mardi 29 juin 2021

A PROPOS DE LA « BANDE DE SENEFFE »

 

A PROPOS DE LA « BANDE DE SENEFFE »

La lecture du livre de Roger Darquenne, Brigands et larrons dans le département de Jemappes, édité par le Cercle Henri Guillemin, d’Haine-Saint-Pierre, nous apprend les mésaventures de malfrats de Seneffe et des environs

Sous l’Empire français, un groupe de Seneffois commit de nombreux méfaits dans notre région, ils furent lourdement condamnés par la cour de justice criminelle[1] présidé par les juges Charles-François Foncez, Jean-Baptiste Fonson et Jean-Baptiste Willems, le 19 thermidor an XIII (7-8-1805).

 Pendant trois ans d’activités ces malfrats s’en prennent à des gens aisés susceptibles de détenir des réserves de vivres, fermiers de Seneffe, de Petit-Rœulx-lez-Nivelles, chez le meunier Adrien Gaudy à Chapelle-lez-Herlaimont, dans des maisons à Rosseignies :  chez un marchand de sel et chez M. Gohy, pasteur appelé le chanoine de Rosseignies, un voisin du fermier Jaucot qui, occupé à bâtir, avait entreposé des marchandises dans la cave du religieux, chez le cabaretier Adelin Derbaix, d’Obaix, chez Jean-François Lutte, brasseur de bière à Luttre, chez le garde Forestier Pierre Colinet à Bois-des-Nauwes à Seneffe.

Ils étendent leurs vols à Nivelles, chez Grégoire Mercier, hôtelier du « Cheval Blanc », à Gosselies chez Alexandre Quairet, boutiquier du « Gros Chapelet », etc.

 Leur tactique est l’intrusion des maisons par les caves où ils passent par les soupiraux dont ils décèlent les barreaux, ou par les toitures, encore souvent couvertes de chaume à cette époque.

 Quatorze truands impliqués dans cette bande sont pris :

- La famille Faverly ; Philippe Joseph Faverly, âgé de 54 ans, entraînant dans l’aventure son fils Louis-Joseph, cloutier de douze ans, sa fille Françoise-Joseph Faverly, fileuse âgée de 17 ans, de même que son beau-frère François Taminiaux, dit Pileau, briquetier de 38 ans.

- Jean-Baptiste Parmentier, dit Long Pierrot, journalier de 49 ans.

- François Laurent, dit Deffe, cloutier de 30 ans.

- Nicolas-Joseph Mottequin, dit Coleau Monkinne, journalier de 34 ans.

- Joachim-Joseph Navez, dit Joasse, tailleur de pierre de 35 ans.

- Charles Cordier, dit Latour ou Taloure, cloutier de 35 ans.

- Adrien Pilette, dit Sautière, laboureur de 40 ans.

- Vincent Vincentius, dit Prague, couvreur en paille de 50 ans.

- Nicolas Rochez, marchand de cendres, de 35 ans.

Tous habitent Seneffe sauf Nicolas Mottequin, d’Arquennes, et Nicolas Rochez de Godarville.

 Faverly, père, Parmentier, Laurent et Mottequins sont condamés à seize ans de fers[2].

Taminiaux, Navez, Cordier, Pilette, Vincentius et Rochez écopent de 14 ans aux fers

L. Faverly et sa sœur F. Faverly sont acquittés pour avoir agi sans discernement mais envoyés en maison de correction, respectivement jusque 18 ans pour Louis et 20 ans pour Françoise.

 Le 15 frimaire an XIV, François Colinet, journalier d’Arquennes, « latitant » (faisant défaut) est condamné par contumace à seize ans de fers et aux frais du procès.

De la même époque, on connaît un autre malfrat, Michel-Joseph Deschamps, né et domicilié à Arquennes né en 1785, grand gaillard d’1 mètre 95, ancien détenu à Vilvorde, plus souvent cité mendiant que marchand de gamelles fabriquées à Ronquières, c’était le chef d’une bande de voleurs.

Dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juin 1806, lors d’un vol qui tourna mal, accompagné de ses complices, Pierre-François François dit la Mouche, âgé de 41 ans, de François Thibaut, domestique de 23 ans, de Michel Claes, scieur de bois de 25 ans, et de Marie-Joseph Michel, fileuse de 27 ans, il assassina François et Joseph Saquin fermiers de Braine-le-Comte. Torturant et terrorisant les sœurs Marie-Joseph et Jeanne-Joseph Saquin qui révélèrent sous la menace où se trouvent les caches de leur argent.

800 couronnes françaises et impériales furent dérobées et partagées entre les comparses.

