Claire Haie".
La sixième se situe sur le territoire de Feluy, au lieu dit "La Tour qui brouille".
On pourrait considérer la première comme la source. Les cinq autres sources qui alimentent le ruisseau seraient les sources d'affluents du ruisseau.
Le départ de notre étude du cours d'eau se situe en aval d'une zone marécageuse "à deux branches" dans le petit bosquet au lieu dit "Les Quatre Bonniers". Cette zone présente un aspect rougeâtre qui ressemble aux dépôts rencontrés à proximité des sources d'eau ferrugineuse. Le ruisseau est alors canalisé et est de nouveau visible. (Point n°3 sur la carte en annexe)

Il s'agit peut-être aussi d'une pollution car on la rencontre également à la sortie d'un tuyau qui alimente le ruisseau.






 Un prélèvement et une analyse de cette eau permettraient de tirer de plus justes conclusions (Point n°6, sur la carte en annexe



Le ruisseau reçoit ensuite sur sa droite, par le biais d'un tunnel sous le canal (dimension approximative d'un mètre cinquante sur un mètre vingt), un apport en eau en provenance de la première branche du « Tiène à Coulons ».














Le ruisseau s'engouffre dans un autre tunnel (diamètre approximatif d'un mètre quatre-vingts) qui lui permet de couler sous l'autoroute
















Il est à nouveau visible dans un champ entre l'autoroute et la ferme d'Ansielsart. (Point n°14 sur la carte en annexe)



Il s'engouffre ensuite dans un autre tunnel d'un diamètre approximatif de nonante centimètres pour s'écouler en dessous de l'exploitation agricole pour réapparaître près de la route de la Claire Haie. (Point n°16 sur la carte en annexe)














Là, un trou assez important, d'un diamètre de deux à trois mètres, a été creusé le long du cours d'eau et de la route. Il s'agirait peut-être d'un captage. La profondeur n'a pas pu être déterminée.
Il serait utile de protéger ce trou par des barrières de manière à empêcher des enfants ou des adultes d'y tomber.

Un pont permet au ruisseau de s'écouler sous la route dans un tunnel de diamètre approximatif d'un mètre cinquante.

Ensuite, le ruisseau s'écoule entre deux champs. On a pu constater que des déchets divers étaient répandus le long du cours d'eau (Bouteilles en plastique, roue, plastiques). Des petits amas de branches forment par endroits de petits barrages.
Les berges se sont effondrées dans le ruisseau ou menacent de l'être en de nombreux endroits.
La distance du labour ne semble pas être respectée.











Au point 31 sur la carte en annexe, le ruisseau passe sous un petit pont construit avec des tuyaux en béton de 40 centimètres de diamètre. Ce pont permet le passage du bétail entre les deux pâtures.
En longeant le ruisseau, on rencontre encore quelques tuyaux de rejets dont le diamètre varie entre 5 et 30 centimètres. Ce sont vraisemblablement des drains agricoles.
Le ruisseau coule ensuite sous le pont routier du chemin d'accès à la ferme du Grati (diamètre de +1- un mètre). (Point 40 sur la carte en annexe).

Le long du cours d'eau poussent des espèces d'arbres telles que peupliers, églantiers, saules, ronces, pruniers sauvages, aulnes, cerisiers, frênes, etc.
Les labours nous semblent être trop près des berges du cours d'eau. Celles-ci s'effondrent par endroits.
Au point 37 sur la carte en annexe, le ruisseau reçoit les eaux d'un de ses affluents qui prend source dans le zoning industriel du bois de Feluy. (Voir les détails de cet affluent au chapitre II, F)
Le ruisseau coule ensuite sous le pont routier du chemin d'accès à la ferme du Grati (diamètre de +1- un mètre). (Point 40 sur la carte en annexe).



On trouve alors deux sorties de tuyau sur la berge droite qui devraient correspondre l'un aux rejets domestiques de la ferme et l'autre au trop-plein des cuves de la station de récolte des rejets de l'élevage bovin. (Points n°41 et n°42 sur la carte en annexe)



Le ruisseau reçoit alors les eaux d'un autre affluent sur la berge droite. (Point 43 sur la carte en annexe) (Voir les détails de cet affluent au chapitre II, E) Il s'écoule depuis la première source du lieu dit "La Tour qui Brouille".
Au point 44 sur la carte en annexe, le ruisseau passe sous un petit pont construit avec des tuyaux en béton de 40 centimètres de diamètre. Ce pont permet le passage du bétail entre les deux pâtures.
Au point 47 sur la carte en annexe, le ruisseau reçoit les eaux par un petit tunnel de diamètre approximatif de vingt-cinq centimètres provenant d'une source située sur le versant droit du cours d'eau. L'eau coule depuis sa source dans un petit fossé, puis est canalisée sous terre pour traverser la pâture jusqu'au ruisseau.
Au point 49 sur la carte en annexe, une pollution du site est constatée à l'approche de la petite exploitation agricole (Dépôts divers, Plastiques, Ferrailles, Briquaillons, Tas de bois, ..)

