vendredi 12 juin 2015

LE NOTARIAT DE L’ENTITE DE SENEFFE




Les notaires sont des officiers publics dont le rôle est de rédiger des actes authentiques.
L’institution du notariat est issue de la fonction des hommes de fief sur plumes, coutume particulière au Hainaut qui existait sous l’ancien régime, bien que le notariat existât en d’autres territoires de la couronne.
La cour féodale du comte de Hainaut était composée du bailli et des féodaux (hommes de fief). Ceux-ci entérinaient toutes les transactions foncières se passant dans les fiefs du comte-suzerain (reliefs).
En Hainaut, en vertu d’un usage ancien, les habitants avaient coutume de passer certains actes à caractère personnel devant les hommes de fief du comte, sans passer par la Cour féodale, ils servent à authentifier les pièces auxquels ils sont témoins. Ces actes devenant de plus en plus nombreux et les hommes de fief se raréfiant, ils ne suffirent plus pour exercer leur mission de témoins, car ils étaient souvent peu versés en droit et parfois incapables d’écrire.
Ce sont des écrivains « clercqs escopiers » qui furent les rédacteurs de ces conventions privées ou autres. C’est ainsi que naquirent les « hommes de fief sur plumes » par opposition aux « hommes de fief sur fonds ». La qualification sur plume témoigne de la rente qu’ils versaient au compte d’abord sur les chapons, puis sur une plume de chapon et enfin sur une fraction de plume (1/100), rente devenue purement symbolique.
Ils étaient requis dans les transactions financières où un serment était requis, s’occupaient des contrats de mariages, avis de père et mère, testaments, pensions viagères, acquis de dettes ou de fournitures de marchandises.
L’institution des hommes de fief sur plume est maintenant largement connue par l’étude de l’archiviste Louant[1].
Néanmoins, il y eut des notaires en Hainaut à des moments précis sans que l’institution des hommes de fief soit supplantée.
Le roi Philippe V modifia l’organisation dans les Pays-Bas dont Charles-Quint avait dicté les premières ordonnances en son temps. Jusque-là le nombre des notaires était illimité et leur charge ne s’achetait pas. Par son édit du 20 juin 1704, le roi révoqua tous les notaires alors en fonction, détermina leur nombre pour l’avenir, vendit leurs places et les rendit héréditaires.
L’article 21 défend aux hommes de fief de ne passer à l’avenir aucun acte ou contrat, cette faculté étant réservée aux notaires royaux. Cette ordonnance rencontra beaucoup d’opposition, dès le 2 janvier 1705, Philippe V était obligé de la modifier en ce qui concerne le Hainaut : « Pour ne pas altérer entièrement l’usage et le style de la province, les notaires royaux ou leurs commis autorisés, qui ne sont pas hommes de fief, se feront admettre en cette qualité et s’adjoindront un autre homme de fief, au lieu de deux hommes pour les obligations qu’ils passeront ». Par la même ordonnance, le nombre des notaires institués pour la province fut porté de 20 à 30.
En 1712, les Etats de Hainaut adressèrent une requête à Charles VI pour obtenir la suppression des nouveaux notaires et que continuèrent à instrumenter les hommes de fief.
Ces institutions furent balayées par la Révolution française qui les remania.
Le lois du 6 octobre1791 et du 7 pluviôse an II (26-1-1794) avaient abolis tous les offices de notaires et les avaient remplacés par des notaires publics nommés et institués par le gouvernement.
Quand les Français arrivèrent dans notre pays, un arrêté directorial du 3 prairial an III (22-5-1796) déclara vacants tous les offices, emplois et commissions de notaires, tabellions, hommes de fief dans les départements réunis. Ils calquèrent les institutions belges sur les leurs.
La loi du 25 ventôse an XI (17-3-1803) organisa le notariat dans ses grandes lignes actuelles

Extrait de la loi consulaire contenant l’organisation du notariat

Liste onomastique des notaires de l’entité de Seneffe (par ordre alphabétique)

Le hasard de nos recherches nous a fait découvrir un dossier concernant les nominations de certains notaires dans notre entité. Grâce à ces documents nous pouvons établir une liste alphabétique des notaires de l’entité seneffoise


 
ARQUENNES

CrÉvecŒur Bernard-François
Notaire de 1821 à 1823

FELUY

CAILLET DAVID
Notaire du 1er janvier 1914 au 1er janvier 1920

COCHE EDGARD
Notaire du 13 décembre 1945 au 29 juin 1960

DEBAUQUE EMMANUEL-JOSEPH[2]
Premier notaire de Feluy de 1806 à 1823

DEBOUCHE GÉRARD[3]
Notaire depuis 1994 jusqu’à nos jours
Echevin de Seneffe

DEBOUCHE JEAN-MARIE[4]
Notaire du 29 juin 1960 au 10 mars 1994
Echevin de Seneffe

DELHAYE CAMILLE
Notaire du 1er janvier 1902 au 1er janvier 1911

DOUMONT ERNEST[5]
Ernest Doumont a travaillé comme second clerc chez le notaire Jeanmart à Namur du 8-10-1854 au 1-9-1856.
Entré à l’université de Bruxelles, il y fut diplômé le 27-8-1857, il est candidat notaire depuis cette date.
Il fut alors premier clerc dans l’étude de Me Jacqmain à Jumet jusqu’au 31 -1-1865. Il continua au même poste chez Me Boulvin, notaire à Châtelet du 1-2-1865 au 30-9-1866, et ensuite en l’étude de Me Quenne, notaire à Charleroi du 1-10-1866 jusqu’en 1868.
Il est nommé notaire à Feluy le 11-9-1868 en remplacement du notaire Dumortier, démissionnaire.
Le procureur général dit de lui « Il possède toutes les connaissances nécessaires à la fonction de notaire. Sa moralité politique et privée ne laisse rien à désirer »
Il restera notaire à Feluy jusqu’à son décès en 1893