 Ces gredins furent identifiés facilement dus aux imprudences verbales de Michel Deschamps et par des achats inconsidérés à Nivelles, aussitôt rapportés au commissaire de police Jacques-Olivier Dunet. Ce dernier suivit à la trace les achats de Deschamps : deux paires de boucles d’argent, l’une à rosette pour souliers, l’autre pour jarretières ; des chemises, bas et draps avec lesquels il se fait confectionner des habits chez un tailleur ; un coffre pour enfermer le tout, confié à la garde d’un aubergiste complaisant.

Ses complices, firent aussi des achats anormaux en divers endroits, notamment à Binche chez un fripier appelé « le Parisien ».

L’un après l’autre, grâce à la ténacité du policier, les truands se font pincer.

Le 22 septembre 1807, ils seront jugés par la cour de justice criminelle tenue par les juges Foncez, Fonson et Willems.

Michel-Joseph Deschamps, et les membres de sa bande : François Thibaut, Pierre-François François, Michel Claes et Marie-Joseph Michel seront condamnés à mort.

Après un pourvoi en cassation rejeté le 29 octobre 1807, les cinq condamnés seront guillotinés le 18 novembre 1807 à midi.



[1] Dans chaque département français le tribunal civil de première instance juge les délits correctionnels, dont l’appel en matière correctionnelle est assuré par le tribunal criminel désigné sous le nom de cour de justice criminelle, instauré par les lois du 27 pluviôse an VIII (16-2-1800) et 27 ventôse an VIII (18-3-1800).

[2] La peine des fers est définie par le code de 1791, elle consiste en travaux forcés au profit de l’Etat, ouvrages pénibles à l’intérieur ou à l’extérieur des maisons de force (mines, ports et arsenaux, etc.). Ces condamnés doivent traîner un boulet de fer attaché à un pied avec une chaîne.

dimanche 23 mai 2021

A PROPOS DE LA RECONSTRUCTION DE L’EGLISE DE SENEFFE

 

PROPOS DE LA RECONSTRUCTION DE L’EGLISE DE SENEFFE

     Alain GRAUX

 Le 20 janvier 1846, lors du conseil communal présidé par le chevalier Adolphe Daminet, bourgmestre, celui-ci fait la lecture d’une lettre émanant de la Fabrique d’église proposant  qu’étant donné la vétusté et l’exiguïté de l’église elle mettrait à disposition de la commune la somme de dix mille francs pour être employée à son agrandissement et demandant que le surplus de la dépense soit complété par le budget communal et par une collecte auprès des habitants. On présente un devis estimatif des travaux effectué par l’architecte Dumont, de Bruxelles.

Des vives discussions ont lieu suite à cette proposition, principalement par le conseiller Motte qui s’est levé pour démontrer qu’il ne voyait aucune urgence d’agrandir l’église, qu’elle était suffisante pour contenir tous les fidèles et qu’au reste il y a des travaux plus urgents à faire que ceux là, en désignant la maison communale, l’école communale du centre.

Après maintes palabres, le conseil accepterait le don de la fabrique d’église, à condition que la collecte susdite réalise au moins 5.000 Fr. Une commission est formée de MM. Motte, Dubray et Navez pour organiser cette collecte.

Plus tard, de l’agrandissement de l’église il ne fut plus question mais bien de sa démolition et de la construction d’une nouvelle église à ériger sur le terrain du presbytère.

Une pétition des paroissiens de Seneffe fut lancée, « …les soussignés ayant appris qu’il est question de l’érection d’une nouvelle église, et de l’abandon de l’ancien emplacement demandant de ne pas donner votre approbation à ce projet, si réellement il existe. En effet quelque soit l’emplacement nouveau qui sera choisi, cela causera un préjudice considérable à un grand nombre d’habitants de la commune. Tous les commerçants de la place et des environ de l’emplacement de l’ancienne église verront leur clientèle diminuer parce que le passage sera moins fréquenté et amènera fatalement une moins value de leurs propriétés…mais pourquoi agrandir l’église ? Personne ne peut prétendre qu’elle soit aujourd’hui insuffisante, et aucune raison n’existe pour faire supposer que la population de Seneffe subira une grande augmentation dans un avenir assez éloigné. Si notre ancienne église a pu paraître insuffisante il y a quelques années par suite de l’augmentation de la population de Manage, augmentation due à l’établissement du chemin de fer, cette insuffisance a disparu par la construction d’une église dans ce dernier hameau ; si nous ne voyons par nécessité de l’agrandissement de notre église, nous ne voulons pas nous opposer à sa restauration, ni même à sa réédification entière.