Les espèces d'arbres rencontrées le long du cours d'eau sont des Noyers, des Saules, des Hêtres, des Sureaux, des Aulnes, des Noisetiers, de l'Aubépine, des Frênes, des Bouleaux, des Cerisiers.
Sur la droite du cours du ruisseau, une sortie de tuyau de diamètre de quinze centimètres provient d'un captage pour abreuvoir à bétail. (Point 53 sur la carte en annexe)
Au point 54 sur la carte en annexe, une petite passerelle en bois a été construite au dessus du cours d'eau.
Au point 57 sur la carte en annexe, un pont est construit à partir de tuyaux de quatre-vingt centimètres de diamètre.
Le long du cours d'eau, on constate également de très nombreux drains agricoles, placés par l'agriculteur.
Quatre rejets par tuyauterie sont constatés à proximité de la "Ferme du Capitaine", Ce serait vraisemblablement des rejets domestiques.
Au point 82 sur la carte en annexe, un pont réalisé en pierre est en assez mauvais état.
Une des pierres de soutien du chemin est descellée et menace de tomber dans le lit du cours d'eau.

Après ce petit pont, le ruisseau est canalisé sous terre jusque et y compris sous le chemin de la Tourette (Point 84). Ce pont routier aurait un diamètre approximatif d'un mètre cinquante de largeur et de hauteur. Il est en bon état


Plusieurs sources ferrugineuses alimentent le cours d'eau.


Celui-ci s'engage dans une zone assez marécageuse et humide. On peut y trouver des espèces d'arbres telles que saules, aulnes, sorbiers, frênes, aubépines, sureaux.
(Point n° 87 sur la carte en annexe)

En de nombreux endroits de la végétation et des branches mortes, parfois même des arbres, sont tombés en travers du ruisseau et y provoquent des différences de niveau, même de petits barrages.

  


Au point n°90 sur la carte en annexe, les eaux en provenance d'une autre source recouverte par une grosse dalle de pierre rejoignent le Grati sur sa droite.


Plus loin, une sorte de mangeoire est renversée et menace de tomber dans le ruisseau.
Au point n° 98 sur la carte en annexe, la berge est assez détériorée par une forte érosion naturelle.

Ensuite, le ruisseau récupère sur sa gauche les eaux de son affluent principal « Le ruisseau du Neuf Vivier ». (Point n°99 sur la carte en annexe)
Le ruisseau reçoit, juste après le pont du "sentier du tremblement", les eaux de la source du tremblement qui est apparue lors d'un tremblement de terre en 1692.

 

Il s'engage ensuite à travers le parc du château de Feluy.


Il y reçoit en berge droite, les eaux usées en provenance de la cité St-Georges. Suite à des travaux de canalisation dans la propriété d'un voisin, le lit naturel du fossé d'écoulement de ces eaux a été détourné.
Des eaux usées d'origine domestique s'épandent actuellement à travers une partie du parc sur plusieurs mètres carré parmi les arbres et atteignent ensuite le ruisseau à plusieurs endroits différents. La végétation a tendance à disparaître de cet endroit que l'on peut qualifier d'égout à ciel ouvert au vu de sa couleur et de son odeur prononcée (de type "toilettes"). Seuls les arbres semblent résister.
En berge droite, une autre source ferrugineuse alimente le ruisseau.
Un peu plus loin dans ce parc, il reçoit en berge gauche les eaux usées en provenance de la rue de Bon Secours et de la rue de Familleureux.
Le ruisseau s'élargit alors pour former l'étang du Château de Feluy.
On peut constater que deux gouttières d'une maison voisine se déversent dans l'étang.
Les eaux usées d'origine domestique des deux châteaux sont traitées dans deux fosses sceptiques et par des filtres avant d'être rejetées dans l'étang.
Un petit barrage permet la régulation du débit d'eau qui s'écoulera dans le ruisseau en sortie de l'étang. C'est la seule possibilité actuellement pour vidanger l'étang.
Avant les travaux d'aménagement de la digue, une deuxième sortie était obstruée par un gros bouchon qui permettait l'alimentation en eau nécessaire pour le moulin situé de l'autre côté de la route. Ceci n'existe plus actuellement.
Le ruisseau s'engage donc dans un tunnel et ressort au pied de la ruelle David. (Point n° 119 sur la carte          

Quelques arbres commencent à se développer dans le cours d'eau à cet endroit.














Là, il reçoit les rejets domestiques de la rue de la Coulette, de la ruelle David et d'une partie de la Grand-rue et s'engage alors en dessous du pont de la rue d'accès à la Place du Trichon et pénètre dans le parc appartenant au notaire Debouche.

 

Dans le parc, trois passerelles permettent de franchir le ruisseau. Trois rejets domestiques alimentent le cours d'eau ainsi qu'un trop-plein d'étang.

