dimanche 28 juillet 2024

LE MOULIN DIT SCARON

 LE MOULIN DIT SCARON[1]      Alain GRAUX                                                                                       

 Le 3 avril 1833 devant maître Dumortier, notaire à Feluy, la Compagnie concessionnaire du Canal Charleroi à Bruxelles, vend sous seing privé à monsieur Emmanuel Delalieux, maître de carrière demeurant à Feluy, et à son épouse Ambroisine Clément, un terrain à Feluy[2].

Les nouveaux propriétaires y font bâtir des bâtiments comprenant un moulin à farine cote C 427c d’1a 40ca, une scierie de pierre de taille mue par l’eau d’1a 40 ca coté C 427b, une maison d’habitation de 14a cotée C 427g, une grange, des écuries, des remises, avec un étang contigu d’1a 90 ca, terre et prairies pour une contenance d’un hectare cinquante ares, tenant à MM. Capitte, Dupont, Moreau, et René Delalieux.

Le 27 mars 1857, ils vendent la propriété, qui outre les bâtiments cités ci-dessus comprend les servitudes actives et passives et les droits à la chute d’eau sur la Samme qui leur ont été conférés lors de l’établissement de l’usine.

Les acheteurs sont Edouard Pierre Becquet, négociant à Feluy, et à son épouse Henriette Verhaeghe, qui l’acquièrent pour la somme de 106.000 Fr. Ils paient lors de l’achat la somme de 26.000 Fr.[3]

 


 

Le  9 septembre 1859, lors d’une séance publique passée dans l’estaminet  Daubioul, à Feluy, devant le juge de paix Nicolas Derbaix, comparaissent Victor Delalieux, négociant à Tournay ; Octave Delalieux, maître de carrière à Feluy ; Louise-Henriette Delalieux épouse Léopold-Emmanuel Riche, brasseur à Bruxelles ; Rose-Aye Delalieux épouse Emile Vandendooren, propriétaire à Celles ; Henriette Delalieux épouse Léonard Leborne, banquier à Bruxelles ; et Sidonie Delalieux épouse Auguste Gérard, maître de carrière à Feluy, tous héritiers d’Emmanuel Delalieux et d’Ambroisine Clément, leurs parents.

Ils font saisir le moulin pour non respect de la vente.

Le moulin est vendu avec tous ses ouvrages tournant et montant, quatre paires de meules, deux arbres tournant, scierie pour pierres de tailles avec deux armures et accessoires[4].

Le moulin est loué par bail verbal à Joseph Staquet-Watteau, meunier, au loyer annuel de 4250 Fr.

La propriété est vendue le 10 octobre 1859 à Emile Vandendooren, propriétaire et maître de carrière à Feluy et à son beau-frère Léopold-Emmanuel Riche, brasseur à Bruxelles, pour le prix de 37.500 Fr.

 


 Extrait du plan Popp de Feluy vers 1860 ;

C.427c : moulin à farine

C.427g : moulin à pierres

 

                                             Terre situées à Arquennes à proximité du moulin :

Le 30 octobre 1862, les deux co-propriétaires vendent le moulin et ses dépendances à Jacques-Philippe Huens, cultivateur à Petit Rosière pour la somme de 36.500 Fr.

Le 9 octobre 1883, Jacques-Philippe Huens qui est alors meunier à Feluy loue par bail pour 9 ans la propriété à Valère Mévis, meunier à Arquennes pour la somme de 2500 Fr. annuels, 

La propriété est alors décrite comme suit 

 « 1. Un moulin avec tous ses ustensiles, les accessoires et tous les objets mobiliers y attachés et devenus immeubles par destination, maison, grange, écuries, cour, jardin, prairie, terrains, étang, avenue et dépendances d’un ensemble sis à Feluy au Petit-Moulin et Arquennes lieux-dits le Village et le Tollet cadastré à Feluy section C. nos 397d, 397b, 427e, 427b, et 427i pour 62 ares 90 a et à Arquennes section A. nos 404, 403a, 403c, 405b, et 402, et section B nos 637d, 636g, 636y, 638y et 638w pour 1 ha 15a, en ce compris une maison neuve et un jardin entouré de murs, joignant au canal de Charleroi à Bruxelles, à Dubois d’Ecaussinnes, à de Lalaing, à Jean Dubois, au sentier et au bailleur.

2. Deux chariots, une charrette, un tombereau et trois chevaux

3. Cinq cent sacs »[1]

Jacques-Philippe Huens meurt le 7 février 1888. Ses frères sont héritiers : Félix Huens, meunier à Givry ; Henry Huens, sans profession, à Saint-Denis ; les enfants de Joséphine Huens, décédée après avoir été mariée à Constant Devroye et Théophile Leenarts et qui sont :

Catherine Devroye, épouse François Decoster, cultivateur

Virginie Devroye, rentière à Beauvechain

Constant Devroye, meunier à Marche-lez-Ecaussinnes

Edouard Devroye, boulanger à Saint-Denis

Louis Leenarts, étudiant, représenté par son oncle et tuteur, Théophile Leenarts , négociant à Jodoigne.