Les soussignés osent espérer, Messieurs, que vous prendrez en considération les motifs qu’ils viennent de faire valoir en faveur du maintien de l’église actuelle, et que vous refuserez votre approbation à tous projet qui aurait pour but le choix d’un nouvel emplacement… »

 L’idée de construire une nouvelle église prit du temps, lors de sa séance du 22 avril 1858, le conseil communal accorde un subside de 15.000 Frs à la fabrique. Au moyen de ce subside, cet établissement s’engage :

1°- à faire construire en remplacement de l’édifice actuel, une église d’une valeur d’au moins 90.000 F.

2°- à couvrir le restant de la dépense inclusivement au moyen de la valeur des anciens matériaux, de souscriptions particulières et de subsides à obtenir de l’état et de la Province.

3°- à ne pas aliéner ses revenus actuels

4°- à ne plus rien réclamer de ce chef à la commune.

 C’est au conseil communal du 22 mars 1860 que délibérant sur la nécessité qu’il y a de construire une nouvelle église en remplacement de celle existante qui est trop exiguë, insalubre, peu élevée et dont les pavements, les vitres, les murailles et les toitures sont dans le plus mauvais état, et aussi réellement insuffisante au point de vue hygiénique on donne  l’autorisation de démolir et de reconstruire l’église dans les conditions du conseil du 22 avril 1858.

 En 1866, divers projets sont soumis à l’architecte provincial Vincent par Auguste Cador (architecte de la maison communale), Charles Foulon, Raymond Carlier de Nivelles, Justin Bruyenne de Tournai, c’est ce dernier qui sera choisi.

 En 1870 eut lieu la souscription publique qui rapporta la somme totale de 50.665 francs, les principaux donateurs sont :

Le baron Daminet (10.000 Fr.), le comte et la comtesse de Pellan (5.000 Fr.), le vicomte H. de Buisseret (10.000 Fr.), M. Derbaix-Thiriar (10.000 Fr.), le curé-doyen J-B. Créteur (2.000 Fr.), P. Hancart (2.000 Fr.), B. Bousier (2.000 Fr.).

 Le 18 septembre 1873 le curé-doyen Jean-Baptiste Créteur rapporte et constate les ressources nécessaires pour la construction de l’église en projet et résume :

Le devis estimatif de l’architecte Bruyenne s’élève à 125.078 francs, il paraît suffisant et proportionné à l’édifice projeté car il a tenu compte de l’accroissement des prix des matières premières et de la main-d’œuvre. Le plan projeté est notablement moindre que celui du premier projet, il est plus petit d’environ huit mètres sur la longueur et de deux mètres sur la largeur et le devis estimatif du premier plan qui était plus vaste

- subside de la commune                               15.000 Fr.

- subside de la Province                                 18.145 Fr.

- subside de l’Etat                                          18.145 Fr.

- Souscription des paroissiens                        50.665 Fr.

- Valeur des matériaux de l’église actuelle     5.000 Fr.

- Gain sur les briques                                       4.000 Fr.

-Intérêt des argents placés                               4.000 Fr.

                                                                      -------------

Total                                                               114.915 Fr.                

- Somme garantie par le curé-doyen             10.123 Fr.

                                                                      -------------

                                                                      125.078 Fr.

 

Le 19 mai 1875, un rapport de la commission royale des monuments au ministre de la justice signale que l’emplacement de l’église actuelle peut être adopté, mais à condition de créer plus tard un parvis en démolissant les murs et bâtiments qui se trouvent devant la façade principale.

Les travaux commencèrent en 1876, sur les plans de l’architecte Julien Bruyenne, c’est un édifice de style néo-roman en briques et pierre calcaire. L’adjudication des travaux est enlevée par M. Clément Mayaux, entrepreneur de Dampremy.

La façade comporte une tour carrée de cinq niveaux flanquée de tourelles d’angles, avec portail en plein cintre conduisant au narthex.

La nef de quatre travées de baies semblables, épaulée de bas-côtés et suivie d’un transept étageant quatre niveaux. Le chœur de même hauteur, également terminé par un chevet semi-circulaire, complété latéralement par deux petites chapelles.

 





Plan de la nouvelle église en superposition avec celui de l’ancienne église et en noir les bâtiments adjacents.

 Le 3 mai 1877, les marguilliers de la fabrique d’église demandent l’autorisation d’établir une loterie dont le but est de pourvoir à l’ameublement de la nouvelle église et spécialement à l’érection du maître-autel.

Les fonds recueillis seront remis en main du trésorier qui en disposera au but indiqué. Les opérations dureront un an sous le contrôle des membres du bureau. Les lots consisteront en objets de piété, tels que statues, bénitiers, en cristaux, en linges, en meubles et en livres.

 


 En 1878, on fit venir le fondeur de cloches de Tellin, M. Causard pour effectuer un devis approximatif pour la refonte d’une cloche, faire de nouvelles montures et remplacer les cloches de la tour de l’église.