DUMORTIER JEAN-BAPTISTE[6]
Par arrêté royal du 11 mai 1836, Jean-Baptiste Dumortier, candidat notaire au Rœulx, fut nommé notaire à Feluy en remplacement de Valentin-Joseph Guilmot. Il était premier clerc chez un notaire du Roeulx pendant 15 ans.
Le procureur général dit de lui «  Ses connaissances en droit paraissent assez étendues. Le Sr Dumortier, encore célibataire, est le seul soutien de sa mère âgée de 82 ans. Le bourgmestre du Roeulx en dit beaucoup de bien, il étudie le notariat depuis l’âge de 19 ans, il paraît toutefois qu’il ne s’en occupe plus tout à fait »
Il fut nommé juge suppléant près de la justice de Paix de Seneffe, le 19 septembre 1841
Il fut notaire à Feluy jusqu’à sa démission pour cause de santé en 1868

DUPONT OMER[7]
Notaire de 1893 à 1899

GUILMOT VALENTIN-JOSEPH
Nommé Notaire en 1824
Il a donné sa démission en 1836

LELUBRE EUGÈNE[8]
Notaire du 15 octobre 1920 au 10 octobre 1945

VALLÉE AMÉ[9]
Diplômé le 12-4-1888, il fut notaire à Feluy du 1er janvier 1911 au 1er janvier 1914, date où il fut désigné notaire à Binche


SENEFFE
BERTRAND CAMILLE
Notaire de 1931 à 1932






CASTELAIN FLORIMOND[10]
Candidat notaire à Seneffe, est nommé notaire en remplacement de D. Navez, le 1er janvier 1854
Il fut notaire jusqu’au 1er janvier 1890
Bourgmestre de Seneffe, juge de paix suppléant

CROUSSE JOSEPH-ANTOINE
Notaire de vendémiaire an VIII (Octobre 1799) à 1816

CROUSSE JERÔME
Notaire royal cité en 1788
Notaire de 1797 à 1816

CROUSSE FLORENT-FRANCOIS
Notaire de 1816 à 1837

DELFOSSE PAULIN[11]
Notaire du 1er janvier 1891 au 1er janvier 1914

DUBOIS NESTOR[12]
Notaire du 1er janvier 1878 au 1er janvier 1899

DUPRET JULES [13]
Notaire de 1850 à 1864

GILMONT ADOLPHE-JEAN-BAPTISTE[14]
Notaire de 1843 à 1849

GILMONT JEAN-BAPTISTE[15]
Notaire impérial
Les papiers et registres de l’ancien greffe de Feluy furent déposés un moment dans l’étude de Me Jean-Baptiste Gilmont.
Notaire de 1810 à 1843

GRIBOMONT YVES
Notaire actuellement en fonction

HUBERT CLAUDE[16]
Notaire du 5 décembre 1962 au 9 octobre 1990
Fils du notaire Fernand Hubert à qui il succède.

HUBERT FERNAND[17]
Notaire du 27 novembre 1925 au 5 décembre 1962

MICHOTTE JEAN-JOSEPH
Notaire de 1819 à 1820

NAVEZ DOMINIQUE[18]
Notaire en 1839
Notaire à Seneffe, est nommé le 12 juillet 1854, notaire à Mons en remplacement de Me Plétain, décédé
Bourgmestre de Seneffe

ROBERT NICOLAS-JOSEPH
Notaire de vendémiaire an XIII (septembre 1804) à 1817

VANDAM EMILE[19]
Notaire de 1865 à 1878

ARQUENNES



Crèvecœur Bernard
1821-1823


FELUY



Debauque Emmanuel
1806-1823
Guilmot Valentin
1824-1836
Dumortier Jean-Baptiste
1836-1868
Doumont Ernest
1868-1893
Dupont Omer
1893-1899
Delhaye Camille
1902-1911
Vallée Amé
1911-1914
Caillet David
1914-1920
Lelubre Eugène
1920-1945
Coche Edgard
1945-1960
Debouche Jean-Marie
1960-1994
Debouche Gérard
1994-2015






SENEFFE



Crousse Jérôme
1788-1816
Crousse Joseph-Antoine
1799-1816
Robert Nicolas-Joseph
1804-1817
Gilmont Jean-Baptiste
1810-1843
Crousse Florent-François
1816-1837
Michotte Jean-Joseph
1819-1820
Navez Dominique
1839-1854
Gilmont Adolphe-Jean-Baptiste
1843-1849
Dupret Jules
1850-1864
Castelain Florimond
1854-1890
Vandam Emile
1865-1878
Dubois Nestor
1878-1899
Delfosse Paulin
1891-1914
Hubert Fernand
1925-1962
Bertrand Camille
1931-1932
Hubert Claude
1962-1990
Gribomont Yves
1991-2015