Ils vendent par voie forcée le moulin le 27 novembre 1888 devant Me Doumont, notaire à Feluy, à l’ancien propriétaire, Emile Vandendooren, maître de carrière à Feluy, à qui Jacques-Philippe Huens était redevable de la somme de 32.000 Fr. productive d’intérêt à 5%.

Le bien passa à Henri Vandendooren, mais devint de plus en plus vétuste.

En 1940, un avion largue une bombe qui tombe à proximité du canal et de l’ancien moulin, y provoquant des dégâts à la maison qui resta vide quelque temps

Remise en état, elle fut la demeure du bourrelier  Bourotte et ensuite de René De Pooter

Elle fut vendue ensuite vendue au docteur Teucq, de Manage



[1] Acte passé devant Me Ernest Doumont, notaire à Feluy le 7-2-1888.









dimanche 2 juin 2024

A PROPOS DES MAISONS COMMUNALES DE L’ENTITE

 A PROPOS DES MAISONS COMMUNALES DE L’ENTITE

                                                                                        Alain Graux

Chaque commune possédait avant la fusion une maison communale, depuis quand existaient-elles, et que sont-elles devenues, c’est la question à laquelle nous allons tenter de parler.

 SENEFFE

 Située au centre de Seneffe, rue Lintermans, la maison communale est un imposant édifice d’allure néo-classique, construit en brique et pierre calcaire en 1860, par l’architecte Cador[1].

La façade est cimentée s’étageant sur deux niveaux séparés par un large cordon de calcaire sur consoles. Le rez-de-chaussée est à refends et l’étage est rythmé par des pilastres.

Les baies sont en plein cintre au premier niveau et quadrangulaires à l’étage.

La travée d’entrée est en légère saillie surmontée d’un balcon. Un fronton triangulaire est soutenu par des pilastres cannelés.

A l’arrière un parc s’étend jusqu’à l’avenue Reine Astrid et d’étale à proximité du jardin de la cure de Seneffe. De beaux Taxus Boccata, Chataigniers, Hêtres, Catalpa, Tilleuls, Robinier, faux acacia, etc., en font l’ornement.

  

Photo prise vers 1990

 ARQUENNES

Située sur la place Albert Ier, la maison communale est un immeuble néo-classique de deux niveaux et demi, construit principalement en briques et daté d 1838 par des ancres de façade.

Groupée sur trois faces du bâtiment en autant de travées, avec des baies à encadrements de calcaire avec linteaux droits  sur montants monolithes, celles des combles sont en demi-lunes.

 En séance du 3 juin 1837, le conseil communal vote la construction de la maison communale avec salle d’école. Elle fut inaugurée le 11 avril 1838 sous l’administration du bourgmestre Joseph Dubois et des échevins Alexandre Piron et Guillaume Dubois d’Enghien.

 Suite à la fusion des communes, elle devint sous la coupe du C.P.A/S ., la "Maison de Quartier" dénomination qui fut remplacée en 2014, par "Espace Paul Colinet" qui renferme depuis 1992, outre quelques bureaux, des activités sociales , culturelles , sportives et de loisirs, destinées aux habitants de l'Entité seneffoise.

 



 FELUY

 L’ancienne maison communale de Feluy était située sur la Grand-rue, elle n’offrait rien de particulier, sinon qu’elle comportait un balcon en façade à l’étage.

Après la fusion des communes, elle servit de bibliothèque communale et de local pour « La Croix-Rouge ».

Le bâtiment fut ensuite désaffecté et vendu à M. Dehaye, qui restaure le bâtiment à usage d’habitation privée.



FAMILLEUREUX

 L’ancienne maison communale était située, rue Ferrer. Le corps principal d’allure néo-classique bâti en briques crépies, à deux étage comptant 5 travées de baies en arcs surbaissés

La travée d’entrée est en légère saillie surmontée d’un fronton triangulaire. De part et d’autre du bâtiment principal des annexes comportant chacune trois baies elles aussi en arcs surbaissés. Ce bâtiment somme toute, ordinaire, fut embelli par des vitraux

 

Ces vitraux furent réalisés pour l’ancienne maison communale par Jacques Colpaert[2] en 1968.

Les vitraux de Familleureux furent offerts à la commune par Adeline Aveau en 1968.

Plusieurs thèmes y sont développés :

La santé, l’agriculture, la police rurale, l’électricité. l’instruction,la poste, l’Etat civil, l’industrie et les travaux publics

 La maison communale de Familleureux est disparue, elle a fait place à une salle polyvalente réservée aux manifestations culturelles et sociales, comprenant en outre une bibliothèque.

La démolition de la maison communale n’empêcha pas la conservation des vitraux qui furent restaurés et placés dans la nouvelle salle polyvalente par l’atelier Rita Debongnie, de Chastre, en 1999.

 

 


 PETIT-ROEULX-LEZ-NIVELLES

 La maison communale située sur la place du village de Petit-Roeulx-lez-Nivelles servait à la fois pour l’administration communale et d’école. Le bâtiment fut offert par le comte et la vicomtesse de Bousies de Rouveroy.