Après avoir examiné attentivement tous les accessoires, montures, roues, coussinets, il trouve qu’il n’y a rien à remployer sans compromettre la sonorité où la tour.

Il propose de nouvelles montures en bois de chêne et accessoires. De reprendre la cloche fêlée qui pèse environ 1550 kilos au prix de 3 Fr. le kilo, faisant 4650 Fr. moins 5% de déchets. Et de fournir une nouvelle cloche pesant le même poids renfermant toutes les conditions désirables tant sur l’accord que sur la qualité au prix de 4 Fr le kilo faisant 6.200 Fr. Reste alors à payer pour les travaux à effectuer : 2050 Fr.

 L’ordre du jour du conseil de fabrique lors de sa séance du 24 mars 1878, signale l’insuffisance des subsides accordés par la Province et l’état pour la construction de la nouvelle église qui devaient s’élever à 18.000 Fr. chacun, or la Province et l’état n’ont accordé que 14.310 Fr. chacun.

Signale la nécessité de refondre la cloche fêlée et de fournir de nouveaux appendices pour la suspension des trois cloches. Le devis estimatif dressé par M. Causard, fondeur, s’élève à 2050 Fr.

L’urgence de placer un paratonnerre sur le clocher dans le but de préserver des dangers de l’orage. La somme estimée par M. Carette de Meulebeke est de cinq à six cent Fr.

Vu l’impossibilité absolue où se trouve la Fabrique de couvrir ces diverses dépenses, son conseil sollicite de l’administration communale les subsides suivants :

Pour supplément des subsides de la province et de l’état : 7.380 Fr.

Pour la refonte de la cloche et les accessoires : 2.050 Fr.

Pour le paratonnerre : 570 Fr. faisant en tout 10.000 Fr.

mardi 6 avril 2021

Les commerces et commerçants de l'Entité, d'hier à aujourd'hui

 

Autrefois, de nombreux commerces et petites entreprises florissaient dans toutes les rues des villages. Partout, en Belgique et ailleurs en Europe.

Quelques Anciens de chez nous se souviennent, avec attendrissement, de quelques-uns encore, qui avaient survécu jusqu'après leur jeunesse.

Et de les énumérer : les quincailleries, épiceries, crèmeries, cordonneries, etc... !


Ci-dessus, le magasin d'alimentation de Céline Fontenelle, situé au centre de Seneffe, en 1944.
 Hôtel près de l'ancienne gare de Feluy-Arquennes


Et souvenez-vous de Madeleine du Progrès,


des 
marchands de lait, du tailleur Risselin, du salon Havaux, de l'imprimerie Abbeels, l'imprimerie Cuvelier, etc... Il y avait même des hôtels ! (A proximité des gares). La présence de l'ancien canal de Charleroi — Bruxelles était favorable au commerce local. Les chalands s'appontaient aux quais et les bateliers s'approvisionnaient en nourriture notamment, étant donné que les moyens de conservation des aliments n'existaient pas comme à l'heure actuelle et les courses se faisaient souvent « au jour le jour », comme pour la plupart des ménagères.

Les nombreuses couturières trouvaient à deux pas de leur porte le fil et les aiguilles, les étoffes et tout ce qui leur permettait de réaliser des robes « sur mesure » ou les rideaux de leur voisine.





 Non seulement les commerces occupaient une large place dans la physionomie des villages (et des villes), mais aussi des entreprises étaient installées dans maints endroits, au centre-même ou à proximité toute proche des localités.

Des fabricants de divers produits, des artisans, de petites usines, ont parsemé de leurs charrois, de leurs bruits, de leurs odeurs, nos petites agglomérations. Ces installations répondaient aux besoins locaux et donnaient du travail aux populations.

 La photo ci-contre montre le cheval immobilisé dans un « travail », pour y être ferré.


Parmi tant d'autres que nous ne pourrions citer sans en oublier, nous rappellerons l'existence des entreprises Jenet Frères de Seneffe, où s'effectuaient des travaux de la Ligne Vicinale.

La vie a changé de façon magistrale ! Et il est vrai que beaucoup de choses changeront encore et plus vite qu'auparavant, voyez les progrès des technologies modernes dans tous les domaines Mon GSM est démodé dès que j'ai réussi à maîtriser toutes ses fonctions.


Les chevaux étant très nombreux, utilisés pour la traction de machines agricoles ou de véhicules, dans les carrières, notamment, pour la traction des chariots, le maréchal-ferrant se trouvait très sollicité.

L'évolution de la vie est normale et les progrès sont nécessaires, il faut en convenir et chacun peut observer les avancées technologiques, scientifiques, spatiales, etc..., avec beaucoup d'admiration et de satisfaction.


