lundi 4 avril 2011

FELUY À TRAVERS SES RUELLES ET SENTIERS

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Balade de 4,5 Km
Nous partons de la Maison de la Mémoire, à proximité du Tilleul de l’Espinette,



il a été planté le 20 décembre 1762 par le curé Joseph Bayot, il a été classé par la Commission des Monuments et Sites le 14 juin 1944 en raison de sa valeur esthétique et scientifique.
Nous descendons le sentier de l’Espinette,


   
il fut l’objet d’un litige entre le seigneur de Feluy et l’abbaye de Bonne-espérance en mars 1318, il mène à la fontaine Coulette.



Celle-ci est surmontée d’une pierre placée en 1848, par Victor de Lalieux, en souvenir d’un voyage en terre sainte au cours duquel il fut nommé chevalier du Saint-Sépulcre. Sur la pierre on voit la croix du St-sépulcre.
Nous remontons la ruelle de la Coulette


qui sépare les anciennes carrières de Scaron et Nopère. On aboutit alors au chemin du pont de Scaron, on passe sur celui-ci et on aperçoit l’ancienne carrière dite le Trou du Bossu

                                        
                                      

                                                       
(sobriquet de Louis Charlier), ou carrière Scaron, exploitée jadis par la famille de Lalieux.
Nous arrivons maintenant sur le site de l’Enfer


hameau où naquit, un peu plus loin, Victor Rousseau, sculpteur feluysien de renom. Après un petit crochet sur la gauche, nous empruntons la ruelle du Luron


nous traversons un autre sentier dit Carnacal,



nous longeons ainsi l’arrière des maisons de la place du Petit Moulin, et aboutissons
au lieu dit « Le Paradis des chevaux » dans le bas de la rue Crombize (rue tordue, appellation du moyen-âge)
C’est aussi le lieu de départ de l’avenue Gaston Baudoux, résistant né à Feluy, bourgmestre de la Hestre. Cette rue fut réalisée en 1915 pour occuper les chômeurs afin de leur éviter la déportation.

Nous empruntons une ruelle qui passe sous l’arcade d’une ancienne scierie de pierre qui longe le canal de Charleroi –Bruxelles.



Nous suivons ce dernier en passant devant l’ancienne brasserie Lescart appelée la Boisserie,


qui porte sur son pignon un des anciens cadrans de l’horloge de l’église de Feluy.

Nous somme maintenant au lieu dit Nie Pré (déformation linguistique qui veut dire pré de Hélin).


A cet endroit se trouvait un pont qui enjambait le canal, et qui a sauté lors du dernier conflit mondial.
En face on voit les maisons qui furent les écuries des chevaux de halage. Sur les hauteurs à gauche se situe la cour Maître Paul (du nom de Paul Hennaut, appareilleur de carrière)


appelée aussi en wallon Hamia Bastrode. Ce hameau fait face au hameau Mascaux (nom de personne), au moyen-âge à cet endroit se trouvait le Vie hospital (léproserie).


Nous prenons maintenant le chemin qui mène à la Rocq jusqu’à la chapelle Notre-Dame de Hal,


 
 
         
elle se dresse au pied du chemin des Luttes (Déformation de chemin des huttes), elle remplace l’antique pierre Saint-Martin, lieu de culte des temps du paganisme. Cette chapelle fut érigée en 1890.
Nous virons à gauche en empruntant le sentier du Bon Dieu Delatte

qui longe le cimetière.
On peut y voir de nombreuses pierres tombales sculptées par les artistes feluysiens de la pierre.
Nous traversons la route et continuons sur le sentier


   

dit du Pèlerin qui suit presque en parallèle la Grand-rue de Feluy, on bifurque ensuite vers la droite sur le sentier de Miremont dit du moulin à vent.