[1] Louant A. Les hommes de fief sur plume créés par la Cour féodale de Hainaut de 1556 à 1794. Origine du notariat en Hainaut, dans tablettes de Hainaut, Hombeek, s.d.
[2][2]  Debauque Emmanuel,-Joseph ° Houdeng-Aimeries 5-1-1778, † Seneffe 28-3-1824, x Fleurus 20-3-1798, Vanmerbeeck Marie-Béatrice, ° Fleurus 27-5-1-1781, † Feluy 20-5-1844.
[3] Debouche Gérard-Baudouin, ° 17-1-1961
[4] Debouche Jean-Marie-Charles-Christian-Ghislain, ° Tamines 26-4-1934, † Seneffe 14-2-2007, x 1°- Blackman Evelyne, ° Walcourt 6-7-1936 ; x 2°- Meunier Françoise, ° 30-10-1949, médecin cancerologue
[5] Doumont Ernest-Barthélémi-Joseph, ° Ham-sur-Sambre 15-12-1834, † Feluy 1893
[6] Dumortier Jean-Baptiste, ° Roeulx 1798
[7] Dupont Omer-Théofore-Henri-Alexis-Joseph, ° Ham-sur-Heure 19-12-1863
[8] Lelubre Eugène, ° Gosselies 27-7-1881
[9] Vallée Amé-Ulysse-Gaston, ° Warquignies 30-1-1862, x Feluy 6-4-1912, Cornez Emilie, ° Fleurus 27-5-1-1781
[10] Castelain Florimond-Joseph, ° Seneffe 25-4-1822, y † 1-12-1890.
[11] Delfosse Paulin-Florent-Joseph, ° Seneffe 20-1-1861
[12] Dubois nestor-Léopold, ° Merbes-le-Château 28-6-1840
[13] Dupret Jules, ° Charleroi 17-9-1817, † Seneffe 5-7-1864, x 14-11-1849, Bertrand Ermeline, ° Mettet 7-3-1823, † Namur 4-3-1902
[14] Gilmont Adolphe-Jean-Baptiste, ° Seneffe 14-9-1809, y † 23-6-1849, x Charlier Marie-Antoinette-Joseph, ° Chapelle-lez-Herlaimont 1817
[15] Gilmont Jean-Baptiste, ° Marche-lez-Ecaussinnes 25-1-1785, † Seneffe 18-4-1844, x Seneffe 1803, Julien Marie-Louise-Joseph, ° Seneffe 20-1-1780, y † 1864.
[16] Hubert Claude, ° Seneffe 25-5-1933, x Stockman Jeannine, ° Tirlemont 25-3-1936
[17] Hubert Fernand, ° Morlanwelz 7-3-1897, x Mauroy Anne-Marie, ° Morlanwelz 30-5-1908
[18] Navez Dominique, ° Mons 1803
[19] Vandam Emile, ° Charleroi 9-4-1832

mercredi 3 juin 2015

Philippe Demoulin



 http://www.telesambre.be/seneffe-a-seneffe-expo-consacree-a-philippe-demoulin-dernier-combattant-de-1830_d_13995.html











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dimanche 3 mai 2015

SENEFFE DANS LES DICTIONNAIRES


Il est intéressant d’examiner les dictionnaires anciens et récents qui parlent de Seneffe.
Si le fond du sujet reste identique, des différences parfois anodines ou marquantes font apparaître des points spécifiques de l’histoire de la localité.

Dictionnaire géographique de la province de Hainaut
Auteur : Philippe Vandermaelen
Année : 1833.

Seneffe, commune et chef-lieu du canton de son nom, de l’arrondissement et à 4 lieues 2/2 N.O. de Charleroy et à 6 lieues E.N.E. du chef-lieu de la province.
Elle est bornée au N. par les communes d’Arquennes et Feluy, à l’E. par celle de Petit-Roeulx-lez-Nivelles, au S. par les territoires de Gouy-lez-Piéton, Chapelle-lez-Herlaimont et Faytn et à l’O. par ceux de Bois d’’Haine et Familleureux.
Cette commune se compose du bourg de seneffe, chef-lieu, et des hameaux Tyberchamps, Sart-Rouge, Soudremont, Long-Sart, Manage, Bois-de-Nauwe, Belle et Buisseret.

Hydrographie : La Samme et le canal de Charleroy à Bruxelles traversent le territoire du S. au N. ; la première y active deux moulins. Il y a plusieurs étangs.
SOL : Surface inégale, sillonnée par un grand nombre de coteaux arrondis ou scabreux. L’adhérence des parties constituantes de ce terrain le rend extrêmement humide. Les terres labourables de la première classe offrent une couche végétale, argilo-calcaire et sablonneuse, de couleur brune

