jeudi 26 mai 2011

Expo Congés payés et hiver 60

Voici quelques photos de l'exposition "75 ans de congés payés et les 50 ans "d'hiver 60-61
Bonne exposition avec une conférence de Mr Lièbin , une présentation vacance VTF et un
stand de la femme prévoyante
















mercredi 11 mai 2011

LA SORCELLERIE

LA SORCELLERIE A FELUY ET ARQUENNES

                                                                                                                           Alain GRAUX

FAITS HISTORIQUES

Le 27 avril 1650, eut lieu à Arquennes un procès de sorcellerie à l’encontre de Barbe Bonjeon suite aux allégations de Françoise de Lannoy et de Jeanne Le Biche

Le procès est instruit par Mathias Boulouffe, bailli d’Arquennes, qui requiert la question suite à la négation des  charges par la prisonnière:

«  Veu par nous hommes de fief à Madame la Comtesse de Grimberghe en sa baronnie d’Arquesne les charges et impositions exhibées par Philippe Lavendhomme, joinct le Sieur Mathias Lenglez, bailly de ce lieu, à la charge de jenne Bongeon prisonnière, l’examen faicte sur les articles des dictes charges les négations de la dicte prisonnière.

Veu en outre les accusations de Franchoyse de Lannoy et Jenne le Biche par lesquelles il appert que la dicte prisonnière est par elles accusée pour sorcière avecq les circonstances de ses sortilèges et que les dictes Franchoyse et Jenne ont sur ce subit la mort, les dicts hommes de fief à la semonce du dict bailly ayant faire droict en diffinitif ont ordonné comme ordonnons que la dicte prisonnière seroit mise es mains de l’officier et lui monstre la question pour tacher de sa bouche plus amplement connoistre des maléfices commis par elle pour ce faict… »

Le 1er juin 1650, Marguerite Disse, du village de Ronquières fournit d’autres accusations contre la dite Barbe, de même, l’officier des hautes œuvres de Mons exhibe une attestation de Maître Laurent le Sage « lequel appert at trouvé diverses marques à la teste de la dicte prisonnière dénotant qu’icelle proviennent du diable… »

Le 17 juin 1650, Pasquier Eques requiert que la sentence par laquelle la dite prisonnière soit condamnée à la torture soit mise en exécution. Le lendemain, le registre aux causes nous apprend  qu’ « attendu que la dicte prisonnière est grandement accusée par plusieurs sorcières et qu’icelle doibt longtemps est suspectée de sortilèges, n’ayant rien voulu cognoistre soit par remontrances amiables, ny par tourments, combien toutefois qu’elle est convaincue par les dictes accusations, requiert que par nouveau décret elle soit derechef applicquée à la torture, ayant faict exorciser les instruments de l’officier pour empêcher les maléfices du diable qui en l’occurrence s’oppose à la confession que debvoit faire la dicte prisonnière.

La Cour pour les raisons ci-dessus permect que la dicte prisonnière soit itrutivement appliquée à la torture.[1][1]

En 1690, un autre cas est signalé à Feluy :

En 1690, Damoiselle Alexandrine l'Allemand tomba malade. Le bruit courut dans Feluy qu'elle avait été ensorcelée par une vieille femme de Marche-lez-Ecaussinnes, Gertrude Macque. Gérard l'Allemand, son frère, voulut en avoir "le cœur net ».

Au mois de juin Philippe Minet, soldat de la compagnie de Bylant, du régiment de Hornes, en garnison à Mons, passant par Feluy, sous promesse de neuf escalins d'argent, aida Gérard l'Allemand à appréhender Gertrude Macque, veuve de Estienne Deschamps, demeurant à Marche, et la contraindre à venir dans sa maison de Feluy pour y guérir sa sœur. Ce dernier habitait la maison seigneuriale du Croquet, actuellement le « Manoir du Capitaine ». Ils la molestèrent en chemin, la frappant avec une petite baguette en lui disant "marche, sorcière!".

Les sœurs l'Allemand firent un grand feu dans l'âtre d'une pièce où ils firent asseoir la vieille dame.

Gérard l'Allemand, sa mère, et ses deux sœurs, terrorisèrent la pauvresse qui se défendait d'avoir "maléficié" damoiselle Alexandrine.