On aboutit ainsi à l’entrée du parc du château de Miremont,

lieu-dit les Quatre bonniers. Cette belle bâtisse fut érigée en 1848, par François de Lalieux de la Rocq, sur les plans de l’architecte Raymond Carlier, de Nivelles. Au bout de la propriété s’érigeait un moulin à vent aujourd’hui disparu.
Nous suivons la drève de Miremont


pour arriver au chemin d’Ecaussinnes, nous tournons à gauche à proximité de la ferme de la Haillebaude




qui faisait partie des Tenaules de Bonne-espérance. En 1750 Jérôme Dieux la fit rebâtir, son monogramme surplombe la porte cochère.
Un peu plus loin, la Petite Haillebaude,



c’est la plus vieille maison de Feluy qui date du XVIe siècle.
Sur la gauche on aperçoit les Berceaux. Ce tir à l’arc horizontal est très ancien, mais le premier plan connu date de 1726. En 1889, les archers de Feluy en firent don à la commune de Feluy tout en gardant la jouissance. La compagnie des archers de Saint-Sébastien est une des plus anciennes du pays.



En continuant on passe devant l’école communale de Feluy bâtie en 1882, et récemment restaurée et agrandie.
Face à la fin de la rue, la chapelle de Saint-Joseph, érigée en 1813.


Nous sommes maintenant dans la rue de Familleureux, face au parc du château se trouve l’école qui avait au départ la double fonction d’école et d’hospice

Le baron René d’Ysendoorn à Blois la fit bâtir en 1856. La partie hospice (à droite) fut léguée par les successeurs du baron à la commune de Feluy qui en fit une école communale pour les filles. La partie gauche est l’école libre catholique.
Adossée au mur de la cour de l’école, la chapelle Saint-Rocq.

Elle a perdu le caractère pittoresque de son environnement, elle était abritée par un arbre abattu en 1930.
Nous arrivons maintenant à proximité du sentier du Tremblement, au lieu-dit les Noyelles,


au milieu du sentier, à côté du ruisseau le Graty, au fond du pré dit Crédo, se trouve la fontaine du Tremblement,


 





celle-ci apparut lors du tremblement de terre du 18 septembre 1692, qui se fit sentir dans tout le pays. Source à gros débit, elle est ferrugineuse, nous avons fait placer sur le pont une pierre sculptée par Raymond Dejean pour rappeler cet événement..
La prairie faisant l’intersection entre le sentier et le chemin Boulouffe (nom d’un mayeur de Feluy) s’appelle le pré Charleroi.


Nous longeons maintenant la propriété du « Manoir du Capitaine »

appart-hôtel de luxe qui fut dans le passé le siège de la seigneurie du Croquet,
(Voir notre article dans le blog) elle devint une brasserie, la brasserie Lechien,
puis un haras et maintenant cet ensemble hôtelier de grand luxe.
En longeant la prairie dite du Cygne, nous arrivons au bout du chemin Boulouffe où se trouve la chapelle Notre-Dame de Lorette,


englobée dans le parc du château, bâtie en 1751 par Jean-Philippe Capitte. De l’autre côté de la rue on voit l’ancienne résidence des maîtres de carrière Pennart, à qui succédèrent les Breda d’où le nom
de château Breda.


Nous arrivons ainsi au lieu-dit Trichon, à droite l’hôtel-Dieu, maison des Wagnière, à la belle porte cochère en ogive,


puis la placette où l’on peut admirer les maisons de maîtres de carrières,




au fond le château du Trichon



avec son beau pigeonnier japonais, les grilles proviennent du parc de Bruxelles et l’on peut y voir des impacts de balles de la révolution de 1830, à droite d’autres maisons de maître du XVIIIe siècle.
Leur fait face le moulin banal


que l’on contourne pour arriver au lieu-dit la Seuwière, décharge du moulin et la rivière du Graty
appelée à cet endroit par les feluysiens, rivière Nativa.



Nous continuons dans la ruelle David, du nom du maître de carrière Davis Lisse,



avec ses maisons datant du XVIIe siècle. Nous revenons ainsi sur la Grand-rue
et à notre lieu de départ.




mercredi 23 février 2011

Les Seigneurs de Petit-Roeulx

LES SEIGNEURS DE PETIT-ROEULX-LEZ-NIVELLES.

Les seigneurs fonciers qui ont présidé aux destinées du village de Petit-Roeulx sont issus de grandes familles nobles. Si on en trouve des mentions, elles figurent dans des écrits épars où bien souvent on répète les mêmes dires sans en vérifier le bien-fondé.

La liste des seigneurs de ce village n’a jamais été établie ; cette liste n’est pas exhaustive car les archives sont souvent muettes pendant de longues périodes à propos desquelles on ne peut que conjecturer.