HABITATION : Cinq cent cinquante trois maisons plus ou moins bien construites, une église et deux écoles primaires. Le bourg de Seneffe est remarquable tant par la beauté des sites que par le grand nombre de châteaux qui l’environnent ; on en compte quatre dans la commune.
Il est peu de palais qui égalent la magnificence du château de M. de Pestre, comte de seneffe et de Turnhout : il est bâti  en granite, décoré à chaque façade de huit colonnes d’ordre corinthien. Les galeries latérales, qui forment les ailes du palais, sont d’ordre ionique ; ornées de belles statues surmontées de plates-formes, chacune d’elles se termine par un dôme ; l’un sert de demeure du jardinier, l’autre de chapelle, construite à l’italienne, dans laquelle on distingue un autel en marbre de Gênes.
L’intérieur du palais mérite également d’être vu : le salon d’entrée a soixante pieds de longueur et reçoit le jour par six croisées ; il est pavé en marbres de différentes couleurs. On remarque l’escalier en acajou et parqueté : la rampe est en fer et travaillée en arabesques. Les appartements sont richement tapissés, ornés de lustres d’un grand prix, de glaces de Venise et de cheminées de marbre. Dans un des salons on y voit des pilastres en marbre de Saint-Rémy ; il y a un billard en acajou et une bibliothèque qui contient quatre mille volumes ; on y voit deux tables magnifiques, dont une mosaïque qui renferme une collection de toutes sortes de marbres de tous les pays ; l’autre en acajou, décorée d’ouvrages en or fin, dite de Mariemont, parce qu’elle a été faite pour le prince Charles, elle a coûté quatre mille florins. Dans la galerie des tableaux, est un bas-relief qui représente la bataille livrée par Alexandre le Grand à Darius ; parmi un grand nombre de bustes on distingue celui d’Henri IV, de Louis XIV, des princes de Soubise et de Condé. Les salles de bain renferment des baignoires en marbre  (il s’y trouve trois sortes d’eau). Les promenades et les terrains d’agrément qui embellissent ce séjour sont du meilleur goût. On arrive au château par une grande avenue de peupliers d’Italie, d’un quart de lieue de longueur, à six rangées d’arbres tirées en ligne droite à partir du clocher du bourg, qui, vu du perron du palais ressemble à un obélisque. Le grillage d’entrée est d’un travail très recherché. Le parc, fermé par une enceinte de murailles offre une salle de spectacle, où se trouve le panorama du château de Lunéville, en Lorraine. Les serres chaudes, bâties à l’italienne, ont des toitures en glaces. On remarque un oranger qui a cinq siècles d’existence et qui se trouvait dans l’orangerie du duc Jean de Brabant ; on y distingue aussi une Vénus de Médicis d’une grandeur colossale. Le point de vue de la pelouse, pris sur l’escalier du château, ainsi qu’un étang de cent pieds carrés, placé sur le sommet d’une montagne, et le lac au milieu duquel se trouve un jet d’eau qui monte à vingt-cinq pieds de hauteur, forment un ensemble du plus bel effet ; les trois jardins potagers disposés en amphithéâtre, au milieu de chacun desquels est un bassin, offrent également un beau coup d’œil. Mais ce qu’on ne se lasse pas d’admirer, est le quinconce qui offre en petit la forêt de soigne, la cabane des voleurs, la tour de Bel, la glacière, la colonne de Trajan, l’Ermitage du frère Bruno,  les ponts rustiques et plusieurs autres embellissements de ce genre. Toutes les allées du parc sont ornées de statues  et de vases. Deux belles statues de marbre de Gênes sont placées sur le perron du côté du midi

COMMERCE ET INDUSTRIE : Il y a une verrerie où l’on fabrique des bouteilles et verres à vitre, une raffinerie de sel, une fabrique de chapeaux communs, deux tanneries, quatre brasseries, une distillerie, deux moulins à tan et quatre moulins à blé, mû par le vent.

FOIRES ET MARCHES : Il s’y tient tous les ans le dix août.

ROUTES ET CHEMINS : Cette commune est traversée par la grande route de Mons à Nivelles et par un grand nombre de chemins vicinaux qui, malgré leur bon entretien, sont en quelque sorte impraticables en hiver.

HISTOIRE : Deux batailles sanglantes furent livrées à Seneffe. En 1674, les alliés menaçaient d’assiéger Charleroy. Le prince de Condé qui voulait empêcher ce siège attaqua le 1er août, à la tête de quarante-cinq mille hommes, dans les plaines de Seneffe, l’armée des alliés, forte de soixante mille, sous les ordres du jeune prince d’Orange. Le comte de Monterey y commandait les Espagnols, et le comte de Souche, les Allemands. Le prince de Condé, après avoir  battu l’arrière-garde des ennemis à Seneffe, attaqua le reste de l’armée du prince d’Orange. Cette bataille fut très meurtrière. On évalua le nombre des morts, à vingt-sept mille hommes. Les deux partis, qui y firent des prodiges de valeur, s’attribuèrent l’avantage de cette journée. Mais le champ de bataille, avec tous les équipages de l’armée ennemie, resta aux Français.
Le 2 juillet 1794, les troupes autrichiennes furent battues dans ce village par les généraux français Olivier et Marceau

Dictionnaire encyclopédique de géographie historique su royaume de Belgique
Auteur : Jean-Auguste Jourdain
Année : 1868-1869

Seneffe : Com. du Hainaut, arr. et jud. de Charleroi, ch.l.de cant. de mil. et de cant. de j. de. p. – Ev. De Tournai.
Pop. 5480 hab. – Sup. 3.242 ha 60 a 60 ca.
Sit. Dans une situation très pittoresque, sur la route de Nivelles à Mons et près du chemin de fer de Braine-le-Comte à Charleroi ; 9 km NO de Charleroi, 29 E.N.E. de Mons.
Cour d’eau : Du S. au N. la Samme affluent de la Senne, et le canal de Charleroi à Bruxelles.
Sol : inégal, sillonné de coteaux, argile calcaire et sablonneux, gras pâturages et champs fertiles en céréales de toutes espèces.
Ind. et com. : Agriculture, fan. De bleu d’azur et amidon, chicorée, tuyaux de drainage, savonneries, tanneries, corroierie –Haras- Ecole de jeunesse et des enfants pauvres, tenue par les Sœurs de la Providence.
Foires et marchés : Dimanche et lundi de la pentecôte ; 14 avril et 14 octobre ; les mardis et vendredis.
Postes : Manage, station de chemin de fer.