Le ruisseau traverse alors la rue de la Coulette. On peut l'apercevoir par un trou sur la droite de la rue, au pied du mur. (Point n°136 sur la carte en annexe)
Il s'écoule ensuite derrière le mur sur la gauche le long de cette rue. Il y reçoit encore les eaux usées d'au moins quatre habitations.

Il s'écoule ensuite par un tunnel sous la Source de la Coule-Coulette en récupérant ses eaux.
(Point n° 141 sur la carte en annexe)
A noter que suite aux travaux actuels, la fontaine est tarie, nous espérons qu’elle sera de nouveau remise en état de marche, à la suite de ceux-ci.



Il refait surface au bout de cette place et dévale une cascade. (Point n° 148 sur la carte en annexe)

Il s'engouffre de nouveau dans un tunnel pour prendre la direction de l'ancien canal Charleroi-Bruxelles.
Il reçoit les eaux de l'affluent VII en sous-sol. Le ruisseau coule toujours en sous-sol parallèlement au tracé de l'ancien canal jusqu'au bout de l'ancien quai d'amarrage des péniches. Il refait alors surface (Point n° 157 sur la carte en annexe) et s'écoule parallèlement à l'ancien canal sur deux cents mètres.
La végétation y est très dense. Le ruisseau n'est pratiquement plus visible.



Ensuite, il disparaît une nouvelle fois dans un tunnel (Point n° 159 sur la carte en annexe) jusqu'à hauteur de l'écluse n° 21. (Point n°160 sur la carte en annexe)
Il longe toujours le canal.

Au point n° 164 sur la carte en annexe, une passerelle en pierre permet sa traversée au-dessus d'une petite écluse. Il reçoit à cet endroit les eaux en surplus du bief 21-22 de l'ancien canal Charleroi-Bruxelles.





Il reçoit encore les eaux d'un dernier affluent (IX) « le ruisseau du Bourleau » (Point n° 165 sur la carte en annexe).
Finalement, le ruisseau s'écoule sous le canal par le biais d'un tunnel (Point n° 166) et se jette alors dans "La Samme". (Point n° 168 sur la carte en annexe)





Chapitre II.
A - Affluent I.
Sur le territoire de Feluy, au lieu dit "Tiène à Coulons", l'affluent I se forme en aval d'une zone marécageuse dans le petit bosquet au creux d'une petite vallée. En longeant ce marécage, on peut constater une légère pollution par hydrocarbure, la végétation y est assez abondante.
La plupart des rejets par tuyaux constatés sont d'un diamètre approximatif de huit centimètres et sont des drains agricoles.
Au point A5 sur la carte en annexe, un rejet par fossé en berge droite alimente le ruisseau. Il s'agit d'eau en provenance d'une source qui se situe dans le champ voisin.
Ensuite, on découvre une autre série de drains agricoles d'un diamètre approximatif de huit cm.

           

Vers le point A11 sur la carte en annexe, la végétation qui longe le ruisseau est assez touffue. De nombreuses branches mortes naturellement ou coupées volontairement encombrent le cours d'eau.


Au point Al2 sur la carte, le ruisseau est canalisé sur quelques mètres dans un tuyau ( Quatre-vingt centimètres de diamètre).
           

Ensuite il reçoit deux drains, l'un est routier sur sa berge gauche, provenant de l'autoroute et de la route, l'autre est agricole sur sa berge droite.
Finalement, le ruisseau s'engouffre dans un tunnel (diamètre approximatif d’un mètre cinquante) sous le canal Charleroi-Bruxelles au point A16 sur la carte en annexe.
Après la traversée, il se jette dans le Grati au point 9 sur la carte en annexe.

 





B - Affluent II.
Sur le territoire de Feluy, au lieu dit "Tiène à Coulons", l'affluent II se forme dans une zone marécageuse qui a été réduite à sa plus simple expression par le tracé de l'autoroute "Bruxelles-Paris". La zone humide persiste au bas d'une prairie qui est longée par le caniveau de récupération des eaux de drainage de l'autoroute et de la bande de sortie vers Feluy. Les eaux récoltées par ce caniveau se déversent alors vraisemblablement dans une espèce de récolteur et rejoignent ainsi les eaux de l'affluent I au point A15 sur la carte.


C - Affluent III.
Sur le territoire de Feluy, au lieu dit "Bois de Feluy", l'affluent III se forme dans une zone marécageuse qui a été réduite à sa plus simple expression par la construction de l'usine "Chevron » (à l'époque).
La zone humide persiste le long de l'autoroute et le ruisseau s'écoule en récupérant, via un caniveau, les eaux de drainage de l'autoroute et de sa bande d'entrée de Feluy. Les eaux récoltées par ce caniveau reçoivent ensuite un drainage routier sur la gauche avant de s'engoufrer dans un tunnel d'un diamètre d'environ un mètre cinquante et passe sous la route, le canal "Charleroi-Bruxelles" et la route "Baccara".