En 1137, le seigneur de Petit-Roeulx est GUISLARD D’ARKENNES, écuyer, fils de FRANCON D’ARKENNES, seigneur de Neuve-Rues à Nivelles (seigneur supposé de Petit-Roeulx).

Le 7 mars 1285, la seigneurie de Petit-Roeulx fut fondée en fidéicommis par le duc Jean de Brabant au chevalier WAUTHIER de WAFREZEE avec la haute et basse justice et dépendances, « fors », dit le duc, « les apéans de bataille et les chans s’ils échoient en celuy, en aucuns tems, lequil chose mettons hors et retenons pour nous et nos hoirs... ».

Nous retrouvons la famille d’Arkennes, car JEHAN fils de Jehan est cité seigneur du lieu en 1365. Son fils, LANCELOT D’ARKENNES, écuyer, seigneur d’Arquennes et de Petit-Roeulx, vassal de la duchesse Jeanne, céda Petit-Roeulx à son beau-père s’il venait à mourir jeune. Elisabeth VAN COUDENBERGHE dite T’SER HUYGS, sa femme, était fille de WILLEM, échevin de Bruxelles et de Marie VAN BOGAERDEN dite Goutsmet. Elle lui survivait encore en octobre 1442. Le 9 janvier 1404 n. st. Elisabeth entra en accommodements avec le seigneur de Bailleul touchant à leurs droits sur Petit-Roeulx. Dans le cloître des Carmes de Bruxelles, une pierre portait deux effigies et ‘lépitaphe suivante :

"Cy gist Lancetot d’Arkennes, seigneur de Petit-Roeulx lez Nivelles.
Qui mourut l'an 1579 en mars et damoiselle
Elisabeth de Couwenberg dit T’zerhuygs sa femc Légitime
qui mourut l'an 14.. le 27 septembre »

On leur connaît trois fils : Lancelot, Melchior et Jaspar.

LANCELOT D'ARKENNES, écuyer, quelque temps seigneur d'Arquennes. En 1386 ou 1387, il releva par résignation de Willem t’ser Huygs la seigneurie de Petit-Roeulx et un winage dans ce village. Il mourut sans postérité après 1402.

MELCHIOR D'ARKENNES, écuyer, seigneur d'Arquennes en 1393, seigneur de Petit-Roeulx après son frère, fut émancipé par ses parents le 9 novembre 1411.

Il entra avec ses parents dans la ligue des amis du duc, ce qui entraîna leur bannissement pour 40 ans par les Etats. Il vivait à Nivelles en novembre 1446 ; de son épouse, Elisabeth VAN DER ROOSEM, il eut une fille appelée YSABEAU, dame d'Arquennes et de Petit-Roeulx. En 1436, elle épousa en premières noces Jehan de Marchiennes et, avant 1455, se remaria à BERNARD VAN DER SPOUT, chevalier, seigneur de Spout et de Bousval, famille noble de Bruxelles, originaire d’Yssche où se trouvait la ferme ter Spout ; elle en partageait encore l’existence en octobre 1482 n. st. Ils furent enterrés en l'église Saint Jacques à Nivelles.

Leur fille ISABELLE en recueillit l’héritage. Isabelle VAN DER SPOUT épousa HENRI DE WITTEM, seigneur de Beersel, chevalier de l’Ordre de la Toison d’Or.









Henri de Wittem




Après son trépas, elle fit faire le dénombrement de Petit-Roeulx le 20 juin 1531. De ce mariage naquit ISABELLE DE WITTEM qui épousa BERNARD, sire d’ORLEY, fils de Bernard d’Orley, justicier des nobles du Luxembourg et de Françoise d’Houffalise dite d’Argenteau.







Bernard van Orley







Bernard d’Orley fut longtemps bailli du Brabant wallon. Il fut appelé à cette tâche en septembre 1497 en remerciement « des bons et agréables services qu’il avait rendus à l’archiduc Philippe dès son enfance ». Lorsque le prince partit pour l’Espagne, il l’accompagna. Il rentra de nouveau dans son emploi en novembre 1503. Isabelle de Wittem lui donna un fils, PHILIPPE D’ORLEY, qui était aussi sire de Seneffe, Tubize, Follie à Ecaussinnes et Scaillemont. Il remplaça son père au bailliage du Brabant wallon. En 1521, il fut chargé de garder Yvoix dans le Luxembourg à la tête de fortes milices. En 1528, il coopéra au siège de Hattem en Gueldre où il fut blessé dans un assaut. Il reçut le gouvernement du Luxembourg en 1554. Il eut une fille, FRANÇOISE D'ORLEY, dame de Petit-Roeulx.