Gérard l'Allemand voulut la bâtonner, elle recula et tomba tête et mains en avant, dans l'âtre où elle se brûla. Alors qu'il lui passait la corde au cou, elle dit "qu'on ne luy feroit pas d'avantage de mal, quelle gueriroit la Darnoiselle...". On la conduisit au chevet de la malade et elle imposa ses mains sur le corps de la jeune femme, disant qu'elle serait guérie, mais qu'elle ne pouvait guérir les maléfices provoqués par les autres sorcières.

Afin de s'assurer si elle avait bien fait partir le mal ils la séquestrèrent deux jours dans une pièce de la maison. Mais la malade ne parvenait pas à dormir. On mena de nouveau Gertrude Macque auprès de la patiente, lui enjoignant de la faire dormir; elle toucha de nouveau le corps de la malade pour l'apaiser. Après sept jours de détention, ils interrogèrent "la sorcière" en présence de Nicolas Wincqz, clerc marguillier et homme de fief âgé de 46 ans et, de Jacques Lacroix, graissier, qui écoutaient derrière une porte entrebâillée.

Nicolas Wincqz raconte . " …devisons nous un peu ensemble familièrement et vous confessez d'avoir donné à cette demoiselle par la main, ce maléfice, ce sort. Qu'elle a rerpondu diverses fois qu'ouy, après quoy il luy demanda sy elle guariroit, elle luy respondit qu'ouy et que Madame n'avoit pas de patience, et à plusieurs fois confessez de l'avoir desfait. De plus ledit Phile (Philippe Minet) l'ayant interrogé sy Marie Dereusme guariroit et s'y s'estoit elle quy l'avoit damné, elle luy respondit qu'elle guariroit et qu'elle l'avoit desfait. Après avoir esté pressée par ledt Phil. ayant aussy déclaré qu'elle avoit guary la feme Dubois de Felluy et à trois de ses enfants..."

Après toutes ces péripéties, elle put retourner chez elle. Par la suite, elle porta plainte pour mauvais traitements et diffamation de la part du sieur Gérard l'Allemand, auprès des échevins de Marche-lez-Ecaussinnes, Adrien Lebacq et Englebert Jaumotz et du curé Dargenteau. Ces derniers déposèrent une plainte le 17 octobre 1690, auprès du grand bailliage du Hainaut. Une enquête fut ouverte avec l'aide du baillage de Feluy. Elle fut réalisée par le greffier de Feluy Robert de Lalieux. Nous ne savons pas si Gérard l’Allemand encourut une peine pour ces faits

FOLKLORE

Comme dans beaucoup de villages, Feluy avait ses "blankes feumes". Ici, on les appelait les "blankes fem' del Coulette". C'était presque toujours des hommes se couvrant d'un drap et qui sortaient souvent en période de sécheresse, décourageant les gens qui venaient à la fontaine et ce jusqu'au temps où ils recevaient une bonne "raclée".

 Tout le monde connaît la formulette suivante :

"Quand y plût                                                Quand il pleut
Ayet qui lût                                                     Et puis qu’il luit
Les sourcières sons’t’à Fèlû                          Les sorcières sont à Feluy
Elles s’int vont cachie des ûs                         Elles vont chercher des œufs
Sul t’chemin d’Famiyorûe »                           Sur le chemin de Familleureux

 Il en existe beaucoup de variantes. A Arquennes, on dit :

"Quand y plût qui lût                                     Quand il pleut et qu’il luit
Les sourcières sons’t’à Fèlû                         Les sorcières sont à Feluy
Elles s’int vont à l’queue leu leu                    Elles vont à la queue leu leu
Al ducasse d’Famiyorûe »                            A la ducasse de Familleureux

 Mais, dans tout le Centre on dit

« I plût, el soleil lüt                                        Il pleut , le soleil luit
Les sourcières sons’t’à Fèlû »                     Les sorcières sont à Feluy

A Godarville :

« I pieût                                                          Il pleut           
El soleil  lût                                                    Le soleil luit
Les sourcières sons’t’à Fèlû                         Les sorcières sont à Feluy
Qui ramass’tent tous les ûs »                       Qui ramassent tous les œufs

 A Fayt-lez-Manage :

« I plût,                                                          Il pleut
El soleil lüt                                                     Le soleil luit
Les sourcières ramass’tent des ûs »            Les sorcières ramassent des œufs
Pou l’ducasse d’Famiyorûe »                        Pour la ducasse de Familleureux[2][2]

 Il en est un qui dit :

« Quand y plût al ducasse de Fèlû                Quand il pleut à la ducasse de Feluy
Les sorcières ramass’tent les brûs »             Les sorcières ramassent les boues[3][3]


0n disait autrefois que les sorcières se réunissaient au sabbat près des "Roquettes". C'est d'ailleurs au trou des fées que, d'après la légende, on porte le linge sale le soir et qu'on le retrouve propre au matin.