C’est un bâtiment simple, à deux étages bâti en briques, aujourd’hui crépi de blanc.

 Au dessus de la porte d’entrée de l’ancienne maison communale de Petit-Roeulx se trouvent les mêmes armoiries[3] que le cartel obituaire du chœur de l’église avec les inscriptions suivantes :

«  Le 12 août 1815, Charles-Albert de Bousies, comte de Rouveroy, chevalier de plusieurs ordres, posa la première pierre de cet édifice au nom de Emilie Thérèse de Bousies, vicomtesse de Nieuport, bienfaitrice de cette commune en présence de J-B. Badart bourgmestre, d’Auguste James et Sébastien Desmet, échevins aux soin desquels est due l’érection de cette salle d’école »

 Le bâtiment sert toujours d’école fondamentale. Elle compte quatre classes primaires et trois classes maternelles.

 



Etat en 1981   




 Etat actuel

                                                                   




[1] Auguste Cador a considérablement influencé le paysage urbain de Charleroi dans le dernier quart du XIXe siècle. Son style est l'éclectisme. Il puise dans le répertoire de toutes les époques des éléments qu'il va mettre en œuvre dans ses constructions.

 [2] Vitrailliste, Jacques Colpaert, à 16 ans,  succéda à son père en 1940, décédé prématurément, il se retrouve alors à la tête d’un atelier de 15 personnes.

Elève d’Anto Carte,  formé à l’académie de Bruxelles, il réalisa dès lors de nombreux vitraux, notamment pour l’exposition universelle de Bruxelles en 1958.

 [3] Se sont donc les armoiries de Louis-Albert-Marc-Antoine de Preud'homme , vicomte de Nieuport , né en 1786, décédé le 7 Août 1833 à Gondregnies, à l'âge de 47 ans, Chambellan de Sa Majesté le Roi des Pays-Bas. Marié le 1er  Octobre 1812  à Mons, à Emilie-Thérèse-Ferdinande de Bousies , vicomtesse de Rouveroy , née le 28 Juillet 1783 à Mons, et décédée le 11 Août 1846 à  Gondregnies.

 

dimanche 25 février 2024

ÉCHOS DE LA « GUERRE SCOLAIRE » Â FELUY EN 1881

 

Échos de la « guerre scolaire »   Feluy en 1881

                                                                                                                                             Alain graux

 

En 1881, la Chambre des représentants institua une Commission d'enquête scolaire, elle recueillit le témoignage des autorités communales et des enseignants, et parents d’élèves, par canton[1].

Le 17 décembre 1881, pour le canton de Seneffe, les représentants Victor Lucq[2], Philippe Mondez[3] et Xavier Olin[4], ont procédé au local de la Justice de paix, à une audience publique, à l’audition des témoins cités à la requête du président, et pour la commune de Feluy les témoins suivants :

 

Pennart Oscar, 39 ans, bourgmestre de Feluy, prête serment et déclare :

La commune de Feluy a aussi été sous le coup de menées cléricales et des mesures intempestives du clergé. Lors de la promulgation de la loi[5], je venais d’être nommé bourgmestre.

Je me rendis immédiatement chez M. le curé qui avait toujours été vénéré de tous. Cependant il me reçut très peu gracieusement et, à mon grand regret, notre entretien devint très peu amical.

Je dus alors intervenir pour le placement des élèves à l’église.

Les bancs qui servaient anciennement à l’école des garçons étaient pris par les élèves de l’école catholique ; quant aux nôtres, ils pouvaient se placer comme ils pouvaient. Je dus aller moi-même placer les enfants sur les chaises, le long de la grande nef. Quant aux enfants des écoles religieuses, sur l’ordre du curé ils ne se dérangèrent pas pour faire place aux nôtres.

Je ne parlerai pas des petites vexations ni des propos tenus aux enfants eux-mêmes : enfants du diable, etc. ;  ce fut chez nous comme ailleurs.

A confesse aussi, on refusait l’absolution à tous ceux qui de près ou de loin s’occupaient d’écoles.

Sur 32 de nos élèves en âge de première communion, 2 seulement la firent. Les autres cependant étaient suffisamment instruits.

Malgré les sermons violents, malgré tout, nous avons laissé faire, et aujourd’hui je dois dire que la fougue semble être diminuée.

 


Denis François[6],  tailleur de pierre à Feluy, prête serment et déclare :

Je suis veuf et j’ai cinq enfants.

Le curé a dit à mes enfants qu’ils devaient aller à l’école catholique pour faire leur première communion.

Après cela, mon fils ne voulait plus aller à l’école ; heureusement il y est retourné après 6 à 7 semaines, mais pour arriver à ce résultat j’ai eu beaucoup de peine. Pour faire sa première communion, il a du aller au catéchisme pendant trois ans.

 


Vanden dooren Emile[7], 54 ans, industriel à Feluy, prête serment et déclare :

Je n’ai aucun fait personnel à signaler, je dois cependant dire qu’en général, à Feluy, la lutte a été très vive, de part et d’autre d’ailleurs, fortement attaqués, nous nous sommes vivement défendus.