Il se déverse alors dans le Grati un peu avant la ferme d'Ansielsart. (Point n° 13 sur la carte en annexe)

D - Affluent IV.
Sur le territoire de Feluy, au lieu dit "La Claire Haie", l'affluent IV se forme à partir d'une source et reçoit, dès sa sortie de terre, deux rejets domestiques qui proviennent des habitations voisines. Le ruisseau s'écoule alors vers les habitations en aval et est bordé de végétation comprenant des espèces d'arbres telles que : Saules, Frênes, Peupliers, Cerisiers, Aubépines, Sureaux.
Il semblerait qu'ensuite il soit canalisé pour traverser les pâtures et les champs et pour rejoindre le Grati aux environs du point n° 29 sur la carte en annexe.

E - Affluent V.
Cet affluent se forme en aval d'une zone marécageuse dans ce qui reste du bois de Feluy, à l'entrée du zoning industriel. Dès la formation du ruisseau, une forte pollution par hydrocarbures est constatée.
Au point B3 sur la carte en annexe, une station de filtrage des hydrocarbures a été construite sur le lit du cours d'eau. L'eau qui en ressort ne semble plus être chargée d'hydrocarbures.
Ce ruisseau passe ensuite sous la route d'accès au zoning via une canalisation de soixante centimètres de diamètre approximatif, il reçoit alors plusieurs rejets industriels avant de traverser le canal Charleroi-Bruxelles au point B8 par un tunnel (diamètre d'environ un mètre cinquante).
Il reçoit alors deux drains mixtes "routier-agricole" en berge de droite et en berge de gauche.
Un gros problème de pollution apparaît en provenance du drain de la berge gauche.
On a constaté en remontant le long du drain, jusqu'en face de la porte de sécurité du canal, qu'un tas de fumier y est situé. Les résidus liquides du tas de fumier s'écoulent directement dans le ruisseau et le polluent.




Le ruisseau traverse alors une zone très marécageuse contenant plusieurs sortes de plantes aquatiques qui semblent jouer un rôle de filtre, car à la sortie de cette zone, le ruisseau a repris un aspect plus "normal". (Point B12 sur la carte en annexe)



Le ruisseau reçoit encore deux drains mixtes "routier-agricole" aux points B13 et B14 sur la carte en annexe.
Il traverse ensuite la route "Baccara" par un tunnel (diamètre approximatif de quatre-vingt centimètres).








Au point B18, un tunnel (quarante centimètres de diamètre) permet la traversée d'un champ jusqu'au point B19 sur la carte. Là, le ruisseau coule de nouveau à l'air libre jusqu'au point B21 sur la carte en annexe.


Des espèces d'arbres telles qu’aulnes, frênes, saules, aubépines, noisetiers, etc.,  poussent le long de celui-ci.

 

Il est ensuite canalisé en dessous de la route de Familleureux et sous le champ par un tuyau de diamètre de quatre-vingt centimètres et se jette finalement dans le Grati en berge de gauche au point 37 sur la carte en annexe.


F - Affluent VI.
Sur le territoire de Feluy, au lieu dit "La Tour qui brouille", ce que l'on appellera l'affluent V, a deux sources différentes.
La première se situe dans la propriété de la première habitation (située le plus bas) du hameau de la Claire Haie. Il est canalisé sous le terrain aménagé et reçoit vraisemblablement les rejets domestiques de cette ou ces habitations. Les tuyauteries sont enfouies sous un champ et une prairie et rejoignent ensuite l'autre branche du ruisseau dont l'origine semble se situer au pied d'une butte sur laquelle se trouve « la ferme de la Tour qui brouille ».
Le ruisseau s'écoule dans une zone marécageuse et boisée. Le bois a été rasé en partie et le ruisseau s'écoule à travers un amas indescriptible de branches et de troncs coupés.
Il forme ensuite une petite pièce d'eau qui est régulée par une sorte de porte de barrage.
A partir de là, le ruisseau est canalisé sous les pâtures et après avoir fusionné avec la première branche, s'écoule à travers les prairies et se jette finalement dans le « ruisseau du Grati ».
(Point n° 43 sur la carte en annexe)

G - Affluent VII.
Cet affluent est le cours d'eau appelé "Ruisseau du Neuf Vivier" que nous étudierons ultérieurement.