Il n'y a gère longtemps, on n'osait pas passer au hameau de l'Enfer, parce "qu'el sourcî d’Infier a mis ses mauvaiches baguettes padvant ses ferniesses » et que l’on s’y attirait le « mauvais œil »

 Feu le folkloriste Robert Dascotte racontait qu'au siècle dernier, on disait l'histoire suivante :

« Pour rentrer chez soi, un habitant de Feluy devait traverser chaque jour, matin et soir, le bois de Feluy, entre le Pont-à-la-Marche et le hameau de la Claire Haie.

Un soir, comme il s’engageait dans le chemin qui conduit au bois, il fut suivi par un grand chien qui ne cessait de lui témoigner des amitiés. Dès l’entrée du bois, le chien sauta sur le dos de l’homme et n’en descendit qu’une fois arrivé à l’extrémité du bois.

La scène se reproduisit ainsi pendant une dizaine de jours, le chien attendait l’homme tapis dans les fourrés. Dès que l’homme survenait, il criait simplement « Venez » et le chien arrivait et lui sautait sur le dos. Excédé, à la fin, l’homme s’était muni d’un couteau et, un soir, au moment où le chien descendait de son dos, il lui planta un couteau dans la gorge.

C’est alors que le chien lui parla et dit à l’homme « Malheureux, qu’avez-vous fait ? Il ne me restait que quelques jours à faire »

0n prétendait qu'il s'agissait d'un homme transformé (en chien par une sorcière qui lui avait imposé, pour retrouver son aspect humain, de se faire transporter à dos d'homme pendant un certain nombre de jours[4][4].

J’ai recueilli une autre légende:

"Un brave meunier du moulin à vent de Feluy avait refusé de la farine à une femme qu'on disait sorcière et qui lui jeta un sort. Le pauvre en mourut. I1 était si. Brave qu'on décida de le mettre sur un mulet et qu’on l'enterrerait là où le mulet s’arrêterait et…le mulet s’arrêta sous la potence »

(Champ du pendu, où de la  Justicce : Pré de Baccarat)



[1][1] COTYLE R.  Arquennes, procès de sorcellerie, dans Bulletin SRHFES. Juin 1977
[2][2] Dascotte R.,  Le Mouchon d’Aunia, décembre 1965
[3][3] Dascotte R.,  Le Mouchon d’Aunia, décembre 1976
[4][4] Dascotte R.,  Le Mouchon d’Aunia, mars 1966

lundi 4 avril 2011

FELUY À TRAVERS SES RUELLES ET SENTIERS

Lien pour télécharger le fichier en PDF
Mot de passe : MDLM
( facilité d'impression )

 http://www.fichier-pdf.fr/2011/04/04/feluy-a-travers-ses-ruelles-et-sentiers/


Balade de 4,5 Km
Nous partons de la Maison de la Mémoire, à proximité du Tilleul de l’Espinette,



il a été planté le 20 décembre 1762 par le curé Joseph Bayot, il a été classé par la Commission des Monuments et Sites le 14 juin 1944 en raison de sa valeur esthétique et scientifique.
Nous descendons le sentier de l’Espinette,


   
il fut l’objet d’un litige entre le seigneur de Feluy et l’abbaye de Bonne-espérance en mars 1318, il mène à la fontaine Coulette.