Dép. Belle, Buisseret, Manage, Long-Sart, Soudromont et Tyberchamps
Edif. : Châteaux, dont plusieurs vraiment remarquables : celui dit de Seneffe, bâti en 1790, d’après les plans et sous la direction de l’architecte Dewez, est sans contredit le plus beau de toute la Belgique. Il est entièrement exécuté dans le genre des anciennes villas romaines et de quelques unes élevées par Palladio. Ce château forme un carré long à deux étages, terminés en terrasse, ornés d’une balustrade ; au centre est un avant-corps  de quatre colonnes corinthiennes surmontées d’un fronton. Deux des galeries ouvertes d’une grande  longueur, soutenues par des colonnes ioniques et couronnées  de balustrades, passant à droite et à gauche du grand corps de logis  pour aboutir à deux charmants pavillons surmontés par des coupoles élégantes. L’un de ces pavillons sert de logement au portier, l’autre est une chapelle ornée d’un bel autel en marbre de Gênes ; toutes ces constructions sont en granit. Dans l’intérieur du château, on admire le grand salon, long de soixante pieds et pavé de marbre varié, l’escalier en acajou et dont la rampe est magnifique, un des grands salons orné de pilastres en marbre de Saint-Rémy, la galerie de tableaux, etc.
Hist. : En 1674,  une sanglante bataille eut lieu sur le territoire de seneffe, entre le prince de Condé et le prince d’Orange, qui devint ensuite roi d’Angleterre. La victoire fut indécise, bien que le champ de bataille fut resté aux français avec les équipages de l’armée ennemie. Le prince d’Orange s’attribua la victoire, mais le prince de Condé prouva qu’il n’avait pas été battu, en faisant lever le siège d’Audenarde que le prince d’Orange avait entrepris après cette bataille et en poursuivant son ennemi.
En 1794, les troupes françaises remportèrent à Seneffe un avantage sur les troupes autrichiennes.

Dictionnaire géographique, administratif, industriel et commercial du royaume de Belgique
Auteur : Anonyme
Date : 1845

Seneffe : Pr. De Hainaut, à 5 l. de Charleroi, arr. admn. ; et à 6 l. de Mons, ch.l. de  pr. –
3850 hab. – év. Tournai – Justice de paix.
Fabrique de sucre de betteraves, clouterie, tannerie et commerce de charbon.
C’est dans ses environs qu’a été livrée une sanglante bataille entre le prince d’Orange et le prince de Condé, le premier s’attribua la victoire, mais le prince de Condé prouva qu’il n’avait pas été battu en faisant lever le siège d’Audenarde que le prince d’Orange avait entrepris après cette bataille et en le poursuivant.
En 1794, les troupes françaises commandées par le général Marceau, y remportèrent un avantage sur les troupes autrichiennes.

Dictionnaire national belge, historique, biographique, géographique, statistique, artistique, industriel et commercial
Auteur ; Victor Doublet de Villers
Année : 1869

SENEFFE : Pr. De Hainaut, arr. de Charleroi, près Manage, 5400 hab., dans un site très pittoresque, sur la route de Nivelles à Mons, près du chemin de fer de Braine-le-Comte à Charleroi, clouterie, fabrique de sucre de betteraves, brasseries, distillerie, raffineries de sel, minoteries, construction de bateaux, tanneries, corroieries, blanchisseries de toiles, fabriques de bleu d’azur, de tabac, de tuyaux de drainage, commerce de bêtes à cornes, de bois, de beurre, de farines, de fer, de houille, de grains, de levures, de toile, de houblon, de tourteaux
Foires aux marchandises : le dimanche et lundi de la pentecôte.
La commune se compose de 600 maisons et d’une église. Il s’y trouve quatre châteaux, dont le plus remarquable est bâti en granit ; par sa construction et magnificence, il égale les plus beaux palais.
Seneffe est célèbre par la bataille que s’y livrèrent en 1674, le prince de Condé et le prince d’Orange, devenu par la suite roi d’Angleterre, et dans lequel l’un  et l’autre se crurent victorieux et firent chanter  le Te Deum, sans avoir remporté l’avantage ni l’un ni l’autre. Le champ de bataille resta cependant aux français qui prirent aussi tous les équipages de l’armée ennemie

Guide artistique, historique et touristique de Centre
Auteur : Willy Staquet
Année : 1971

Seneffe, situation : Sur la route de Mons à Nivelles, à 12km de la Louvière, 29km de Mons, 23km de Charleroi, 7km de Nivelles, 3km de Manage. 3027hab.
Localité arrosée par la Samme et par le canal de Charleroi –Bruxelles
Ecole nationale de voile, camping moderne.

Vie économique : Zoning industriel.

Moyens d’y arriver : Autobus n° 141 (Nivelles-Manage).
Garages Barbary, garage Mouchart.

Histoire : C’est le 11 août 1674 que se déroule la bataille de Seneffe, bien que se soit à Fayt que se soit décidé le sort des armes.
Ce combat entre dans le cadre de la guerre de Hollande durant laquelle Louis XIV voulut écraser les Pays-Bas du Nord, dont l’économie nuisait au mercantilisme de Colbert. La guerre se termina par le traité de Nimègue. En 1675, Louis XIV vint visiter le champ de bataille.
En 1794, après la bataille de fleurus, les Français du général Marceau obtinrent à Seneffe un avantage sur les Autrichiens.
De nombreux habitants de seneffe participèrent à la révolution de 1830. En 1832, le gouvernement belge décerna un drapeau d’honneur à la ville.

Curiosités
Le château : œuvre de l’architecte L. Dewez (1760). On a écrit que le domaine avait été exécuté dans le genre des anciennes villas romaines. Dans le parc de style anglais, on remarquera à droite un Trianon flanqué autrefois d’un charmant jardin régulier, plus loin petit théâtre dans un cadre de verdure ; colonne commémorative rappelant la bataille de 1674.
On ne visite pas l’intérieur qui, malgré le délabrement, abrite encore une riche décoration de mosaïques, d’acajou, de chêne, de noyer. Le château est aujourd’hui inoccupé, il semble que l’Etat se charge de le restaurer dans un avenir prochain.
Durant la 2e guerre mondiale, les allemands l’occupèrent : il devint la résidence du général von Falkenhausen. A la libération, ce fut le tour des Américains.
L’église St-Quirice : Style néo-roman (1872), les vitraux modernes sont de Taf Wallet. A l’intérieur, statue en chêne de Saint-Ghislain (époque gothique), deux ostensoirs du XVIIIe s., un ciboire de la même époque.
Chapelle N-D. des Affligés : Non loin de la grille d’entrée du château, le petit édifice  est entouré d’arbres, au dessus de la porte d’entrée, une inscription : « L’an 1725, en l’honneur de Dieu et de N-D. des Affligés, cette chapelle a été bâtie par Jean Le Lièvre et Marie-Thérèse Bréban, son épouse ».
La statuette de la vierge est en bois (XVIIIe s.). La chapelle a été reconstruite en 1903.
Presbytère : Construit en 1760, quelques pierres tombales des XVIIe et XVIIIe s. sont adossées contre le mur.
Chapelle N-D. de la route : Copie de pierre très fidèle d’une chapelle du XVIIe s. à Arquennes.
Château de Scrawelle et château de l’Espinette : On ne visite pas
Folklore : Le premier dimanche de juillet, pèlerinage à N-D. des Affligés, une procession parcourt les rues de la localité, elle est organisée avec le concours des cavaliers de N-D., groupant 150 chevaux