H - Affluent VIII.
Cet affluent prendrait sa source près de l'ancienne ligne de chemin de fer, à la limite de Feluy et d'Arquennes.
Il est canalisé à partir de l'ancienne ligne de chemin de fer jusqu'à 500 mètres de l'écluse n°20. Il reçoit vraisemblablement des rejets domestiques de plusieurs habitations. Deux chambres de visite permettent l'accès au tunnel. Il coule vers Feluy et traverse les terrains de l'ancienne Cartonnerie qui a été rasée.
A la sortie du tunnel (Point n° H4 sur la carte en annexe), le ruisseau coule entre le chemin de halage et les prairies jusqu'à l'écluse n°20.
Là (Point n° H8 sur la carte en annexe), il pénètre dans un nouveau tunnel situé entre l'écluse et l'exploitation agricole. Le trop plein du canal du bief n°19-20 se jette dans le cours d'eau ainsi que les rejets domestiques des habitations voisines.
Ensuite le ruisseau réapparaît à ciel ouvert (Point n° H12 sur la carte en annexe) et longe toujours le bief n°20-21 de l'ancien canal Charleroi-Bruxelles. Des espèces d'arbres telles que : saules, frênes, aubépines, noisetiers, églantiers, bouleaux, peupliers, sureaux et saules têtards croissent le long de son cours.
Il reçoit un drain routier et ensuite s'engouffre de nouveau dans un tunnel pour longer les deux habitations du hameau et récolte ensuite plusieurs rejets domestiques et drains routiers avant de se jeter toujours en souterrain dans le Grati.

I - Affluent IX.
Cet affluent est le cours d'eau appelé "Ruisseau du Bourleau" que nous étudierons ultérieurement











































vendredi 7 novembre 2014

L'ORIGINE ET L'EVOLUTION DE L’EXPRESSION « PETIT-GRANIT '' .

Eric GROESSENS

La dénomination de Petit-granit pour désigner un calcaire crinoïdique du Tournaisien supérieur est encore actuellement largement utilisée par les marbriers, les géologues et les stratigraphes belges.

Cette appellation désignant un matériau extrait depuis, au moins Le XIIème siècle, semble être aussi ancienne que lui; en réalité il n'en est rien et n'est apparu qu'au début du 19ène siècle, c'est-à-dire à l'époque où ce matériau commence à être poli. Le texte ci-après énumère les utilisations précoces de cette appellation.

Mots clés
Petit-granit, Ligny, Soignies, Ecaussinnes, marbre.

1. Introduction
Le petit-granit est une roche sédimentaire constituée par des restes fossiles d'animaux marins cimentés par une boue calcaire. Ces fossiles sont essentiellement des restes d'un animal appelé crinoïde ou encrine. Le squelette de ces animaux est constitué essentiellement par de petits cylindres de calcite monocristallins atteignant rarement un centimètre de diamètre appelés des articles. Lorsque l'animal meurt, ces articles se séparent et se sédimentent au fond de la mer. Comme à certaines époques, ces crinoïdes étaient très nombreux, ils formaient de véritables " prairies " sous-marines. Il  en a résulté une roche que les géologues ont appelé calcaire crinoïdique et plus récemment encrinite.
Lorsqu'on brise ou que l'on polit cette roche, La calcite des articles de crinoïde scintille comme le quartz et le feldspath des granites, d'où assimilation. Le terme "petit" doit être pris dans le même sens que celui qu'il a dans 1e petit lait, par exemple. Les stratigraphes ont créé Le terme Encrinite des Ecaussinnes pour désigner la formation dans laquelle on trouve le petit-granit.

2. De l’utilisation erronée de la nomenclature
Des géologues s'étonnent de l'utilisation dans les milieux marbriers du terme granit ou "le plus souvent sans « e » pour désigner des roches sédimentaires, généralement des calcaires grenus.

Le petit Larousse définit d'ailleurs granit (de l'italien « granito », qui a du grain) comme une roche employée en décoration et possédant une texture analogue à celle du granite.
Le petit-granit n'est pas la seule roche, bien que de loin la plus populaire, à utiliser cette appellation qui heurte le scientifique.

d'Homalius d'Halloy observait en 1828 :

On a notamment exploité dans les environs de Vielsalm une roche (un poudingue) dont on fait des colonnes que l’on a vendues sous le nom de granite rouge ; aussi, elle présente réellement une de ces apparences par lesquelles il est facile de se laisser tromper ; car cette roche qui se trouve dans la même bande que celle de Wiesme, contient comme elle, des globules de quartz limpide et une pâte de grès blanc ; mais celle-ci est mélangée, d’une manière analogue à ce que l’on voit dans les marbres, avec une matière schisteuse rougeâtre, qui donne à la roche un aspect tout particulier.

Généralement, ce sont des calcaires qui sont qualifiés de granit. Un marbre givétien exploité au début du siècle dans la région de Roisin, Angre et Autreppe est dénommé granit. Dans la carrière de Tailfer (Wérotte) un marbre dit de granit fut exploité quelques mètres au-dessus du marbre Florence jusqu'au milieu du siècle (Marote, 1923). Ces deux exemples doivent cependant être compris dans le sens de « ressemble au petit-granit".