Les enfants d'aujourd'hui ne jouent plus comme ceux d'hier, les « tablettes » ont envahi le paysage enfantin et accaparé leur attention tout en, malheureusement, compromettant souvent le dialogue intergénérationnel. Mais il faut vivre avec son temps


Gare des Guillemins à Liège.

Des avancées spectaculaires ont transformé la société, les techniques ont évolué dans tous les domaines, moyens de transport, constructions, machines de plus en plus performantes...etc, et la population s'est adaptée progressivement aux changements, la notion de distance a pris une nouvelle orientation vers des horizons extérieurs attrayants et variés.


Il faut tout relativiser, les plaisirs, le mode de vie d'autrefois, ont apporté autant de satisfactions à nos populations d'antan, que les loisirs de notre époque et, pour les jeunes surtout, les applications internet et autres techniques modernes.

Avec les nouvelles technologies, les besoins ont changé.

La Maison de la Mémoire de l'Entité de Seneffe a récolté auprès de particuliers, une riche présentation collective des anciens commerçants et artisans de nos villages. Le contenu de ce fascicule ne reflète que très sommairement le magnifique travail effectué par ce groupement, épaulé par PAC et les FPS de Feluy.L'exposition illustre de façon magistrale l'immense diversité des installations commerçantes de nos villages. La comparaison avec la situation actuelle est ahurissante, il est difficile de se représenter le paysage d'antan où la proximité entre l'habitant et son milieu de vie s'avérait naturelle. Pas de courses du samedi dans les grandes surfaces d'une localité voisine, pas d'embouteillages dans les entrées de villes et de parkings annexés, mais il est vrai, moins de variétés et d'attractions diverses que dans notre civilisation dite, “de consommation “


L'objectif de notre démarche réside dans une petite réflexion sur la transformation de la société dans notre civilisation, et une connaissance, pour les plus jeunes de ce que fut la vie de leurs ancêtres, à côté des notions scolaires d'histoire qui se noient dans les contraintes imposées et souvent mal perçues, reflets d'un passé intégralement oublié.


Les changements, rapides, incontrôlables, l'augmentation, inéluctable, de la population, les émanations diverses, souvent nocives, dues à ces changements   (l'actualité le démontre) , sont des sources de réflexions existentielles qui animent actuellement les populations soucieuses d'une évolution favorable à l'Homme.

Editrice responsable : Claudine Delbruyère-Debelle 










 






mardi 16 février 2021

Cher Confrère Thiriar,

 

Cher Confrère Thiriar,

Dans les nombreuses « notices » relatives au village de Familleureux, il en est une qui vous cite Docteur Thyriar en 1837 (1) et une autre qui vous domicilie rue Pont à la Marche, qui plus est, elle vous fait père d’un révérend capucin (2).

Poussé par la curiosité, je « consulte » parcourant tantôt les registres paroissiaux, ceux de l’Etat civil, tantôt les publications de notre société de recherche historique et folklorique de Seneffe.

Voici les informations vous concernant :

-    Votre nom est orthographié Thyriar (1) et (2) alors que votre patronyme est Thiriar.

-    Né à Houdeng-Aimeries, le 14.05.1809, fils de Jean-Philippe, Nicolas (°05.12.1785 à

      H- A   Et +25.03.1810 à H-A) et de Marie-Thérèse Roland dont le mariage a eu lieu le   

      04.01.1809 à H-A Vous étiez un beau « prématuré » recevant le prénom de Jean-

      Philippe mais catastrophe votre père meurt avant votre premier anniversaire.

-                                 Promu médecin de l’Université de Liège le 27.06.1831, soit à 22 ans (respect cher

      confrère)  vous habitez chez votre maman à Gouy lez Piéton, comme cela figure sur votre acte de mariage du 25.04.1832.

-    Vous épousez à Feluy Florence Dumont (°28.12.1803+10.11.1855), fille de Jean-Joseph, cultivateur et de Marie-Catherine Marcq.

-   Vous vous installez à Feluy et en 1833, vous êtes nommé médecin des pauvres par le bureau de bienfaisance et cela en lieu et place du confrère Helin. Le 04.09.1838, vous remettez votre démission car vous partez vous installer à Familleureux (3).

-     En 1839, vous êtes généreux donateur d’un ciboire, d’une paire de burettes avec plateau et d’une croix de procession (2).

-     Et c’est là à Familleureux que vous apparaissez père du révérend capucin « Thyriar » de  la maison de Mons (2).