Malheureusement le clergé s’est mêlé à cette lutte, qui sans cela serait restée plus digne[8].

Un jour, à la messe, j’ai entendu le clergé dire la fameuse prière, avec une énergie, avec une haine inusitée.

Cela m’a profondément ému, d’autant plus que cela se disait en présence de notre digne instituteur. Et j’entendais après cela les De profundis ou les autres prières qui devaient sauver les âmes, prononcées en bredouillant, de façon qu’on ne les comprenne pas. J’en ai été vivement ému, et depuis lors je n’ai plus su retourner à l’église.

J’ai entendu un prêtre étranger traiter de crapuleux les libéraux, et notre digne curé, qui jusqu’alors avait été un modèle, ne protestait pas.

Le vicaire de Feluy, aujourd’hui curé d’Arquennes, traitait dans ses sermons les libéraux de racoleurs du diable. Dans un autre sermon qui m’a été rapporté, le même vicaire disait : « qui dit libéral dit trompeur et voleur ».

C’est donc le clergé qui a apporté dans cette lutte l’acrimonie qui la distingue.

 

Thiéry Théodore, 32 ans, instituteur à Feluy, prête serment et déclare :

Les écoles officielles de Feluy ont eu à supporter une lutte très ardente de la part du clergé et des catholiques influents.

Sermons violents, refus d’absolution aux parents et aux élèves, avec une distinction cependant, aux élèves on demandait ce qu’ils feraient s’ils étaient libres.

Un de mes élèves répondit que dans ce cas il fréquenterait encore mon école, celui-là a été renvoyé sur le champ, sans absolution.

Les membres du clergé ont essayé de trouver les enfants seuls à la maison paternelle, et alors ils les effrayaient en leur parlant de l’enfer, etc.

Je citerai le cas du petit Denis qui avait été jusque là assidu à mon école. Mais le curé la lui rendit odieuse, que cet enfant n’osait plus rentrer chez moi. Son père et moi avons eu toutes les peines du monde à le ramener.

Le curé a été aussi chez M. et Mme Deladrière pour les engager à me retirer leurs enfants. N’y parvenant pas, le curé fit intervenir le grand-père de Mme Deladrière, un vieillard de près de 90 ans. On comprenait bien dans quel sens il faisait cette menace. J’ai appris qu’après la visite du curé, ce vieillard se mit à pleurer.

Avant la loi, j’avais 151 élèves maximum, aujourd’hui j’en ai 142. Sur 22 de mes élèves en âge de faire leur première communion, il n’y en a que deux qui l’ont faite.

Mes élèves étaient cependant assez instruits, et ils étaient aussi âgés que ceux qui l’ont faite l’année précédente. Des parents sont allés trouver le curé à cette occasion.

Il parait que le curé et le vicaire ne m’ont pas ménagé, me traitant d’hypocrite, disant que mon école était mauvaise, que mes élèves deviendraient de mauvais sujets et qu’il était préférable de les laisser courir que de les mettre à mon école.

Avant la loi, le curé était enchanté de mon enseignement.

Au retour de l’école, mes élèves étaient souvent accostés, soit par un membre du clergé, soit par un catholique zélé.

J’ai appris un jour que le curé avait refusé de donner la bénédiction à certains élèves de l’école communale des filles en disant qu’il ne donnait pas de bénédiction aux enfants du diable.

Plusieurs enfants ont quitté mon école sans le consentement de leurs parents et sur des promesses qui leurs étaient faites. Ces enfants sont revenus.

Je puis citer parmi les plus zélés catholiques dans cette question, M. Désiré Vray

 

Declercq J.[9], 59 ans, tailleur à Feluy, prête serment et déclare :

Mon fils fréquentait le petit catéchisme, mais le vicaire l’a refusé au grand catéchisme. Mon fils a continué de fréquenter le petit catéchisme de M. le curé.

Cependant il n’a pas fait sa première communion. Il a maintenant 13 ans, et il ne la fera pas tant que le vicaire Bourgeois restera à Feluy.

 

 

Vangeleukel Charles[10], 75 ans, curé de Feluy, prête serment et déclare :

Je n’ai pas dit à M. le bourgmestre que les enfants des écoles communales devaient quitter leur place à l’église, c’est lui qui m’a proposé de changer ces places, ou plutôt il les a changées lui-même.

Je n’ai été que dans une seule maison pour parler d’école, c’est chez M. Deladrière. Je ne connais pas le petit Denis ni son père.

Le témoin Denis, rappelé, confirme expressément ce qu’il a dit. M. le curé continue. Il dit que M. Pennart est bien parvenu, lui, à reprendre 125 élèves en un jour.



[1] Chambre des Représentants. Commission d’enquête scolaire. Procès verbaux, tome 1, Bruxelles, 1881

[2] Lucq Victor Charles, ° Chimay 11-2-1829,  Marcinelle 26-1-1887, avocat, représentant libéral de Charleroi

[3] Mondez Philippe-Joseph, ° Frasnes-lez-Gosselies 24-12-1834, † Rêves 9-3-1890, représentant libéral de Charleroi

[4] Olin Xavier-Victor, ° Bruxelles 14-12-1836, †  Saint-Gilles 30-1-1899, juriste, industriel, représentant libéral de Nivelles.