Par son mariage, elle apporta en dot la seigneurie à CHARLES DE RUBEMPRE, baron de Rêves, sire de Bièvres, Feluy, etc. chevalier, colonel aux guerres d'Allemagne.
De cette union naquirent un garçon et trois filles.
C’est à ANNE DE RUBEMPRE, « la moinée », que revint Petit-Roeulx ; elle s’unit, vers 1577, à PONTHUS DE NOYELLES, seigneur de Bours, colonel d’un régiment d’infanterie wallonne, gouverneur et capitaine de Malines et, ensuite, gouverneur et bailli de Courtrai. Il décéda le 6 décembre 1581 d’une blessure reçue au siège de Tournai.



Ponthus de Noyelles










Anne épousa en secondes noces ARCHIBALD DE PATTON, un écossais qui avait fuit la Réforme. Des deux filles q’relle eut du premier lit, c’est à ROBERTINE DE NOYELLES qu’échut la seigneurie de Petit-Roeulx ;
Robertine épousa sire FRANÇOIS BERNARDIN DE CASSINA, baron de Boulers, pair de Flandres, seigneur de Schendelbeke. La seigneurie passa à leur fils HUGUES JEAN FRANCOIS DE CASSINA qui fut page de l'infante Isabelle puis colonel d’un régiment de cavalerie au service de l’Espagne et écuyer au service du prince cardinal infant.
Il épousa MARIE MADELEINE MONTANA, comtesse de Wonsheim, dame de Promelles, Vieux-Genappe et Glabais. Le baron de Boulers mourut le 24 octobre 1653 à 38 ans ; il fut enterré à l’abbaye Saint Adrien à Grammont.
Le village appartint alors à leur fils PHILIPPE GUILIAUME DE CASSINA baron de Boulers, comte de Wonsheim.
Le 24 janvier 1678, suite au décès du baron de Boulers, eut lieu le transport de la seigneurie au profit de SEBASTIENNE BOISSCHOT, son épouse.
Cette union sans postérité fit vendre la seigneurie. Elle fut achetée par messire ALBERT DE TRAZEGNIES, vicomte de Bilsteyn, prévôt du chapitre de Nivelles.





Mausolée d’Albert de Trazegnies et de son frère Ferdinand-François à Nivelles



Le château de Petit-Roeulx souffrit beaucoup pendant les guerres de ce temps. Hormis le corps de logis à l’entrée de la cour, il fut ruiné de fond en comble ; mais, il fut rebâti peu de temps après son rachat. Albert de Trazegnies déclara le 2l mars 1687 vouloir laisser à la famille de Trazegnies sa terre et seigneurie de Petit-Roeulx « moyennant que son frère messire EUGÈNE, marquis de Trazegnies lui fournisse promptement la somme de 9.000 florins et que cette terre soit convertie en fidéicommis en faveur des enfants mâles du même marquis ». Cet acte passé devant le notaire Dartevelt ne fut enregistré que le 26 mai 1730. Mais, en 1697, les conditions familiales avaient changé ; il y apparaissait clairement que les descendants d’Eugène n'étaient pas à la hauteur.
GILLION OTHON II, ex-jésuite, est traité « d’imbécile ». Dans certains textes on peut lire que son épouse MARIE-PHILIPPINE DE CROŸ n’avait qu’une idée : le fuir; tandis que PIERRE JEAN-GÉRARD était un bossu sadique qui s’amusait à tirer sur les ouvriers qui travaillaient sur les toits. L’espoir de postérité mâle de ce côté était quasi nul.
Aussi, l'héritage du vicomte de Bilsteyn fut-il orienté vers la branche cadette.
Le 28 octobre 1697, fut signé à Nivelles, le contrat de mariage de son neveu ALBERT-LOUIS (1672-1716), seigneur de Bomy, vicomte d’Armuyden et de Jacqueline d’EGMONT, fille du vice-roi de Sardaigne et de MARIE-FERDINANDE DE CROŸ, marquise de Renty. On y stipulait :

"Au sujet de la terre et sgrie du Petit-Roeulx lez cette ville, la même terre et seigneurie, est sujette au retour en cas que le dit enfant mal délaissez par ledit feu seigr marquis viennent sans enfant mâle à décéder de légitime mariage, ledit seigneur vicomte de Bilstein déclare le cas arrivant de céder comme il cède par cette, en faveur dudit futur mariage, sa même terre et seigneurie avec toutes et quelconques ses appendances et dépendances valissant annuellement an par an sept à huict cent écus..."