  -   Malheureusement votre carrière médicale s’interrompt prématurément le 06.12.1847 à
Feluy (faire-part de décès p.37 de (3))

A ce moment de l’enquête, nous ne savons rien du fils capucin. Mais c’était sans compter sur le « réseau » de notre entité, réseau de passionnés de l’histoire de nos villages s’entend.

Dans une publication à propos de la stigmatisée Louise Lateau par P.Hildebrand il est dit en p.57 « Pour la famille Lateau en particulier, on sait qu’elle était très liée avec le capucin Charles Thiriar né au village de Familleureux ». Et plus loin « Depuis 1864 ce père a passé presque toute sa vie religieuse au couvent de Mons et souvent il venait voir l’extatique et sa famille ».

En 1865, le chemin de croix de l’église de Familleureux fut érigé solennellement par le père Thiriar de Mons (2)

Dans un extrait issu des « Lois sur l’instruction primaire » publié en juillet 1870 on lit en p.1002 En séance du 06.06.1879 Monsieur Bara, ministre de la Justice dit : « Messieurs, les journaux catholiques de ce matin publient une lettre signée Charles Thiriar de Familleureux, supérieur des révérends pères capucins de Mons            »

 

Voilà où nous en sommes. Oui mais..il n’y a point de Charles Thiriar dans les registres de l’Etat civil ni à Familleureux ni à Feluy et donc pas de preuve de paternité.

Survient alors l’information capitale fournie par Christan Lisbet de Feluy : dans le rapport de la députation permanente de 1867 il est évoqué Thiriar, Jules, en religion père Charles, capucin à Mons.

Et par conséquent : Jules Thiriar, né le 27.04.1830 à Familleureux est le fils (le 8ème enfant) de Augustin Joseph, cordonnier ° 17.04.1786 à Familleureux + 14.11.1859 à Familleureux et de Marie-Thérèse Renard mariés le13.09.1809 à Familleureux. Le 16.11.1852 il quitte Familleureux pour Enghien. En 1863 il est repris comme entrant au registre de la population de Mons.

La vérité est rétablie, cher confrère Thiriar.

Je vous devais bien cela

Bien confraternellement

Dr. E.Jacob                                                                              Familleureux, le 25 juillet 2020

(1)  Histoire de Belgique, histoire de Familleureux par M.Ghislain, garde champêtre

(2)  Familleureux L’église Notre Dame de Miséricorde 1986 pp.23 et 24 par D.Massart, L.Leheut, M.Debuisseret

(3)  Société de recherche historique et folklorique de Seneffe revue trimestrielle N° 2 1988 pp.36 et 37 article intitulé « Le bureau de bienfaisance de Feluy » par D.Massart

P.S. : grâce à mes travaux de recherche, il s’avère que le Dr Jean-Philippe Thiriar et le Père Charles Thiriar ont le même quadrisaïeul à savoir Gaspar Thiriar né en 1667 en région liégeoise + 13.04.1740 à Houdeng. Il était bailli de St Vaast et maitre des fosses. Il fonda avec ses trois fils (Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas) les charbonnages de La Louvière et de la paix à St Vaast puis celui de Houssu à Haine St Paul.Jean-Philippe et Jules sont cousins au 7ème degré de même qu’un autre Gaspar, Alexandre Thiriar, aussi médecin °01.06.1834 à St Vaast +09.04.1870 à Haine St Paul. Décidément les docteurs Thiriar meurent jeunes.


      Remerciement chaleureux à André Denis et Christian Lisbet    .

      




lundi 25 janvier 2021

LA FEMME, HIER, DANS NOS VILLAGES.

 

En appui à l'exposition organisée par les groupes Maison de la Mémoire de l'Entité de Seneffe, PAC et FPS de Feluy, en septembre 2017 : « Les Commerces et commerçants de l'Entité, d'hier à aujourd'hui, « ».

La physionomie des localités s'est modifiée au cours des temps, il est difficile pour les nouvelles générations d'imaginer leur aspect initial, si ce n'est au travers de documents ancien. La Maison de la Mémoire de l'Entité de Seneffe s'efforce de faire revivre un passé et le leur livrer en aperçu succinct à travers l'exposition d'aujourd'hui.

Le groupe F.P.S. de Feluy a participé à ces travaux de recherches et se penche, dans ce fascicule, sur la condition de la femme en ces temps lointains. Les éléments repris dans ce texte concernent surtout les communes de Feluy et d'Arquennes, localités mieux connues par l'auteur du travail, mais peuvent s'appliquer à toutes les communes.

Si loin que l'on remonte, la femme, dans nos régions, a, de prime abord, été considérée comme inférieure à l'homme. Si des avancées sociales ont amélioré la condition des milieux défavorisés, elles n'ont touché que tardivement la gent féminine.