[5] La loi Van Humbeeck, votée le 1er juillet 1879 stipule que si chaque commune doit, à l’instar de la première loi organique de 1842, organiser au moins une école primaire laïque et neutre, elle ne doit cependant plus dispenser de cours de religion mais bien un cours de morale laïque. Exception est faite si les parents le demandent expressément. Dans ce cas, un ministre du culte peut venir dispenser un cours de religion au sein de l’école dans un local mis à disposition, en dehors de l’horaire normal des cours. Les instituteurs doivent être diplômés des écoles normales officielles, dont le cours de religion est également exclu. Enfin, les collectivités locales (provinces et communes) ne peuvent plus adopter ni subsidier les écoles du réseau catholique.

[6] Denis François, ° Feluy 28-1-1845, y 12-4-1907, x Feluy 2-5-1866, Laforge Julie-Catherine, ° Arquennes 22-1-1841, † Feluy 24-10-1876, servante

[7] Vanden Dooren Emile-Henri-Léopold, ° Frasne-lez-Buissenal 18-5-1826, Bruxelles 20-5-1909, x de Lalieux Rose-Aye, ° Feluy 26-3-1829

[8] L’épiscopat belge mit en œuvre une série de sanctions spirituelles à l’égard des parents et acteurs scolaires. Les évêques publièrent un mandement le 7 décembre 1878 qui refusait les sacrements aux instituteurs des écoles officielles et aux parents qui y envoient leurs enfants. La sanction porte aussi sur les élèves et aux parents d'élèves des écoles normales officielles. Selon l’épiscopat l’école neutre est qualifiée d’« antireligieuse ».

[9] Declercq François-Joseph, ° Feluy 3-6-1822, † Braine-le-Comte  4-6-1899, x Dautzemberg Marie-Thérèse,° Heerlem 23-11-1830

[10] Vangeleukem Charles-Maximilien, ° Ecaussinnes d’Enghien 1803

dimanche 8 octobre 2023

 LES SOCIÉTÉS DE SECOURS DE Feluy-arquennes  AU XIXe SIÈCLE

Alain  GRAUX

 A  ARQUENNES

 Société de secours « Saint-Joseph »

La société de secours « Saint-Joseph » créée à Arquennes fut reconnue par arrêté royal le 17 août 1874.

Le conseil d’administration est alors composé de Philippe Hoyaux, président, Emile Trigalez, vice président, Alphonse Beroudiaux, secrétaire et Antoine Lebrun, trésorier.

Les membres sont Jules Valenne, Emile Bayot, Eugène Guillaume, Louis Termolle, François Waterlot

La société comprend 106 membres en 1874, et eut 130 membres en moyenne les années suivantes

La cotisation de la société de secours mutuels d’Arquennes est d’un franc par mois, du fait que lors de sa fondation, on ne connaissait pas tous les besoins auxquels une société de secours mutuels peut avoir à faire face.

Le total des secours distribués depuis la fondation de la société s’élève, à Arquennes, à 19.671 Fr. On dépense annuellement à Arquennes 16 francs par tête d’ouvrier.

 C’est à partir de 18 ans que l’on peut devenir membre de ces deux sociétés. Lorsque la maladie, a eu l’ivresse pour cause, aucun secours n’est accordé. Les réunions ont lieu le dimanche.

 

Société de secours mutuels « L’égalité »

En 1891, à la Louvière, la Fédération des groupements de mutualités socialistes est créée. Suite à cette décision, la Ligue socialiste d’Arquennes décide le 3 décembre 1891 de fonder une société de secours mutuels à partir de janvier 1892, les statuts en sont arrêtés le 3 janvier.

En décembre de cette année, le docteur Goffin est nommé médecin et Alphonse Beroudiaux pharmacien de la société mutuelle.

 

 A FELUY

 Société de secours « La fraternelle »

La société de secours mutuels « La Fraternelle » d’inspiration patronale, fut créée en 1879 à Feluy et reconnue par arrêté royal le 3 novembre 1880.

Le conseil d’administration est alors composé d’Oscar Pennart-Wincq, président, Henri Vanden Dooren, vice président, Alphonse Beroudiaux, secrétaire et Antoine Dumont, trésorier.

Les membres sont Grégoire Deleau, Edouard Ducastelle, Valentin Duquesne, Auguste Godeau, Louis Monnier.

Composée de 179 membres à sa création, leur nombre double dans les cinq premières années, soit 486 membres en 1881, 494 membres en 1883, et 475 membres en moyenne les années suivantes.

Quatre membres honoraires paient une cotisation de 100 francs annuellement. Les membres effectifs paient de 2 à 5 francs pour leur admission suivant leur âge et 1,50 Fr. de cotisation par mois.

Ils reçoivent comme secours en cas de maladie, 4, 50 Fr. par jour pendant les trois premiers mois, 4 Fr. pendant les deux mois suivants. Après quoi, le bureau avise et, souvent, il est accordé 75 centimes par jour. Le médecin reçoit pour ses visites 4 Fr. par membre effectif.