La terre et seigneurie passa ensuite à FERDINAND OCTAVE de TRAZEGNIES, leur fils (1676-1747), comte de Fléchin, marquis de Trazegnies (en titre seulement), marquis de Bomy, prince de Rognon, pair du Hainaut, mestre de camp de cavalerie au service du roi de France ; il épousa Marie-Thérèse D’ANSAN D’EGREMONT. Ces époux eurent quatre enfants dont GILLION CHARLES ADRIEN, marquis de Bomy, qui hérita de Petit-Roeulx dont il fut le dernier seigneur. Il était maréchal de camp et chevalier de Saint-Louis ; il épousa sa nièce JEANNE MARIE, princesse DE CROŸ, marquise de Molembais. Le 15 février 1787, en son hôtel de Béthune, il fit modifier l'obit chanté en l'église de Petit- Roeulx depuis 1698 pour les membres de sa famille. La révolution le surprit. Il mourut à Maastricht en 1793. La Révolution française supprima les institutions de l’ancien Régime et les privilèges de la noblesse furent définitivement abolis.


lundi 21 février 2011

Du temps d'em grand-père

Voici quelques photos de l'exposition "Du temps d'em grand-père" dont le vernissage
c'est déroulé ce samedi 19 février devant une assistance des plus honorables ainsi
que la caméra de télésambre ( le lien du reportage sera sur le blog dés sa parution )
Ces photos ne refletent que partiellement l'exposition et je vous invite fortement
à la visiter en prenant contact notamment avec Claudine.





 









jeudi 16 décembre 2010

HISTOIRE DE FELUY

Références sur Feluy et entre autre, à l'histoire de Feluy par l'abbé Stroobant.

A partir de ce lien il est possible de visualiser complétement l'ouvrage qui a été digitalisé par Google, il est même possible d'en extraire une version pdf pour l'imprimer.


vendredi 3 décembre 2010

Circuit découverte de quelques bâtiments rénovés du village d'Arquennes

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Autrefois partie intégrante du duché de Brabant, séparée du comté de Hainaut par la Samme qui traversait notre commune, Arquennes est aujourd'hui une paisible bourgade qui possède une longue et riche histoire, qu'il ne nous appartient pas ici de détailler. Des siècles d'exploitation d'un gisement de petit granit dit des Ecaussinnes ou de Soignies ont apporté à notre village la richesse et une réputation dépassant largement les limites de nos contrées. Ils ont également modifié de façon unique la toponymie des lieux, que ce soit par les carrières en elles-mêmes ou par les développements qu'elles induisirent, comme le creusement du canal de Charleroi à Bruxelles ou l'établissement du chemin de fer de Manage à Ottignies, afin de tenter de maintenir la prospérité de cette industrie de la pierre et aussi de maintenir l'équilibre économique avec le bassin d'Ecaussinnes-Soignies. Cette histoire si riche nous a également laissé quelques beaux témoignages architecturaux, qu'il n'est pas toujours facile de resituer du fait des éléments indiqués ci-dessus, par manque de documents disponibles ou parce que ceux-ci ont subi d'importantes modifications. Nous vous invitons maintenant à une promenade-découverte de quelques-uns de ces lieux.

Point de départ : la Grange à la Dîme








Ce bâtiment ancien, constitué d'une belle salle de style gothique, a été rénové à la fin du 20eme siècle par les soins de l'administration communale, qui en est aujourd'hui propriétaire.

Il faisait autrefois partie d'un ensemble plus important, comprenant l'ancienne cure ainsi qu'un jardin. En 1125, l'autel d'Arquennes fut cédé par le chanoine de l'abbaye Saint-Feuillien de Fosses-La-Ville à

l'abbaye de Saint-Feuillien du Rœulx, ces abbayes appartenant à l'ordre des Prémontrés.