Celle-ci est surmontée d’une pierre placée en 1848, par Victor de Lalieux, en souvenir d’un voyage en terre sainte au cours duquel il fut nommé chevalier du Saint-Sépulcre. Sur la pierre on voit la croix du St-sépulcre.
Nous remontons la ruelle de la Coulette


qui sépare les anciennes carrières de Scaron et Nopère. On aboutit alors au chemin du pont de Scaron, on passe sur celui-ci et on aperçoit l’ancienne carrière dite le Trou du Bossu

                                        
                                      

                                                       
(sobriquet de Louis Charlier), ou carrière Scaron, exploitée jadis par la famille de Lalieux.
Nous arrivons maintenant sur le site de l’Enfer


hameau où naquit, un peu plus loin, Victor Rousseau, sculpteur feluysien de renom. Après un petit crochet sur la gauche, nous empruntons la ruelle du Luron


nous traversons un autre sentier dit Carnacal,



nous longeons ainsi l’arrière des maisons de la place du Petit Moulin, et aboutissons
au lieu dit « Le Paradis des chevaux » dans le bas de la rue Crombize (rue tordue, appellation du moyen-âge)
C’est aussi le lieu de départ de l’avenue Gaston Baudoux, résistant né à Feluy, bourgmestre de la Hestre. Cette rue fut réalisée en 1915 pour occuper les chômeurs afin de leur éviter la déportation.

Nous empruntons une ruelle qui passe sous l’arcade d’une ancienne scierie de pierre qui longe le canal de Charleroi –Bruxelles.



Nous suivons ce dernier en passant devant l’ancienne brasserie Lescart appelée la Boisserie,


qui porte sur son pignon un des anciens cadrans de l’horloge de l’église de Feluy.

Nous somme maintenant au lieu dit Nie Pré (déformation linguistique qui veut dire pré de Hélin).


A cet endroit se trouvait un pont qui enjambait le canal, et qui a sauté lors du dernier conflit mondial.
En face on voit les maisons qui furent les écuries des chevaux de halage. Sur les hauteurs à gauche se situe la cour Maître Paul (du nom de Paul Hennaut, appareilleur de carrière)


appelée aussi en wallon Hamia Bastrode. Ce hameau fait face au hameau Mascaux (nom de personne), au moyen-âge à cet endroit se trouvait le Vie hospital (léproserie).


Nous prenons maintenant le chemin qui mène à la Rocq jusqu’à la chapelle Notre-Dame de Hal,


 
 
         
elle se dresse au pied du chemin des Luttes (Déformation de chemin des huttes), elle remplace l’antique pierre Saint-Martin, lieu de culte des temps du paganisme. Cette chapelle fut érigée en 1890.
Nous virons à gauche en empruntant le sentier du Bon Dieu Delatte

qui longe le cimetière.
On peut y voir de nombreuses pierres tombales sculptées par les artistes feluysiens de la pierre.
Nous traversons la route et continuons sur le sentier


   

dit du Pèlerin qui suit presque en parallèle la Grand-rue de Feluy, on bifurque ensuite vers la droite sur le sentier de Miremont dit du moulin à vent.


On aboutit ainsi à l’entrée du parc du château de Miremont,

lieu-dit les Quatre bonniers. Cette belle bâtisse fut érigée en 1848, par François de Lalieux de la Rocq, sur les plans de l’architecte Raymond Carlier, de Nivelles. Au bout de la propriété s’érigeait un moulin à vent aujourd’hui disparu.
Nous suivons la drève de Miremont


pour arriver au chemin d’Ecaussinnes, nous tournons à gauche à proximité de la ferme de la Haillebaude




qui faisait partie des Tenaules de Bonne-espérance. En 1750 Jérôme Dieux la fit rebâtir, son monogramme surplombe la porte cochère.
Un peu plus loin, la Petite Haillebaude,



c’est la plus vieille maison de Feluy qui date du XVIe siècle.
Sur la gauche on aperçoit les Berceaux. Ce tir à l’arc horizontal est très ancien, mais le premier plan connu date de 1726. En 1889, les archers de Feluy en firent don à la commune de Feluy tout en gardant la jouissance. La compagnie des archers de Saint-Sébastien est une des plus anciennes du pays.



En continuant on passe devant l’école communale de Feluy bâtie en 1882, et récemment restaurée et agrandie.
Face à la fin de la rue, la chapelle de Saint-Joseph, érigée en 1813.


Nous sommes maintenant dans la rue de Familleureux, face au parc du château se trouve l’école qui avait au départ la double fonction d’école et d’hospice

Le baron René d’Ysendoorn à Blois la fit bâtir en 1856. La partie hospice (à droite) fut léguée par les successeurs du baron à la commune de Feluy qui en fit une école communale pour les filles. La partie gauche est l’école libre catholique.
Adossée au mur de la cour de l’école, la chapelle Saint-Rocq.