Dictionnaire du Hainaut
Auteur : Jean Deroubaix
Année : 1989

SENEFFE
Commune de l’arrondissement de Charleroi, chef-lieu d’un canton judiciaire, formée par les localités de Seneffe,, Arquennes, Familleureux, Feluy et Petit-Roeulx-lez-Nivelles.
Sup : 5890 ha. Pop. : 10.015 hab. (1-1-1988)

Seneffe (en 1084, Sonefia)
Centre de la nouvelle commune, sit. à 10km de La Louvière, à 26km de Charleroi et à 26,5km de Mons.
Sup. 2.304ha. Alt. 115m (115-162).
Cours d’eau : le canal de Bruxelles-Charleroi et la Samme. Pop. 3421hab. C.P. 6198

Armoiries : De gueules à une clef d’or renversé en pal, le panneton à dextre, l’écu sommé d’une couronne à cinq fleurons et supporté par deux lions d’or contournés, armés et lampassés de gueules, tenant chacun une bannière bordée de sinople ; celle de dextre aux armes de l’écu, celle de senestre d’argent à un pal d’azur (A.R. du 18- novembre 1913)

Histoire : Le territoire de la localité se partageant en 3 seigneuries. La seigneurie de seneffe, dite d’Enghien, relevait de la cour féodale de Brabant.
Elle passa successivement aux familles de Luxembourg (XVe et XVIe s.) et aux de Pestre (XVIIIe s.). En 1766, Julien-Ghislain de Pestre acheta aussi les seigneuries de Scailmont, de Bois et Manage, Julien-Ghislain de Pestre fut créé comte le 28 mars 1768.
L’importante seigneurie de Tyberchamps, relevait de la cour féodale de Trazegnies. Elle fut la propriété successive des de Feluy, de Bousies (XIVe s.) Rubempré (1548), Renesse (1576), Ryckewaert (1651), Arrazola (1635), et achetée par Ignace Fr.-Jos. Charlé en 1759.
La troisième seigneurie importante, celle de Buisseret, appartenait aux Sibille (XVIIe  et XVIIIe s.)
L’autel relevait de l’abbaye de Saint-Feuilien de Roeulx et fut cédé en 1167 à l’abbaye de Bonne-Espérance.
En 1554, les troupes d’henri II incendièrent la localité.
Le nom de Seneffe est surtout lié à la fameuse bataille qui se déroula sur son territoire le 11 août 1674. Cette sanglante explication opposa les troupes du prince de Condé, fortes de 45.000 hommes et celles du prince Guillaume d’Orange, futur roi d’Angleterre, fortes de 48.000 hommes.
Longtemps indécise la victoire revint finalement aux Français. Elle coûta aux Alliés 8.000 tués ou blessés et 250 prisonniers. Tandis que les Français eurent 3.000 tués et 4.000 blessés.
Le 2 juillet 1794, les généraux Olivier et Marceau remportèrent la victoire sur les Autrichiens.
Par la loi du 16 mars 1880, Seneffe perdait son hameau de Manage promu au rang de commune.
L’industrialisation commença au XVIIIe s. par l’installation en 1764 d’une verrerie. Jusqu’alors le village était totalement voué à l’agriculture. Il existait à cette époque 1 brasserie, 1 distillerie et quelques sabotiers.
Un siècle plus tard, on recensait une raffinerie de sel, 1 verrerie, 1 fabrique de chapeaux, 4 brasseries, 2 moulins à eau et 4 moulins à vent. A la fin du XIXe s. on notait la présence d’un atelier de construction et de réparations pour le chemin de fer. En 1896, 146 ouvriers y travaillaient ; en 1937, il assurait 300 emplois.
Avant la deuxième guerre mondiale, 1 fabrique de câbles et de fils électriques fonctionnait.
Dans l’après-midi du 17 mai 1940, les Allemands réussirent à établir une tête de pont sur le canal Bruxelles-Charleroi.
En 1960, se créait une zone industrielle Seneffe-manage où s’établirent des usines depuis 1965 notamment dans le secteur de la chimie. Une usine synthétise des molécules à usage phytopharmaceutique et une autre firme produit des semi-produits en élastomères de silicone.