En 1279, apparaît le nom du premier curé connu : il s'agissait d'Hugues de Bornival. Jusqu'en 1827, la
paroisse sera administrée par des Prémontrés désignés par l'abbaye de Saint Feuillien du Rœulx.
Ce bâtiment ayant été acquis par des particuliers, on y exploita même, au siècle dernier, un atelier de
mécanique (Georges Hiernaux), et il servit également d'entrepôt (Fernand Delvaux).
En sortant, vous remarquerez sur la droite l'escalier, installé lors des travaux de rénovation,
qui relie la grand-place à la place Albert Ier et à l'église.
L'ensemble de la rénovation confère à cette cour un certain cachet

Nous quitterons ce lieu par la gauche pour déboucher sur la grand-place.
Face à nous, nous découvrons une petite ruelle qui constitue l'accès à l'ancienne ferme de la Dave, ou seigneurie du Châtel. Nous y distinguerons également le pignon en moellons d'un bâtiment appelé le patronage. Il s'agit en fait d'une construction de style néo-gothique, datant de la fin du 18 ème siècle, construite sur l'emplacement de l'ancienne grange de la seigneurie citée ci-dessus; elle était destiné aux écoles libres et servit de patronage. Le bâtiment fut occupé pendant la seconde guerre mondiale par des collaborateurs rexistes, membres de la Légion Wallonne, qui l'incendièrent lors de la débâcle allemande. Cet édifice, accessible par la rue de Chèvremont, a fait l'objet d'une importante rénovation à la fin du 20eme siècle, à l'initiative de l'administration communale; il abrite aujourd'hui un ensemble de logements.
Nous remontons vers le canal et le pont tournant.
Sur la droite, sur le parking longeant la Samme, se situait autrefois l'ancien moulin banal (moulin Dubois). Il a été détruit dans les années 1970. Un projet communal est actuellement à l'étude en vue d'élever à cet endroit un immeuble de logements.
De l'autre côté de la route, à l'arrière de l'arrêt de bus, le terrain aujourd'hui remblayé voyait autrefois s'écouler la Fausse Samme, qui était un petit canal de déviation installé sur ladite rivière et destiné à amener l'eau au moulin.





Nous arrivons à l'ancien pont tournant, ouvrage d'art aujourd'hui classé, qui fut érigé vers 1885, lors de la construction du second canal de Charleroi-Bruxelles. Il est doublé d'une passerelle piétonne qui permettait le passage lorsque le pont était en service. Il était actionné par un seul homme au moyen d'une manivelle. Il homme au moyen d'une manivelle. Il constitue un témoignage du savoir-faire de nos entreprises et de la richesse de notre région, et c'est l'un des symboles de notre commune; il serait dommage d'un jour le voir disparaître, comme a aujourd'hui disparu l'ancien viaduc du chemin de fer qui surplombait autrefois le canal et dont on peut encore apercevoir les soubassements, lorsque l'on regarde vers Feluy.
De l'autre côté du canal, sur la gauche, se situaient autrefois les anciennes carrières d'Arquennes. Ces exploitations du gisement de petit granit firent la fortune de plusieurs familles du village et apportèrent une certaine prospérité à celui-ci.

Pour ceux qui le souhaitent, il est possible de passer le pont et de se diriger sur la gauche, le long du canal, où après quelques centaines de mètres ils découvriront la ferme dite de la
Basse-Cour, ou ferme de Lalaing, du nom d'une famille à laquelle elle a appartenu.







 Il s'agit d'un bâtiment dont le gros œuvre daterait du 16eme siècle et qui aurait été remanié au 18 ème. Il semble qu'avant le creusement du canal, la Samme décrivait un méandre entourant la propriété.