Elle a perdu le caractère pittoresque de son environnement, elle était abritée par un arbre abattu en 1930.
Nous arrivons maintenant à proximité du sentier du Tremblement, au lieu-dit les Noyelles,


au milieu du sentier, à côté du ruisseau le Graty, au fond du pré dit Crédo, se trouve la fontaine du Tremblement,


 





celle-ci apparut lors du tremblement de terre du 18 septembre 1692, qui se fit sentir dans tout le pays. Source à gros débit, elle est ferrugineuse, nous avons fait placer sur le pont une pierre sculptée par Raymond Dejean pour rappeler cet événement..
La prairie faisant l’intersection entre le sentier et le chemin Boulouffe (nom d’un mayeur de Feluy) s’appelle le pré Charleroi.


Nous longeons maintenant la propriété du « Manoir du Capitaine »

appart-hôtel de luxe qui fut dans le passé le siège de la seigneurie du Croquet,
(Voir notre article dans le blog) elle devint une brasserie, la brasserie Lechien,
puis un haras et maintenant cet ensemble hôtelier de grand luxe.
En longeant la prairie dite du Cygne, nous arrivons au bout du chemin Boulouffe où se trouve la chapelle Notre-Dame de Lorette,


englobée dans le parc du château, bâtie en 1751 par Jean-Philippe Capitte. De l’autre côté de la rue on voit l’ancienne résidence des maîtres de carrière Pennart, à qui succédèrent les Breda d’où le nom
de château Breda.


Nous arrivons ainsi au lieu-dit Trichon, à droite l’hôtel-Dieu, maison des Wagnière, à la belle porte cochère en ogive,


puis la placette où l’on peut admirer les maisons de maîtres de carrières,




au fond le château du Trichon



avec son beau pigeonnier japonais, les grilles proviennent du parc de Bruxelles et l’on peut y voir des impacts de balles de la révolution de 1830, à droite d’autres maisons de maître du XVIIIe siècle.
Leur fait face le moulin banal


que l’on contourne pour arriver au lieu-dit la Seuwière, décharge du moulin et la rivière du Graty
appelée à cet endroit par les feluysiens, rivière Nativa.



Nous continuons dans la ruelle David, du nom du maître de carrière Davis Lisse,



avec ses maisons datant du XVIIe siècle. Nous revenons ainsi sur la Grand-rue
et à notre lieu de départ.




mercredi 23 février 2011

Les Seigneurs de Petit-Roeulx

LES SEIGNEURS DE PETIT-ROEULX-LEZ-NIVELLES.

Les seigneurs fonciers qui ont présidé aux destinées du village de Petit-Roeulx sont issus de grandes familles nobles. Si on en trouve des mentions, elles figurent dans des écrits épars où bien souvent on répète les mêmes dires sans en vérifier le bien-fondé.

La liste des seigneurs de ce village n’a jamais été établie ; cette liste n’est pas exhaustive car les archives sont souvent muettes pendant de longues périodes à propos desquelles on ne peut que conjecturer.

En 1137, le seigneur de Petit-Roeulx est GUISLARD D’ARKENNES, écuyer, fils de FRANCON D’ARKENNES, seigneur de Neuve-Rues à Nivelles (seigneur supposé de Petit-Roeulx).

Le 7 mars 1285, la seigneurie de Petit-Roeulx fut fondée en fidéicommis par le duc Jean de Brabant au chevalier WAUTHIER de WAFREZEE avec la haute et basse justice et dépendances, « fors », dit le duc, « les apéans de bataille et les chans s’ils échoient en celuy, en aucuns tems, lequil chose mettons hors et retenons pour nous et nos hoirs... ».

Nous retrouvons la famille d’Arkennes, car JEHAN fils de Jehan est cité seigneur du lieu en 1365. Son fils, LANCELOT D’ARKENNES, écuyer, seigneur d’Arquennes et de Petit-Roeulx, vassal de la duchesse Jeanne, céda Petit-Roeulx à son beau-père s’il venait à mourir jeune. Elisabeth VAN COUDENBERGHE dite T’SER HUYGS, sa femme, était fille de WILLEM, échevin de Bruxelles et de Marie VAN BOGAERDEN dite Goutsmet. Elle lui survivait encore en octobre 1442. Le 9 janvier 1404 n. st. Elisabeth entra en accommodements avec le seigneur de Bailleul touchant à leurs droits sur Petit-Roeulx. Dans le cloître des Carmes de Bruxelles, une pierre portait deux effigies et ‘lépitaphe suivante :

"Cy gist Lancetot d’Arkennes, seigneur de Petit-Roeulx lez Nivelles.
Qui mourut l'an 1579 en mars et damoiselle
Elisabeth de Couwenberg dit T’zerhuygs sa femc Légitime
qui mourut l'an 14.. le 27 septembre »

On leur connaît trois fils : Lancelot, Melchior et Jaspar.