Dans les familles aisées, la fille recevra une instruction sensiblement pareille à celle du garçon, L'instruction constituera un atout dans le parcours de vie des femmes et certaines d'entre elles, poussées par la perception légitime de leurs possibilités, se sont distinguées dans la recherche de l'égalité sociale entre les genres.

Dans les milieux défavorisés, la fille ne fréquentera l'école que si les parents le veulent bien et en ont les moyens, il faut attendre l'instauration de l'obligation scolaire pour généraliser l'enseignement.



Le travail, peinture de Jules Trayer, fin XIX  siècle, Carcassonne, musée municipal. 

Les valeurs fondamentales, très longtemps, sont le fruit de la pratique de la religion et de la société qui, bien avant, refusait toute intelligence ou bonne action de la part des femmes, hormis celle de concevoir les futures générations, de les éduquer et de les préparer à servir la société dans laquelle elles vivraient.

Les filles apprennent finalement à lire parce que la lecture fixe les enseignements de la religion, mais la société n'a pas besoin qu'elles en sachent plus. La nécessité d'offrir une instruction plus poussée aux filles ne s'impose qu'à quelques consciences clairvoyantes.

Les travaux d'aiguille passaient pour une activité convenant aux femmes de tous âges et de toutes classes; ils permettaient de réconcilier la destinée domestique avec la fierté du travail et le désir d'expression de soi. Le tableau de Jules Trayer ci-dessus, attire aussi l'attention sur la femme, à droite, probablement une dame de compagnie, en train de faire la lecture à haute voix


Dans l'Entité de Seneffe, comme dans beaucoup d'autres localités, il faut signaler l'instauration d'écoles ménagères à côté d'écoles industrielles, que les enfants pouvaient fréquenter après les primaires jusqu'à 14 ans.


Parmi les commerces relevés dans l'exposition de la MMES, bon nombre offraient     le matériel requis pour cette activité : les bonneteries, les merceries, se retrouvaient dans tous nos villages, par exemple.

L'épouse, en général « ménagère », assurait les travaux, à domicile, et trouvait à proximité de chez elle, tout ce dont une famille avait besoin : nourriture, produits de nettoyage, de loisirs, l'habillement, les chaussures, ...sans déplacements. Les quincailleries, les épiceries, les boulangeries, les boucheries, les brasseurs,...foisonnaient autour de son domicile.




Certains commerces requéraient l'engagement de vendeuses et vendeurs, nous avons connu le Progrès à Feluy, où nous étions accueillis par Madeleine Meurice, l'une des dernières commerçantes du village„ avec le « Bon Grain », le CGA...etc.

Et tous ces magasins qui peuplaient les places de nos villages !



Le XIXe siècle verra fleurir l'industrialisation et la multiplication d'entreprises diverses, où les ouvriers seront en général mal payés et soumis à l'insécurité dans le travail. Pour subvenir aux besoins des familles, des femmes y seront employées dans des postes subalternes encore plus mal rémunérés.


Dans nos pays de carrières, le travail pénible, éreintant, incitait les ouvriers à « repasser» dans l'un des plus que nombreux cafés des localités, ce qui ne convenait pas à l'équilibre financier des familles 

La société se composait de personnes à statuts sociaux différents : si les ouvriers subissaient un régime de vie très dur, les dirigeants d'entreprises récoltaient les produits du labeur, et une classe, en général plus bourgeoise, se lançait dans le commerce.

 Il est vrai que dans les régions comme la nôtre, la présence des carrières, d'un canal, d'une gare, favorisait l'installation de magasins, d'ateliers multiples, constituant ainsi tout une vie sociale intense, à laquelle la femme participait avec une complaisance dépendant de ses moyens.



Les habitants se rencontraient dans les commerces, et naturellement, les femmes en particulier, se parlaient, échangeaient leurs idées et les nouvelles des villages se répandaient, ce qui rapprochait les gens et créait des liens. Pratiquement, tous les habitants se connaissaient et partageaient les événements de la vie des voisins.




Après la dernière guerre, à partir de 1945, l'utilisation des voitures s'est propagée, les besoins ont changé et la vie a offert des perspectives plus larges, jusqu'aux complexes commerciaux d'aujourd'hui., attrayants, conçus pour répondre aux attentes des générations nouvelles dans un monde où tout doit aller très vite, où tout évolue de plus en plus rapidement, dans la spirale des avancées technologiques actuelles et déjà dans le futur.