Quant à nous, nous descendrons avant le pont par la droite, en empruntant la ruelle qui longe le canal. Nous enjamberons alors la Samme par la petite passerelle, pour arriver sur une petite place où plusieurs bâtiments ont également fait l'objet d'une rénovation. Nous emprun¬terons l'escalier qui conduit à l'église.
L'église paroissiale de la Sainte Vierge était autrefois dédiée à Saint Boniface. Il s'agit d'un édifice élevé vers 1500 en style gothique hennuyer, après l'incendie qui suivit le passage des troupes de l'empereur Maximilien d'Autriche. Il fut encore restauré plusieurs fois vers la fin du I7eme siècle et au I8eme pour réparer les dommages occasionnés par divers incendies dus aux allées et venues incessantes des troupes étrangères, françaises, espagnoles, hollandaises... qui s'affrontaient alors dans toute l'Europe, et plus particulièrement sur le sol de notre Belgique actuelle, lors d'interminables conflits. C'était l'époque de Louis XIV et de ce qu'on appellera plus tard le Grand Siècle. Pour nos contrées, ce ne fut souvent que ruines et désolations... Citons ainsi, à titre d'exemple, la bataille de Seneffe, le bombardement de Bruxelles, la bataille de Steenkerque... Une dernière restauration intervint dans les années 1950. Nous remarquerons autour de ce bâtiment plusieurs pierres tombales de familles de maîtres de carrières.
En contournant l'église par la gauche, nous arrivons dans la cour de la Copenne dont le nom trouve son origine dans celui d'une ferme qui s'y élevait autrefois avec ses dépendances; on y trouve référence dans des actes remontant à la 2eme moitié du 16eme siècle. Plusieurs petites maisons, dont l'une est occupée par l'ancien boucher du village Mr. Jean Bardiaux et son épouse, ont ici aussi fait l'objet d'une belle restauration.
Nous descendrons alors vers la place Albert 1er, en longeant l'ancienne maison communale, qui date de 1838 et est de style néo-classique. Ce bâtiment devrait faire l'objet de différents aménagements en vue d'être mis à la disposition, par l'administration communale, de différents services publics et associations.
Face à nous s'élève alors le presbytère, bâtiment de style classique, daté en façade de 1760. La porte est surplombée d'un cartouche aux armes de l'abbaye des Prémontrés de Saint Feuillien du Roeulx. Un escalier menant aux caves est surplombé d'un linteau daté de 1649. Ce bâtiment était autrefois entouré de prairies exploitées pour le compte de la cure.

Sur la droite, faisant l'angle de la place, nous remarquerons le café du stade, anciennement appelé café des combattants







Une plaque commémorative en pierre, installée en façade, rappelle que c'est ici que vécut et mourut Philippe Demoulin, dernier combattant de la révolution de 1830. Ce dernier, comme il le souhaitait, reçut en 1912 la visite du jeune roi Albert 1er.

Cette place était également occupée autrefois par plusieurs commerces et a fait récemment l'objet d'une importante rénovation de voiries .
Nous nous dirigerons ensuite par la rue des écoles, sur la gauche de la cure, vers le château d'Alcantara. Nous remarquerons au passage, sur la hauteur, l'ancienne école des garçons construite en 1868 et qui leur fut réservée dès 1875. Elle était précédée d'une habitation occupée par le directeur.

Nous arriverons ainsi au château d'Alcantara, ainsi nommé en référence à la famille qui le fît ériger. Il s'agit en réalité d'une maison de plaisance avec jardin élevée en 1722 par Ferdinand, comte d'Alcantara, époux de Suzanne de Bestenraedt, fille du seigneur de la Rocq. Un des ancêtres de ce personnage fut gouverneur de la ville de Mons.
Cet édifice fut construit sur des bâtiments plus anciens qui portaient le nom de Censé Mère André. Certaines traces laissent à penser qu'il pourrait s'agir d'un bâtiment de la première moitié du 16eme siècle.
Ces biens furent vendus par les héritiers de la famille d'Alcantara en 1789. Selon l'acte de vente, il semble bien que la propriété était d'importance, puisqu'elle comprenait une maison de plaisance avec jardin, parvis, boulangerie, remise écuries, cours, le tout entouré de murailles avec une maison de ménager...
Aujourd'hui, une glacière reste visible, creusée dans le mur situé face à la tour de l'autre côté de la rue. Il semble également qu'un puits ait existé sur le milieu de la chaussée et que celle-ci ait été fermée par des grilles dans le bas de la rue.
Sur ce domaine fut construit en 1875 une école pour les filles. Elle fut remplacée en 1963 par le complexe scolaire que nous connaissons aujourd'hui, inauguré en son temps par Mr Georges Bohy, Arquennais et ancien ministre.
Le corps de logis fut également occupé par les écoles et la direction, et servit au logement de professeurs.
Aujourd'hui, il s'agit d'un bâtiment communal, abritant la bibliothèque publique ainsi qu'un centre citoyen. Le complexe omnisports de Seneffe a également été construit sur le site voisin.
Nous descendrons ensuite vers le quartier de la fontaine, en empruntant la ruelle qui longe le complexe sportif à droite de la façade et qui séparait autrefois les biens de la cure de ceux de la Censé Mère André.
En arrivant au quartier de la fontaine, nous découvrons la fontaine dite de l'Hoya,