Outre l’indemnité journalière, l’ouvrier a doit aux secours médicaux et pharmaceutiques, non seulement pour lui-même, mais pour tous les membres de sa famille.

Le total des secours distribués depuis la fondation de la société s’élève à Feluy, à 19.834 Fr.

On dépense annuellement à Feluy par tête d’ouvrier, 14, 85 Fr.[1]

 

La Conférence de Saint-Vincent de Paul.

Société de charité fondée à Feluy en 1874.

Les ressources de cette société consistent en quêtes réalisées aux réunions hebdomadaires, par la souscription des membres honoraires et par l’organisation de fêtes d’hiver, que donne aussi la section dramatique de la société ouvrière.

Ses recettes s’élèvent annuellement à environ 1.200 Fr. que la conférence distribue en pains, charbon, vêtements, chaussures et literie.

En 1875, la Conférence de Saint-François de Paul créa un patronage de jeunes gens ; 50 membres de 12 à 18 ans y participent.

En 1876, elle crée une école de dessin pour la jeunesse. Une bibliothèque est ouverte aux familles de membres.


 L’Union Ouvrière de Sainte-Aldegonde

La Conférence de Saint-François de Paul créa en 1879 une société de secours mutuels et un cercle dramatique. Dès sa création, 70 membres en font partie, dont 40 à la section de secours mutuels, ils paient 1 Fr. de cotisation.

Cette cotisation jointe au subside de la Conférence de Saint-François de Paul permet à chaque membre, en cas de maladie ou d’accident, de recevoir gratuitement pour lui et sa famille, les soins d’un médecin et des médicaments nécessaires. Le local des activités est dû à la générosité de la famille de Lalieux de la Rocq qui est promotrice des œuvres ouvrières catholiques de la commune.

 

La Sociale

A côté des deux sociétés existantes il fallait créer une alternative socialiste à Feluy, ce sera fait le 4 août 1892, lorsque l’assemblée de la Ligue Ouvrière de Feluy crée une société de secours et de propagande ayant pour titre « La Sociale ».

Son siège est fixé à la Maison du Peuple de Feluy.

Le but de la section est ;

-         d’assurer à tous ses membres en cas de maladie, de blessure ou d’infirmité, une indemnité, pour se soutenir durant ces causes d’incapacité de travail.

-   de s’occuper de tout ce qui peut contribuer à l’émancipation politique et économique des travailleurs et de tâcher par le concours mutuel ‘le Progrès », à arriver au complet affranchissement de la classe ouvrière.

-        la section déclare s’affilier au parti ouvrier belge.

La cotisation est de 1 Fr. ou 1,50 Fr. selon l’intention du sociétaire. Elle est de 0,50 centimes pour les membres de 16 à 18 ans.

Le comité est celui de la Ligue Ouvrière transformée en syndicat socialiste des ouvriers de Feluy. Le président et le trésorier sont élus par l’assemblée générale et le secrétaire par le comité.

Dès sa fondation le nombre des membres est important. Un registre allant de 1906 à 1910 indique 157 membres en 1906, 354 membres en 1907, atteignant 413 membres en 1908.

 



[1] Déclaration d’Alphonse Beroudiaux, secrétaire des deux sociétés, en septembre 1886.

 

mardi 27 juin 2023

DES GRANDS PÂTURAGES A LA FERME DU CAPITAINE

 DES GRANDS PÂTURAGES A LA FERME DU CAPITAINE

                                                                                      Alain GRAUX

 Les Grands Pâturages sont déjà cités en 1518, lorsque Jehan de Gochelies vend à son fils Godefroid, un demi-bonnier de terre « emprès du Grand pasturaige dudit Jehan »La Cense des Grands Pâturages appartenait en 1524 à Jacquemart Francquart dit du Wesprin, qui y vivait avec son épouse Jehenne Gaudy.

La propriété comprenait une maison, prairie, jardin, étang et terres labourables.

Leur fils, Guillaume Francquart, leur succéda. Il était l’époux de Barbe le Feron.

Le 18 juillet 1553, Guillaume Francquart censier du Grand Pasturaige, a Feluy déclare « qu'il avoit une rente de 10 livres 5 solz de rente assise sur deux bonniers de pret appertenant a Barbe Francquart, vefue de Jehan Deschamps, tenant a Joachim Deschamps, a Jacques le Vassal ».

C’est ensuite la fille des époux Francquart-le Feron, Annette Francquart qui hérita de la propriété. Elle épousa Guillaume Anthoine, la cense passe ensuite à leurs deux filles, Isabeau Anthoine, épouse Jean Reston, et Barbe Anthoine épouse Jacques le Vassaux (Le Vassal), greffier de Feluy. Ce sont ces derniers qui habitent la ferme, ils rachètent la partie appartenant aux époux Reston-Anthoine.