Editrice responsable : Claudine Delbruyère-Debelle. (Septembre 2017)



dimanche 13 décembre 2020

EVOCATION DE LA DUCASSE DE FELUY EN 1889

 

EVOCATION DE LA DUCASSE DE FELUY EN 1889

Le journal de Nivelles « L’Aclot » du dimanche 11 août 1889, évoque la ducasse de Feluy qui était courue par les Nivellois :

 « La Kermesse de Feluy

S’il est une coutume qui soit restée vivace à Nivelles, c’est bien de se rendre chaque année, le premier lundi du mois d’août, à la kermesse de Feluy ; il n’est pas un Aclot digne de ce nom qui n’ait fait au moins une fois ce pèlerinage. Vers 5 heures, ce jour-là, la gare du Nord offre un spectacle curieux : elle est envahie par une foule bruyante et joyeuse, qui, à l’arrivée du train, remplit en un clin d’œil les quinze ou vingt voitures mises à sa disposition tout exprès pour la circonstance.

Et où va cette jeunesse dont les cris couvrent le bruit de fer du train qui l’emmène pour l’étranger qui s’y égarerait, à une kermesse de village bien insignifiante. Mieux avisés sont ceux qui font à pied cette jolie promenade, une des plus pittoresque des environs de Nivelles, par le Panier vert et par le bois d’Arpe ; les piétons s’arrangent presque toujours de venir rejoindre à la gare de Feluy-Arquennes les Aclots qui ont pris le train de cinq heures. Alors une longue file de couples et de familles entières s’en va par le chemin empierré longeant les carrières et les chantiers silencieux aujourd’hui à l’occasion de la kermesse et bientôt la  foule envahit la place du village ; un cirque, une friture, des chevaux de bois et quelques échoppes de marchands de pain d’épice et de caramels, voilà toute la foire ; en quelques minutes, on a tout vu, on se promène, on tourne longtemps dans le même cercle en se rencontrant cent fois, sans que personne semble se fatiguer de cette monotonie ; on voit de vieux Aclots, que rarement on rencontre sur la place Saint-Paul lors de la fête à Nivelles, rire et s’amuser longtemps des sottises et des grimaces d’un clown ; aussitôt la parade terminée, la baraque se remplit de Nivellois qui crient et s’interpellent sans se soucier beaucoup du spectacle. Puis, on se répand dans les cafés de la place, qui en prévision de la cohue, ont placés sur quelques chaises de longues planches rugueuses ; de temps en temps, l’une de ces planches se rompt sous la charge ou glisse de ses supports en précipitant par terre un grand nombre de consommateurs ; cela n’empêche pas ces derniers, aussitôt relevés, de recommencer à boire de la bière de Louvain dans ces petits verres sans pied dont on se sert chez nous, en guise de lampions, aux jours d’illuminations. Quelques-uns s’écartent de la place pour visiter en détail le village ; ils restent longtemps à examiner le vieux manoir féodal et la vaste nappe d’eau qui l’entoure, l’avant-corps qui forme l’entrée de cette demeure seigneuriale est surtout curieux à cause de ses tours ramenées aujourd’hui au niveau des toits ; on remarque l’écusson en pierre qui domine la porte principale et les retraites dans lesquelles se logeaient autrefois les poutres du pont-levis, plus loin, succédant à des habitations simples et proprettes aux fenêtres garnies de fleurs, s’élèvent les riches demeures, entourées de parcs, des maîtres de carrières ; ces constructions récentes, dont plusieurs ne manquent pas de cachet, donnent au village un air d’aisance qui manquent souvent aux autres communes industrielles.

Lorsque vient le soir, toute la jeunesse se rend au Petit scou, ou, dans une cour étroite et peu profonde au-dessus de laquelle est tendue une toile, on danse, où plutôt on s’écrase, jusqu’au moment de reprendre le train. A la gare, la cohue est plus grande encore qu’au départ ; cette année on a même jugé nécessaire de requérir des gendarmes pour maintenir la foule. Au moment où arrive le train, on se précipite, on perd ses compagnons de route, on s’appelle, les amoureux cherchent les voitures les moins éclairées ; les compartiments de première et de seconde classe sont envahis par les braves Aclots qui avaient guetté l’occasion et tout heureux, se prélassent sur les coussins ; enfin quand tout le monde est casé, le long train s’ébranle et en route pour Nivelles !

Et voilà la kermesse de Feluy ! Qui vous dira pourquoi elle a tant de vogue à Nivelles !

Comment expliquer pourquoi c’est seulement le lundi qu’on s’y rend, alors que la kermesse d’Arquennes, nous pourrons de nouveau le constater dans quelques semaines, n’attire les Aclots que le dimanche ? Pourquoi va-t-on à pied à Arquennes et par chemin de fer à Feluy, alors que les deux agglomérations sont bien près de se confondre ! C’est ainsi qu’on a toujours fait, nous répondra-t-on, et en cela somme en bien des choses, on se borne à suivre l’usage sans le discuter.