LANCELOT D'ARKENNES, écuyer, quelque temps seigneur d'Arquennes. En 1386 ou 1387, il releva par résignation de Willem t’ser Huygs la seigneurie de Petit-Roeulx et un winage dans ce village. Il mourut sans postérité après 1402.

MELCHIOR D'ARKENNES, écuyer, seigneur d'Arquennes en 1393, seigneur de Petit-Roeulx après son frère, fut émancipé par ses parents le 9 novembre 1411.

Il entra avec ses parents dans la ligue des amis du duc, ce qui entraîna leur bannissement pour 40 ans par les Etats. Il vivait à Nivelles en novembre 1446 ; de son épouse, Elisabeth VAN DER ROOSEM, il eut une fille appelée YSABEAU, dame d'Arquennes et de Petit-Roeulx. En 1436, elle épousa en premières noces Jehan de Marchiennes et, avant 1455, se remaria à BERNARD VAN DER SPOUT, chevalier, seigneur de Spout et de Bousval, famille noble de Bruxelles, originaire d’Yssche où se trouvait la ferme ter Spout ; elle en partageait encore l’existence en octobre 1482 n. st. Ils furent enterrés en l'église Saint Jacques à Nivelles.

Leur fille ISABELLE en recueillit l’héritage. Isabelle VAN DER SPOUT épousa HENRI DE WITTEM, seigneur de Beersel, chevalier de l’Ordre de la Toison d’Or.









Henri de Wittem




Après son trépas, elle fit faire le dénombrement de Petit-Roeulx le 20 juin 1531. De ce mariage naquit ISABELLE DE WITTEM qui épousa BERNARD, sire d’ORLEY, fils de Bernard d’Orley, justicier des nobles du Luxembourg et de Françoise d’Houffalise dite d’Argenteau.







Bernard van Orley







Bernard d’Orley fut longtemps bailli du Brabant wallon. Il fut appelé à cette tâche en septembre 1497 en remerciement « des bons et agréables services qu’il avait rendus à l’archiduc Philippe dès son enfance ». Lorsque le prince partit pour l’Espagne, il l’accompagna. Il rentra de nouveau dans son emploi en novembre 1503. Isabelle de Wittem lui donna un fils, PHILIPPE D’ORLEY, qui était aussi sire de Seneffe, Tubize, Follie à Ecaussinnes et Scaillemont. Il remplaça son père au bailliage du Brabant wallon. En 1521, il fut chargé de garder Yvoix dans le Luxembourg à la tête de fortes milices. En 1528, il coopéra au siège de Hattem en Gueldre où il fut blessé dans un assaut. Il reçut le gouvernement du Luxembourg en 1554. Il eut une fille, FRANÇOISE D'ORLEY, dame de Petit-Roeulx.

Par son mariage, elle apporta en dot la seigneurie à CHARLES DE RUBEMPRE, baron de Rêves, sire de Bièvres, Feluy, etc. chevalier, colonel aux guerres d'Allemagne.
De cette union naquirent un garçon et trois filles.
C’est à ANNE DE RUBEMPRE, « la moinée », que revint Petit-Roeulx ; elle s’unit, vers 1577, à PONTHUS DE NOYELLES, seigneur de Bours, colonel d’un régiment d’infanterie wallonne, gouverneur et capitaine de Malines et, ensuite, gouverneur et bailli de Courtrai. Il décéda le 6 décembre 1581 d’une blessure reçue au siège de Tournai.