Cette utilisation abusive de termes réserves aux roches éruptives n’est pas l'apanage des seuls marbriers belges.
En Bourgogne, par exemple, l'on trouve au sein des séquences des célèbres séries calcaires de Comblanchien, des niveaux granités (Rat.1990) ; de plus on a désigné porphyre de Bourgogrne un faciès de la Pierre de Chassagne ou le calcaire à entroques de Brochon-Fixin. (Rat. 1993).
On a également souvent qualifié de Porphyre la Griotte de Félines exploitée par le passé dans le Minervois. Ce marbre d'un ton cerise éclatant est parsemé de taches blanches (gonitites) dites œil-de-perdrix.

Dans les pays anglo-saxons aussi ce genre d'assimilation est fréquent : à titre d'exemple une encrinite viséenne est exploitée actuellement par La société Feely Ltd â Boyle en Irlande, sous le nom de fossil- grano-diorite.

Signalons que les historiens d'art sont très friands de cette appellation : du cimetière gallo-romain découvert à Amay, on a extrait une plaque biseautée en granite polie. De même un tombeau de cette époque découvert à Fontaine-Valmont est décrit comme étant formé de granit gris et de marbre rouge veiné de blanc (du marbre de Rance d'après Ducarme.1957)
Enfin, certaines assimilations sont exclusivement liées à la caractérisation basée sur la couleur : des sculptures en Pierre de Tournai sont parfois décrites comme confectionnées en basalte.

Quand on constate que la revue « Les dossiers de l'Archéologie » n°173 de juillet-août 1992, définit le marbre au sens large toute roche éruptive susceptible de prendre un beau poli on comprendra aisément que la clarification n'est pas encore en vue.

Le petit granit
Le matériau qui nous intéresse est exploité en Hainaut au moins depuis le XIVème siècLe (Van Belle 1976) et à Ligny, il semble même exister des preuves d’exploitation "devant La falise » dès le XIIIème siècle (Denis, 1986) encore faudrait-il être sûr qu'il s'agisse bien de petit-granit. (Voir à ce sujet Groessens, 1983,1991).

Moins discutable est l'existence de carrières et fours à chaux attestée dans le cartulaire des rentes du pays et comté du Hainaut, établi sous Guillaume III de Bavière (avant 1357). Parmi les droits relevés au terroir d'Ecaussinnes figurent en effet « plusieurs quarières de noire piere et cauffours que on censist à pluisieurs chascun an… » (Baguet, 1985)

Le terme petit-granit nous semble aujourd'hui tellement familier qu'on pourrait croire qu'il est apparu dès le début de l'exploitation, en réalité, il n'en est rien et nous allons tenter de retrouver la plus ancienne trace de ce vocable.

Les documents antérieurs au XVIIIème siècle sont soit muets soit très vagues mais n'utilisent jamais ce terme. Pendant l-a période autrichienne, par exemple, l'extraction et l'exportation de la pierre bleue était très actives (Dujardin, 1973) et dans tous les documents reproduits par cet auteur nulle trace du vocable "Petit-granit".

Avec La période révolutionnaire, on assiste à l'établissement de statistiques. Le préfet Doulcet Pontécoulant (1796) signe un essai de statistique du Département de la Dyle.
On peut y lire :

Mais de toutes les productions minérales indigènes la plus précieuse est sans contredit la pierre à chaux bleue –silicus marmorens- espèce de marbre grossier qui se tire dans les carrières de Felluy, de Ghillery et des Ecossines dans le haut Wallon. Cette pierre qui n’offre pas au premier coup d’œil un grain très fin, est cependant susceptible d’un travail délicat et d’un poli très brillant. On peut se la procurer, à telle dimension que l’on désire ; elle s’emploie dans les bâtiments pour les façades, les colonnes, les pilastres et les corniches.

Ce document est très important car il montre que l’on commence à polir la pierre bleue :

L’installation de scieries de pierre sur les lieux mêmes de la production compensa l’organisation déficiente de l’Ancien Régime. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle en effet, les blocs extraits à Soignies, Ecaussinnes ou Feluy devaient être transportés à grands frais vers La buissière pour y être débités. La Révolution stimulatrice de la libre entreprise, secoua l’immobilisme des maîtres de carrières. Le signal fut donné en 1808, par Michel-Joseph Ruelle, membre du Conseil Général du Département et maire d’ecaussinnes : ayant obtenu l’autorisation nécessaire du Premier Consul le 13 vendémiaire an XII, il érigea la première scierie sur la rivière des Ecaussinnes (Darquennes, 1966)

La lettre de demande d'autorisation datée du 6 prairial an x (26 mai 1802) a été publiée par Brismé (1979). Nous en reproduisons le début :
Citoyen Préfet,
Les carrières des villages d’Ecaussinnes situées dans l’arrondissement offrent une pierre de taille dont la beauté généralement reconnue occasionne une exploitation considérable. On ne lui avait donné jusqu’ici que ce nom vulgaire, mais des observations plus exactes lui ont fait obtenir celui de granit des Flandres. Il ne diffère en effet de celui de l’orient que par sa couleur, il a la même finesse de pores et la même solidité ; il se polit comme lui et l’égale en beauté. Tant d’avantages suggèrent d’établir près de ces carrières une usine à scier semblable à celle que l’on voit sur la Sambre à portée de Beaumont et de La Buissière…