Tourisme. - Le château de seneffe et le parc ont été créées par Julien de Pestre de la Ferté, marchand enrichi, fait comte de Seneffe et Turnhout le 28 mars 1768. La construction est l’œuvre de Laurent-Benoît Dewez.
Une vaste cour d’honneur précède la demeure richement décorée de marbres et de parquets composés de mosaïques d’acajou, de chêne et de noyer. Le magnifique parc s’étend sur 17ha.
Pendant la guerre 40-45, le général allemand von Falkenhausen, gouverneur militaire de la Belgique, en fit une seconde résidence. On le considère comme un des plus beaux châteaux de Belgique.
L’Etat en fit l’acquisition, alors qu’il menaçait ruines en 1970. (Monument classé par A.R. du 24 décembre 1958). Il est en voie de restauration depuis 1975.
- L’église des Saints Quirice et Julitte, style néo-roman, 1875-1877, restaurée en 1952 ; monument funéraire de Pasquier Wart († 1622) et Barbe Dujardin († 1610), tableaux « la Cène » (XVIIIe s.), « Couronnement d’épines » (XVIIe s.) « Portement de la croix », copie d’après Luis de Moralès (XIXe s.), à l’extérieur dalles funéraires des anciens religieux de bonne-Espérance.
- Le presbytère de la paroisse des SS. Quirice et Julitte a été classé par A.R. du 25 mars 1981.
- L’ensemble formé par le château de Buisseret et le domaine qui l’entoure a été classé par A.R. du 26 mai 1982.
- Chapelle N-D. des affligés, édifiée en 1725 par jean Le Lièvre et rétablie en 1905.

Tradition. – Pèlerinage à Notre-dame des Affligés de puis 1712 (dernier dimanche de juin)

Patrie de : - François DRION du CHAPOIS (baron), écrivain, né le 16 octobre 1899. Président de l’association des « scriptore catholici ». Auteur d’ouvrages historiques : « Charles-Quint et l’Europe » (1962) ; « Henri Pirenne » (1964) ; « la vocation européenne des Belges » (1958) ; « Paul van Zeeland » (1971) ; « Charles d’Ydewalle » (1971). Dans son livre de souvenirs « Mes vieilles maisons » (3 vol. 1975-1980), il évoque ses séjours à Montignies-sur-roc et dans le Haut-Pays. Il écrivit également 2 romans sous le pseudonyme « Jean Valmour ». Il est mort à Bruxelles le 13 mars 1986.
- François DUPONT, industriel, né le 28 mars 1780 et décédé le 25 avril 1838. A force de tenacité et d’énergie, il établit en 1809, une forge à Feluy pour la fabrication des fers battus. En 1820, toujours à Feluy, il construisit lui-même une machine à vapeur pour laminoirs. Et 9 ans plus tard, à Châtelineau, il érigea un haut-fourneau. En 1834, lors de la construction du chemin de fer , il fut avec Cockerill, de Seraing, le soumissionnaire qui entreprit la fabrication des rails. Il introduisit dans le pays, l’emploi de l’air chaud pour la fabrication de la fonte. Il fut sénateur de Thuin en 1836.
- Jean-François NOPERE, théologien, baptisé le 3 février 1714. Issu d’un milieu pauvre, il étudia à l’Université de Louvain, où il fut proclamé « primus » en 1736. Ordonné prêtre, il devint bachelier en théologie. Mais il avait une santé précaire et il ne put développer toutes les espérances fondées sur lui. Maître d’école à Leuze (1744), il termina sa vie comme curé de Willaupuis en 1753.

Dictionnaire des noms de lieux de Wallonie et de Bruxelles
Auteur : Jean-Jacques Jespers
Année 2005.

Seneffe (Ht) : c.f. 1977 ; Arquennes, Familleureux, Feluy, Petit-Roeulx-lez-Nivelles et Seneffe (rég. Franç.)
Seneffe (Ht) : Bois, Buisseret, Manage, Scaillemont, Seneffe et Tyberchamps (dans le ressort de la paroisse).
Amputée  de Bois, Manage, Scaillemont et Tyberchamps, érigés en commune sous le nom de Manage le 16-3-1880.
Seneffe (Ht): Sonefia, Senephya, loc : S’nèfe: prairie humide (Germ. *ahwjâ) *de la Senne (germ. * ahhja) de [la forêt de] Soignes (germ. *Sania, emprunté au nom).

Paroisse qui couvrait plusieurs seigneuries ; la seigneurie de Seneffe dite d’Enghien, relevait de la cour féodale de Brabant ; appartint longtemps aux Luxembourg et passa au XVIIIe s. aux de Pestre : site de bataille le 11-8-1674, entre les Français du prince de Condé et les Hollandais de Guillaume d’Orange et de la bataille du 2-7-1794 entre Français et Autrichiens ; château du XVIIIe s. qui fut, de 1940 à 1944, la résidence du chef de l’administration militaire allemande en Belgique et dans le Noord de la France, le général von Falkenhausen (aujourd’hui musée).

mardi 17 mars 2015

Les chemins de l'écriture



http://www.telesambre.be/seneffe-les-chemins-de-l-ecriture_d_13070.html

dimanche 8 mars 2015

Expo L'écriture

























LA COLOMBOPHILIE


LA COLOMBOPHILIE
                                                                                                                      Alain GRAUX
La colombophilie est l’art d’élever et de faire concourir des pigeons.
Si sa vocation fut très souvent militaire, elle est aujourd’hui pacifique et sportive. Ainsi les colombophiles n’attendent plus les messages importants mais bien la bague qu’ils prélèvent pour actionner le « constateur ».
Nombreux furent les colombiers qui fleurirent sur les toits de nos villages ou dans les jardins. Aussi appelés pigeonniers, ils constituaient des enclos quasi sacrés sur lesquels nos « coulonneux » veillaient  jalousement, avec patience et passion. Voici un des hobbies qui égayait la vie de nos grands pères qui en ont transmis le virus à quelques irréductibles.
Produit des plus anciens de la domestication, le pigeon occupa toujours une place importante dans la civilisation et ce, depuis l’antiquité. Messager chez les égyptiens, les perses, les grecs et le romains. N’est ce pas lui qui annonça le sacre de Ramsès III (1198-1166 avant J.-C.) aux quatre coins de son empire.
Les colombiers étaient souvent impressionnants, ainsi l’empereur Alexandre Sévère (225-235 après J.-C.) entretenait-il sur ses propres deniers un élevage de plus de vingt mille pigeons.
Symbole de fidélité, de fécondité, de douceur et de pureté, il occupa et occupe encore une place importante dans la symbolique de plusieurs religions.
Par ailleurs, l’auteur latin Apicius en décrivait déjà les vertus culinaires et diététiques mais il s’agit là d’une autre histoire.
Au Moyen-âge, le fait de posséder un pigeonnier était souvent un privilège royal. Il s’agissait souvent alors d’élevage d’agrément.