qui doit son nom au bâtiment situé à sa gauche, au dessus de la chapelle Sainte Anne, que l'on appelait hôpital de l'Hoya. Ce bâtiment était déjà cité fin du 15eme siècle. La construction actuelle remonte partiellement à la fin du I7eme et au début 18ème

Nous prendrons alors sur notre droite, pour nous diriger vers la place Mathy, ainsi nommée en référence à Mathieu Nopère, frère du constructeur de l'Alcazar, qui y avait établi une ferme et avait installé son fumier devant sa maison, d'où également le nom de fosse Mathy que l'on retrouve au fil du temps.

Cette petite place a fait l'objet d'une récente et importante rénovation de voirie. Plusieurs bâtiments y ont aussi été transformés et plusieurs façades ont ainsi été sablées pour laisser réapparaître leurs murs de moellons en pierre du pays. On remarquera également sur cette place un bel immeuble avec porte cochère, datant du début du 19eme siècle et qui abritait autrefois une brasserie. Cet endroit hébergea toujours de nombreux commerces tels que boucherie, boulangerie, épicerie, cordonnier, café et même cinéma...
Nous rejoindrons la grand-place en logeant l'ensemble de maisons dit « La Longue Maison » qui faisait la jonction avec le bâtiment de l'Alcazar. Jusque dans les années 1970, un bourrelier y avait son atelier (Arthur Vandevelde).
De retour sur la grand-place, nous ne manquerons pas de nous attarder quelque peu sur le bâtiment dit de l'Alcazar. Il s'agit du nom donné à la fin du 19eme siècle à un immeuble construit en 1664 par Jérôme Nopère, héritier d'une illustre famille de maîtres de carrière déjà citée vers 1400, lui-même mayeur d'Arquennes et grand mayeur député de l'Office de Nivelles en 1652.
Par la suite, l'édifice devint propriété de la fabrique d'église et servit de salle de fête. C'est dans cette partie, qui constituait également l'ancienne grange, qu'au milieu des années 1970 débuta un terrible incendie qui ravagea la partie droite du bâtiment.
Reconstruit, le bâtiment continua encore pendant quelque temps à être exploité en tant que café et salle de fête, avant d'être racheté par la Commune de Seneffe qui le dota d'une aile moderne en 1998, en vue d'y accueillir les services communaux du C.P.A.S. On remarquera le perron à double volée, les fenêtres à croisées de pierres et les nombreux autres détails architecturaux, ainsi qu'à sa droite la porte cochère en plein cintre, qui font de ce bâtiment un des plus beaux de notre commune.
Par ailleurs, quelques autres bâtisses situées également sur la grand-place attireront également notre attention. Il s'agit des bâtiments situés sur la droite en restant dos à l'Alcazar. Il s'agit d'immeubles mitoyens remontant au moins au 17 siècle. On y remarquera les façades en pierres de taille qui ont été sablées, conservant des soubassements chanfreinés et des témoins de fenêtres de type traditionnel. L'une d'entre elles, précédée par un perron, supportait autrefois semble-t-il un cadran solaire et était appelée « Maison de l'Ange » ou « Hostellerie de l'Ange ». Elle fut occupée par les baillis d'Arquennes.

Nous rejoindrons alors notre point de départ.

Sources d'informations :
Curé D'Awan :Histoire d'Arquennes
Robert Cotyle :Arquennes, Pays de la pierre Glossaire Toponymique
Annales Historiques
Robert Gailly :Note sur le Château d'Alcantara Jean-Louis Van Belle :L'industrie de la Pierre en Wallonie
Les Maîtres de Carrières d'Arquennes sous l'ancienrégime
Signes Lapidaires -nouveau dictionnaire
A. Sterling :Histoire des Voies Navigables, le canal de Charleroi à Bruxelles Inventaire du patrimoine architectural de Wallonie

Maison de la mémoire de Seneffe Module Histoire de nos carrières.

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