C'est La première utilisation du vocable "Granit" qui semble être 1iée â un besoin d'identification d'un produit poli et exporté. La même année cependant, Rozin, Professeur de minéralogie dans l'Ecole centrale de la Dyle écrit dans son essai :
Notre Pierre calcaire bleue, parsemée de petits cristaux de spate blanc, est de l'usage le plus étendu et du plus bel effet dans les bâtiments et dans -a sculpture. Il englobe dans cette catégorie, la Pierre de Namur mais ne parle pas de celle du Hainaut.
De nombreux marbriers de nos régions se sont installés à Paris, sous l’Empire, ils commercialisent essentiellement des marbres italiens et des marbres de Flandres (Groessens1993). Dumont A.F.(1956) a retracé la vie quotidienne d’une de ces entreprises. On apprend ainsi que la vogue de cette époque allait au rouge royal, au Sainte Anne (des carrières da La Buissière) et au petit granit que les  marbriers dénommaient dans leur correspondance, soit Ligny, soit Ecaussinnes.

A côté de ces trois grands personnages, la famille des marbres de Flandre compte encore quelques seigneurs de moindre importance. D’abord, toute la série de noirs : noir de Dinant, noir de Denée, noir de Golzinnes. Le Dinant est le plus beau, d’un noir profond, d’une belle pête homogène, à grain fin

C'est cette entreprise qui fournira en 1807, Le marbre de Ligny pour le carrelage du Panthéon.

Le terme petit-granit semble cependant déjà bien implanté à Paris. En 1908, Brard dans son traité des pierres précieuses qualifie le petit granit de " vilain marbre du département de Jemappes, il est également dénommé marbre madréporique de Mons et petit gris et est décrit de la manière sui vante :

Il est d’un gris presque noir, et est taché par une multitude de fragments de petites entreloques qui forment autant de petites taches grises. Il renferme aussi quelques coquilles, mais elles y sont rares. Ce marbre, qui n’a ni la couleur, ni la dureté, ni le poli en sa faveur, qui, lorsqu’on le travaille, répand une odeur infecte est cependant très employé dans le commerce.

Brard signale également qu'il a « été découvert nouvellement »

Sa réputation parisienne ne va pas s’améliorer rapidement. En 1821, dans son dictionnaire de minéralogie, Drapiez, le désigne sous la rubrique pied de Porc - pierre puante-
En 1823, le même auteur en donne la définition suivante :
Telle est la pierre connue vulgairement sous le nom de petit-granit, nom qui lui a été donné à cause de la grande quantité de débris de petites coquilles qu’elle renferme, et dont le tissu cristallin forme dans la pierre une foule de petites taches blanches qui lui donnent un faux aspect de granit

En 1809, dans son Essai sur la Géologie du Nord de la France, d'Homalius d'Halloy nous fournit, une description plus objective:

Parmi ces carrières on doit distinguer principalement celles des Ecaussinnes, canton de Soignies (Jemappes), qui fournissent un marbre très répandu dans le commerce, sous la dénomination impropre de petite granite : c’est un calcaire bituminifère ordinaire, d’une odeur fétide, rempli d’une immense quantité d’animaux marins de forme cylindrique, transformée en chaux carbonatée, laminaire blanche ; de sorte que quand la pierre est polie, elle présente une pâte noirâtre parsemée de petites taches blanchâtres.
Ces carrières sont exploitées depuis très longtemps, mais anciennement on n’employait leurs produits que pour faire de la pierre de taille ; ce n’est que depuis peu qu’on a commencé à les polir comme les autres marbres, on sait qu’ils ont actuellement beaucoup de vogue et les fabricants de meubles de la capitale en font grand usage.

En 1828, d'Omalius d'Halloy précise que :

Le petit granit(e) s’exploite principalement aux Ecaussinnes et à Ligny ; on doit citer aussi les carrières de Soignies, d’Arquennes et de Feluy qui sont remarquables par l’abondance de leurs produits, la bonté de la pierre et la grandeur des blocs qu’on peut en tirer.

On signale en note que c'est aux carrières de Soignies que l'on a extrait les énormes colonnes qui décorent la façade du Palais du Roi à Bruxelles.

L'appellation de petit-granit ne semble pas avoir rencontré rapidement un grand succès. Dans son mémoire couronné sur la Constitution géologique de la province du Hainaut, Drapiez (1823) ne cite qu'une seule fois le Petit-granite et dans les mêmes termes que ceux utilisés par d'Omalius en1808.