C’est lors des conflits de 1870 et lors de la première guerre mondiale que la colombophilie acquit ses lettres de noblesse.


Pol Jenet nous raconte que dans nos villages de Feluy et Arquennes, une société colombophile vit le jour dans l’immédiat après-guerre. Elle avait ses locaux chez Martha au café de « La Cambuse » face à l’ancienne gare, cette situation facilitait le transport des pigeons vers les étapes d’entrainement de La Croyère, Bois-du-Luc et Quévy avant l’entrée en France. Le président en était Oscar Meurisse qui habitait rue du Bossu, le secrétaire était Auguste Goncette et l’enlogeur, Fernand Gérard dit « le Carat ».
Après l’arrêt de l’exploitation de la ligne de chemin de fer à la fin des années 1950, le local fut transféré au café « Havaux », le président en était Henri Vanneste, les fonctions de secrétaire, trésorier et régleur étaient remplies par Julien Desantoine. Les pigeons enlogés étaient alors transportés à Seneffe par les soins du transporteur Léon Buchet. Ils y étaient regroupés avec ceux d’autres sociétés.
Le local fut ensuite transféré au « café des arts » dont l’exploitant était Marc Van Gheest. Pour l’enlogement et le réglage des appareils, la société disposait de son ancien atelier de menuiserie situé à l’arrière du café.
La société fut ensuite dissoute.
Une dernière société fut alors recréée à Seneffe. Le président en était Pol Jenet, les postes de secrétaire et de trésorier étaient occupés par Léon Desamblancx et l’enlogeur était Christian Henri.
Aujourd’hui, il n’existe plus de société colombophile dans nos villages.
Nous terminerons en citant les noms de quelques colombophiles qui animèrent ou animent encore nos villages de leurs exploits.
Pour Feluy : Pierre Denis, Fernand Libotte, Fernand Favresse, Gaston Lejuste (dit « le Cogne »), Oscar Meurisse, Auguste Gonzette, Fernand Gérard et le meilleur d’entre eux Henri Vanneste qui fut même champion d’Europe.
Pour Arquennes : Georges Gailly, Clément Dupont, Joseph Piron, Denis Dejonghe, Hubert Cremers, Raoul Stevens, Pol Jenet, sans oublier les Coudyser, Robette et autres.



 Quant à l’aspect sportif, les premières courses remontent en Belgique et en France au début du XIXème siècle, juste après la révolution française. C’est sans aucun doute l’exceptionnel sens d’orientation de cet oiseau qui attira l’attention des joueurs et permit l’organisation de concours.
L’essor du chemin de fer permit par la suite le développement de ce sport, au départ de la Belgique,  vers les pays limitrophes comme les Pays-Bas, la France et l’Allemagne. Il connait aujourd’hui une reconnaissance mondiale.
Depuis son apparition, ses principes n’ont guère évolué. Ainsi, en Belgique, une fédération nationale chapeaute des sections régionales et provinciales regroupant elles- mêmes un ensemble de sociétés locales dont le siège se situe bien souvent dans un café.
Chaque colombophile est tenu d’identifier son pigeon en lui attribuant une bague reprenant un numéro, la couleur de cette bague variant d’une année à l’autre et ce dès sa naissance.
Le programme des concours ayant été établi durant l’hiver, la saison s’étendra du printemps à la fin de l’été. On distingue plusieurs types de compétition, la vitesse sur courte distance, le demi-fond et le fond. Elles peuvent être régionales, nationales voir internationales. Une distinction sera également déterminée en fonction de la catégorie d’âge du pigeon entre jeunes, juniors et vieux.
Durant la saison, le colombophile prépare son pigeon pour le concours. Cette préparation réclame de nombreux soins ainsi qu’une hygiène parfaite. Avant le départ pour le concours, les couples seront dissociés, mâles et femelles seront isolés. Le colombophile joue là sur l’esprit de fidélité du pigeon qui reste acquis sa vie entière.
Les pigeons sélectionnés seront ensuite conduits au local colombophile pour y être inscrits au concours, on leur appliquera une bague identificatrice et on parlera de « l’enlogement ». Les pigeons seront regroupés dans des paniers avant d’être pris en charge par des transporteurs qui les conduiront sur les lieux où ils seront lâchés. Une participation financière minimum sera demandée au colombophile pour les frais de fonctionnement mais, les paris sont également autorisés.
Un appareil appelé constateur, constitué d’une horloge, d’un mécanisme de pointage et d’emplacements destinés à recevoir la bague identificatrice lors du retour du pigeon sera alors réglé sur une montre de référence. Aujourd’hui, ces appareils sont peu à peu remplacés par de nouvelles technologies entièrement informatisées.
Il ne reste plus au colombophile qu’à patienter jusqu’au lâcher dont il sera averti par des messages diffusés par les radios.
Après le concours, il rentrera son appareil pour le dépouillement des résultats. Ceux-ci sont déterminés en fonction de la vitesse parcourue par le pigeon entre le lieu de lâcher et l’emplacement du colombier.