Ponthus de Noyelles










Anne épousa en secondes noces ARCHIBALD DE PATTON, un écossais qui avait fuit la Réforme. Des deux filles q’relle eut du premier lit, c’est à ROBERTINE DE NOYELLES qu’échut la seigneurie de Petit-Roeulx ;
Robertine épousa sire FRANÇOIS BERNARDIN DE CASSINA, baron de Boulers, pair de Flandres, seigneur de Schendelbeke. La seigneurie passa à leur fils HUGUES JEAN FRANCOIS DE CASSINA qui fut page de l'infante Isabelle puis colonel d’un régiment de cavalerie au service de l’Espagne et écuyer au service du prince cardinal infant.
Il épousa MARIE MADELEINE MONTANA, comtesse de Wonsheim, dame de Promelles, Vieux-Genappe et Glabais. Le baron de Boulers mourut le 24 octobre 1653 à 38 ans ; il fut enterré à l’abbaye Saint Adrien à Grammont.
Le village appartint alors à leur fils PHILIPPE GUILIAUME DE CASSINA baron de Boulers, comte de Wonsheim.
Le 24 janvier 1678, suite au décès du baron de Boulers, eut lieu le transport de la seigneurie au profit de SEBASTIENNE BOISSCHOT, son épouse.
Cette union sans postérité fit vendre la seigneurie. Elle fut achetée par messire ALBERT DE TRAZEGNIES, vicomte de Bilsteyn, prévôt du chapitre de Nivelles.





Mausolée d’Albert de Trazegnies et de son frère Ferdinand-François à Nivelles



Le château de Petit-Roeulx souffrit beaucoup pendant les guerres de ce temps. Hormis le corps de logis à l’entrée de la cour, il fut ruiné de fond en comble ; mais, il fut rebâti peu de temps après son rachat. Albert de Trazegnies déclara le 2l mars 1687 vouloir laisser à la famille de Trazegnies sa terre et seigneurie de Petit-Roeulx « moyennant que son frère messire EUGÈNE, marquis de Trazegnies lui fournisse promptement la somme de 9.000 florins et que cette terre soit convertie en fidéicommis en faveur des enfants mâles du même marquis ». Cet acte passé devant le notaire Dartevelt ne fut enregistré que le 26 mai 1730. Mais, en 1697, les conditions familiales avaient changé ; il y apparaissait clairement que les descendants d’Eugène n'étaient pas à la hauteur.
GILLION OTHON II, ex-jésuite, est traité « d’imbécile ». Dans certains textes on peut lire que son épouse MARIE-PHILIPPINE DE CROŸ n’avait qu’une idée : le fuir; tandis que PIERRE JEAN-GÉRARD était un bossu sadique qui s’amusait à tirer sur les ouvriers qui travaillaient sur les toits. L’espoir de postérité mâle de ce côté était quasi nul.
Aussi, l'héritage du vicomte de Bilsteyn fut-il orienté vers la branche cadette.
Le 28 octobre 1697, fut signé à Nivelles, le contrat de mariage de son neveu ALBERT-LOUIS (1672-1716), seigneur de Bomy, vicomte d’Armuyden et de Jacqueline d’EGMONT, fille du vice-roi de Sardaigne et de MARIE-FERDINANDE DE CROŸ, marquise de Renty. On y stipulait :

"Au sujet de la terre et sgrie du Petit-Roeulx lez cette ville, la même terre et seigneurie, est sujette au retour en cas que le dit enfant mal délaissez par ledit feu seigr marquis viennent sans enfant mâle à décéder de légitime mariage, ledit seigneur vicomte de Bilstein déclare le cas arrivant de céder comme il cède par cette, en faveur dudit futur mariage, sa même terre et seigneurie avec toutes et quelconques ses appendances et dépendances valissant annuellement an par an sept à huict cent écus..."

La terre et seigneurie passa ensuite à FERDINAND OCTAVE de TRAZEGNIES, leur fils (1676-1747), comte de Fléchin, marquis de Trazegnies (en titre seulement), marquis de Bomy, prince de Rognon, pair du Hainaut, mestre de camp de cavalerie au service du roi de France ; il épousa Marie-Thérèse D’ANSAN D’EGREMONT. Ces époux eurent quatre enfants dont GILLION CHARLES ADRIEN, marquis de Bomy, qui hérita de Petit-Roeulx dont il fut le dernier seigneur. Il était maréchal de camp et chevalier de Saint-Louis ; il épousa sa nièce JEANNE MARIE, princesse DE CROŸ, marquise de Molembais. Le 15 février 1787, en son hôtel de Béthune, il fit modifier l'obit chanté en l'église de Petit- Roeulx depuis 1698 pour les membres de sa famille. La révolution le surprit. Il mourut à Maastricht en 1793. La Révolution française supprima les institutions de l’ancien Régime et les privilèges de la noblesse furent définitivement abolis.