A. Dumont (1832) n'utilise pas le vocable petit-granit, il lui préfère Ligny :
Dans les carrières qui sont situées à quelques centaines de mètres au Sud d’Oignée, on exploite des bancs de calcaire qui atteignent près de 3 mètres de puissance : ce calcaire est parsemé de crinoïdes lamellaires grisâtres, qui, sur le fond plus foncé de la pierre, rappellent le marbre de Ligny ; il pourrait être employé aux mêmes usages que ce dernier, car il reçoit bien le poli, il est sonore et répand, par le choc, une odeur fétide. On en fait des pierres de taille de la plus grande dimension, et l’on peut, à cause de sa solidité et de son élasticité, le scier en lames très minces.

Nous avons dit plus haut tout 1e mal que pensait Drapiez de ce matériau. En 1836, il n'a rien perdu de son agressivité:
Cette variété de marbre est extrêmement tendre, ce qui restreint naturellement l’usage ; elle est d’un noir bleuâtre parsemée de débris blanchâtres d’encrinites, balanites, milléporites, astroïtes, etc… ; le poli qu’on lui donne est d’abord très brillant, mais il s’altère vite à cause du peu de dureté de la roche et du peu de résistance qu’elle oppose aux acides.

L'utilisation de l'expression petit-granit ne semble s'être élargie que dans la deuxième moitié du XIXème siècle.
Ducastelle (1989) en trouve une première mention à Maffle en 1871 bien gue Durieux, maître-carrier dans cette localité utilise dés 1847 1'expression scierie de granit dans l-'en-tête de son papier à lettre.

Parallèlement, on continuera à utiliser des expressions telles que Grantin ou Granitelle Noire (de Chesne, 1849) et même Granit de Flandre. (Sancholle.1850)

Vers 1925-1930, on essaie de l'appeler Marbre Empire en rappel de l’utilisation comme recouvrement de meubles à 1'époque évoquée, mais comme les Liégeois s'amusaient à dire Marbre en Pire, c'est-à-dire en pierre (communication personnelle de Paul Dumon) ; cette appellation tomba en désuétude.

Avant d'en terminer avec la nomenclature, signalons qu'en allemand on l'appelle Belgische Granit, en Angleterre Belgian Black Fossil, Blauwe hardsteen en néerlandais, Picolo Graniti en italien et que le terme petit-granit est une marque déposée.

De nombreux auteurs ont également écrit pour stigmatiser l'utilisation par les marbriers belges du vocable petit-granit.
Hermann (1915) y consacre plusieurs pages et propose d'introduire l'expression Belgische Fossilien-Marmor. Cette proposition est restée sans lendemain. Un autre auteur, Darras (1972) écrit:

Non par excès de chauvinisme, mais seulement pour constater que les membres du syndicat des pierres belges avaient fait une légère entorse à la science et à la logique pour trouver un écoulement facile à leurs produits.
Le petit granit ou pierre de Soignies ou aussi d’Ecaussinnes est si peu du granit que toute la campagne, entreprise à un moment où l’on se proposait de favoriser son exploitation par des droits de douane protecteurs, portait sur la concurrence que lui faisait en Belgique la pierre d’Euville, laquelle n’a rien que nous sachions qui ressemble à du granit, puisque c’est un calcaire à encrines aussi éloignés du granit que le quartz peut l’être du diamant. Cette lutte entre la pierre bleue et la pierre blanche a répandu plus qu’il ne fallait le petit granit avec lequel on a pu construire des édifices ou des parties d’édifices, ce qui n’a rien d’extraordinaire ; avec lequel on a même fait des monuments funéraires, ce qui n’est pas pour nous étonner  davantage, puisque cette pierre possède certaines qualités qui la rendent propre à ces divers emplois, mais parce qu’elle est bleue, on établisse une confusion avec le vrai granit, est une erreur commerciale que nous avons cru nécessaire de signaler


Les goûts et les couleurs ne se discutent pas.

Enfin, concluons avec un bon auteur Victor Hugo, même s’il est meilleur poète que géologue puisqu’il décrit en 1840, les rochers de dolomie de Marche-les-Dames d’une bien curieuse façon :

Ces roches de la Meuse contiennent beaucoup de fer ; mêlées au paysage, elles sont d’une admirable couleur : la pluie, l’air et le soleil les rouillent splendidement ; mais arrachées à la terre, exploitées et taillées, elles se métamorphosent en cet odieux granit gris bleu dont toute la Belgique est infestée. Ce qui donnait de magnifiques montagnes ne produit que d’affreuses maisons.

Et c’est là l'occasion d'émettre l'une de ces figures de style dont il a le secret : "Dieu a fait le rocher, l'homme a fait le moellon".

En 1914, Le gouvernement français offrait une statue de l'auteur des Travailleurs de la mer à L'Etat de

Guernesey qui accueillit  le célèbre exilé pendant le Second Empire. Cette statue, œuvre de Jean Boucher, trône aujourd'hui dans les Candie Gardens de St Peters Port' Elle dresse fièrement sa silhouette de Petit Granit dans la capitale d'un pays qui au début de ce siècle était un des plus important producteurs de granites d’Europe.