 Le 28 décembre 1572, « Jean Reston, censier de la Maison de Renissart à Arquesne come marit et époux de Isabeau Antoine d'une part et Jacques le Vassaul fils Jacques, maître de quairiere résident a Felluy son beau frère à tiltre de Barbe Antoine sa femme d'aultre part; accompagné de Guillaume Francquart grand père aux deux sœurs résident aussy a Feluy lequel remonstroit qu'en 1562 il avoit conditionné debvises, héritaiges et rentes des héritaiges qu'il avoit a Felluy, entre autres une maison, grange, estables, fournil, brasserie, gardin etc.., condist au Grand Pasturaige, venant des hoirs Henry de le Rue et Jehan Hanicq gisant à Perulwez tenant de deux costets a l'héritaige de la vefve de Godefroid de Gochelies, a Antoine Hanicq et au rieu d'Ansiessart et au chemin, pour après son trezpas à la dite Barbe Anthoine a présent femme a Jacques le Vassault tant pour elle que pour ses hoirs, a la charge de payer chacun an a Isabeau Anthoine sa sœure la somme de 20 livres tourn. de rentes. Après cette remonstrance, le dict Jehan Reston dit que Jacques le Vassault son beau-frère avoit fait le rachapt de cette rente de 360 livres tourn. et de ce fait se déshérita en présence des mayeurs et eschevins des 20 livres de rente qui nommèrent Cyprien del Rouillie comme mambour de ce chirographe »

Les époux Le Vassal-Anthoine, eurent une fille Isabeau Le Vassal, cette dernière épousa Jean Gaudré, seigneur de Froidmont en Petit-Rœulx.

 En 1631, Jean Gaudré, fils du précédent, époux de Charlotte de Davre, devait à l’église une rente de 22 sols due sur les terres des grands Pâturages. Jean Gaudré décéda le 28 avril 1657.

Les époux Gaudré-de Davre eurent trois enfants : Jérôme Gaudré, chanoine de Sainte-Gertrude à Nivelles ; Jean Gaudré, mort en célibat dans la ferme parentale le 12 octobre 1703, et Hélène Gaudré qui épousa Guillaume Dawaigne. Ces derniers eurent un fils, Jean Dawaigne, seigneur de Froidmont, qui épousa à Nivelles le 13 octobre 1687, Jeanne-Marie Le Hoye, dame de la Haye à Gouy, née à Nivelles le 30 août 1659.

En 1689, ces derniers doivent une rente à l’église : « au lieu de Jacques le Vassal leur grand père pour un pret au Grand Pasturaige doibvent par an vingt trois sols. Icy pour trois années escheultes terme de ce compte soixante neuf sols mais de tant que les at faict modération d'une année sur les trois pour foulles  de guerre et de touttes rentes au dessus de vingt sols ».

Le 4 octobre 1696, un fourragement général eut lieu à Feluy: le Croquet et les grands Pâturages furent entièrement pillés.-

Le 1er juillet 1698, Jean Gaudré déclare se déshériter de sa maison qu'on appelle le -rand Pasturaige, consistant en 11 bonniers de prés, 18 bonniers de terres labourables, maison, édifices ainsi que tous les bestiaux, chevaux etc., et les attirails de labour au profit de son neveu a condition de le nourrir et soigner sa vie durant :

« Le Sr Jean Gaudré demeurant audit Feluy et de sa bonne volonté sans contraincte considérant les services qu'il at receut du Sr Jean Dawaigne, son nepveu, déclare ce qui suit: Le dict Dawaigne a soufier pendant cette dernière guerre en se maison depuis le Toussaint 1693 jusqu'a présent faict déshériter a son prouffict de sa maison dépendance et appendance que l'on dist le Grand pasturage gisant a Feluy cornme il se contient consistant en onze bonniers tant pret que paischy et entrepresure et dix huict bonniers de terres labourables sous Feluy tant

pretz que terre soubz Seneffe pour en jouyr et luy appertenir a tousiours entirmt (entièrement) et amplmt (amplement) qu'en auroit peu proufiter et user ledit Jean Gaudré parmy payant les charges des dits biens et le nourrir à sa table. Le dict Sr Jean Gaudré sa vie durant luy servant de mesme, tous les bestiaux tant vyaulx que vaches et aultres aussy, les attirails de labours et meubles dont il se servoit dans sa mesnagerie et dont il est en possession par pure et simple donation lui verbalement faicte depuis le Toussain 1693 et qui est ratifiez présentement par ledit Sr Jean Gaudré renoncant de ses biens au prouffict dudit Dawaigne ».

 Le 6 août 1698, Jean d'Awaigne  déclare « qu'étant en possession de la maison et héritaige du Grand Pasturage que son oncle Jean Gaudré luy a cédé ainsi 18 bonniers de terres labourables en commun avec sa mère et d'autres cohéritiers, ils sont mis d'accord pour l'évaluation de ces biens ».

De nombreuses rentes sont dues par la cense des Grands pâturages, elles attestent la possession de la ferme par Jean Dawaigne :

En 1701, une rente est due à la Table des Pauvres (Notre CPAS actuel) : « Dudit Jean Gaudré à pnt. le Sr Jean Dawaigne son nepveu sur ses héritages du Pasturage, doibt par an en bled deux rasières ».

Une autre rente est due à l’église : « Au Sr Jean Dawaigne au lieu du Sr Jean Gaudré venant de Jacq le Vassal pour un pret au Grand Pasturaige, doibt par an ving trois sols ».

Encore en 1730, on trouve : « Du Sieur Dawaigne au lieu de Jean Gaudré sur ses héritages du Pâturage dit par an 2 rasières de bled ».

  La ferme fut reconstruite en 1702, elle se présente comme suit : c’est un quadrilatère de brique et calcaire, du début du XVIIIe siècle,  Un mur clôture la cour, il est interrompu par une tour-porche restaurée: le rez-de-chaussée est bâti en pierres de taille et moellons de calcaire, remontant peut-être au XVIIe siècle, la porte en anse de panier est inscrite dans une feuillure rectangulaire à congés, forme un débouché sous une large arcade surbaissée du début du XVIIIe siècle, à claveaux en bossages un-sur-deux, dont la clé s'orne du monogramme des familles Dawaigne-le Hoye.

L’étage est érigé en briques, contemporain de ce portail, harpé aux angles et parcouru de chaînes. Au-dessus des arcades, on trouve une fenêtre à croisée de pierre avec montants à harpes saillantes prolongés en allèges. La toiture est en pavillons superposés.

Dans la cour à droite se trouve le corps de logis à étage, daté par ancres décoratives de 1702. La façade, comptant cinq travées de baies entre les harpes d'angle reliées par des chaînes de pierre, les fenêtres à croisée sont similaires à celles du porche. Surmontée des armes des Dawaigne-Lehoye,


la porte centrale s’ouvre en anse de panier sous corniche et baie d'imposte, avec encadrement creusé d'une gorge ourlée, rehaussé de harpes et d'une clé saillantes.

 En 1758, le plan partiel de Feluy réalisé par le géomètre Fonson indique 1758. Le plan indique que le  Grand Pâturage appartient au Sieur Mahieux, c’est à mon avis une erreur, il est propriétaire du Croquet. 

    

En réalité, la propriété appartient alors à Marie-Hélène Dawaigne, dame de la Haye à Gouy, née à Nivelles le 30-10-1688. Elle épousa  à Feluy le 7 janvier 1710, Louis-Henri-Jean, libre baron de Hérissem et du Saint-Empire, né à  Crucenay le 25-7-1674, licencié en droit de Louvain. Il mourut assez jeune, le 7 janvier 1725, sa veuve, Marie-Hélène Dawaigne mourut à Nivelles le 24-7-1757 De cette union naquirent neuf enfants

Ils vendirent la propriété au maître de carrière Jean-Baptiste Capitte dit le Capitaine, et à sa seconde épouse, Marie-Jh. Marcq.

En 1811, il paie aussi une rente à l’église (compte des chapelles) : « Capitte Jean Bpte au lieu de Sr de Hérissem sur la cense du Grand Paturage à Feluy contenant quatre bonniers d'héritage doit l'an de rente cinq rasières une pinte de seigle ».

 Jean Baptiste Capitte ne possède pas toutes les terres de la propriété initiale, les d’Hérissem avaient gardé une partie des terres. Vers 1850, le baron d’Hérissem ne possédait plus que deux parcelles qui passèrent par la suite à Jean-Baptiste Lavendhomme et Nicolas Jurion.

Jean-Baptiste Capitte décéda en 1828 (Ep. F. 79), la propriété passa à sa veuve et ensuite à son fils Herman Capitte (Né à Feluy le 20-1-1768) et à sa fille Antoinette Capitte, épouse de Jean-Baptiste Lavendhomme. Elle habite marche-lez-Ecaussinnes. La veuve Herman Capitte, Marie-Thérèse Delbruyère loue la propriété à Hubert Fournit vers1862. Jean-Joseph Goffin lui succède en 1876.

Les biens furent vendus en 1879 à Léopold Winckel (Né Haut-Ittre 11-5-1837, décédé à Marche-lez-ecaussinnes 10-7-1890, marié à Marie-Jh. Hanique, née à Feluy 25-12-1830).

On retrouve ce dernier payant la rente due au bureau de Bienfaisance, en 1887 « sur la cense du Grand Pâturage dite ferme du Capitaine, sise à Feluy, tenant à Louis Pède, à Pennart, à de Hérissem, le tout contenant Ha ».

Ce fut ensuite Emile Wapelhorst (Né à Feluy le 3-4-1894, époux de Bertha Lavaux, née à Glabais 16-3-1894, qui exploita la ferme.

On trouve également comme fermiers Emile Rousseau (Nivelles 1895- Feluy 1957) et son épouse Rénée Dechief (Rebecq 1903-Feluy 1958).

M. et Mme Vandestraete ont acheté la ferme et l’ont rénovée avec beaucoup de soin, mais en apportant de substantielles transformations aux communs.

Ils louent des chambres d'hôtes qui se trouvent dans le corps de logis et dans les dépendances. Elles sont très luxueuses et décorées avec beaucoup de goût.